La commission d’enquête parlementaire sur les attaques djihadistes de 2015 invite à la refonte des services de renseignement français. Les parlementaires prônent notamment la création d’une agence nationale du renseignement, placée directement sous l’autorité du Premier ministre, sur le modèle américain du Centre national antiterroriste (NTC) créé après le 11 septembre 2001. Ils souhaitent aussi la création d’un véritable bureau du renseignement pénitentiaire. Aujourd’hui, les services de renseignement français sont éclatés en six entités, sous l’autorité de trois ministères (Intérieur, Défense ou Economie), avec l’implication de policiers spécialisés, de militaires ou de douaniers.

Légende de l’organigramme:
Direction Générale de la Sécurité Extérieure
Direction du Renseignement militaire
Direction Générale de la Sécurité intérieure
SGDSN = Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale
DNRED = Douanes
TRACFIN = pistage des grosses sommes en argent liquide signalées par les banques

Organisation actuelle des services de renseignement en France

Organisation actuelle des services de renseignement en France

Dossier(s): Archives France

Le chauffeur qui avait foncé sur un barrage filtrant blessant deux syndicalistes CGT à Vitrolles a été relaxé par le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence. Le chauffeur poids lourds (récidiviste car déjà condamné à 12 mois de prison avec sursis pour blessures involontaires sous l’emprise d’un état alcoolique) avait délibérément foncé sur des syndicalistes d’un barrage filtrant, blessant deux d’entre eux dont un sérieusement, avant de tenter un délit de fuite. Lors du procès la présidente du tribunal l’avait bien ménagé, ne cachant pas son hostilité au mouvement social, plaignant à plusieurs reprises ce « chauffeur qui se lève tôt pour aller travailler ». La présidente du tribunal a motivé la double relaxe des chefs de violences volontaires avec arme par destination et de blessures involontaires « par l’état de nécessité et de contrainte morale » dans lesquels se trouvait le prévenu au moment des faits.

Une des militantes CGT blessée à Vitrolle

Une des militantes CGT blessée à Vitrolle

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Des dizaines de militants CGT et antifascistes ont mené une spectaculaire opération, hier matin, à Lille. Ils ont entièrement paralysé le rond-point des Postes et les 12 rues et boulevards attenants pendant plusieurs heures, au moyen de dix barricades de pneus enflammés. La circulation a été bloquée jusque sur l’autoroute A25. Toute cette partie de la ville était couverte de fumée, le panache étant visible à plusieurs kilomètres à la ronde.

Peu après 8 h, les forces de différents services de police ont violemment chargé, usant de gaz lacrymogène et blessant plusieurs personnes. Neuf personnes sont interpellées, âgées de 15 à 45 ans. Ils sont poursuivis, selon les cas, pour refus de se disperser, entrave à la circulation, et dégradations. Les pompiers mettront ensuite une heure à éteindre les sinistres, refroidir et déblayer les carcasses de pneus

Dans l’après-midi, un cortège rassemblant environ 1.500 personnes, dont une centaine de syndicalistes belges, a défilé dans les rues de Lille. À l’issue de la manifestation, 450 personnes ont décidé de se rendre au commissariat pour réclamer la libération de neuf personnes interpellées dans la matinée. Vers 19 h 30, la police a chargé ces manifestants, usant une nouvelle fois de gaz lacrymogènes et arrêtant trois ou quatre personnes.

A Lille hier matin

A Lille hier matin

200 000 personnes ont manifesté en France, dont 55.000 à Paris contre la loi Travail. Le dispositif policier avait été particulièrement renforcé : plus de 2.500 membres des forces de l’ordre mobilisés dans la capitale ; des points de filtrage et des fouilles systématiques aux abords du cortège ; toutes les stations de métro le long du parcours entre Bastille et la place d’Italie temporairement fermées ; toutes les rues adjacentes bloquées ; les bancs et vitres des Abribus retirés…

En milieu de parcours, sur le boulevard de l’hôpital, quelques échauffourées ont éclaté entre les forces de l’ordre et des manifestants cagoulés qui ont tenté d’arracher des plaques protégeant un Abribus, tagué des murs, ou renversé une poubelle à verre avant de lancer des bouteilles sur les CRS… Ceux-ci ont répliqué avec grenades de désencerclement et gaz lacrymogènes. 41 personnes ont été interpellées. Du côté de la place de la République, 200 militants, qui souhaitaient rejoindre Bastille et ont refusé de se faire fouiller, ont été encerclés tout l’après-midi par la police, devant la Bourse du travail.

Après plus de quatre mois de contestation, le projet de loi poursuit son cheminement parlementaire, et le texte, profondément remanié par l’opposition, a été adopté ce mardi-même par un Sénat à majorité de droite. Il doit être de nouveau examiné par l’Assemblée nationale au début de juillet.

Incidents ce mardi à Paris

Incidents ce mardi à Paris

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Trois militants de la Cellule antifasciste révolutionnaire d’Auvergne (CARA), ont été placés en garde à vue jeudi, suite aux dégradations commises au conseil départemental lors de la mobilisation contre la loi Travail. Ils ont été présentés, samedi matin, au parquet de Clermont-Ferrand. Tous les trois ont reçu une convocation devant le tribunal correctionnel. En attendant leur jugement, ils ont été placés sous contrôle judiciaire. Ils ont notamment interdiction de paraître dans un large périmètre du centre-ville de la capitale auvergnate.

Théo El Ghozzi, militant de la CARA vient de décider d’entamer une grève de la faim pour protester contre ce contrôle judiciaire. Comme il le signale lui-même dans son communiqué, « plus qu’une interdiction de manifester, c’est quasiment une assignation à résidence.  Je vis à Clermont-Ferrand, mais je ne peux pas y circuler. Impossible de faire des démarches administratives, de prendre les transports en commun sans faire des détours impossibles (je n’ai pas le permis), de travailler (je suis intérimaire, et je suis souvent de passage dans le centre ville pour me rendre au travail … De plus, je dois pointer une fois par semaine au commissariat de Clermont-Ferrand, je ne peux donc pas déménager vers une autre ville ! ». C’est pour revendiquer son droit à la liberté de circulation, de manifester et plus largement de vivre librement jusqu’au 13 décembre, qu’il commencera mardi prochain après-midi sa grève de la faim.

Le Conseil départemental après le passage de la manifestation contre la loi Travail

Le Conseil départemental après le passage de la manifestation contre la loi Travail

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Patrice Matence, secrétaire de la CGT 46, a été auditionné hier au commissariat de Cahors pour des faits de «dégradations volontaires en réunion», le 19 mai dernier lors des mobilisations contre la loi Travail. L’enquête en cours fait suite aux plaintes déposées par la chambre de commerce et le PS, victime, lui aussi, de tags sur la vitrine de sa permanence. Hier, Patrice Matence était soutenu par son syndicat, mais aussi par la Confédération paysanne. Soit une cinquantaine de membres le temps de cette convocation. La troisième en quelques jours pour les mêmes faits. Avant la convocation de Patrice Matence, Jean-Louis, membre du collectif Nuit debout, et Francis, militant de la CGT, avaient été convoqués au commissariat.

Devant le commissariat de Cahors, hier.

Devant le commissariat de Cahors, hier.

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C’est aujourd’hui que sera jugé Jean-Marc Rouillan, ancien membre d’Action Directe accusé « d’apologie du terrorisme » pour avoir déclaré dans une interview que quoique l’on pense des attaquants islamistes qui ont récemment perpétré des attentats en France, on ne pouvait pas les qualifier de « lâches » (voir notre précédent article).

Jean-Marc Rouillan

Jean-Marc Rouillan

EDIT (rapport d’audience)
Sur le fond, ses avocats ont plaidé la liberté d’expression, rappelant que ses propos ne pouvaient en aucun cas être qualifiés d’apologie du terrorisme. Au terme de six heures de débat, la procureure a requis un an de prison ferme. La décision sera rendue le 7 septembre.