Au Chiapas, 30 indigènes tseltales, membres du Congrès national indigène (CNI), ont été victime de déplacements forcés survenus le 12 février 2026 dans la municipalité de Chilón. Huit familles paysannes ont été expulsées dans un contexte de violence extrême impliquant environ cent personnes, avec la participation de la police municipale, de la Garde étatique et de représentants d’institutions publiques. Cinq maisons auraient été détruites, des biens incendiés, des animaux tués et au moins trois personnes victimes de torture et de mauvais traitements. Deux leaders communautaires, Francisco Moreno Hernández et María de Jesús Sánchez, ont été arrêtés et poursuivis pour « spoliation aggravée », tandis que huit autres mandats d’arrêt viseraient des membres du CNI.

En Équateur, Gabriela Gallardo, militante guevariste et prisonnière politique, a été transférée de manière illégale à la prison pour femmes de Guayaquil, dans ce qui est dénoncé comme une pratique de torture systématique par le SNAI (Service national de prise en charge globale des personnes privées de liberté). Privée de soins médicaux pour un grave tumeur cérébrale, éloignée de sa famille et en particulier de son fils, Gaby fait face à des mesures visant à briser son engagement militant.

Le 25 février 2026, Tomás González s’est évadé avec un autre détenu de l’ancienne prison centrale de Santiago, connue sous le nom d’Ex Penitenciaría de Santiago (« ex-pénitencier »), en se faisant passer pour des gardiens. Il purgeait une peine de plus de 21 ans de prison, dont 16 ans pour avoir tiré sur des policiers lors d’une tentative d’arrestation en mai 2022 et 5 ans supplémentaires liés à la possession d’un cocktail Molotov. Après l’évasion, des appels à ne transmettre aucune information aux autorités ont circulé dans certains milieux de soutien, exprimant leur solidarité avec les évadés et les prisonniers toujours incarcérés.

Une opération policière menée le 20 février 2026 contre des membres du Frente Nacional de Lucha por el Socialismo (FNLS) à Ocosingo, dans l’État du Chiapas, lors d’une commémoration près de Río Florido, a été le théâtre de violents affrontements. Des forces des trois niveaux de gouvernement auraient procédé à une offensive avec gaz lacrymogènes, véhicules blindés et appui aérien d’un hélicoptère Black Hawk, entraînant des blessés et le déplacement forcé de communautés rurales.

Au Chili, l’enquête sur la disparition et la mort présumée de la dirigeante mapuche Julia Chuñil connaît un nouveau développement avec l’extension des recherches au fundo La Fritz, propriété de l’entrepreneur Juan Carlos Morstadt, situé près de Máfil, dans la région de Los Ríos. Cette décision intervient près d’un mois après l’inculpation de trois enfants de la victime pour parricide et d’un ex-gendre pour homicide. Les investigations n’ont pour l’instant donné aucun résultat concluant. Initialement mis en cause, le propriétaire du domaine est désormais entendu comme témoin, tandis que le ministère public poursuit ses investigations.

Au Chili, le ministère public a requis la réclusion à perpétuité (simple ou qualifiée) contre 16 membres de la Resistencia Mapuche Lafkenche (RML) pour l’attaque incendiaire du Molino Grollmus, survenue en août 2022 à Contulmo dans la région du Biobío. Par ailleurs, un mineur encourt cinq ans en centre de réinsertion. Le tribunal de Cañete doit encore fixer la date de l’audience préparatoire au procès de 17 accusés.

Les prisonnières politiques Carmen Villalba, Laura Villalba et Francisca Andino font l’objet de conditions carcérales dégradantes, incluant l’isolement prolongé et la privation de soins médicaux, visant à briser physiquement et psychologiquement ces opposantes politiques.Le système répressif paraguayen ne se limite pas à l’incarcération des opposantes politiques. Il s’attaque violemment à leur cercle familial le plus proche pour briser toute velléité de résistance. La tragédie des enfants de la famille Villalba en est l’illustration la plus brutale : Lilian Mariana et María Carmen, deux fillettes de la famille, ont été exécutées par des unités militaires, tandis que Carmen Elizabeth, surnommée « Lichita », la propre fille de la prisonnière Carmen Villalba, est portée disparue.

À Maipú, le 16 février 2026, les autorités municipales, assistées par les Carabineros, ont procédé au désengagement du campement Santa Marta, où vivent depuis 2022 375 personnes, dont 150 enfants, principalement des migrants vénézuéliens et colombiens. Quatre personnes ont été arrêtées lors des affrontements : deux Vénézuéliens en situation irrégulière et deux Chiliens pour désordres et agression sur les forces de l’ordre. La municipalité a mis en place un plan social proposant des logements transitoires.

Le Tribunal correctionnel de Fort-de-France a condamné 7 des 13 prévenus jugés pour leur implication présumée dans les émeutes de fin 2021 en Guadeloupe, avec des peines allant de six mois avec sursis à deux ans de prison ferme, bien inférieures aux réquisitions du parquet, tandis que six accusés ont été relaxés. Le jugement souligne les fragilités de l’enquête, largement fondée sur des écoutes téléphoniques, et confirme le net affaiblissement de l’accusation au fil des audiences. La peine la plus lourde vise Didier Laurent, policier reconnu coupable de violation du secret professionnel pour avoir transmis des informations aux prévenus, condamné à deux ans de prison et interdit définitivement d’exercer.

Alors que le Sénat argentin débattait ce 11 février d’une vaste réforme du travail portée par le président Javier Milei, prévoyant notamment l’allongement possible de la journée de travail et une flexibilisation accrue des droits des travailleurs, des manifestations ont été violemment dispersées place du Congrès à Buenos Aires. La police fédérale a utilisé gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc contre les protestataires, tandis que la mobilisation se poursuivait avec l’arrivée de nouveaux manifestants.