Du 25 au 27 mai, devait se tenir une exposition des affiches de la résistance palestinienne du militant et artiste Marc Rudin, organisée par le Secours Rouge Genève en collaboration avec Samidoun Genève. Cette exposition était l’occasion de rendre hommage à notre camarade décédé le 7 avril dernier, à son travail artistique et politique. À l’occasion du vernissage, une discussion était prévue autour de la thématique « Comment soutenir la résistance palestinienne » avec notre camarade Mohammed Khatib, coordinateur de Samidoun. Le samedi 27, nous avions prévu de projeter le film Fedayin, le combat de Georges Ibrahim Abdallah, réalisé par le Collectif Vacarmes Films. Cette exposition a été interdite par la Ville de Genève.

Moins de 48 heures avant le vernissage de l’exposition, nous avons en effet été contactés par la personne responsable du lieu de l’exposition – l’Almacén. Il nous a été expliqué que la Ville de Genève, propriétaire du bâtiment, avait interdit la tenue de notre exposition. La Ville de Genève prétextait un manque d’information concernant notre projet, informations qui étaient cependant toutes publiques. Peu après, pour la première fois depuis l’annonce de l’interdiction de notre exposition et à notre demande, nous avons finalement été contactés directement par le collaborateur personnel d’Alfonso Gomez, Conseiller administratif en charge du Départements des finances, de l’environnement et du logement (DFEL) et membre du parti des Vert-e-s. Durant cet appel, le représentant de la Ville nous explique qu’il n’a « a priori pas de problème » avec notre exposition, que la Ville ne donne « normalement jamais » son aval regardant les évènements tenus à l’Almacén, que « jusqu’à maintenant [il] ne se savait pas ce qui s’y passait ». Notre exposition aborderait une thématique « sensible » et rendrait hommage à une personnalité « controversée ». Force est de constater le caractère exceptionnel d’une telle censure.

Ce qui a motivé une telle décision, aussi exceptionnelle que politique, ce sont les « pressions » que la Ville reçoit d’organisations telles que la European Jewish Association et une ONG israélienne qui a contacté le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Au téléphone, on nous explique donc que l’annulation de notre exposition est le fait d’organisation sionistes étrangères, sous le joug desquelles se placent la Ville de Genève. Rien de surprenant venant de la gauche bourgeoise parlementaire, qui révèle toujours l’étendue de ses contradictions, sinon de son hypocrisie.

La Ville nous accuse de surcroît de « prendre en otage » l’Almacén, considérant que la lutte palestinienne « dépasse » l’association qui tient le lieu, et ajoute qu’il aurait fallu demander « l’accord de quelqu’un de bien plus haut qu’une simple personne qui est bénévole du lieu ». Nous pensons et savons que les personnes responsables de l’Almacén sont tout à fait capables de saisir les enjeux d’une telle exposition, n’en déplaise à la Ville. Notre projet a toujours été clair, notre ligne déclarée, et nous avons toujours été transparent-e-s avec nos interlocuteurs. Par ailleurs, il n’existe aucune information concernant la démarche qu’il aurait supposément fallu entreprendre pour demander l’accord de la Ville. En somme, c’est bien le Conseil administratif qui décide, sous les pressions d’organisations sionistes, de forcer la main de l’Almacén pour interdire notre exposition, c’est-à-dire sans même acter sa propre décision. C’est bien la Ville de Genève, complice du chantage politique israélien, qui prend en otage les responsables de l’Almacén, et les menace de leur retirer le lieu qu’ils font vivre.

Finalement, nous soulignons la censure effarante d’œuvres artistiques et militantes. Les affiches de Marc Rudin, à qui nous souhaitions rendre hommage à travers cette exposition, ont en effet déjà été exposée à Genève en 1993 et, plus récemment, en 2015 lors du festival Palestine Filmer C’est Exister, exposition à laquelle Marc Rudin avait assisté en personne. La Ville de Genève censure un artiste suisse, sa liberté d’expression et son œuvre révolutionnaire. C’est notre devoir de les défendre. Nous défendons son travail ainsi que nous défendons toutes les formes de résistances palestiniennes. Nous ne céderons pas au chantage d’Israël, ni à celui de ses pions genevois. Nous n’avons pas dit notre dernier mot.

Tout cela montre bien que les bourgeoisies occidentales défendent avant tout les intérêts de l’impérialisme que représente Israël.

Quand l’expression de notre solidarité dépasse celle d’un humanisme condescendant et qu’elle parle de la résistance sous toutes ses formes, même la Grande Genève Internationale se sent menacée, même le Conseil Administratif de la Ville de Genève, pourtant composée de tant de représentant-es « de gauche », ploie le genou.

Plus que jamais, renforçons notre soutien à toutes les formes de résistance du peuple palestinien, passées, présentes et futures !

Du boycott à la lutte armée, leur droit à la résistance est inaliénable. Par sa nature anti-impérialiste et anti-coloniale, la lutte de nos camarades contre l’Israël est aussi la nôtre !

Marc vit dans nos luttes !

De la mer au Jourdain, liberté pour la Palestine !

Secours Rouge Genève

Samidoun Genève

Voici la déclaration faite par notre camarade G. lors de son procès pour son engagement internationaliste au Rojava:

« Aujourd’hui on m’accuse de service militaire à l’étranger. La grande question semble être de savoir si oui ou non j’ai contribué à la résistance des Unité de Défense du Peuple (YPG) lors de mon séjour. En tant que militant communiste suisse, le but de mon voyage était de voir une révolution de mes propres yeux et d’y participer.
Aujourd’hui, la Confédération suisse me juge par votre biais car j’aurais violé la «fameuse» neutralité helvétique en me rendant au nord de la Syrie et j’aurais porté atteinte à la puissance défensive du pays. A se demander si la Suisse a tant d’intérêt commun avec l’État Islamique ou le fascisme turc ?
Deux rapports de police disent clairement qu’il n’est pas possible de savoir ce que j’aurais fait durant mon séjour. Les preuves manquent à l’évidence. A contrario, les preuves que la neutralité suisse n’est qu’un mythe bien utile à la bourgeoisie sont nombreuses.
Quand la Suisse vend des armes ou des composants d’armes à l’État fasciste turc la neutralité importe peu, seul le profit compte. Ces armes servent à réprimer les mouvements progressistes en Turquie. Certaines se sont aussi retrouvées dans les mains de l’Etat Islamique.
Quand la Suisse extrade des militants et militantes progressistes turques et kurdes à la demande du régime d’Erdogan ou d’autres Etats européens, où est donc la neutralité ?
Quand les plus grandes banques du pays investissent chaque année plusieurs milliards dans l’industrie de l’armement, qui alimente les conflits du monde entier, où est donc la neutralité ?
L’État suisse n’est pas neutre. Il a choisi son camp depuis longtemps, celui de l’impérialisme occidental. Moi aussi j’ai choisi mon camp, celui des opprimés.
Depuis deux siècles s’est développée une tradition de solidarité révolutionnaire internationale. En me rendant au Rojava, j’y ai soutenu le camp des peuples qui luttent pour leur liberté. Il n ‘ y a qu’une solidarité internationale, ses formes sont multiples et toutes sont légitimes. Une révolution ne peut se construire sans projet de société et elle ne peut vivre si elle ne peut pas se défendre.
En suivant l’exemple donné par Norman Bethune ou Barbara Kistler , j’ai continué cette tradition. De même que toutes celles et ceux qui ont participé, d’une manière ou d’une autre, à la lutte de peuples qui n’était pas le leur. De la résistance antifasciste en Espagne à la lutte pour la libération de l’Algérie ou de la Palestine, nombreux et nombreuses sont les camarades qui ont porté leur engagement au niveau international. Cet engagement a pris différentes formes, toutes ayant leur importance.
En me rendant au Rojava, j’ai soutenu la construction d’une société basée sur des principes de justice sociale, de féminisme et d’écologie. Une société qui aujourd’hui lutte toujours contre le fascisme turc et ses soutiens occidentaux.
Mon choix est un choix politique, tout comme celui que l’État Suisse fait en me faisant passer, sur mandat de l’exécutif, devant ce tribunal. Sans preuves concrètes, je suis amené à comparaître devant vous, ceci sur un simple et seul avis des Service de renseignement de le Confédération, qui n’ont visiblement pas daigné fournir les fondements de leurs allégations.
Partout en Europe, la solidarité avec le mouvement kurde est attaquée. Le peuple du Kurdistan nous montre qu’une révolution est possible et bien réelle. C’est pour cette raison que notre solidarité et les liens que nous construisons sont vus comme dangereux.
Quelque que soit l’issue de ce jugement, je n’ai aucun regret. Je continuerai à soutenir la lutte révolutionnaire au Kurdistan car comme le dit un de leur proverbe : « La résistance, c’est la vie ! »
En tant que militant révolutionnaire et internationaliste, je tiens à finir ma déclaration en saluant le camarade Alfredo Cospito et toutes celles et ceux qui luttent contre le régime d’isolement 41bis en Italie.
Je salue aussi Georges Ibrahim Abdallah et les prisonniers et prisonnières de la cause palestinienne.
Je salue Pola Roupa et Nikos Maziotis emprisonnés en Grèce pour leur engagement révolutionnaire.
Je salue aussi les milliers de prisonnières et prisonniers politiques actuellement dans les geôles du régime fasciste turc.
Je salue l’engagement de celles et ceux qui crient tous les jours dans les rues d’Iran, «Jin, Jîyan Azadî» et se font emprisonner ou tuer.
Je salue Serge, militant français dalns le coma qui lutte pour garder la vie. Il y a deux semaines, il a été gravement blessé par la police lors des manifestations contre le projet écocidaire des mégas-bassines dans l’ouest de la France.
Tous ces militants et militantes nous démontrent que même en faisant face à la plus dure des répressions, la lutte pour un monde meilleur continue.
Comme l’a très bien dit le camarade Fred Hampton : «On peut emprisonner un révolutionnaire, mais on ne peut pas emprisonner la révolution.»« 

La déclaration en anglais

Le 14 avril, se tiendra à Sion le procès, devant la justice militaire suisse, d’un militant du Secours Rouge de Genève. Il est accusé « d’atteinte à la puissance défensive du pays » et de « service militaire à l’étranger ». L’État suisse lui reproche d’avoir pris les armes au Rojava entre 2015 et 2016 contre Daesh. Une mobilisation solidaire aura lieu ce jour à Sion. Lire la déclaration du Secours Rouge de Genève

L’association des Mutilé.e.s pour l’Exemple organise une manifestation dimanche 9 avril dès 14H au départ du métro Jean Jaurès pour dénoncer les violences policières. Dans leur communiqué, ils affirment « Nous avons été amputé.e.s, éborgné.e.s, mutilé.e.s ou blessé.e.s par les Forces de l’Ordre lors de différentes manifestations dans le contexte des Gilets Jaunes. […] Nous sommes à un moment historique où la question des violences policières est plus forte que jamais. Les rapports de force policiers et la violence s’intensifient et se multiplient, il est de notre devoir de s’écouter, de s’organiser et d’agir ensemble pour mettre fin à cette brutalité policière et étatique ! »

Les participant.e.s à la Conférence internationale bisannuelle du Secours Rouge International ont achevé leurs travaux. Ceux-ci ont notamment porté sur le développement et de la qualification de notre fraternité de lutte avec le Rojava et la gauche révolutionnaire palestinienne.

Il a également été question du procès à venir, le 14 avril prochain, contre un camarade du Secours Rouge de Genève. Ce camarade doit comparaître devant le tribunal militaire, à Sion, qui l’accuse d’avoir participé comme internationaliste à la défense armée du Rojava. Ce procès sera l’occasion de réaffirmer la légitimité et la nécessité de défendre la révolution au Rojava comme partie d’un processus révolutionnaire international. Il a énormément été question de la lutte du prisonnier anarchiste Alfredo Cospito contre le régime carcéral 41bis. Lire la suite

 

 

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Dans la perspective internationaliste du travail révolutionnaire, un de nos camarades s’est rendu au Rojava entre 2015 et 2016. Il ne s’agissait pas d’un voyage de « visite » ou d’« observation », mais bien d’apprendre et de participer à la révolution qui se construit encore aujourd’hui dans le territoire autonome du nord-est de la Syrie, le Rojava.

Le 14 avril 2023, se tiendra son procès à Sion. Il est accusé « d’atteinte à la puissance défensive du pays » et de « service militaire à l’étranger ». L’État suisse reproche à notre camarade d’avoir pris les armes contre Daesh, sans pour autant en avoir quelconque preuve. Il nous semble important de noter qu’il ne s’agit en réalité pas seulement de réprimer ce type d’engagement, mais encore de criminaliser l’internationalisme et le soutien à la révolution du Rojava.

Que cela soit bien clair, de savoir si notre camarade a pris les armes ou non, n’est pas important. La répression bourgeoise fait en effet une différence entre la participation armée à la révolution et les autres formes de solidarité, différence que nous ne faisons pas. Que les militantes et militants participent à des projets médiatiques, écologiques, artistiques ou militaires nous importe peu. La révolution au Rojava se base sur des valeurs socialistes, féministes et écologistes ; elles se retrouvent dans le projet de société nouvelle qui se met en place et qui doit être défendu par la lutte armée. Sans projet et travail « civil » : pas de révolution. Et sans forces armées pour les défendre : pas de révolution non plus. Au Rojava, comme dans toute autre expérience révolutionnaire, la nouvelle société ne peut vivre que si elle peut se défendre.

La démarche répressive qui concerne notre camarade s’inscrit plus largement dans une dynamique au niveau européen, qui s’est déjà vue entre autres en Italie, en Allemagne, en France et au Royaume-Uni. Cette répression peut prendre des formes variées, mais son but est toujours le même : empêcher les militantes et militants de continuer leur travail politique en Europe et les empêcher de renforcer les liens avec les expériences révolutionnaires à travers le monde. En Angleterre, des camarades se sont vu retirer leur passeport et ont reçu des interdictions d’entrer dans l’espace Schengen. En France, un camarade a passé plus d’une année en prison sous prétexte qu’il a été au Rojava et qu’il est un militant révolutionnaire. En Italie, plusieurs militant.e.s sont passés.e.s par de longues procédures judiciaires à cause de leur voyage dans la région. De nombreux autres exemples existent et démontrent que, quelles que soient les activités menées par les militant.e.s au Kurdistan, la justice bourgeoise s’acharne à attaquer toutes celles et ceux qui ont eu le courage de quitter leur pays pour apprendre et participer au processus révolutionnaire en cours au Rojava. Ainsi le procès qui vise notre camarade n’est pas celui d’une supposée « atteinte à la puissance défensive du pays » : il s’agit bel et bien du procès de l’internationalisme dans toutes ses formes. À ceci nous répondons fermement : « L’internationalisme est un devoir ».

L’État suisse attaque notre camarade, car ses actions pourraient porter atteinte à la sacro-sainte « neutralité » helvétique et ainsi nuire à « la puissance défensive du pays ». Il nous semble important de rappeler ici que la Suisse a été un fournisseur d’armes au régime fasciste turc jusque très récemment, et que ce même régime a soutenu Daesh en Syrie et en Irak. Aujourd’hui encore, il soutient les milices islamistes actives dans la région et a même envahi une partie du territoire syrien pour les appuyer. Si les ventes d’armes ont été suspendues, la collaboration économique continue. Nombre de grandes entreprises suisses investissent en Turquie, profitant des avantages donnés par le régime fasciste en place. La « neutralité » Suisse n’est donc bien qu’une façade pour cacher son rôle dans l’impérialisme occidental. Nous refusons, quant à nous, toute neutralité, car nous croyons à l’internationalisme et nous nous tenons coude à coude avec nos camarades qui luttent contre l’impérialisme à travers le monde. L’État suisse a toujours eu une politique répressive avec les militantes et militants qui s’inscrivaient dans une démarche internationaliste, que ce soit lors de la guerre d’Espagne ou de la Résistance française pour ne citer que ces exemples.

Le procès contre notre camarade n’est pas dès lors anodin. Ce n’est pas simplement la nature de son engagement au Rojava qui lui est reproché, ce sont surtout les raisons idéologiques qui l’ont poussé à partir. Les autorités suisses tentent avant tout de le condamner en raison de son engagement politique, en utilisant pour cela la justice militaire. À plusieurs reprises dans son dossier, les services de renseignement de la confédération mentionnent son appartenance à l’extrême gauche ainsi que son engagement politique. La bourgeoisie souhaite ainsi intimider et contraindre au silence les militant.e.s révolutionnaires. Il nous faut donc reconnaître ce procès comme une forme de répression contre le mouvement révolutionnaire dans son ensemble, et non comme une attaque contre un individu. La réponse se doit donc de ne pas être individuelle et isolée, mais collective et révolutionnaire.

Pour soutenir la révolution au Rojava et notre camarade en procès, nous appelons à une semaine de mobilisation et d’action contre les soutiens et alliés occidentaux du régime fasciste turc du 7 au 13 avril prochains.

Le 14 avril, jour du procès nous appelons à un rassemblement devant le tribunal cantonal de Sion à 8h30.

Que vive la solidarité internationale !

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Dans le cadre de la semaine d’action du 7 au 13 avril, nous avons réalisé trois affiches qui peuvent être utilisées librement. Pour télécharger la version A3 des affiches →trio affiches proces

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German

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Mit der internationalistischen Perspektive der revolutionären Arbeit reiste einer unserer Genossen zwischen 2015 und 2016 nach Rojava. Dabei handelte es sich nicht um eine Vergnügungsreise. Vielmehr ging es darum, an einer Revolution teilzunehmen und von ihr zu lernen. Diese wird bis heute im autonomen Gebiet Rojava im Nordosten Syriens vorangetrieben.

Am 14. April 2023 findet sein Prozess in Sion statt. Ihm wird « Beeinträchtigung der Verteidigungskraft des Landes » sowie « Militärdienst im Ausland » vorgeworfen. Der Schweizer Staat wirft unserem Genossen vor, gegen Daesh zu den Waffen gegriffen zu haben, ohne dafür irgendwelche Beweise zu haben. Wir halten es für wichtig, darauf hinzuweisen, dass es in Wirklichkeit nicht nur um diesen Vorwurf an sich geht, sondern auch darum, den Internationalismus und die Unterstützung der Revolution in Rojava zu delegitimieren und entpolitisieren.

Um es klar zu sagen: Es ist nicht wichtig, ob unser Genosse Waffen in der Hand hatte oder nicht. Die bürgerliche Repression unterscheidet tatsächlich zwischen der bewaffneten Teilnahme an der Revolution und anderen Formen der Solidarität. Den Unterschied machen wir nicht. Ob sich Aktivistinnen und Aktivisten an Medien-, Umwelt-, Kunst- oder Militärprojekten beteiligen ist nebensächlich: Es sind alles Facetten desselben Kampfes. Die Revolution in Rojava basiert auf sozialistischen, feministischen und ökologischen Werten; sie finden sich in dem Projekt einer neuen Gesellschaft wieder, das sich entwickelt und das durch den bewaffneten Kampf verteidigt werden muss. Ohne zivile Projekte und zivile Arbeit, keine Revolution. Ohne bewaffnete Kräfte zu ihrer Verteidigung, ebenfalls keine Revolution. In Rojava, wie in jeder anderen revolutionären Erfahrung, kann die neue Gesellschaft nur leben, wenn sie sich verteidigen kann.

Das repressive Vorgehen, das unseren Genossen betrifft, ist im weiteren Sinne Teil einer Dynamik auf europäischer Ebene, die sich unter anderem bereits in Italien, Deutschland, Frankreich und Großbritannien gezeigt hat. Die Repression kann unterschiedliche Formen annehmen, aber ihr Ziel ist immer das gleiche: Aktivistinnen und Aktivisten daran zu hindern, ihre politische Arbeit in Europa fortzusetzen, und sie daran zu hindern, die Verbindungen weltweiter revolutionären Erfahrungen zu stärken. In England wurde Genossinnen und Genossen der Reisepass entzogen und die Einreise in den Schengen-Raum untersagt. In Frankreich verbrachte ein Genosse über ein Jahr im Gefängnis unter dem Vorwand, er sei in Rojava gewesen und ein revolutionärer Aktivist. In Italien durchliefen mehrere Aktivist:innen lange Gerichtsverfahren, weil sie in die Region gereist waren. Es gibt viele weitere Beispiele dafür, dass die bürgerliche Justiz unabhängig von der Art der Beteiligung in Kurdistan hartnäckig gegen alle vorgeht, die den Mut hatten, ihr Land zu verlassen, um vom revolutionären Prozess in Rojava zu lernen und daran teilzunehmen. Der Prozess gegen unseren Genossen ist also kein Prozess wegen einer angeblichen « Verletzung der Verteidigungskraft des Landes », sondern ein Prozess gegen den Internationalismus in all seinen Formen. Darauf antworten wir entschieden, dass Internationalismus unsere Pflicht als Revolutionäre ist.

Der Schweizer Staat greift unseren Genossen an, weil seine Aktionen die heilige « Neutralität » der Schweiz untergraben und damit die « Verteidigungsfähigkeit des Landes » beeinträchtigen könnten. Wir möchten an dieser Stelle daran erinnern, dass die Schweiz bis vor kurzem dem faschistischen türkischen Regime Waffen lieferte. Ein Regime, welches Daesh in Syrien und im Irak unterstützt hat. Auch heute noch unterstützt die Türkei die in der Region aktiven islamistischen Milizen und ist dazu sogar in einem Teil des syrischen Territoriums einmarschiert. Die Waffenverkäufe wurden eingestellt, die wirtschaftliche Zusammenarbeit geht aber weiter. Viele große Schweizer Unternehmen investieren in der Türkei und nutzen die Vorteile, die das faschistische Regime dort bietet. Die Schweizer « Neutralität » ist also nur eine Fassade, um ihre Rolle im westlichen Imperialismus zu verbergen. Wir lehnen jegliche Neutralität ab, denn wir glauben an den Internationalismus und stehen Schulter an Schulter mit all unseren Genossinnen und Genossen, die weltweit gegen den Imperialismus kämpfen. Der Schweizer Staat hat schon immer eine repressive Politik gegenüber internationalistischen Aktivistinnen und Aktivisten verfolgt, sei es im Spanischen Bürgerkrieg oder in der französischen Résistance, um nur einige Beispiele zu nennen.

Das Verfahren gegen unsere Genossen ist von daher nicht unbedeutend. Ihm wird nicht nur die Art seines Engagements in Rojava vorgeworfen, sondern vor allem die ideologischen Gründe, die ihn dazu bewegt haben. Die Schweizer Behörden versuchen in erster Linie, ihn wegen seines politischen Engagements zu verurteilen, und bedienen sich dabei der Militärjustiz. Der Nachrichtendienst der Eidgenossenschaft erwähnt in seinen Akten mehrmals seine Zugehörigkeit zur radikalen Linken und sein politisches Engagement. Die Bourgeoisie will damit revolutionäre Aktivisten einschüchtern und zum Schweigen zwingen. Wir müssen diesen Prozess als eine Form der Repression gegen die revolutionäre Bewegung als Ganzes und nicht nur als Angriff auf eine Einzelperson erkennen. Aus diesem Grund darf die Antwort darauf nicht lediglich eine individuelle sein, sondern muss zwingend eine kollektive und revolutionäre Antwort sein.

Um die Revolution in Rojava und unseren Genossen in diesem Verfahren zu unterstützen, rufen wir zu einer Aktionswoche gegen die westlichen Unterstützer und Verbündeten des faschistischen türkischen Regimes auf, vom 7. bis zum 13. April 2023.

Am 14. April, dem Tag des Prozesses, rufen wir zu einer Kundgebung vor dem Kantonsgericht in Sion um 8.30 Uhr auf.

Es lebe die internationale Solidarität!

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Italian

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Nella prospettiva internazionalista del lavoro rivoluzionario, uno dei nostri compagni ha visitato il Rojava tra il 2015 e il 2016. Non si è trattato di un viaggio di « visita » o « osservazione », ma per imparare e partecipare alla rivoluzione che si sta costruendo ancora oggi nel territorio autonomo del nord-est della Siria, il Rojava.

Il 14 aprile 2023 si terrà a Sion il suo processo. È accusato di aver « minato la difesa del Paese » e di « servizio militare all’estero ». Lo Stato svizzero accusa il nostro compagno di aver imbracciato le armi contro Daesh, senza avere alcuna prova di ciò. Ci sembra importante notare che non si tratta in realtà soltanto di reprimere questo tipo di impegno, ma anche di criminalizzare l’internazionalismo e il sostegno alla rivoluzione del Rojava.

Che sia ben chiaro, sapere se il nostro compagno ha imbracciato le armi o meno, non è importante. La repressione borghese fa in effetti differenza tra la partecipazione armata alla rivoluzione e altre forme di solidarietà, differenza che noi non facciamo. Che le militanti e i militanti partecipino a progetti mediatici, ecologisti, artistici o militari ci interessa poco. La rivoluzione in Rojava si basa su valori socialisti, femministi ed ecologisti, che si ritrovano nel progetto di una nuova società che si sta realizzando e che deve essere difeso con la lotta armata. Senza un progetto e un lavoro « civile »: niente rivoluzione. E senza forze armate per difenderli: niente rivoluzione comunque. In Rojava, come in ogni altra esperienza rivoluzionaria, la nuova società può vivere solo se è in grado di difendersi.

L’approccio repressivo che riguarda il nostro compagno si inserisce in una dinamica più ampia a livello europeo, che si è già vista in Italia, Germania, Francia e nel Regno Unito. Questa repressione può assumere diverse forme, ma il suo scopo è sempre lo stesso: impedire alle militanti e ai militanti di continuare il loro lavoro politico in Europa e di impedire loro di rafforzare i legami con le esperienze rivoluzionarie di tutto il mondo. In Inghilterra, alcune compagne e compagni hanno subito il ritiro del passaporto e il divieto di entrare nell’area Schengen. In Francia, un compagno ha trascorso più di un anno in prigione con il pretesto che era stato in Rojava e di essere un militante rivoluzionario. In Italia, diverse attiviste e attivisti hanno dovuto affrontare lunghi procedimenti giudiziari a causa del loro viaggio nella regione. Esistono molti altri esempi che dimostrano che, a prescindere dalle attività delle attiviste e degli attivisti in Kurdistan, la giustizia borghese è determinata ad attaccare tutt* coloro che hanno avuto il coraggio di lasciare il proprio Paese per imparare e partecipare al processo rivoluzionario in corso in Rojava. Quindi, il processo che prende di mira il nostro compagno non è quello di un presunto « attacco al potere difensivo del Paese »: è invece il processo all’internazionalismo in tutte le sue forme. A questo rispondiamo con fermezza: « L’internazionalismo è un dovere ».

Lo Stato svizzero attacca il nostro compagno, perché le su azioni potrebbero minare la sacrosanta « neutralità » svizzera e quindi danneggiare la « potenza difensiva del Paese ». È importante ricordare che la Svizzera è stata fornitrice di armi al regime fascista turco fino a poco tempo fa, e che questo stesso regime ha sostenuto Daesh in Siria e in Iraq. Ancora oggi, sostiene milizie islamiste attive nella regione e ha persino invaso parte del territorio siriano per sostenerle. Mentre la vendita di armi è stata sospesa, la collaborazione economica continua. Molte grandi aziende svizzere investono in Turchia, approfittando dei vantaggi offerti dal regime fascista in vigore. La « neutralità » della Svizzera è quindi solo una facciata per nascondere il suo ruolo nell’imperialismo occidentale. Noi, da parte nostra, rifiutiamo qualsiasi neutralità, perché crediamo nell’internazionalismo e ci schieriamo spalla a spalla con le nostre compagne e i nostri compagni che lottano contro l’imperialismo in tutto il mondo. Lo Stato svizzero ha sempre avuto una politica repressiva nei confronti degli attivisti che facevano parte del movimento internazionalista, sia durante la guerra di Spagna che durante la Resistenza francese, solo per citarne alcuni esempi.

l processo contro il nostro compagno non è quindi senza significato. Non è soltanto la natura del suo impegno per il Rojava, ma sono soprattutto le ragioni ideologiche che lo hanno spinto a partire. Le autorità svizzere stanno cercando di condannarlo soprattutto per il suo coinvolgimento politico, utilizzando la giustizia militare. In diverse occasioni nel suo dossier, i servizi segreti della confederazione menzionano la sua appartenenza all’estrema sinistra e il suo impegno politico. La borghesia vuole intimidire e mettere a tacere le militanti e i militanti rivoluzionari. Dobbiamo quindi riconoscere questo processo come una forma di repressione contro il movimento rivoluzionario nel suo complesso, e non come un attacco a un singolo individuo. La risposta non deve quindi essere individuale e isolata, ma collettiva e rivoluzionaria.

Per sostenere la rivoluzione in Rojava e il nostro compagno a processo, chiamiamo una settimana di mobilitazione e azione contro i sostenitori e gli alleati occidentali del regime fascista turco dal 7 al 13 aprile 2023.

Il 14 aprile, giorno del processo, chiamiamo un assembramento davanti al tribunale cantonale di Sion alle h 8.30

Viva la solidarietà internazionale!

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English

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As part of the internationalist perspective of revolutionary work, one of our comrades went to Rojava between 2015 and 2016. This was not a « visit » or « observation » trip, but to learn about and participate in the revolution that is still being built today in the autonomous territory of northeast Syria, Rojava.

On April 14, 2023, his trial will be held in Sion. He is accused of « undermining the defensive power of the country » and « military service abroad ». The Swiss state accuses our comrade of having taken up arms against Daesh, without having any proof of this. It seems important to us to note that it is not only a question of repressing this type of commitment, but also of criminalizing internationalism and support for the revolution in Rojava.

Let’s be clear, whether our comrade has taken up arms is not important. The bourgeois repression does indeed make a difference between armed participation in the revolution and other forms of solidarity, a difference that we do not make. Whether activists participate in media, ecological, artistic or military projects is not important to us. The revolution in Rojava is based on socialist, feminist and ecological values; they are reflected in the project of a new society that is being put in place and that must be defended by the armed struggle. Without a « civil » project and work: no revolution. And without armed forces to defend them: no revolution either. In Rojava, as in any other revolutionary experience, the new society can only live if it can defend itself.

The repressive approach that concerns our comrade is part of a wider dynamic at the European level, which has already been seen in Italy, Germany, France and the United Kingdom, among others. This repression can take various forms, but its aim is always the same: to prevent activists from continuing their political work in Europe and to prevent them from strengthening links with revolutionary experiences around the world. In England, comrades have had their passports taken away and have been banned from entering the Schengen area. In France, a comrade has spent more than a year in prison under the pretext that he has been in Rojava and is a revolutionary activist. In Italy, several activists have gone through long legal proceedings because of their trip to the region. Many other examples exist and show that, whatever the activities carried out by the activists in Kurdistan, the bourgeois justice is determined to attack all those who had the courage to leave their country to learn and participate in the revolutionary process underway in Rojava. Thus, the trial that targets our comrade is not that of a supposed « attack on the defensive power of the country »: it is indeed the trial of internationalism in all its forms. To this we answer firmly: « Internationalism is a duty ».

The Swiss state is attacking our comrade because his actions could undermine the sacrosanct Swiss « neutrality » and thus harm the « defensive power of the country ». It seems important to us to recall here that Switzerland was a supplier of arms to the Turkish fascist regime until very recently, and that this same regime supported Daesh in Syria and Iraq. Even today, it supports the Islamist militias active in the region and has even invaded part of the Syrian territory to support them. While arms sales have been suspended, economic collaboration continues. Many large Swiss companies are investing in Turkey, taking advantage of the benefits given by the fascist regime in place. Swiss « neutrality » is therefore only a façade to hide its role in Western imperialism. We refuse any neutrality, because we believe in internationalism and we stand shoulder to shoulder with all our comrades who fight against imperialism throughout the world. The Swiss state has always had a repressive policy towards activists who were involved in an internationalist approach, whether it was during the Spanish war or the French Resistance, to name but two examples.

The trial against our comrade is therefore not insignificant. It is not simply the nature of his commitment in Rojava that he is accused of, it is above all, the ideological reasons that pushed him to leave. The Swiss authorities are trying to condemn him because of his political commitment, using military justice for this. On several occasions in his file, the intelligence services of the confederation mention that he is part of the revolutionary left as well as his political commitment. The bourgeoisie wants to intimidate and silence revolutionary activists. We must therefore recognize this trial as a form of repression against the revolutionary movement as a whole, and not as an attack on an individual. The response must therefore not be individual and isolated, but collective and revolutionary.

To support the revolution in Rojava and our comrade on trial, we call for a week of mobilization and action against the Western supporters and allies of the Turkish fascist regime from April 7 to 13.

On April 14, the day of the trial, we call for a rally in front of the cantonal court of Sion at 8:30 am.

Long live international solidarity!

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Spanish

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En la perspectiva internacionalista del trabajo revolucionario, uno de nuestros compañeros fue a Rojava entre 2015 y 2016. No fue un viaje de « visita » u « observación », sino para conocer y participar en la revolución que se sigue construyendo hoy en el territorio autónomo del noreste de Siria, Rojava.

El 14 de abril de 2023 se celebrará su juicio en Sion, Suiza. Se le acusa de « socavar el poder defensivo del país » y de « servicio militar en el extranjero ». El Estado suizo acusa a nuestro compañero de haber tomado las armas contra Estado Islámico, sin tener ninguna prueba de ello. Nos parece importante señalar que no se trata sólo de reprimir este tipo de compromiso, sino también de criminalizar el internacionalismo y el apoyo a la revolución en Rojava.

Seamos claras, si nuestro compañero tomó las armas o no, no es importante. La represión burguesa sí hace una diferencia entre la participación armada en la revolución y otras formas de solidaridad, una diferencia que nosotras no hacemos. No nos importa si las activistas participan en proyectos mediáticos, ecológicos, artísticos o militares. La revolución en Rojava se basa en valores socialistas, feministas y ecológicos; se reflejan en el proyecto de una nueva sociedad que se está poniendo en marcha y que debe ser defendida por la lucha armada. Sin proyecto y trabajo « civil »: no hay revolución. Y sin fuerzas armadas que los defiendan: tampoco hay revolución. En Rojava, como en cualquier otra experiencia revolucionaria, la nueva sociedad sólo puede vivir si puede defenderse.

El enfoque represivo que concierne a nuestro compañero forma parte de una dinámica más amplia a nivel europeo, que ya se ha visto en Italia, Alemania, Francia y el Reino Unido, entre otros. Esta represión puede adoptar diversas formas, pero su objetivo es siempre el mismo: impedir que las activistas continúen su trabajo político en Europa y que estrechen lazos con experiencias revolucionarias de todo el mundo. En Inglaterra, a algunos compañeras les han retirado el pasaporte y les han prohibido entrar en el espacio Schengen. En Francia, un compañero pasó más de un año en prisión por haber estado en Rojava y ser activista revolucionario. En Italia, varias activistas han pasado por largos procesos judiciales a causa de su viaje a la región. Hay muchos otros ejemplos que demuestran que, sean cuales sean las actividades de los activistas en el Kurdistán, el sistema de justicia burgués está decidido a atacar a todos aquellos que han tenido el valor de salir de su país para aprender y participar en el proceso revolucionario en Rojava. Así, el juicio que tiene como objetivo a nuestro compañero no es el de un supuesto « ataque al poder defensivo del país »: es, de hecho, el juicio al internacionalismo en todas sus formas. A esto respondemos con firmeza: « El internacionalismo es un deber ».

El Estado suizo ataca a nuestro compañero porque sus acciones podrían socavar la sacrosanta « neutralidad » suiza y perjudicar así el « poder defensivo del país ». Nos parece importante recordar aquí que Suiza fue proveedor de armas del régimen fascista turco hasta hace muy poco, y que este mismo régimen apoyó a Estado Islámico en Siria e Irak. Incluso hoy apoya a las milicias islamistas activas en la región y ha llegado a invadir parte del territorio sirio para apoyarlas. Aunque se ha suspendido la venta de armas, la colaboración económica continúa. Muchas grandes empresas suizas invierten en Turquía, aprovechando las ventajas que les otorga el régimen fascista vigente. La « neutralidad » suiza no es, pues, más que una fachada para ocultar su papel en el imperialismo occidental. Nosotras, en cambio, rechazamos cualquier neutralidad, porque creemos en el internacionalismo y estamos hombro con hombro con nuestros compañeras que luchan contra el imperialismo en todo el mundo. El Estado suizo siempre ha tenido una política represiva contra los activistas que formaban parte de un planteamiento internacionalista, ya fuera durante la guerra española o la Resistencia francesa, por citar sólo dos ejemplos.

Por tanto, el proceso contra nuestro compañero no es insignificante. No se le acusa simplemente de la naturaleza de su compromiso con Rojava, sino sobre todo de las razones ideológicas que le empujaron a marcharse. Las autoridades suizas intentan sobre todo condenarle por su compromiso político, utilizando para ello la justicia militar. En su expediente, los servicios de inteligencia de la Confederación mencionan en varias ocasiones su pertenencia a la extrema izquierda y su compromiso político. La burguesía desea intimidar y silenciar a los militantes revolucionarios. Por lo tanto, debemos reconocer este juicio como una forma de represión contra el movimiento revolucionario en su conjunto, y no como un ataque contra un individuo. Por lo tanto, la respuesta no debe ser individual y aislada, sino colectiva y revolucionaria.

Para apoyar la revolución en Rojava y a nuestro compañero juzgado, llamamos a una semana de movilización y acción contra los partidarios y aliados occidentales del régimen fascista turco del 7 al 13 de abril.

El 14 de abril, día del juicio, llamamos a una concentración frente al tribunal cantonal de Sion a las 8:30 horas.

¡Viva la solidaridad internacional!

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Turkish

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Devrimci enternasyonalizmin isiginda , yoldaşlarımızdan biri 2015-2016 yılları arasında Rojava devrimine katildi. Bu bir « ziyaret » ya da « gözlem » gezisi değil, Suriye’nin kuzeydoğusundaki özerk bölgede -Rojava’da- bugün hala inşa edilmekte olan devrim hakkında bilgi edinmek ve devrime katkida bulunmak içindi.

14 Nisan 2023 tarihinde Sion’de duruşması gerçekleşecek. « Ülkenin savunma gücünü zayıflatmak » ve « yurtdışında askeri hizmet » ile suçlanıyor. İsviçre devleti, herhangi bir kanıta sahip olmaksızın yoldaşımızı IŞİD’e karşı silahlanmakla suçluyor. Burada söz konusu olanın sadece bu suçlamanin kinanmasi degil, aynı zamanda enternasyonal devrimciligin ve Rojava’daki devrime verilen desteğin kriminalize edilmesinin kinanmasi yani burjuva adaletin teshir edilmesi gunun asli gorevidir.

Bir devrime silahli katilip katilmaktan çok bu devrimin siyasi ve toplumsal sonuçlari tüm dünyayi etkisi altina almis durumda.Bu durum, su an yargilandigimiz ulke sinirlari icinde gecerli bir durum.

Rojava’daki devrim sosyalist, feminist ve ekolojik değerlere dayanıyor; bu değerler, hayata geçirilmekte olan ve silahlı mücadele tarafından savunulması gereken yeni bir toplum projesinde yansıtılıyor. Toplumsal insaa ve çalışma olmadan: devrim olmaz. Ve bunları savunacak silahlı güçler olmadan: devrim de olmaz. Rojava’da, diğer tüm devrimci deneyimlerde olduğu gibi, yeni toplum ancak kendini savunabilirse yaşayabilir.

Yoldaşımızı ilgilendiren baskıcı yaklaşım, diğerlerinin yanı sıra İtalya, Almanya, Fransa ve Birleşik Krallık’ta da görülen Avrupa düzeyindeki daha geniş bir dinamiğin parçasıdır. Devrimcilere dönük bu baskı çeşitli biçimler alabilir, ancak amacı her zaman aynıdır: devrimcilerin Avrupa’daki siyasi çalışmalarını sürdürmelerini ve dünyanın dört bir yanındaki devrimci deneyimlerle bağlarını güçlendirmelerini engellemek !

İngiltere’de yoldaşların pasaportları ellerinden alındı ve Schengen bölgesine girişleri yasaklandı. Fransa’da bir yoldaş Rojava’da bulunduğu ve devrimci bir aktivist olduğu gerekçesiyle bir yıldan fazla bir süre cezaevindekaldı. İtalya’da birkaç devrimci bölgeye yaptıkları seyahatler nedeniyle uzun süren yasal süreçlerden geçti. Kürdistan’daki devrimcilerin faaliyetleri ne olursa olsun, burjuva adalet sisteminin Rojava’daki devrimci sürece katılmak ve öğrenmek için ülkelerini terk etme cesaretini gösteren herkese saldırmaya kararlı olduğunu gösteren başka birçok örnek var.

Dolayısıyla, yoldaşımızı hedef alan dava sözde « ülkenin savunma gücüne saldırı » davası değildir: bu aslında her biçimiyle enternasyonalizmin yargılanmasıdır. Buna kesin bir şekilde yanıt veriyoruz: « Enternasyonalizm bir görevdir, suç değil »

Kölelige karsi onurlu yasami savunmaya devam edecegiz !

İsviçre devleti yoldaşımıza saldırıyor çünkü onun eylemleri İsviçre’nin kutsal « tarafsızlığını » zayıflatabilir ve onlarin bu savasta ezici isgalci guclere acik desteklerini teshir edebilir !

Burada İsviçre’nin yakın zamana kadar Türk faşist rejiminin silah tedarikçisi olduğunu ve aynı rejimin Suriye ve Irak’ta IŞİD’i desteklediğini hatırlatmak bizim için önemli görünüyor. Bugün bile bölgede faaliyet gösteren İslamcı milisleri desteklemekte ve hatta onları desteklemek için Suriye topraklarının bir bölümünü işgal etmiş bulunmaktadır. Silah satışları askıya alınmış olsa da ekonomik işbirliği devam etmektedir. Birçok büyük İsviçre şirketi, yürürlükteki faşist rejimin sağladığı avantajlardan yararlanarak Türkiye’de yatırım yapmaktadır. Dolayısıyla İsviçre’nin « tarafsızlığı », Batı emperyalizmindeki rolünü gizlemek için kullandığı bir paravandan ibarettir.

Biz tarafsız olmayı reddediyoruz, çünkü enternasyonalizme inanıyoruz ve dünyanın dört bir yanında emperyalizme karşı mücadele eden tüm yoldaşlarımızla omuz omuza duruyoruz.İsviçre devleti, hem İspanya savaşı sırasında hem de Fransız Direnişi sırasında , enternasyonalist bir yaklaşım içinde olan devrimcilere karşı her zaman baskıcı bir politika izlemiştir.Bu nedenle yoldaşımıza karşı açılan dava önemsiz değildir. Suçlandığı şey sadece Rojava’ya olan bağlılığı değil, her şeyden önce onu ayrılmaya iten ideolojik ve tarihi nedenlerdir. Ezilenlerin hakli tarihi, Isvicreli Barbara yoldasin yaydigi enternasyonalist hakli davada bugunun devrimcilerine yoldas olmustur.

İsviçreli yetkililer her şeyden önce onu devrimci kimligi nedeniyle mahkum etmeye çalışıyor ve bunu yapmak için askeri adaleti kullanıyor. Konfederasyonun istihbarat servisleri, dosyasında birçok kez onun aşırı sol üyeliğinden ve siyasi kimliginden bahsetmektedir.

Burjuvazi, devrimcileri sindirmek ve susturmak istemektedir. Dolayısıyla bu davayı bir bireye yönelik bir saldırı olarak değil, bir bütün olarak devrimci harekete yönelik bir baskı biçimi olarak görmeliyiz. Dolayısıyla verilecek yanıt bireysel ve yalıtılmış değil, kolektif ve devrimci olmalıdır.

Rojava’daki devrimi ve yargılanan yoldaşımızı desteklemek için, 7-13 Nisan tarihleri arasında Türk faşist rejiminin Batılı destekçileri ve müttefiklerine karşı bir haftalık seferberlik ve eylem çağrısında bulunuyoruz.

Duruşma günü olan 14 Nisan’da, saat 8:30’da Sion Kanton Mahkemesi önünde bir miting çağrısında bulunuyoruz.

Yaşasın Enternasyonal Dayanisma !

Yasasin Rojava Devrimimiz ! 

Jeudi 5 janvier, plus de 200 personnes ont participé à la soirée-rencontre avec Gwenola Ricordeau, professeure de criminologie et militante abolitionniste pénale, à l’occasion de la sortie du livre « 1312 raisons d’abolir la police » (éd. Lux) organisée par le Secours Rouge Toulouse avec le soutien d’Enquête Critique. La soirée a été introduite par des messages de solidarité à Mathieu Rigouste, victime de violences policières, ainsi qu’à deux prisonniers anarchistes qui mènent actuellement des grèves de la faim contre leur régime de détention en Italie et en Grèce : Alfredo Cospito et Thanos Chatziangelou. Des images à propos de ces prisonniers étaient également projetées afin de souligner notre solidarité. Par ailleurs, de nombreuses organisations de la gauche révolutionnaire tenaient des tables d’infos durant la soirée. Merci à elles ! La présentation et la discussion autour du livre ont porté sur les différentes stratégies abolitionnistes (et leurs limites ou leur récupération réformiste, comme le développement d’« alternatives » à la police), les débats qui traversent les mouvements abolitionnistes et les bilans qu’on peut faire des luttes menées ces dernières années en Amérique du Nord. Gwenola Ricordeau défend une perspective abolitionniste qui souligne l’antagonisme entre la police et les luttes progressistes et elle appelle à « défliquer » celles-ci. Comme elle l’écrit dans son livre, « pas d’abolitionnisme sans projet révolutionnaire » !

Une partie de la salle lors de la soirée "1312 raisons d'abolir la police" à Toulouse

Une partie de la salle lors de la soirée « 1312 raisons d’abolir la police » à Toulouse

Le Comité Vérité et Justice 31 appelle à un rassemblement de soutien à Mathieu Rigouste, militant et chercheur indépendant en sciences sociales. Passé à tabac par la police en 2013, il est aujourd’hui poursuivi pour « outrage, violences et rébellion ». Le jour de son procès le 05 janvier 2023, rassemblement de soutien devant le Tribunal de Grande Instance de Toulouse dès 13h (l’audience commence à 14h00) ce sera l’occasion de dénoncer toutes les violences d’État.

Lire l’appel

D’où vient l’idée d’abolir la police et que recouvre-t-elle au juste ? Si la police ne nous protège pas, à quoi sert-elle ? Comment dépasser la simple critique de la police pour enfin en finir avec elle ? 1312 raisons d’abolir la police tente de répondre à ces questions, et propose de riches réflexions critiques sur les liens entre l’abolitionnisme pénal et la race, le handicap ou le travail sexuel notamment. Avec le soutien d’Enquête Critique, le Secours Rouge Toulouse organise une soirée-rencontre avec Gwenola Ricordeau le jeudi 5 janvier 2023 autour de son dernier livre ainsi qu’autour de l’abolitionnisme pénal dès 19h salle San Subra (4, rue San Subra – Métro Saint Cyprien).
Salle accessible aux personnes à mobilité réduite. Pour rendre l’évènement accessible à tou.te.s, port du masque obligatoire. L’événement Facebook

13.12: ACAB Day

13.12: ACAB Day

A l’occasion du 13 décembre (le ACAB Day), nous publions une interview de Gwenola Ricordeau, au sujet de la sortie du livre dont elle signe la direction 1312 raisons d’abolir la police (ed. Lux).

Nous avons eu la chance de pouvoir lire le livre avant sa sortie le 6 janvier prochain. Celui-ci contient une quinzaine de contributions sous la coordination de Gwenola qui en fait une introduction et présente les textes.

Gwenola Ricordeau est enseignante de criminologie (professeure associée en criminologie à la California State University, Chico), militante abolitionniste (pour l’abolition du système pénal), elle a précédemment publié Pour elles toutes. Femmes contre la prison en 2019 [sur le féminisme et l’abolitionnisme pénal] et en 2021 Crimes et Peines. Penser l’abolitionnisme pénal qui regroupe des textes classiques de l’abolitionnisme.

Nous l’avions interviewée y a deux ans sur l’abolition de la police a l’occasion des mobilisations contre la loi sécurité globale. Gwenola Ricordeau sera à Toulouse le 5 janvier prochain pour une soirée de présentation de son livre : à partir de 19h, salle San Subra (4 rue San Subra – 31300 Toulouse – Métro Saint cyprien). L’événement sera accessible aux personnes à mobilité réduite et nous demanderons le port du masque afin de rendre celui-ci accessible à tou·te·s.

 

 

Tu publies un ouvrage collectif sur l’abolition de la police, qui est une partie de l’abolitionnisme pénal. Pourquoi as-tu voulu publier ce livre et quel est son objectif ?

 

J’avais, avec mon éditrice Marie-Eve Lamy, plusieurs objectifs en travaillant à ce livre. D’abord donner accès au lectorat francophone à des textes nord-américains contemporains, mais aussi à des auteurs et autrices souvent peu ou jamais traduits en français comme Alex Vitale, Kristian Williams ou Dylan Rodriguez. J’espère donc que le livre participera à la circulation des réflexions abolitionnistes, aux côtés de livres comme Abolir la police ou  Défaire la police.

Mais il y a, avec 1312 raisons d’abolir la police, aussi la volonté de contribuer à un bilan critique des mouvements abolitionnistes de la police qui se sont développés avec les mobilisations qui ont suivi le meurtre de George Floyd au printemps 2020. En ce sens, le livre doit permettre aux abolitionnistes de mieux s’outiller, sur le terrain théorique comme militant, et de mieux comprendre les obstacles rencontrés pour abolir la police.

C’est pourquoi ce livre s’adresse à la fois à un public militant, déjà critique voire abolitionniste de la police, mais aussi plus largement à ceux et celles qui s’intéressent aux réflexions et mouvements abolitionnistes de la police.

Dans l’introduction, tu retraces les origines des théories de l’abolition de la police et sa construction jusqu’à récemment. Peux-tu revenir sur ce sujet ?

Les textes réunis dans le livre sont contemporains, mais dans l’introduction, je reviens sur la généalogie des mouvements pour l’abolition de la police et les réflexions qui les ont nourris. Le Black Panthers Party tient une place importante dans la généalogie des mouvements abolitionnistes car ses apports sont énormes, tant sur le plan de l’analyse que de la stratégie. Par exemple en définissant la police comme une force d’occupation des quartiers noirs et en appelant à l’autodéfense et à l’organisation communautaire pour se protéger et se passer de la police.

Les mouvements récents pour l’abolition de la police puisent aussi leurs racines dans l’abolitionnisme pénal et les luttes pour l’abolition des prisons, avec la reprise de leurs analyses et de leurs stratégies. Ceci dit, il y a une diversité dans les analyses et les stratégies abolitionnistes : il serait faux de les réduire aux appels au « définancement » (réduction des budgets, « defund » en anglais) de la police.

 

Le livre collectif s’appuie sur des expériences particulières. En quoi sont-elles un point d’appui pour construire une réflexion générale et une théorie de l’abolition de la police ?

 

Le livre est fortement ancré en Amérique du Nord, mais aussi dans des expériences politiques et personnelles diverses, comme le racisme, le travail du sexe ou le validisme. Évidemment, le but n’était pas d’épuiser toutes les analyses situées qu’on peut faire de la police dans une perspective abolitionniste. Mais il était important à mes yeux de restituer comment les réflexions et les mouvements pour l’abolition de la police trouvent leurs racines dans le traitement subi par certains groupes, et dans les analyses et les formes de résistance qu’ils développent. Cela permet d’indiquer clairement qui est la cible de la police et qui souffre de son existence – et donc, en creux, qui en tire profit. Cela permet aussi de souligner que la lutte pour l’abolition de la police est aussi une lutte contre le suprématisme blanc, contre le patriarcat, le capitalisme et le validisme notamment.

 

La première partie du livre regroupe cinq textes sous le titre « Rompre avec le réformisme ». Peux-tu expliquer pourquoi c’est important pour penser l’abolitionnisme ?

 

Il n’y a pas, entre le réformisme et l’abolitionnisme, une différence de degrés (entre des approches plus ou moins radicales), mais une différence de nature. Dans le sens où l’abolitionnisme est en désaccord avec les analyses et les stratégies réformistes – même si certains courants de l’abolitionnisme revendiquent en faveur d’un certain type de reformes, les reformes dites « non réformistes ». Ceci étant dit, il y a avec l’abolitionnisme une rupture d’avec ce que j’appelle le « régime ordinaire de la critique de la police », c’est-à-dire l’idée que la police fonctionnerait mal. Cette idée alimente un cycle politico-médiatique qui se répète à l’infini : scandale et indignation publique, mobilisations politiques, contre-offensive de la police et de ses apologistes (discrédit de la victime, défense des policiers, etc.) et, selon l’ampleur de l’indignation publique et des mobilisations politiques, mise en place de réformes.

L’abolitionnisme a pour projet de sortir de ce cycle politico-médiatique et il critique donc les forces qui contribuent à l’alimenter. De ce fait, Dylan Rodriguez dénonce les organisations réformistes en matière de police comme participant de fait d’une « contre-insurrection libérale et progressiste ». Ainsi, la rhétorique selon laquelle « La police doit rendre des comptes ! », comme Yannick Marshall l’explique, est une de ces « platitudes utiles du jargon libéral » qui laisse intacte la légitimité de la police.

 

En France, notamment autour des présidentielles, on a beaucoup entendu des mots d’ordre comme « dissolution de la BAC », « désarmons la police »… Peux-tu nous donner ton avis sur ces revendications ?

 

Le désarmement et la dissolution de la police sont des revendications qu’on retrouve dans les mouvements abolitionnistes qui s’appuient sur la stratégie en trois temps : « Disempower, disarm, disband », c’est-à-dire « affaiblir, désarmer, dissoudre [les forces de l’ordre] ». Mais il faut souligner plusieurs choses. D’abord, cette stratégie n’est pas l’unique stratégie abolitionniste, même si c’est celle qui a été la plus commentée ces dernières années car le mouvement pour le définancement de la police s’inscrit justement dans la tactique d’affaiblissement de la police. Par ailleurs, appeler à la dissolution de la police n’est pas pareil qu’appeler à la dissolution d’une force de police en particulier. Ce type de revendication risque d’alimenter la rhétorique good cop/bad cop (bon flic/mauvais flic) qui, en suggérant qu’il existe des forces de police meilleures que d’autres, renforce la légitimité de la police. L’abolitionnisme ne vise pas la dissolution d’une force de police en particulier. Les exemples de la suppression de la police des mœurs en Iran ou de celle des « voltigeurs » qui ont tué Malik Oussekine en France montrent que l’enjeu n’est pas telle ou telle force de police, mais la police elle-même. Plus généralement, ce que visent les abolitionnistes n’est pas seulement la police, mais ce qu’on appelle en anglais le « policing », c’est-à-dire le maintien de l’ordre, la surveillance. Or le policing n’a pas forcément besoin d’un corps policier en tant que tel, notamment si on pense au développement des nouvelles technologies.

Ceci étant dit, ce type de revendications qui visent une force de police en particulier ou le désarmement de la police peuvent évidemment avoir un intérêt tactique si cela permet de faire avancer une ligne abolitionniste et je laisse aux personnes qui luttent en France contre la police juger de leur intérêt dans le contexte actuel.

 

Dans la conclusion, intitulée « Vivre libre, c’est vivre sans police », tu écris « Pas d’abolitionnisme sans projet révolutionnaire ». Qu’est-ce que cela implique ?

 

Cette formule est une réponse a plusieurs mythes. Le mythe d’une police qui pourrait protéger des violences racistes, patriarcales ou LGBTQphobes, alors qu’elle-même cause couramment ce type de violences, qu’elle participe aux systèmes qui les produisent et qu’elle réprime ceux et celles qui s’attaquent précisément à ces systèmes. Ou encore le mythe d’une police antiraciste ou féministe, ou d’une police qui ne soit pas au service du capitalisme.

Dire « Pas d’abolitionnisme sans projet révolutionnaire », ça implique de situer le projet politique pour ce qu’il est et d’assumer la conflictualité qui en découle.

 

Tu appelles aussi à « dé-fliquer les luttes progressistes ». Peux-tu nous expliquer ce que tu entends par là ?

 

Cet appel a pour point de départ une « critique de la critique » de la police à gauche. Celle-ci se limite souvent à la dénonciation des « violences policières », mais elle se risque rarement à des analyses de son rôle, notamment sous l’angle de la race et de la classe. Comment peut-on vouloir changer la société tout en adhérant au mythe selon lequel la police serait une force progressiste ?

La faiblesse de ces analyses se reflète dans les revendications de mouvements qui se veulent progressistes et qui demandent souvent davantage d’intervention du système pénal, avec plus de police ou une meilleure police. Les luttes féministes sont un bon exemple. Même si on peut observer une montée en puissance de la critique du système pénal et de la police dans les mouvements féministes, ceux-ci ont encore trop souvent pour horizon politique la police. Par exemple, ils ont rarement une réflexion critique sur l’usage des plaintes à la police, or celles-ci sont souvent décrites comme un outil tactique, censé contribuer à faire avancer la cause des femmes. À ce titre, le texte d’Adore Goldman et Melina May, deux militantes du Comité autonome du travail du sexe (CATS) au Canada, pose bien les termes du débat en dénonçant la police comme une institution patriarcale – entre autres.

Appeler à dé-fliquer les luttes progressistes, c’est appeler à rompre avec les positions réformistes et à prendre clairement position contre la police. En effet, comme je l’écris, « détester la police est une opinion politique ». Il faut assumer cet antagonisme et cette conflictualité quand on se situe dans le camp du progrès social.

 

Enfin, est-ce qu’il y a une question qu’on ne t’a pas posée et à laquelle tu penses qu’il serait intéressant de répondre ?

 

J’aurais aimé une question sur l’abolition de la police et l’autodéfense sanitaire ! En effet, je vais bientôt entamer une série de présentations de 1312 raisons d’abolir la police en France. Elles se feront dans des lieux accessibles aux personnes à mobilité réduite et qui promeuvent l’autodéfense sanitaire, c’est-à-dire le port du masque et une aération suffisante des lieux. Cela me semble logique de s’organiser pour se protéger et prendre soin les un-e-s des autres plutôt que de s’en remettre à l’État qui a bien montré depuis le début de la pandémie que nos vies ne valent rien. En tant qu’abolitionniste, l’autodéfense sanitaire me semble même une exigence, au même titre que la critique des manières dont la pandémie a servi de prétexte au développement de dispositifs de surveillance et la dénonciation de la répression qui s’est abattue sur les habitant-e-s des quartiers populaires au nom de la santé publique. Nous ne sommes pas égaux devant la pandémie : c’est pour cela que la solidarité est cruciale. Comme disent les abolitionnistes aux États-Unis, « Care, not cops ».

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