Deux énormes dépôts d’armes maoïstes ont été découverts par les forces de sécurité dans le district de Malkangiri, proche de la frontière avec l’Andhra Pradesh ce mardi. Ils ont été repérés au cours d’une opération conjointe de la Border Security Force, du Special Operation Group et de la District Voluntary Force à l’intérieur de la forêt de Khalaguda, à 35 kilomètres de Khairaput. Selon les autorités, les guérilleros sont parvenus à fausser compagnie aux forces de sécurité. Celles-ci ont saisi 24 bâtons de gélatine, 103 détonateurs, deux commandes d’IED, un IED, trois boîtes en acier destinées à la fabrication d’IED, deux rouleaux de fil, des batteries, des chronomètres électroniques, divers circuit électroniques, vingt condensateurs et deux gros bidons en plastique. De la littérature maoïste et un écran de projection ont également été saisis.

Un tribunal du Madhya Pradesh a condamné cinq maoïstes, parmi lesquels une femme, à la prison à perpétuité pour avoir fait la guerre contre l’état. Tous avaient été arrêtés à Bhopal en 2007, lors d’une descente effectuée par les forces de l’ordre dans une unité de fabrication d’armes. Tous les cinq étaient inculpés en vertu de la section 121 (faire la guerre contre l’état) et de la section 122 (rassembler des armes dans l’intention de faire la guerre contre l’état) du Code Pénal indien.

Par ailleurs, dans le Jharkhand, la police a interpellé sept guérilleros et a découvert une énorme quantité d’armes et de munitions au cours d’une descente organisée dimanche à proximité de Ranchi. Les sept maoïstes font tous partie du People’s Liberation Front of India, une organisation interdite par les autorités au pouvoir.

Les forces de sécurité ont découvert un énorme stock d’armes et de matériaux explosifs appartenant aux guérilleros maoïstes dans le district de Rayagada. Selon le commissaire de la police locale, ces explosifs ont été saisis par les forces de sécurité au cours d’une opération de ratissage dans la jungle de Satiguda, à la frontière avec le district de Kandhamal les 11 et 12 décembre. Leur butin contient quinze puissants IED, cinq grenades, 14 fusils de fabrication artisanale, 17 détonateurs, six rouleaux de fil utilisé pour faire exploser les IED, des balles, six bombes, cinquante boîtes de détonateur vides, une batterie, 18 boîtes à tartines vides destinées à fabriquer les IED et six canons de fusils. Ces armes et munitions avaient été cachés à quatre endroits différents.

Saisie d'armes maoïstes

Saisie d’armes maoïstes

Le directeur général de la police indienne, V.D. Reddy, a déclaré ce jeudi lors d’une conférence de presse que des drones allaient être mis à disposition depuis l’aéroport de Madhurapudi dans l’Andhra Pradesh pour contrer les mouvements des guérilleros maoïstes. Leur mise en circulation devrait se faire dans les prochains mois. Décrivant les Grey Hounds comme une ‘force d’élite’ pour les opérations anti-naxalites, Reddy a exprimé toute sa satisfaction quant à leur dernière unité récemment constituée dans la région, et a présenter le dernier projet de contre-guérilla des autorités. Une hélistation a été construite au sein même du campement de l’unité et un hélicoptère y sera bientôt stationné. Dès que les images satellites et les messages en provenance des drones seront interceptés, l’hélicoptère ira larguer des commandos à l’endroit précis où les guérilleros ont été repérés. Le coût annuel récurrent de cette infrastructure (cent millions de roupies – plus de 1,4 millions d’euros) sera pris en charge par le gouvernement central. Reddy a ensuite ajouté que la possibilité d’autoriser deux compagnies supplémentaires des forces paramilitaires dans le district de Vishkhapatnam était actuellement à l’étude.

Bientôt, des chiens assisteront les effectifs de la CRPF dans leur lutte généralisée contre les guérilleros maoïstes. Ce lundi, le ministre de l’intérieur P. Chidambaram a inauguré le premier centre de formation pour ces chiens à Bangalore (Karnataka). 38 bergers belges ont déjà été importés. Le centre formera les chiens, mais aussi les maîtres-chiens aux patrouilles dans la jungle, tout particulièrement durant la nuit, à la détection d’explosifs,… C’est une première pour l’Inde dans la diversification de son arsenal répressif alors que ces chiens sont déjà largement utilisés par les polices et les armées à travers le monde.

Cette semaine, le CPI(maoïste) célébrait les onze ans d’existence de son armée populaire de libération. Dans ce cadre, la commission militaire centrale avait lancé un appel général à l’action pour réitérer sa détermination à faire face et à contrer l’Opération Green Hunt déclenché il y a près de deux ans par les autorités centrales pour réprimer le mouvement maoïste. D’autre part, plusieurs états sous contrôle maoïste ont observé deux jours de grève pour dénoncer l’assassinat d’un de leur dirigeant, Kishenji, la semaine dernière. De nombreuses actions ont émaillé cette semaine.

Jeudi, un policier est mort après être tombé dans un piège tendu par des guérilleros à proximité de Gondia (Maharashtra). La police avait été informée (par eux) que des maoïstes avaient déployé une banderole. Cinq policiers ont été envoyés sur place et l’ont décrochée avant d’être pris pour cible par une brigade de guérilleros qui s’étaient planqués juste à côté. Un policier est décédé et tous les autres ont pris la fuite. Samedi matin, les maoïstes ont tué un fournisseur de l’armée alors qu’il circulait en mobylette en direction de Narayanpatna (Koraput, Orissa). Les deux hommes qui l’accompagnaient ont été blessés dans l’attaque. Toujours hier, une brigade de guérilleros a pris en embuscade un convoi dans lequel se trouvait le parlementaire Inder Singh Namdhari. Un IED a explosé au passage d’un des véhicules qui l’escortaient à Ladu More, situé à environ 180 kilomètres de Ranchi (Jharkhand). L’explosion a fait onze morts, parmi lesquels six policiers, alors que le véhicule dans lequel se trouvait Namdhari n’a pas été touché.

Ce matin, également dans le Jharkhand, un groupe de maoïstes a utilisé un IED pour faire exploser un tronçon de voies de chemin de fer entre les gares de Gomia et de Dumri dans le district de Bokaro. Un autre groupe a effectué la même opérations entre les gares de Hekegara et de Chhipadohar dans le district de Latehar.

Ce mercredi, les autorités ont interpellé et placé en garde à vue deux personnes qu’elles suspectent d’avoir aidé la guérillero maoïste Suchitra Mahato. Celle-ci se trouvait avec Kishenji lorsque les forces de l’ordre leur sont tombées dessus. Contrairement à ce dernier, Mahato n’a été que blessée et est parvenue à se réfugier dans la jungle. Depuis lors, les forces de sécurité quadrillent et ratissent la région pour la retrouver. Mercredi, Bhudab Mahato, qui lui a fourni une assistance médicale et lui a prodigué les premiers soins, et Pintu Tudu, qui a amené la blessée chez Mahato ont été interpellés et incarcérés pour une durée minimale de sept jours au CID (Criminal Investigation Department).

Par ailleurs, les autorités ont annoncé que c’est un ordinateur saisi il y a environ un mois lors d’une opération dans le district de Kanhamal (Orissa) qui leur aurait permis de localiser Kishenji. Cet ordinateur appartenait à Sabyasachi Panda, un des des dirigeants du comité régional du CPI(m) et contenait de nombreuses informations telles que les personnes en lien avec les maoïstes, leurs futurs projets, leur communication avec les dirigeants du comité central du parti, les fonds récoltés par les guérilleros et leur provenance,… L’ordinateur a été décodé par trois analystes de haut niveau de Delhi et ceux-ci sont parvenus à localiser les trois principaux dirigeants locaux. Outre Kishenji (dont on sait qu’il a été abattu la semaine dernière, plus que probablement lors d’un ‘faux combat’), un autre membre du Politburo, Akkiraju Ramakrishna, alias R.K., aurait été localisé. Selon certaines sources, une opération l’aurait d’ailleurs visé la semaine dernière à la frontière entre l’Andhra Pradesh et l’Orissa, mais aurait échouée. Les autorités ont affirmé que R.K. était leur prochaine cible.

Le 9 novembre dernier, Arundhati Roy a été invitée au CUNY Graduate Center de New-York. Elle y a fait une lecture d’extraits de ses derniers essais, parmi lesquels ‘Ma marche avec les camarades’. Suite à cette conférence, elle a eu l’occasion de répondre aux questions du public. La retranscription (et donc la traduction) était un peu décousue, ce qui en rend parfois la lecture moins agréable, mais n’empêche pas la bonne compréhension du propos de l’auteur.

Questions/réponses avec Arundhati Roy – format pdf

La version officielle de la mort au combat du dirigeant maoïste Molajula Koteswar Rao, alias Kishenji a été remise en question. Le corps de Kishenji porterait des marques de torture qui indiqueraient qu’il aurait été capturé 24 heures avant le combat de Burisole entre l’armée et la guérilla, dans lequel il aurait été abattu selon la version officielle des autorités indiennes. Le corps de Kishenji a été apporté à son village natal de Peddapalli où la police a refusé que sa famille puisse le voir. La famille a pu organiser la cérémonie funéraire, et le corps a été incinéré.

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Un jour après avoir abattu le dirigeant maoïste Kishenji, les forces de sécurité ont passé toute la journée d’aujourd’hui à ratisser la région forestière de Burisole, dans le district du Midnapore occidental (Bengale occidental) dans le but de retrouver Suchitra Mahato, une dirigeante maoïste qui accompagnait Kishenji, ainsi que plusieurs autres guérilleros. Tous sont parvenus à échapper aux soldats hier, et ont pu se réfugier dans la forêt, malgré que plusieurs d’entre eux aient été blessés par des tirs militaires. Dès hier, la zone toute entière a été bouclée afin d’empêcher toute fuite maoïste. Et depuis, les forces de sécurité ratissent sans relâche, mais sans résultat. Une alerte rouge a été déclarée dans tout l’état par les autorités qui craignent les actions de représailles.

Dans un communiqué publié hier soir, le porte-parole du CPI(maoïste) a déclaré: ‘Il a été arrêté alors que nos camarades se trouvaient à proximité, emmené et tué de sang froid. Nous exigeons une enquête indépendante quant au meurtre de notre dirigeant. Toute cette histoire de combat est montée de toute pièce’. Plusieurs activistes et autres militants des droits de l’homme ont également interpellé le gouvernement sur les circonstances de la mort de Kishenji.