Mauricio Hernández Norambuena, alias « Ramiro », militant communiste et membre du Frente Patriótico Manuel Rodríguez (FPMR), est soumis depuis les années 1990 à une politique systématique de répression et d’isolement par l’État chilien, puis brésilien. Tortures physiques et psychologiques, isolement prolongé, restrictions extrêmes aux contacts humains et traitements inhumains ont marqué son incarcération dans des prisons de haute sécurité au Chili et au Brésil, constituant une torture psychologique soutenue. Devant l’absence de recours internes, son cas a été porté devant le Système interaméricain des droits humains, avec des audiences devant la Commission et la Cour interaméricaine, dénonçant la torture, la persécution politique et la violation des droits fondamentaux. La Cour vient de reconnaitre la gravité de ces traitements et la dimension systématique de cette politique d’État.

Le 14 janvier, une opération de la police de Rio de Janeiro au Complexo do Salgueiro (São Gonçalo) a fait 22 morts et un blessé, selon les habitants, alors que la police n’en reconnaît que quatre. Cette action, dans le cadre de l’Opération Contenção, est dénoncée comme un massacre ciblant les populations pauvres et faveladas sous prétexte de la « guerre à la drogue », épargnant les véritables trafiquants.

Régis Braguin, commandant général de la police militaire de l’État de Rondônia et autoproclamé « ennemi numéro 1 » de la Ligue des paysans pauvres (LCP), a été démis de ses fonctions le 14 janvier 2026 après un mandat marqué par une forte répression du mouvement paysan. Sous son commandement, la létalité de la police militaire aurait augmenté de 400 % en 2025, avec au moins 35 morts recensés, faisant de Rondônia l’État le plus touché par les meurtres policiers. Braguin a dirigé plusieurs opérations contre la LCP, dont l’« opération Godos », au cours de laquelle le paysan Elias a été tué (voir notre article), ainsi que des interventions ayant conduit à l’exécution de Raimundo Nonato. Il a assumé une stratégie policière fondée sur une rhétorique de « lutte contre le terrorisme », bien que ce cadre n’existe pas légalement, et a soutenu un programme de « sécurité rurale » accusé de servir les intérêts des grands propriétaires fonciers. Son éviction intervient également dans un contexte de scandales personnels, notamment des accusations de violences conjugales et de conduite en état d’ivresse.

Selon Diosdado Cabello, le ministre de l’Intérieur du Venezuela, l’opération menée par les États‑Unis qui a abouti au kidnapping du président Nicolás Maduro et de son épouse aurait fait environ 100 morts, incluant des membres des forces de sécurité et d’autres personnes présentes lors de l’assaut. D’après Caracas, une grande part des agents chargés de la protection de Maduro ont été tués « à bout portant » et des ressortissants cubains présents au Venezuela figurent également parmi les victimes, tandis que Maduro et son épouse ont été blessés au cours de l’opération. Le gouvernement intérimaire a instauré une semaine de deuil national en hommage aux militaires tombés lors de cette intervention.

En Bolivie, la vaste mobilisation contre l’offensive austéritaire du président Rodrigo Paz s’accompagne d’une répression accrue des forces de l’ordre, visant à contenir une contestation sociale massive. Depuis l’appel à la grève générale illimitée lancé le 22 décembre, les manifestations, blocages routiers et rassemblements ont été confrontés à un important dispositif policier, notamment à La Paz, où les mobilisations de mineurs ont été violemment dispersées à coups de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc et d’interpellations. Cette réponse sécuritaire cherche à imposer le décret supprimant les subventions aux hydrocarbures et à briser un mouvement populaire largement implanté dans des secteurs stratégiques.

Dans la nuit du 2 au 3 janvier, les États-Unis ont bombardé plusieurs villes du Venezuela, dont Caracas, touchant des quartiers militaires, des installations pétrolières et des infrastructures stratégiques. L’opération, autorisée par Donald Trump et présentée comme une « lutte contre le narcotrafic », s’inscrit dans la continuité des pressions militaires et économiques états-uniennes sur le pays. Le gouvernement vénézuélien a déclaré l’état d’exception et appelle la population à se mobiliser face à cette agression. Cette action illustre le redéploiement impérialiste des États-Unis dans la région, visant notamment certaines ressources stratégiques comme le pétrole au Venezuela. Par ailleurs, l’administration états-unienne a annoncé avoir kidnappé le président vénézuélien Maduro.

Cinq ans après la mort de Claude Jean-Pierre, dit Klodo, décédé le 3 décembre 2020 à la suite d’un contrôle de gendarmerie en Guadeloupe, sa famille continue de se battre face aux dénis de justice et aux intimidations policières. Malgré des images vidéo et de multiples expertises médicales établissant la responsabilité des gendarmes, la procédure judiciaire est une nouvelle fois retardée début décembre, avec le dessaisissement de la juge d’instruction et l’absence de nouveau magistrat avant mai 2026. Le 10 décembre 2025, la mobilisation de la famille et de leurs soutiens devant le tribunal de Basse-Terre a été réprimée et intimidée par la police. Cette affaire illustre l’impunité des forces de l’ordre en France et le traitement colonial réservé aux territoires dits d’Outre-Mer, renforçant l’appel à une mobilisation collective pour la justice et contre les violences policières de la part de la famille.

Dans la municipalité de Villa Rica, dans le département du Cauca, la mort d’un jeune lors d’un contrôle de police a provoqué de violents affrontements entre des habitants et les forces de l’ordre. Au moins une personne a été arrêtée et deux personnes ont été blessées. Les autorités locales ont également annoncé qu’une enquête était en cours pour établir les circonstances exactes de la mort du jeune homme.

Les militaires colombiens ont tué « Maikol », un commandant du 57e Front, groupe dissident des FARC, lors de combats dans une zone rurale de Tuluá, dans la Valle del Cauca. L’opération s’est déroulée dans le village de La Arenosa, dans le cadre de l’opération « Ayacucho Plus », où les troupes ont affronté pendant deux jours des membres de ce groupe de guérilla. Un deuxième membre du 57e Front des FARC a été tué dans cette opération. ​​Maikol était accusé d’avoir coordonné des homicides, levé l’impôt révolutionnaire et géré les ressources illicites du groupe. Il faisait également l’objet de mandats d’arrêt pour association de malfaiteurs, homicide aggravé et port d’armes illégal, entre autres infractions. Ces décès s’ajoutent à l’arrestation par la police de Valle del Cauca dit « Juan José », 23 ans, membre présumé des réseaux de soutien urbains du 57e Front, actif à Sevilla et à Caicedonia, dans le nord de la Valle del Cauca.

Facundo Jones Huala, figure de proue du groupe Résistance Ancestrale Mapuche (RAM), qui avait été extradé d’Argentine (voir notre article), restera en détention pendant au moins 90 jours supplémentaires. Cette décision a été prise à l’issue d’une audience visant à déterminer la suite de la procédure, au cours de laquelle le parquet a requis un délai supplémentaire pour l’enquête, requête qui a été acceptée par le juge. Les avocats du Gremial (une association d’avocats chiliens) définissent l’affaire comme « non pas juridique, mais politique », et ont précisé : « Quoi que nous disions, le juge allait prolonger la détention.» Facundo restera emprisonné pendant encore 90 jours, et que sa détention sera ensuite probablement encore prolongée. Il est incarcéré à plus de 800 kilomètres de sa famille, de sa communauté, de son peuple, dans la pire prison du Chili. Jones Huala est détenu à Rawson depuis juin. Son équipe de défense avait initialement demandé son transfert à Esquel, mais si la requête avait d’abord été acceptée, la décision a ensuite été annulée, le gouvernement fédéral invoquant des raisons de sécurité.

Facundo Jones Huala