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Inde-Népal 1886

Après le Sri Lanka, c’est au tour du Bangladesh de traverser la pire phase de la crise économique. Des manifestations sont en cours dans de nombreuses villes du pays contre l’inflation en général et contre contre l’augmentation historique de 50 % du prix de l’essence. A Dhaka, la capitale du pays les manifestants ont caillassé la police qui a tiré des grenades lacrymogènes sur les lanceurs de pierres. Le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, est arrivé à Dhaka pour promouvoir les relations commerciales entre les deux pays, alors que des experts affirment que le Sri Lanka a été notamment été ruiné à cause de la dette de la Chine.

Quatre prisonniers politiques, dont la mise à mort prochaine avait été annoncée le 4 juin, ont été pendus a communiqué le quotidien officiel du régime. Deux des prisonniers sont des figures très plus connues : le militant et écrivain Ko Jimmy, de son vrai nom Kyaw Min Yu, 53 ans, était un ancien leader étudiant du soulèvement de 1988. Il avait déjà passé plus de quinze années en détention, entre 1988 et 2012. Le second, le chanteur Zayar Thaw, 41 ans, est le cofondateur du premier groupe de hip-hop birman, Acid. Emprisonné de 2008 à 2011 pour avoir mené une campagne de graffitis contre la junte d’alors, il avait siégé comme député de la Ligue nationale pour la démocratie à partir de 2012.

Arrêtés fin 2021, ils avaient été condamnés, en janvier, pour avoir « donné des directives, effectué les arrangements et commis des conspirations pour [mettre en œuvre] des actes inhumains de terreur ». Zayar Thaw était ainsi accusé d’avoir orchestré dans un train de Rangoun une attaque qui a tué cinq policiers. Les deux autres prisonniers, accusés d’avoir assassiné une informatrice présumée, s’appelaient Hla Myo Aung et Aung Thura Zaw.

Kyaw Min Yu, Phyo Zeya Thaw, Hla Myo Aung et Aung Thura Zaw

 

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Un haut dirigeant syndical sri-lankais, en première ligne des protestations qui ont conduit à l’éviction de Gotabaya Rajapaksa de la présidence, a été arrêté mercredi. Joseph Stalin (oui oui…), secrétaire du Sri Lanka Teachers’ Union, devient le plus ancien militant à être arrêté dans le cadre de la répression des manifestants qui ont forcé Rajapaksa à fuir le mois dernier. Des dizaines d’autres personnes ont déjà été placées en détention provisoire par la police, accusées d’avoir endommagé des biens publics au cours des mois de protestations qui ont culminé avec la prise d’assaut du palais de Rajapaksa le 9 juillet (voir notre article).

Le successeur de Rajapaksa, Ranil Wickremesinghe, a établi une distinction entre « manifestants » et « émeutiers » et a promis de prendre des mesures sévères contre « tout fauteur de troubles ». La police a arrêté un autre manifestant qui avait fait une descente dans l’armoire à alcool du leader déchu, avait bu une bière et était parti avec une tasse présidentielle. L’arrestation de cet homme de 43 ans intervient après qu’il a partagé une photo de lui sur Facebook au palais présidentiel de Colombo. L’homme a été arrêté en début de semaine pour entrée illégale présumée dans un bâtiment d’État et recel de biens volés. Il sera amené à Colombo pour y être jugé. La semaine dernière, la police a arrêté un autre militant syndical du port de Colombo pour avoir retiré deux drapeaux officiels du palais et les avoir utilisés comme drap de lit et sarong.

Joseph Stalin, dirigeant syndical emprisonné

Il s’agit peut-être de la plus grande violation de cybersécurité de l’histoire de la Chine. Un hacker prétend avoir volé les données personnelles d’un milliard de ses concitoyens. La fuite proviendrait d’une fuite de la base de données de la police de Shanghai. Ce piratage massif comprendrait non seulement les noms, prénoms et adresses des victimes, mais aussi leurs lieux de naissance, copies de cartes d’identité ou encore numéros de téléphone. Le butin du hacker contiendrait aussi des rapports de casiers judiciaires, pour des crimes et délits remontant jusqu’en 1995. Un échantillon des 23 téraoctets de données mises en vente aurait déjà fait l’objet d’une étude approfondie, et confirmerait l’authenticité des données volées. Les premières hypothèses quant à cette fuite suggèrent pour le moment une faille de la société Cloud Computing Aliyun, qui appartient au géant chinois Alibaba (également propriétaire d’AliExpress). Les bases de données de la police de Shanghai sont en effet hébergé sur les serveurs de l’entreprise fondée par Jack Ma. Le groupe a annoncé qu’une enquête avait été ouverte.

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Trois combattants maoistes de la Nouvelle armée populaire ont été tués par les militaires du 62e bataillon d’infanterie de l’armée philippine dans l’arrière-pays de Barangay Budlasan, dans le Negros Oriental. Les soldats patrouillaient dans l’arrière-pays de Barangay Macagahay à Moises Padilla, Negros Occidental, lorsqu’ils ont accroché un groupe de maoïstes. Ils ont ouvert le feu et tué Cristina Jacolbe alias Chave, 40 ans, responsable des finances du Front de guérilla n°1 du Central Negros (à gauche sur la photo), son compagnon, Ernie Jacolbe alias Frezy, 42 ans, vice-commandant de la section locale de guérilla, et d’Everly Kee Jacolbe alias Kaye, 18 ans, la fille de Cristina Jacolbe (à droite). Les soldats ont également une arme à feu semi-automatique KG9, deux pistolets  .45, un revolver .38, des documents et des effets personnels.

 

Budh Ram Madkam, alias Mahangu Deva, était membre du comité régional Katekalyan du Parti Communiste d’Inde (Maoiste). Il a été tué  la forêt près du village de Jabrameta, vers 12h30, par un détachement des paramilitaires de  réserve du district (DRG). Il faisait l’objet d’un avis de recherche pour une douzaine de dossiers liés à l’activité de la guérilla maoïste et 500.000 roupies était offerte sur sa tête.

Opération anti-maoïste de la DRG (archive)

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Moins de 24 heures après l’investiture du nouveau président Ranil Wickremesinghe, les forces de sécurité en tenue antiémeute, armées de fusils d’assaut automatiques, ont délogé les manifestants, démonté les barricades et encerclé le complexe du secrétariat présidentiel. Il avait été envahi par des milliers de manifestants, précipitant la chute du président Gotabaya Rajapaksa, il y a près de deux semaines (voir notre article). Les soldats ont interpellé plusieurs personnes et détruit les tentes dressées le long de l’avenue menant au palais présidentiel, tandis que la police bloquait les rues adjacentes pour empêcher de nouveaux manifestants d’arriver sur place. Les soldats ont agressé des individus, dont des journalistes, à coups de matraque, alors qu’ils avançaient vers de petits groupes de manifestants rassemblés sur le campement baptisé « GotaGoGama » (« Village Va-t-en Gota(baya) »).

Le nouveau président avait mis en garde mercredi soir « les fauteurs de troubles » et promis la sévérité s’ils tentaient de perturber son gouvernement. Lundi, alors encore président par intérim, Wickremesinghe avait instauré l’état d’urgence, accordant aux forces armées et à la police des pouvoirs étendus. Le pays est ravagé par une crise économique catastrophique, à court de devises, marqué par de longues pannes d’électricité, des pénuries de nourriture, de carburant et de médicaments depuis des mois.

Un membre recherché de la Nouvelle Armée Populaire a été tué par les militaires du 70e bataillon d’infanterie (IB) de l’armée philippine dans la province de Rizal. Il s’agit de Jovel Agudez, alias « Ka Loward ». Agudez et neuf camarades ont été surpris par les troupes gouvernementales au pied d’une colline vers 7 h 10 du matin à Barangay Kaybanban. Les militaires ont ouvert le feu, et ont trouvé sur le terrain le corps d’Agudez avec un fusil M-16, des munitions pour la même arme, un sac à dos contenant de la nourriture, des condiments et des documents politiques. Le détachement d’Agudez était recherché pour l’enlèvement et l’exécution d’un garde forestier de Dumagat dans un site montagneux près du barrage d’Ipo à Norzagaray le mois dernier.

Combattants maoïstes

Combattants maoïstes

Une section de la guérilla maoïste, qui serait à l’origine de l’attaque aux mines terrestres qui a fait sept blessés parmi les soldats à Mapanas, dans le nord de Samar, le 5 juillet dernier, était traquée par les soldats de la 801e brigade d’infanterie. Ceux-ci ont utilisé des drones et ont finalement accroché les maoïstes à Barangay Libertad (San Jorge, Samar), mercredi. Trois membres de la Nouvelle Armée Populaire ont été tués et l’armée a récupéré sur le terrain trois fusils d’assaut M16, un AK47, un fusil de chasse et des mines antipersonnel.

Le patrouilleur Mark Monge, membre du bataillon régional de la force mobile (RMFB), circulait avec d’autres policiers lorsqu’ils ont rencontré samedi matin au moins 10 guérilleros maoïstes dans les limites du barangay San Nicolas (San Jose de Buan) et du barangay Mabuhay (Gandara). Une fusillade s’en est suivie entre les deux groupes et le patrouilleur a été tué.

Au moins 20 policiers ont été blessés dimanche dans le sud de l’Inde alors qu’ils tentaient d’empêcher une foule de brûler des bus stationnés dans l’enceinte d’une école après le suicide d’une étudiante. Les manifestants ont pénétré de force dans le campus de l’école dans le district de Kallakurichi, dans le sud de l’État du Tamil Nadu, et ont mis le feu à des bus scolaires et à des véhicules de police alors qu’ils réclamaient justice pour la mort de l’étudiante. L’adolescente a été retrouvée morte dans le foyer de l’école privée mercredi. Elle aurait laissé une lettre de suicide dans laquelle elle nommait deux enseignants et déclarait qu’ils l’avaient torturée, elle et d’autres élèves, en les forçant à étudier tout le temps. Les parents et les manifestants ont exigé une enquête indépendante sur l’incident.

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