Hamza A., un Kurde incarcéré depuis deux mois au centre de détention provisoire de Dresde, a été libéré provisoirement sur décision du Landtag de Saxe. Durant sa détention provisoire, il avait entamé une grève de la faim avec une brève interruption. Le tribunal administratif de Leipzig a ordonné à l’Office fédéral des migrations et des réfugiés (BAMF) de réexaminer sa demande d’asile. Tant que la durée de l’examen par le BAMF est incertaine, l’État de droit exige une suspension de la détention en vue d’une expulsion. Si l’Office fédéral n’accorde pas non plus le statut de protection dans sa nouvelle décision, il sera à nouveau contraint de quitter l’Allemagne, selon la direction du Land.

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Après une grève de la faim de 40 jours qui a mené la prisonnière antifasciste Maja dans un état de santé critique (voir notre article), l’État hongrois continue de l’emprisonner dans des conditions très difficiles. Maja risque toujours des décennies de prison pour une agression présumée contre des participants à une manifestation fasciste en février 2023 à Budapest. Mercedes envisage de délocaliser des emplois en Hongrie pour profiter des bas salaires en collaborant avec le gouvernement d’extrême droite. Pour dénoncer cette complicité et soutenir Maja, la façade extérieure de la Mercedes-Bank à Stuttgart a été recouverte de tags. Parallèlement, de nombreuses actions continuent d’être organisées en Allemagne, Hongrie et ailleurs.

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Le 24e jour du procès, le 13 août 2025, Daniela Klette a lu une déclaration, dont nous reproduisons un extrait ci-dessous (voir en intégralité ici). Au même moment, un rassemblement a eu lieu près du tribunal en soutien à l’ancienne membre de la RAF qui a vécu 30 ans en clandestinité.

[…] Depuis mon arrestation, la police et le parquet ont alimenté le mythe selon lequel nous serions dangereux pour la société, sans scrupules et prêts à tuer, en avançant des allégations mensongères, comme la prétendue découverte d’explosifs dans mon appartement – ce qu’ils n’ont jamais démenti, bien qu’aucun explosif n’ait été trouvé.

En insinuant que nous étions particulièrement dangereux, le parquet fédéral a créé un cadre judiciaire militarisé.

Il s’agit ici de raviver et de réactiver les souvenirs et les images négatives issus des précédents procès contre les militants de la RAF. Cela était déjà suffisamment évident à Celle et est encore souligné ici à Verden-Eitze par les transports dignes de Rambow et les mesures de sécurité renforcées.

Même si le tribunal veut se présenter comme apolitique, c’est le contexte politique qui détermine ce procès : l’image hostile de la RAF et l’énormité d’avoir échappé à l’emprise de l’État pendant plus de 30 ans en constituent le cadre. […]

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Le procès de Daniela devant le tribunal régional de Verden porte principalement sur 13 attaques à mains armées, notamment contre des transporteurs de fonds. Le tribunal a abandonné le 10 juillet l’accusation de tentative de meurtre contre les convoyeurs de fonds. Initialement, le procès s’était déroulé à Celle, dans la salle de sûreté du tribunal régional supérieur, pour des raisons de sécurité. Depuis fin mai, le procès se poursuit dans le district d’Eitze, à Verden, après la transformation d’un ancien manège en forteresse hautement sécurisée pour 3,6 millions d’euros.

Deux audiences ont eu lieu mardi 12 et mercredi 13 août. Les débats tournent autour de l’éventuelle présence de Daniela à chacune des attaques, avec audition de témoins etc. Les suivantes sont prévues pour les 19 et 20 août avant une nouvelle pause estivale de deux semaines. Une manifestation de solidarité a lieu aujourd’hui à proximité du tribunal. D’autres activités solidaires sont prévues comme un rassemblement devant le commissariat de police à Berlin-Kreuzberg le 15 août et devant la prison de Vechta le 23 août. Cinq personnes sont toujours interdites de visite à Daniela. Deux d’entre elles, Ariane et Susanne, militantes du mouvement de solidarité, ont reçu en août de nouvelles convocations du Bureau fédéral de police criminelle (BKA), émises par le parquet fédéral de Karlsruhe (voir notre article).

Le nouveau site de la solidarité avec Daniela 

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La police de Cologne vient d’annoncer l’interdiction du camp « Désarmement de Rheinmetall » (conglomérat industriel allemand spécialisé dans l’armement), qui devait se tenir à Cologne du 26 au 31 août. Elle repose sur une série d’allégations et d’accusations visant à dénoncer les participants comme « inquiétants ». En particulier, les autorités considèrent le slogan « Guerre à la guerre », utilisé par le mouvement antimilitariste depuis plus de cent ans, comme le témoignage de la volonté des participants de contrer le réarmement par des « moyens guerriers ».

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Deux femmes du mouvement de solidarité avec Daniela Klette, Ariane de Brême et Susanne de Hambourg, ont reçu une nouvelle convocation de l’Office fédéral de police criminelle (BKA), ordonnée par le parquet fédéral de Karlsruhe. Cela intervient après l’interdiction faite aux deux femmes de rendre visite à Daniela Klette, respectivement en septembre et octobre 2024. Les autorités ont justifié ces interdictions en arguant que les deux femmes pouvaient servir d’intermédiaires entre Daniela et deux membres toujours recherchés de la RAF (Fraction Armée Rouge), Burkhard Garweg et Volker Staub, afin que Daniela puisse planifier une évasion. Suite à cela, elles ont été convoquées une première fois par la BKA en octobre et novembre 2024. Toutes deux ont refusé de témoigner. Elles ont toutes deux été condamnées à une amende de 500 euros début 2025. Ariane doit maintenant comparaître à nouveau au commissariat de police à Berlin le 15 août 2025 à 10 heures. La date de la convocation de Susanne n’est pas encore connue. Les deux femmes refuseront cette fois encore de témoigner. Elles encourent alors une amende plus élevée, voire une détention coercitive pouvant aller jusqu’à six mois.

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À Berlin, samedi 2 août, la police a violemment dispersé une manifestation en soutien au peuple palestinien, procédant à de nombreuses arrestations. Le rassemblement, qui a eu lieu près de la très fréquentée Breitscheidplatz, visait à dénoncer le siège imposé par Israël à Gaza et la famine imposée par l’Etat sioniste. Munis de casseroles et de cuillères, les manifestants ont fait du vacarme pour attirer l’attention sur la crise humanitaire et condamner le blocage de l’aide par Israël. Des slogans contre le génocide en cours à Gaza ont été scandés. Les autorités allemandes ont choisi de les réduire au silence par la force. La police a procédé à l’interpellation musclée d’une cinquantaine de manifestants.

Samedi 26 juillet, lors d’une manifestation pro-palestinienne qui a réuni près de 10.000 militants organisée à Berlin, la police a arrêté 57 manifestants. Les militants se sont rassemblés en marge de la Marche des Fiertés à l’appel du mouvement dénommé « la fierté Queer internationaliste pour la libération » qui  revendique une lutte anti-impérialiste, anticoloniale et antisioniste. Tentant de disperser le cortège, les forces de l’ordre ont dû faire face à des actes de résistance tel que des jets de bouteilles et des coups, 17 policiers ont été blessés. La marche des fiertés qui se déroulait dans un autres quartier à elle aussi donné lieu à 64 interpellations pour « insultes, coups, blessures envers les forces de l’ordre ».

L’acte d’accusation est tombé pour les antifas dits « de Budapest » Paula, Emmi, Clara, Luca, Nele et Moritz. Premier point : ce ne sont pas les tribunaux de Dresde ou de Iéna qui sont compétents, mais la Cour d’appel provinciale de Düsseldorf. Pour rappel : la plupart des six accusé·es viennent de Leipzig et de Iéna, elles/ils ont ici des ami·es, de la famille. Le choix de Düsseldorf est politique, il complique les visites et le soutien. Le choix d’une Cour d’appel provinciale signifie que l’infraction relève d’un fort intérêt public, qu’on traitera ici d’une idéologie hostile à l’État.

Le nouvel acte d’accusation poursuit une prétendue « organisation criminelle », avec l’habituel recourt à l’article 129 du code pénal, sur les organisations criminelles qui est utilisé dans toute son étendue, comme le montre l’importance et les moyens de la surveillance qui a eu lieu pendant des années. Comme c’est déjà le cas avec l’accusation portée contre Hanna (une antifasciste de Nuremberg accusée d’avoir pris part aux attaques contre des nazis, à Budapest, et dont le procès est en cours à Munich), ainsi qu’au procès « Antifa Ost », de nombreux faits reprochés sont qualifiés comme des tentatives d’homicide. Or, même le juge d’instruction de la Cour fédérale de justice n’a pas émis de mandats d’arrêt pour tentative d’homicide, faute de soupçons sérieux à ce sujet, et dans la procédure qui est ouverte à Budapest, un tel fait ne rentre même pas parmi les charges.  L’accusation de tentative de meurtre est une escalade aux motivations politiques qui sert – comme l’accusation d’organisation criminelle – à dissuader la pratique antifasciste et à légitimer sa répression.

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Le 15 juillet, des activistes de la coordination « Liberté pour Maja – Leipzig » ont décidé d’occuper l’immeuble situé au 28 de la Bernhardstraße à Leipzig (Saxe). La police est intervenue mais l’immeuble avait été évacués par ses occupants avant cette intervention. Cela est réalisé pour l’antifasciste Maja, qui est en détention à l’isolement, en Hongrie, depuis plus d’un an. Maja a été illégalement extradé.e vers la Hongrie; avec la collaboration des autorités du Land de Saxe. Les actions ne cessent pas pour Maja : le 21 juillet, une succursale de la société Sachsenforst, dans le quartier de Connewitz, à Leipzig a été attaquée.  Sachsenforst, qui appartient au Land de Saxe, a joué un rôle majeur dans l’expulsion du Heibo, une forêt occupée près de Dresde, entre 2021 et la mi-février 2023, pour empêcher qu’elle soit défrichée pour y creuser une carrière de gravier. A cela s’ajoutent comme à chaque fois de nombreux accrochages de banderoles et tags, y compris sur l’hôtel de ville de Hambourg-Harburg et dans les rues de Mexico…

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