Arrêté dans la localité de Galapa (nord), Hernan Cantillo, 38 ans, sur lequel pesait un mandat d’arrêt international, a appartenu durant vingt ans aux Autodéfenses Unies de Colombie (AUC), des milices d’extrême droite nées dans les années 80, considérées comme responsables de la mort de milliers de personnes. Le 22 novembre 2000, il aurait dirigé un massacre de 36 habitants dans la commune de Sitionuevo (nord) et serait aussi impliqué dans le meurtre d’un sociologue en 2004.

Cette arrestation survient au moment ioù le président de la Colombie, Juan Manuel Santos, a reconnu pour la première fois que « L’Etat colombien a été responsable, parfois par omission, parfois de manière directe, de graves violations des droits de l’homme et d’infractions au droit humanitaire international durant ces cinquante ans de conflit armé interne » dans un discours devant la Cour constitutionnelle.

En début de semaine, plus de 4000 personnes sont descendues dans les rues de Lima pour dénoncer la manière avec laquelle le Congrès a nommé les nouveaux membres de la Cour Constitutionnelle, de la Banque Centrale ainsi que le ombudsman national. Le cortège a démarré sur la Plaza San Martin et s’est dirigé vers le Congrès où il s’est heurté à un énorme barrage policier. A l’arrivée de la foule, les policiers anti-émeute ont utilisé des lances à eau et des gaz lacrymogène pour empêcher les manifestants de s’approcher du bâtiment officiel. Au total, onze personnes ont été interpellées. Dix d’entre elles ont été relâchées le lendemain matin. La dernière est toujours détenue, accusée d’avoir attaqué un policier.

Au lendemain d’une double attaque des FARC contre l’armée, le président Santos s’est rendu dans l’état d’Arauca, à la frontière avec le Vénézuela. C’est là qu’un total de 19 soldats ont été tués par des guérilleros au cours de deux assauts distincts. Ce dimanche, Santos a ordonné au haut commandement militaire de mettre l’entière machine de guerre en mouvement contre les FARC. En novembre dernier, à l’entame des négociations entre les autorités et la guérilla, cette dernière avait proposé l’instauration d’un cessez-le-feu, ce que le gouvernement avait refusé.

La police a dispersé lundi soir avec des gaz lacrymogènes des manifestants en marge de la réunion du pape avec la présidente Dilma Rousseff. Des centaines de manifestants, qui ont répondu à l’appel du groupe Anonymous s’insurgent contre les 53 millions de dollars que coûte la visite du pape et les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ), couraient dans toutes les directions à proximité du palais Guanabara où siège le gouvernement de Rio de Janeiro. Un cocktail Molotov a été lancé en direction des forces de l’ordre. Au moins un manifestant qui portait un masque blanc d’Anonymous a été arrêté.

Cette manifestation a conduit les services de sécurité à changer in extremis le programme du pape, en le faisant monter dans un hélicoptère pour aller du centre-ville au palais Guanabara. La visite du pape et les JMJ sont l’occasion de la plus rande opération de police de l’histoire de la ville: 7.000 policiers appuyés d’hélicoptères renforcent les 12.000 policiers de la ville, sans compter 1.700 policiers d’élite de la Force nationale, ceux de la police civile, routière et fédérale.

répression de la manifestation contre la visite du pape au Brésil

répression de la manifestation contre la visite du pape au Brésil

Un détachement militaire a été attaqués par quelque 70 guérilleros des FARC dans la région frontalière avec le Venezuela. Les militaires circulaient sur une route de la province d’Arauca, près de la frontière avec le Venezuela, et étaient chargés de protéger l’oléoduc Cano Limon-Covenas (cet oléoduc avait été dynamité au début du mois par l’ELN). Douze combattants des FARC ont été capturés et présentés à la presse (photo), dont cinq ont été blessés, à la suite de la riposte de l’armée.

La veille quatre militaires et six guérilleros avaient été tués dans d’autres combats qui se sont déroulés samedi dans le département du Gaviare (sud). Au total, ce sont donc au moins 19 militaires ont ainsi trouvé la mort dans la seule journée de samedi, l’un des pires revers enregistrés par l’armée colombienne depuis plusieurs mois.

prisonniers des FARC

prisonniers des FARC

Le soldat états-uniens Kevin Scott Sutay avait été capturé par les FARC le 20 juin dans le département du Guaviare (sud). Les FARC ont annoncé qu’elles le libéreraient pour faire un geste dans le cadre des discussions de paix avec la gouvernement. Les FARC mettent en évidence que la capture du militiaire US met en évidence la participation active sur le terrain de militaires et de mercenaires nord-américains à des opérations de contre-insurrection.

Les mineurs travaillant dans de petites exploitations luttent depuis plusieurs jours dans plusieurs régions de Colombie pour pouvoir poursuivre leurs activités sans être déplacés au profit des multinationales. Sous couvert de lutter contre les dégradations environnementales des exploitations minières artisanales, le gouvernement cède en fait l’exploitation des gisements aux grands groupes miniers internationaux.

Les mineurs se sont rassemblés, malgré les obstructions de la police, dans le village de Risaralda d’où ils ont entrepris une manifestation qui a vite tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre. Trois policiers ont été blessés et plusieurs manifestants arrêtés. Les dégâts sont importants, et plusieurs routes ont été barrées.

Lutte des mineurs en Colombie

Lutte des mineurs en Colombie

Le 12 juillet, Hans Niemeyer a été condamné à 5 ans de prison pour le transport des matières explosives conformément à la loi sur la détention d’armes, et à un emprisonnement de 300 jours pour les dommages infligés à une banque. Exceptionnellement, dans ce cas le pouvoir judiciaire n’a pas appliqué la loi sur le terrorisme. Hans est actuellement détenu dans une unité de sécurité maximale. La défense va faire appel contre la sentence, alors que l’accusation va faire appel pour que la loi antiterroriste soit appliquée.

Hans Niemeyer

Hans Niemeyer