La grève de la faim pour la fermeture de la section AS2 (« Haute Surveillance 2 ») de la prison d’Aquila, lancée par les prisonnières anarchistes Anna Beniamino et Silvia Ruggeri le 29 mai (voir cet article) se poursuit et s’étend. Les prisonniers anarchistes Salvatore Vespertino, Giovanni Ghezzi, Alfredo Cospito, Marco Bisesti et Luca Dolce ont rejoint la grève de la faim.

Anna et Silvia AS2

Anna et Silvia AS2

Samedi 8 juin, la mobilisation des Gilets Jaunes a rassemblé près de 10.500 manifestants selon la police, plus de 19.500 selon les Gilets Jaunes. La plus grosse mobilisation s’est tenue à Montpellier, où des heurts ont éclaté avec les forces de l’ordre, qui ont usé massivement des gaz lacrymogènes et de canons à eau pour disperser les manifestants. Selon la préfecture, la journée s’est soldée par une dizaine de blessés légers parmi les manifestants et les forces de l’ordre ainsi que seize interpellations.

En banlieue parisienne, un millier de personnes ont participé à la manifestation « Les gilets jaunes en banlieue, Acte I », partie de Saint-Denis à Bobigny. La marche s’ouvrait avec une banderole « ni oubli ni pardon 2005-2019 » en référence à la date de la mort de Zyed et Bouna, décédés dans un transformateur électrique à Clichy-sous-Bois en 2005 alors qu’ils fuyaient la police. Des échauffourées ont éclaté à Drancy et à l’approche de la préfecture à Bobigny.

Affrontements à Montpellier lors de l'Acte 30 des Gilets Jaunes

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Mardi 4 juin, un militant de l’organisation indépendantiste et socialiste occitane Libertat a été victime d’un enlèvement policier pendant 3 jours. Les policiers sont arrivés chez lui au matin, alors qu’il y était seul et l’ont emmené au commissariat de Pau puis à celui de Tarba, où il fut gardé à vue en incommunication totale, sans même pouvoir appeler un·e avocat·e ou un·e proche. Après trois jours à dormir par terre et sans presque pouvoir manger, eu lieu son procès pour l’attaque de la loge maçonnique de Tarbes pourtant condamnée par Libertat elle-même dans un communiqué.

Au cours d’un procès sans la présence d’un·e avocat·e, le procureur a demandé 2 000 € d’amende et 2 ans d’interdiction de participer à une manifestation. Finalement, il a été condamné par le tribunal français à 140 heures de Travail d’Intérêt Général et 6 mois sans pouvoir manifester.

Plus d’infos ici

Logo de l'organisation Libertat

Logo de l’organisation Libertat

Silvia et Anna, détenues dans la prison L’Aquila, ont entamé une grève de la faim le 29 mai pour protester contre leurs conditions de détention dans l’aile de haute sécurité (AS2), une version assouplie du régime 41 bis. Anna a été arrêtée en 2016 dans le cadre de l’opération « Scripta Manent » (voir notre article) et Silvia était visée par l’opération « Scintilla » et a été arrêtée lors de l’expulsion de l’Asilo Occupato à Turin le 7 février de cette année (voir notre article). Le régime 41 bis est un régime de détention particulièrement dure, qui vise notamment à isoler le ou la détenu-e de son entourage social, à l’intérieur et à l’extérieur de la prison. Nadia Lioce (combattante des Brigades Rouges PCC) reste, par exemple, soumise à ce régime carcéral particulièrement violent.

Nous reproduisons la déclaration qui annonce leur grève de la faim, ainsi que leur revendication :
« Depuis près de deux mois, nous sommes enfermées dans la section féminine AS2 de L’Aquila, les conditions de détention, issues d’une réglementation à l’odeur d’un 41bis assoupli, sont désormais connues, ici et à l’extérieur.
Nous sommes convaincues qu’aucune amélioration puisse et ne doit être demandée, non seulement pour des questions objectives et structurelles de la section jaune (ex-41bis) : toute la prison est presque exclusivement destinée au régime 41bis, donc élargir un peu le maillage des règles de la section nous semble de mauvais goût et impraticable vu les circonstances encore plus lourdes vécues à quelques mètres, nous ne pouvons pas ne pas penser à tous ceux et celles qui se battent depuis des années cumulant des blâmes et procès. À cela s’ajoute la tentative maladroite de la DAP [département de l’administration pénitentiaire] pour rentrer dans leurs frais, en créant une section mixte anarchico-islamique, qui se concrétise par une nouvelle interdiction de rencontre dans la section elle-même, avec un isolement qui perdure.
Il y a des conditions d’emprisonnement, communes ou spéciales, encore pires que celles de L’Aquila. Ce n’est pas une bonne raison pour ne pas s’opposer à ce qu’ils imposent ici.
Nous ne mangerons plus de ce pain : le 29 mai, nous entamerons une grève de la faim pour demander le transfert de cette prison et la fermeture de cette section infâme. »

Anna et Silvia AS2

Anna et Silvia AS2

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Quatre syndicalistes de la CGT, poursuivis pour «violences en réunion» à l’encontre du député Rassemblement national (RN) du Nord Sébastien Chenu, ont été relaxés ce mercredi par le tribunal correctionnel de Valenciennes. Fabrice, Nicolas, Roland et Yohan étaient accusés d’avoir violemment exclu l’élu RN d’une manifestation organisée en mars 2018 à Valenciennes par la CGT Métallurgie. Dès le début de ce rassemblement, visant à protester contre ontre la fermeture de la tuberie de Saint-Saulve, en banlieue de Valenciennes. Sébastien Chenu avait été fermement prié de partir, bousculé et s’était retranché dans une agence de voyages. Une dizaine de policiers étaient intervenus pour le protéger. Chenu a 10 jours pour faire appel.

Chenu protégé par les policiers après son expuslion de la manfiestation

Chenu protégé par les policiers après son expuslion de la manfiestation

Le 28 mai, la cour d’appel de Toulouse a pris la décision de maintenir en détention préventive un gilet jaune d’origine suisse. Arrêté en marge d’une mobilisation en février dernier à Toulouse alors qu’il ne participait pas aux manifestations, il lui est reproché d’avoir déclaré une fausse identité lors d’un contrôle. Il a par la suite refusé de se soumettre au prélèvement ADN. La justice lui reproche aussi le fait d’avoir été en possession d’une clef passe partout. L’avocat général a appuyé le maintient en détention de l’accusé par sa vraisemblable appartenance à « l’ultragauche » suite au matériel trouvé (tract, affiches, brochures, banderoles, … ) lors des perquisitions à son domicile. Le risque de fuite en cas de libération conditionnelle a aussi été évoqué.

Manifestation de gilets jaune à Toulouse

Manifestation de gilets jaune à Toulouse

L’affaire des « pancartes Vandersmissen » renvoyée en septembre 2018 devant la chambre des mises en accusation, s’était poursuivie pour trois des accusés devant le tribunal correctionnel. Le quatrième accusé n’avait lui pas été poursuivit par manque de preuve (voir notre article). Une première audience le 30 janvier avait été utilisée pour fixer un calendrier de conclusion et fixer la date d’une seconde audience au 9 mai.

La seconde audience, a permis à la cours de parvenir à décision après plusieurs heures de débats tendus comportant notamment une interruption d’audience sur demande de l’avocat de la partie civile. La cours a rendu son jugement le 31 mai. Elle estime que le fait de porter une pancarte contenant du texte peut constituer un outrage. Cependant elle estime que pour deux des accusés, la volonté d’outrager n’était pas présente puisqu’ils ne connaissaient pas le commissaire Vandersmissen à l’époque et qu’ils ne savaient pas qu’il était présent lors des manifestations où les pancartes ont été « éxibées ». Elle les acquitte donc.

Elle reconnait le troisième accusé, qui reconnait être l’auteur des pancartes, coupable mais compte tenu du délais de jugement (l’affaire aura duré près de 8 ans), elle le condamne à une simple déclaration de culpabilité. Il devra également débourser plusieurs centaine d’euros en dommages et intérêts au civil ainsi qu’en frais de procédure. La partie civile dispose encore d’un délai pour faire appel. Il est donc possible que cette « petite » affaire continue encore de se poursuivre.

Un aperçu de la pancarte

Un aperçu de la pancarte

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L’activiste avait brandit le drapeau des YPJ pendant une manifestation contre la conférence de sécurité de Munich en février 2018. Il était par la suite accusé de faire la propagande du PKK. Le juge a acquitté l’activiste, estimant que les liens entre les YPJ et le PKK étaient insuffisamment prouvés. La même cour avait déjà acquitté un autre activiste, poursuivi pour avoir porté un drapeau du PYD à une manifestation contre l’invasion d’Afrin par l’armée turque.

En Allemagne, l’affichage de symboles du PKK, ainsi que ceux d’organisations considérées comme affiliées au PKK, est interdit. Par ces interdictions, l’état allemand répond à la demande de la Turquie de durcir la répression contre les activistes pro-kurdes.

YPJ drapeau

YPJ drapeau

Mardi 4 juin, 20 personnes passaient au tribunal correctionnel de Rennes pour « association de malfaiteurs ». Elles étaient accusées d’avoir participé à une opération transports gratuits dans différentes stations de métros de Rennes à l’occasion du mouvement contre la « Loi Travail » en 2016 (voir notre article). Un rassemblement de soutien était organisé devant la cité judiciaire pendant l’audience.

Ainsi le 19 mai 2016 à 6h00 du matin, les militant·e·s s’étaient introduits dans plusieurs bouches du métro rennais pour y saboter des bornes d’accès. Grâce à des clefs, iels ont ouvert les boîtiers et débranché les fils, ou ont utilisé de la mousse expansive. Le même jour, la police arrêtait 20 personnes dans le cadre de cette affaire. Notons qu’avant même leur arrestation, une note des renseignements les désignait comme « un groupe paramilitaire », « une mouvance d’ultra-gauche » prête à passer à l’action « lors de réunions conspiratrices ». Les militant·e·s contestent cette qualification mais ont refusé de communiquer sur leurs personnalités ou leurs vies actuelles et ce afin de ne pas être jugé selon leurs profil social.

À l’issue du procès, 19 personnes ont été déclarés coupables de dégradation ou tentative de dégradation ainsi que d’association de malfaiteur. Ils ont été condamné·e·s à 4 mois de prison avec sursis et de 150 et 300 euros d’amende. Seul un prévenu a écopé d’un mois de prison avec sursis, car il a été reconnu comme n’ayant pas participé directement aux actions.

Rassemblement de soutien aux inculpé·e·s de l'opération transports gratuits à Rennes

Rassemblement de soutien aux inculpé·e·s de l’opération transports gratuits à Rennes

Dossier(s): Archives France Tags:

Marina Bernadó était une des deux dernières prisonnières politiques catalanes incarcérées pour avoir prit part à la lute d’ETA. Clandestine en France entre 2001 et 2006 , puis incarcérée jusqu’à la fin de la semaine dernière à la prison des femmes de Rennes , elle a été extradée vers l’Espagne qui vient de la relâcher sans peine supplémentaire. Il ne reste qu’une prisonnière catalane détenue pour avoir participé à l’action d’ETA, Dolores « Lola » López Resina, toujours détenue à la prison de Brieva (Àvila).

La libération de Marina Bernadó

La libération de Marina Bernadó


Le comité d'accueil à Barcelone

Le comité d’accueil à Barcelone