Plusieurs drapeau et banderoles de l’ELN ont été accrochées hier dans la municipalité de Pelaya (département de Cesar). Une patrouille de police a entrepris de les décrocher, mais lorsqu’ils ont voulu s’en prendre à celle accrochée à un terrain de football dans le quartier de Garden, ils ont activé une charge explosive. Un policier a été tué dans l’explosion, un autre a été blessé.

Des curieux assemblés autour du corps du policier

Des curieux assemblés autour du corps du policier

Au moins 200 travailleurs de la société Ingenio Ledesma à Jujuy, ont été fortement réprimés jeudi par la police régionale et une société de sécurité privée, après une journée de manifestations et d’actions de grève illimitée exigeant de meilleurs salaires et conditions de travail. 80 travailleurs ont été blessés, presque tous avec des impacts de balles en caoutchouc tirées à courte portée. La police a aussi fait usage de gaz lacrymogènes.

La répression à Jujuy

La répression à Jujuy

Jets de pierres contre canons à eau et gaz lacrymogène, les étudiants ont une nouvelle fois affronté la police à Santiago, la veille du passage devant le Congrès chilien de du projet de loi de réforme de l’enseignement. Ce projet de démocratisation de l’enseignement est jugé largement insuffisant par les étudiants et les enseignants. Les affrontements ont eu lieu autour du palais présidentiel de La Moneda. Il y a eu plus de 100 arrestations.

Les affrontements de Santiago

Les affrontements de Santiago

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Jean Gutiérrez Zambrano et Andrés Aravena Sotelo ont été arrêtés et placés en détention préventive pour 90 jours. Ils ont été arrêtés sur base de vidéos et de contrôles de police suites à la manifestation d’étudiante organisée par la Confederación de Estudiantes de Chile, le 9 juin, à Santiago du Chili. Ils sont accusés d’avoir jeté des cocktails Molotov sur des voitures de police à plusieurs reprises au cours de la manifestation. L’usage des vidéosurveillance ont déjà permis plusieurs arrestations de manifestants au Chili. La vidéo ci-dessous donne une illustration du processus:

Hernán Jaramillo alias « Guadalupe », l’un des principaux dirigeants de l’ELN, chargé de réactiver la guérilla dans le centre du pays, a été capturé aujourd’hui par l’armée dans une maison de la zone rurale d’Ibague, à environ 200 kilomètres de Bogota. Membre de l’ELN depuis 18 ans, il avait la mission de faire réactiver le Front « Bolcheviques del Líbano » et le Front Central. Il est accusé de rébellion et d’extorsion aggravée.

Hernán Jaramillo avait échappé en mai à une opération de contre-guérilla qui avait anéanti le Frront « Bolcheviques del Líbano » dans les montagnes du nord de Tolima. Une prime de 30 millions de pesos avait été promise à qui permettrait son arrestation. Le 30 mars dernier, à Caracas, le gouvernement de Bogota et l’ELN ont commencé une négociation de paix pour tenter de mettre fin à plus de 50 ans d’hostilités entre les parties. Toutefois, les négociations sont au point mort en raison des actions d’enlèvement de la guérilla.

La capture de Hernán Jaramillo

La capture de Hernán Jaramillo

Le puissant syndicat COB (Central Obrera Boliviana), pourtant proche du gouvernement bolivien, a appelé à une grève de 72 heures mercredi avec barrages routiers et manifestations. La COB refuse un décret qui fait fermer une usine de textile de l’Etat employant 800 personnes, et des lois modifiant le fonctionnement des entreprises publiques et les droits à la pension des fonctionnaires. Vendredi, les manifestations ont donné lieu à de violents affrontements, faisant plusieurs blessés. Les manifestations les plus violentes ont eu lieu à Quillacollo, près de Cochabamba, à 400 km à l’est de La Paz, où les travailleurs ont lancé des pierres, des bâtons et des pétards sur les policiers, qui ont répondu avec des gaz lacrymogènes. La police a nié l’utilisation d’armes à feu, mais un dirigeant syndical a déclaré aux journalistes qu’il y avait deux manifestants blessés par balles, dont un grièvement. Plus de 100 travailleurs ont été arrêtés à Cochabamba.

Affrontements vendredi en Bolivie

Affrontements vendredi en Bolivie

Trois combattants de l’ELN, deuxième guérilla de Colombie, ont été tués dans une opération militaire visant à libérer un gros commerçant enlevé il y a deux semaines.
L’opération a été menée dans le département du Choco (nord-ouest) et un guérillero blessé a été arrêté. Selon l’armée, l’ELN demandait 100 millions de pesos (près de 35.000 dollars) pour relâcher le commerçant. Le raid s’est déroulé le 25 juin. Dimanche 26 juin, un hélicoptère Mi-17 militaire effectuant une opération anti-ELN dans le même département du Choco s’est écrasé, tuant cinq membres d’équipage et 12 soldats embarqués.

Enfin, ce 30 juin, les militaires de la 29e brigade anti-guérilla ont blessé et capturé deux membres de l’ELN dont Oso Panda, un des dirigeants du Front « Manuel Vasquez Castaño » de l’ELN, qui opère dans le Cauca. Les deux blessés ont été évacués par hélicoptère en direction de la ville de Popayan.

Un Mil-17 de l'armée colombienne

Un Mil-17 de l’armée colombienne

Le gouvernement colombien et les FARC ont signé à La Havane un accord sur un cessez-le-feu définitif. Les FARC s’y engagent à se rassembler dans des zones démilitarisées pour livrer leurs armes à l’ONU en 6 mois tout au plus.
Les FARC ont obtenu une protection spéciale pour leurs futurs démobilisés et la création de corps d’élite ciblant les paramilitaires. Après trois ans et demi de négociations et plusieurs accords d’étapes, il ne reste qu’à régler des points de mise en œuvre pour signer le texte final.

C’est la troisième grande tentative de négociations. Dans les années 1980, les rebelles avaient entamé une trêve et pu créer un parti légal, l’Union patriotique. Mais 3.000 de leurs militants, dont nombre d’élus, ont été assassinés par les paramilitaires, et les guérilleros avaient repris le maquis. Sept ans plus tard, lors d’une nouvelle tentative de négociation, le président avait démilitarisé une zone grande comme la Suisse. Pendant trois ans, les FARC s’y sont renforcées, tandis que l’armée se modernisait grâce à l’aide américaine. La rupture des négociations, en février 2002, a marqué le début de l’année la plus meurtrière du conflit colombien.

Le président Juan Manuel Santos (g) et le représentant des FARC Timoleon Jimenez (d)

Le président Juan Manuel Santos (g) et le représentant des FARC Timoleon Jimenez (d)

Des dizaines de milliers d’étudiants chiliens, peut-être 100.000, ont défilé dans la capitale et d’autres villes jeudi pour s’opposer à une réforme de l’éducation proposée qu’ils considèrent comme très insuffisante. Dans le centre de Santiago, des heurts ont éclaté, certains manifestants encagoulés jetant des pierres et des bâtons sur la police qui a répliqué avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes. De nombreux commerces du centre de la capitale chilienne avaient baissé le rideau, et plusieurs stations de métro étaient fermées, tandis que la circulation a été coupée sur une partie de l’avenue Alameda, axe névralgique de la ville. 117 personnes ont été arrêtées.

La présidente chilienne a promis une vaste réforme pour en finir avec un système éducatif largement privatisé et profitant aux élites, hérité de la dictature de Pinochet. Mais depuis le lancement du projet en 2014, les manifestations de lycéens, d’étudiants et de professeurs se multiplient pour réclamer une mise en place plus rapide et moins sélective. Sous le slogan « Nous sommes fatigués d’attendre », les étudiants ont décidé d’intensifier leur pression sur le gouvernement socialiste.

Arrestation avant-hier à Santiago

Arrestation avant-hier à Santiago

Une manifestation a tourné à l’émeute ce jeudi dans le centre-ville de Chihuahua. Les manifestants exigeaient la démission du gouverneur qu’ils accusent de corruption. Des centaines de personnes ont encerclé le bâtiment du gouvernement de l’Etat dans le centre-ville. Ils ont jeté des pierres, brisant les fenêtres et endommageant l’une des portes du bâtiment. Les forces de sécurité ont fait usage de spray au poivre. Plusieurs manifestants ont été blessés et d’autres ont été emprisonnés.

Émeute à Chihuahua

Émeute à Chihuahua