À Antep, un lecteur du journal Partizan affirme avoir été enlevé en pleine rue par des policiers, conduit de force dans un commissariat et interrogé hors de tout cadre légal. Selon son témoignage, il a été menacé, soumis à des pressions pour collaborer avec la police et privé de ses droits fondamentaux, notamment l’accès à un avocat et la notification officielle de garde à vue. Relâché après plusieurs heures sans procédure judiciaire, il dénonce une pratique d’intimidation et de criminalisation des militants politiques.

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Le club de football Amedspor, basé à Diyarbakir et figure majeure du football kurde en Turquie, a été sanctionné par la Fédération turque de football pour « propagande idéologique » après la diffusion d’une vidéo sur ses réseaux sociaux reprenant le slogan kurde « Jin, jiyan, azadi » (« Femmes, vie, liberté »). La séquence, publiée en réaction à des images montrant un soldat syrien se vantant d’avoir coupé les cheveux d’une combattante kurde, a valu au club une amende de 802 500 livres turques et une suspension de quinze jours à son président. La décision, contestée par Amedspor, intervient alors que le club est leader de la deuxième division et en lice pour une montée historique en première division.

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Vingt-neuf jeunes internationalistes, venus de 14 pays pour exprimer leur solidarité avec le peuple du Rojava face aux attaques de HTS et de l’État turc, ont été interpellés à l’entrée du district de Birecik (Urfa) par la gendarmerie. Qualifiés de « personnes à risque » après un contrôle administratif, ils ont été placés en garde à vue puis transférés à la Direction provinciale de la migration d’Urfa en vue de leur expulsion. Arrivés via Istanbul puis Suruç dans le cadre de la Caravane populaire, ils avaient été accueillis par des représentants politiques et associatifs avant d’être arrêtés sur la route du retour.

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Après une progression rapide dans les zones arabes, les forces gouvernementales ont subi de lourdes pertes face aux Forces démocratiques syriennes en tentant de progresser vers Kobané et Hassaka (photo : quelques combattants et combattantes des FDS et des YPJ tué·es ces derniers jours). La ligne de front s’est stabilisée et des cessez-le-feu, plus ou moins bien respectés, se sont succédé jusqu’à ce qu’un accord général soit signé le 30 janvier. Selon cet accord, l’armée gouvernementale et les FDS se maintiendront dans leurs propres zones, séparées par une distance de sécurité. Les FDS s’intégreront à l’armée en formant trois brigades autonomes stationnées à Hassaka et une brigade à Kobané. Il s’agira de brigades régionales à recrutement local, qui conserveront leurs commandements issus des FDS ainsi que leur propre mode de formation politico-militaire. Les YPJ (Forces de défense des femmes) resteront une force constituée au sein des FDS. Les forces de sécurité gouvernementales seront déployées à Hassaka, mais les forces de sécurité du Rojava, les Asayish, continueront d’assurer la sécurité des habitant·es de la région.

L’enseignement dans la langue maternelle sera officiellement accepté. Les lycées et les universités du Rojava seront officiellement reconnus. Les diplômes délivrés par l’Administration autonome le seront également. Le gouverneur de Hassaka sera désigné par l’Administration autonome et les institutions feront l’objet d’une intégration. La sécurité des frontières sera assurée par la région. Le poste-frontière de Semalka (vers le Kurdistan irakien) sera ouvert. Des discussions sont en cours afin que des représentant·es de l’Administration autonome puissent travailler au sein des ministères de l’État syrien. Des élections pourraient également avoir lieu à l’avenir. Les négociateurs du Rojava ont pris des initiatives pour permettre aux habitant·es de Sheikh Maqsoud, d’Ashrafiyah et de Shehba de rentrer chez eux. Des efforts sont également déployés concernant Serêkaniyê, toujours sous contrôle turc. Afrin est également toujours aux mains de la Turquie, mais elle devrait aussi être évacuée.

Seize jeunes internationalistes venus de différentes villes d’Europe pour manifester leur solidarité avec le Rojava, attaqué depuis le 6 janvier par les milices liés au gouvernement de transition syrien HTS, ont été arrêtés à Mardin, dans le Kurdistan du Nord. Les activistes se rendaient depuis Nusaybin à Artuklu pour participer à une marche destinée à dénoncer les attaques et le siège imposé au Rojava lorsqu’ils ont été interpellés par la police et conduits à la direction provinciale de l’immigration avant d’être expulsés. Aucun motif officiel n’a été communiqué, mais ces arrestations visent à intimider et réprimer la jeunesse internationaliste engagée aux côtés du Rojava. Le même jour, les différents véhicules de la Caravane Populaire n’ont également pas été autorisés à franchir la frontière turque, alors qu’ils transportaient plusieurs jeunes désireux de soutenir la résistance kurde.

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En Turquie, une infirmière d’Istanbul a été arrêtée le 26 janvier 2026 pour avoir publié une vidéo sur les réseaux sociaux où elle se tressait les cheveux en solidarité avec les YPJ (Unité de Proection des Femmes) du Rojava. Accusée de « propagande terroriste », elle n’a fait qu’un geste symbolique pour dénoncer la violence contre les femmes kurdes en Syrie par les groupes djihadistes. Les autorités turques, qui assimilent les FDS (Forces Démocratiques Syriennes, une coalition militaire dirigée par les YPG/YPJ) au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), criminalisent cette expression de solidarité, tandis que des manifestations pro-kurdes se multiplient dans le pays. L’affaire intervient dans un contexte de négociations fragiles de paix entre Ankara et le PKK, soulignant la pression exercée sur toute forme de protestation ou de soutien politique aux Kurdes.

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Il reste deux jours avant la fin du cessez-le-feu de quatre jours entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et l’Armée arabe syrienne (AAS), alors que les accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu persistent. Le territoire contrôlé par les FDS est passé de 50 000 km² à 10 000 km² en deux semaines, seules les villes et villages kurdes restant sous leur contrôle (contrairement à ce que nous avions annoncé, la ville de Sarrine, au sud de Kobané, est finalement restée sous le contrôle des FDS). Les attaques de l’AAS dans les environs de Hasaka menacent de couper les routes entre les centres urbains, tandis que le siège de Kobané s’intensifie. Au moins 18 000 personnes, principalement kurdes, ont été déplacées de Raqqa et Tabqa, portant le total à 170 000 personnes déplacées depuis le 6 janvier. Le siège de Kobané se resserre, environ 150 000 civils y sont piégés. L’électricité est coupée, les pompes à eau ne fonctionnent pas et l’accès à Internet est instable, tandis que l’AAS poursuit ses attaques. L’encerclement empêche l’acheminement de carburant, de nourriture et de fournitures médicales. La Turquie renforce sa présence à la frontière avec la Syrie, face à Kobané, avec des chars et des armes lourdes.

Le réseau Rise Up 4 Rojava, auquel appartient le Secours Rouge de Belgique, organise une soirée publique d’information le lundi 26 janvier à 18H30 au Steki, 6 rue Gustave Defnet à 1060 Bruxelles.

Ali Dilmen, prisonnier révolutionnaire à la prison de type F de Kandira, était en grève de la faim depuis 163 jours pour soutenir Ufuk Keskin, malade, et leurs demandes ont été satisfaites, selon l’association TAYAD. Parmi les mesures obtenues : un régime médical pour Keskin, l’augmentation de la limite de communication de 7 à 10 heures, la levée des restrictions sur les livres et le placement d’un ami à ses côtés. Ali Dilmen a été admis à l’hôpital pour traitement. Par ailleurs, Ali Teke et Hüseyin Karaoğlan ont également vu leurs demandes respectives acceptées. Ces victoires s’inscrivent dans une lutte plus large des prisonniers de Turquie contre l’isolement et les conditions carcérales strictes, avec d’autres grèves de la faim toujours en cours à travers le pays.

Une enquête a été ouverte contre 356 personnes ayant « attaqué » des drapeaux turcs à la frontière entre la Turquie et la Syrie, a annoncé le ministre de la Justice, Yılmaz Tunç, alors que les populations kurdes ont franchi des barrières pour soutenir le Rojava en proie aux attaques du régime syrien (voir notre article). À ce jour, 35 personnes ont été arrêtées, 45 font l’objet de mesures judiciaires de contrôle, et 77 restent en garde à vue.

Une nouvelle offensive a été lancée contre le Rojava démocratique, cette fois par l’armée et les forces de sécurité du nouveau gouvernement islamiste de Damas. Les forces gouvernementales syriennes ont pris le contrôle des quartiers kurdes d’Alep la semaine dernière, puis a pénétré samedi matin dans la ville de Deir Hafer, à une cinquantaine de km à l’est d’Alep, sur la rive occidentale de l’Euphrate. A ce moment un accord de cessez-le-feu était survenu, patronné par les USA, mais cet accord a été violé et les forces gouvernementales qui, lourdement appuyées par la Turquie (au moyen de frappes de drones), ont attaqué et pris la ville de Tabka, la dernière ville liée à l’administration autonome démocratique du Nord-Est syrien à l’Ouest de l’Euphrate et défendue par les Forces Démocratiques Syriennes. Les forces islamistes ont ensuite franchit l’Euphrate à Deir ez-Zor et  progressé dans les gouvernorats de Raqqa et Deir ez-Zor, largement évacués par les FDS qui se sont retranchée dans les gouvernorats de Hassaka et du Jazira. La progression des forces de Damas a été facilitée par le soulèvement armé, dans le dos des Forces Démocratiques Syriennes, des forces jihadistes et des forces tribales. La ville de Kobané et ses environs sont isolées du reste du Rojava. L’armée de Damas approche de la grande ville d’Hassaka que les FDS semblent résolues à défendre.

Mise à jour (21/01) : Le grand camp d’Al-Hol, où sont confinées des dizaines de milliers de membres des familles de militants de l’État islamique, est passé sous le contrôle des forces du régime. Des drones turcs ont de nouveau frappé des installations des YPG-YPJ, notamment à Qamishlo. Des poches de résistance des FDS se maintiennent à Raqqa, essentiellement autour de la prison d’al-Aqtan. Le commandant en chef des FDS, Mazlum Abdi, a déclaré que ses forces s’étaient retirées dans les zones à population majoritairement kurde afin de les défendre. La ville de Sarrine, au sud de Kobané, est également tombée aux mains des forces gouvernementales islamistes.