Mardi 14 avril, la police française à frapper à la porte d’un appartement marseillais sur la façade duquel était affiché depuis 15 jours une banderole avec le slogan « Macron on t’attend à la sortie ». Elle a demandé que cette banderole soit retirée et a pris la carte d’identité d’un des habitant. Les policiers ont également dit qu’une main courante serait déposée sans préciser par qui.

La banderole affichée sur la façade

La banderole affichée sur la façade

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Dimanche 12 avril, le ministère de l’intérieur de la République française a lancé un appel d’offre de 3,5 millions d’euros pour acquérir 651 drones pour surveiller la population. Certains des drones seront même dotés de capteurs thermiques. Divisé en trois lots on y trouve : 1,8 million d’euros pour 565 « micro-drones du quotidien », 1,58 million d’euros pour 66 « drones de capacité nationale » et 175 000 d’euros pour 20 « nano-drones spécialisés ». Début mars, l’état avait commandé pour 3,6 millions d’euros de gaz lacrymogène.

Plus d’infos ici et ici.

Un extrait de l'appel d'offre

Samedi 11 avril , les migrants emprisonnés du Centre de Rétention Administrative 2 du Mesnil-Amelot (CRA ont occupé la cour du bâtiment et ont bloqué la promenade aux cris de “liberté !”. Ils ont ensuite jeté leurs matelas dans la cours afin d’occuper celle-ci mais, la police les a confisqué. Depuis le début de l’urgence sanitaire les personnes enfermées demandent à être libérées face à la fermeture des frontières. Ils dénoncent le fait qu’aucune mesure sanitaire ne soit prise pour empêcher la propagation du virus à l’intérieur du camp et que les policiers de la Police Aux Frontières (PAF) entrent et sortent de la prison pour sans-papiers au risque d’y amener le virus. La révolte a été réprimée par un dispositif policier important (100 policiers mobilisés dont des CRS) et 8 migrant·es prisonniers, considérés comme meneurs, ont été transféré dans d’autre CRA. Parmi eux, 3 personnes ont été transférées au CRA de Oissel où les migrants prisonniers ont entamé une grève de la faim. Plus d’infos ici.

Le centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot

Le centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot

Vendredi 10 avril, une importante opération policière s’est déroulée devant les locaux de l’association Al Manba, une association de soutien aux migrant·es basée à Marseille. Cette opération a commencé durant une distribution alimentaire aux migrant·es sans ressource. La police nationale a menacé d’interdire la distribution bi-hebdomadaire de nourriture (une des plus importantes du centre ville) et plusieurs personnes du collectif ont été verbalisées.

Opération policière contre l'association Al Mamba

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L’Envolée, collectif anti-carcéral regroupé autour d’un journal du même nom, organise une émission de radio quotidienne sur la situation des prisonnier·e·s en France face à l’épidémie de COVID-19 (fréquences et liens pour écouter). Par ailleurs, L’Envolée a également écrit une lettre ouverte à Nicole Belloubet, ministre de la justice de France : « Mais il se peut que votre nom, Madame Belloubet, passe à la postérité pour une raison bien particulière : vous seriez celle qui a prétendu défendre la société en assumant de laisser mourir ses prisonniers ».

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Aujourd’hui samedi vers midi, deux policiers ont forcé l’entrée d’un appartement dans le quartier de Saint Charles, à Marseille, en invoquant l’Etat d’urgence sanitaire. Ils viennent pour faire enlever une banderole sur laquelle est écrite « Tu veux savoir si tu as le Corona ? Crache sur un bourgeois et attends ses résultats. Solidarité avec les travailleuses ! ». Le prétexte invoqué est que notre banderole incite les gens à se cracher dessus. Dans un premier temps, gazeuse à la main tout en filmant, ils essaient de contrôler les identités, puis sortent. Arrivent au total une voiture de la police nationale et trois voitures banalisées, dont la BAC: plus de dix policiers devant l’appartement, menaçant de ré-investir l’appartement dont les occupants ont fini par enlever la banderole.

La banderole en question...

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Mercredi 8 avril 2020, la gendarmerie nationale est intervenue pour expulsée la ZAD de la Dune. Installée depuis octobre 2019 à Brétignolles-sur-Mer, en Vendée, la ZAD contestait un projet de construction d’un port de plaisance sur le littoral. La gendarmerie a déployé de nombreux effectifs, 15 voitures et 1 hélicoptère. Le PSIG, le peloton spéciale d’intervention de la gendarmerie nationale, était également présent. L’expulsion, débutée vers 17 heures, s’est terminée dans la soirée aux environs de 20 heures. Plusieurs membres de la ZAD ont été amenés à la gendarmerie pour un contrôle d’identité.

 

La ZAD de la Dune.

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Hier vendredi, un nouveau décret, pris dans le cadre de l’État d’urgence sanitaire, détaille, entre autre, les tarifs qui seront versées aux opérateurs pour l’obtention des données d’utilisateurs. On peut y lire que l’État français peut obtenir des opérateurs la « transmission des données techniques permettant d’identifier l’utilisateur ou le détenteur du système d’information de l’IP horodaté », hors de toute procédure judiciaire, au motif de la « sécurité des systèmes d’information ». Il permet également d’obtenir des informations complémentaires telles que «les données techniques permettant d’identifier l’origine de la communication et l’utilisateur ou le détenteur du système d’information affecté par l’événement détecté ». Pour voir d’autres informations que l’état pourrait obtenir des opérateurs: Lire le décret

Utilisation des données télécoms

Utilisation des données télécoms

 

Dans la soirée du lundi 30 mars, les détenus de la prison de Sepidar à Ahwaz (sud-ouest de l’Iran) se sont mutinés et ont tenté de fuir pour se sauvegarder contre l’épidémie de coronavirus. Des incendies ont éclaté dans plusieurs parties de la prison. Les gardiens de la prison et les gardiens de la révolution ont ouvert le feu et des coups de feu ont retenti tard dans la nuit quand la révolte a été finalement réprimée. En Guyane, une révolte a éclaté, mercredi 1er avril, à la prison de Rémire-Montjoly. Les prisonniers qui ont mis le feu dans une partie des quartiers. Les gendarmes français sont intervenus pour réprimer l’émeute.

La mutinerie au Centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly

S’organiser contre le capitalisme et le coronavirus

À l’attention des personnes et des forces militantes,

La crise du coronavirus est une crise capitaliste. D’abord parce que les économies dans les soins de santé ont préparé les conditions de la crise sanitaire, ensuite parce que la bourgeoisie doit maintenir certains secteurs économiques en activité pour générer les profits nécessaires à sa survie, enfin parce que là où les soins de santé sont privatisés, les considérations de rentabilité interfèrent, voire priment, sur les considérations de santé publique.

De nombreuses personnes sont ainsi forcées de travailler dans des conditions insupportables, autant de par la charge démultipliée que par les conditions sanitaires dangereuses. Les gouvernements successifs ont quant-à-eux liquidé le service de santé publique, démultiplié la charge des travail des soignant·e·s, offert des milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux entreprises, dépensé sans compter dans les guerres d’Irak, d’Afghanistan et d’ailleurs. Ce sont les mêmes qui ont dépensé €4 milliards pour l’achat des avions F35 et qui annonçaient juste avant l’épidémie que les hôpitaux publics devaient faire €50 millions d’économie supplémentaires.

Et c’est, une fois encore, les classes populaires qui payent la note. Car si le virus peut contaminer tout le monde, nous ne sommes pas égaux/égales face à lui. Entre l’accès aux soins de santé, l’accès au remboursement, l’accès à une existence administrative, la précarité de ceux/celles qui sont emprisonné·e·s, sans-papiers, sans-domicile.

La bourgeoisie nous prouve, une fois encore, sont incapacité systémique a gérer les crises que son système génère. Cette crise, comme les autres crises du système capitaliste, lui offre des perspectives de renforcement tout en l’affaiblissant temporairement. Cette crise est également un défi pour nous car nous devront apprendre à faire de la politique en période de confinement et saisir les opportunités historiques de cette situation.

Il n’est pour autant pas question de nier le danger sanitaire que cette pandémie représente pour nous et pour les plus fragiles d’entre nous. Nous devons réfléchir à ce confinement en nos propres termes, nous approprier les moyens de l’autonomie sanitaire, dans nos milieux d’abord, plus largement ensuite. Nous éviter aussi bien l’erreur de « faire dans l’humanitaire » que de déserter le terrain des problèmes matériels. Nous devons encourager toutes les initiatives qui vont dans le sens de l’auto-organisation populaire, fondées sur les valeurs d’entraide et de solidarité. De la même manière, nous ne devons pas laisser les autorités récupérer les manifestations, d’abord spontanées, de soutien symboliques aux travailleurs soignants. Il faut les soutenir et leur donner un sens irrécupérable pour la bourgeoisie.

Nous devons réfléchir à de nouveaux moyens d’action et d’organisation et ne pas se laisser immobiliser par les termes de la bourgeoisie. Il n’est pas question de faire une « pause » dans le cadre d’une soit-disant guerre contre un ennemi commun.

Elle aimerait nous faire croire qu’il existe une « guerre » de l’Humanité contre le coronavirus. En réalité, elle a déjà profité de notre désarmement pour intensifier sa guerre contre les exploité·es. Suspension du droit de grève au Portugal, attaque contre les congés payés et le temps de travail en France, chasse aux SDF et aux migrant·es, rallongement des horaires d’ouvertures des magasins, en Belgique, les exemples se comptent par dizaines.

Nous avons un immense défi à relever sur les moyens d’organisation, notamment dans l’usage des outils par internet. A cet égard, nous recommandons l’usage d’outils chiffrés et/ou auto-hébergés (par exemple, préférer l’usage de Signal, Riot.im, Jitsi, Nextcloud plutôt que de Facebook, Skype, Discord ou Zoom). Il nous faudra également entamer une réflexion plus large sur la forme que pourraient avoir de futures crises, ou le futur de celle-ci, qui nous empêcheraient de communiquer par internet, pour mieux nous y préparer.

Plus qu’à des solutions techniques, ce sont des solutions structurelles qu’il nous faut trouver, non seulement face à la pandémie mais également face à répression et aux moyens qu’elle se permet de déployer dans ce cadre, comme l’utilisation massive des données de géo-localisation des téléphones.

Enfin, il nous faut garder l’esprit ouvert, combattre les sectarismes qui nous divisent pour pouvoir, ensemble, comprendre et combattre les crises actuelles et futur du capital. Ce « confinement » là n’a pas attendu le coronavirus pour nous immobiliser. Si nous n’arrivons pas à affronter cette responsabilité, les crises capitalistes continueront à renforcer la bourgeoisie tout en nous affaiblissant. Saisissons les opportunités, retournons la situation à notre avantage. N’ayons aucune confiance envers la capacité de la classe dominante à gérer cette crise. Et face à cette incapacité, elle n’hésitera pas à normaliser certains aspects du confinement plutôt que d’interrompre la circulation marchande plus longtemps.

Nous devons reprendre le travail dans la rue, ajuster nos modes de fonctionnement et adopter les méthodes d’intervention praticables. Reprendre le travail politique dans la rue aujourd’hui, dans les conditions sanitaires requises, c’est aussi se préparer aux exigences de demain et à un éventuel renforcement du confinement (couvre-feu, permis de circulation sur la voie publique, etc.)

Nous vous donnons rendez-vous sur les fronts de lutte, Courage et force à tou·te·s !