Mardi 1er avril a eu lieu à Massa l’une des audiences les plus importantes du procès contre quatre anarchistes  du bimensuel anarchiste internationaliste Bezmotivny. Au cours de l’audience, le procureur de la Direction anti-mafia et antiterrorisme du district de Gênes, a prononcé son réquisitoire et ensuite il a exposé ses requêtes de condamnation des inculpés, en ce qui concerne les deux chefs d’inculpation : provocation aux crimes et délits, avec la circonstance aggravante de la finalité de terrorisme (et aussi d’apologie de délits de terrorisme) et offense à l’honneur ou au prestige du Président de la république. En revanche, il n’a pas demandé de condamnations pour la circonstance aggravante d’avoir perpétré les faits par le biais d’instruments informatiques ou télématiques.

Voici ce qui a été requis : sept ans de prison pour Gino, six ans pour Luigi (avec la révocation de la suspension de la peine pour une ancienne condamnation, qui lui avait été infligée par le tribunal de Ravenna), cinq ans et six mois chacun pour Gaia et Paolo.

 

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L’anarchiste Francisco Solar (voir nos articles) était détenu depuis presque cinq ans à l’isolement, dans différents sections de sécurité maximale. Un durcissement du régime carcéral le gardait enfermé dans sa cellule pendant 21 heures par jour, sans télévision ni radio et avec des restrictions dans les parloirs. Après de nombreuses audiences et des chambres de conseil techniques, l’Administration pénitentiaire chilienne a été à court de prétexte pour maintenir ce régime punitif. Francisco est enfin sorti de l’isolement et été transféré dans la section n°33 de la prison La Gonzalina, où se trouvent d’autres prisonnier.es révolutionnaires.

À l’aube de mercredi 26 mars, dans les villes de Pise et Carrare, ont eu lieu deux perquisitions domiciliaires, en vertu des articles 110, 56, 424 du code pénal (« crime ou délit avec le concours de plusieurs personnes », « tentative de commettre un crime ou délit », « dégradation par incendie »), avec la circonstance aggravante de l’article 270bis § 1 (« création d’une association avec finalité de terrorisme »). L’enquête est menée par la Direction Antimafia et Antiterrorisme du district de Florence et cible une tentative d’attaque incendiaire (l’engins n’avant pas fonctionné) contre le tribunal de Pise en février 2023. Une action qui s’inscrivait dans la large mobilisation en solidarité avec Alfredo Cospito, contre le 41bis et la peine d’emprisonnement à perpétuité avec période de sûreté illimitée. Elle avait été revendiquée par un « Groupe de solidarité révolutionnaire – Livraisons à domicile », de la FAI/FRI.

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Le 2& mars, au tribunal de Trente, a eu lieu le procès de premier degré contre l’anarchiste Luca Dolce « Stecco », accusé d’avoir favorisé la cavale d’un autre anarchiste, ainsi que d’avoir falsifié des documents d’identité. Stecco, qui avait été arrêté le 23 octobre 2023 (photo), a été condamné – avec une procédure abrégée – à trois ans et six mois de prison (une peine plus élevée que celle que le procureur lui-même avait demandée). Cette sentence ressemble à une mise en garde : quiconque aide des personnes en fuite et en cavale va le payer cher. Devant le tribunal a eu lieu un rassemblement de solidarité, en particulier contre l’énième imposition d’un procès en visioconférence.

En avril 2024, Lyubov Lysunova, alors âgée de 17 ans, et Alexandr Snezhkov, âgé de 20 ans, ont été condamné.es à des peines de prison pour des tags disant « Mort au régime » et pour avoir administré des canaux anarchistes sur Telegram. Lysunova a été condamnée à trois ans et demi de prison et Snezhkov à six ans (sa peine a été réduite de deux mois par la suite). Le 14 février, Lyubov Lysunova, a été sortie du centre de détention provisoire n°1 de Tchita, dans l’Extrême-Orient russe. Le transfert, qui a duré trois semaines, l’a faite passer par Irkoutsk et Mariinsk, dans la région de Kemerovo, en Sibérie. Le 2 mars, Lyubov a informé ses parents qu’elle était arrivée à la colonie pénitentiaire pour mineurs de Tomsk. La TVK-2 est actuellement la seule colonie pénitentiaire pour filles mineures. Selon la loi, les prisonnières peuvent y être détenus jusqu’à l’âge de 19 ans. Lyubov est actuellement en quarantaine.

Pour lui écrire (en russe obligatoirement): Lyubov Vitaliyevna Lysunova (née en 2006) [Лизунова Любовь Витальевна, 2006 г.р.]
Koltsevoi pr.-d 20, TVK-2 [Кольцевой пр.-д, 20, ТВК-2]
634027 Tomsk г. [Томск] (Russie]

Un dessin de Lysunova

Pour la sixième fois consécutive, le Conseil des délits mineurs de Lamia a rejeté la demande de libération conditionnelle de Nikos Maziotis, prisonnier de l’organisation « Lutte Révolutionnaire », parce qu’il n’a pas été « réhabilité » et qu’il n’a pas montré « d’amélioration morale ». À ces six rejets du Conseil des délits mineurs s’ajoute une confirmation de la Cour d’appel. Le dernier refus survient alors qu’il a déjà purgé plus des quatre cinquièmes de ma peine. Dans le contexte du durcissement de la législation pénale – qui comprend une augmentation des peines, des conditions plus strictes pour la libération conditionnelle et les permissions, ainsi que la création de prisons à sécurité maximale – Nikos pourrait bien devenir la première personne en Grèce condamnée à 20 ans de prison qui purge la totalité de sa peine. La durée d’une peine d’emprisonnement à perpétuité selon l’ancien code pénal était de 16 ans.

Nikos Maziotis a réagi en exposant qu’ « En effet, un combattant engagé, un révolutionnaire, un anarchiste comme moi ne pourra jamais être « réhabilité » ou « moralement amélioré » par la prison, peu importe combien d’années il reste incarcéré. Un combattant engagé, un révolutionnaire, un anarchiste peut consacrer sa vie à la lutte, comme l’a fait le compagnon Lambros Foundas de Lutte révolutionnaire ; il peut risquer sa vie pour la cause, faire face à la menace d’être tué par les prétoriens de l’État – comme j’ai failli l’être ; il peut passer de nombreuses années en prison – j’ai déjà purgé douze ans pour Lutte révolutionnaire et quatre autres auparavant – mais il/elle ne doit jamais faire un pas en arrière, exprimer son repentir ou sa dissociation, ou, en d’autres termes, faire preuve de « réhabilitation » et d’ »amélioration morale », comme le dit le conseil judiciaire. »

Nikos Maziotis

Nikos Maziotis

Salvatore « Ghespe » Verspertino, un militant anarchiste de 38 ans, vient d’être extradé d’Espagne vers l’Italie où il avait été condamné à une peine de 8 ans de prison, car accusé de fabrication et transport d’un engin explosif, pour l’attaque de la librairie fasciste Il Bargell en 2017 à Florence. Ghespe avait été arrêté le 15 février, en Espagne, après une cavale d’environ deux ans (voir notre article). Un appel a été lancé pour un rassemblement devant la prison de Sollicciano (Florence).

Salvatore « Ghespe » Vespertino a été arrêté en Espagne, à Madrid, lors d’un contrôle de police et a été enfermé dans la prison de Soto del Real, à Madrid. Il n’a pas fait opposition à son extradition vers l’Italie, qui devrait donc avoir lieu rapidement. Ghespe, en cavale et recherché depuis 2023, avait été condamné en appel pour l’action contre la librairie Il Bargello, liée au mouvement néofasciste italien CasaPound, le premier janvier 2017 (photo). L’engin avait gravement blessé un artificier de la police. La sentence de Cassation de juillet 2023 a confirmé les condamnations en appel, dont huit ans pour Ghespe, qui avait déjà passé une période en détention préventive.

Les révolutionnaires de Syrie commémorent le 16 février l’assassinat d’Omar Aziz. Né à Damas, où il est revenu d’exil au début de la révolution syrienne Omar Aziz était un économiste, anarchiste et père de famille, il s’est engagé à 63 ans dans la révolution. Il a travaillé aux collectes pour aider les banlieues de Damas attaquées par le régime. Par ses écrits et son activité, il a promu l’autonomie locale, l’organisation horizontale, la coopération, la solidarité et l’entraide. Il fut l’un des fondateurs du premier comité local, à Barzeh (Damas). Les agents des services de renseignements sont venus l’arrêter chez lui et il a été assassiné dans les prisons-abattoirs du régime baasiste le 16 février 2013. pour en savoir plus

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Accusée d’avoir incendié un engin de chantier dans le cadre de la lutte contre l’A69, Louna était placée à l’isolement dans la prison pour hommes de Tarbes depuis octobre 2024 (voir notre article).  Vendredi 14 février 2025, elle a finalement été libérée de prison par une ordonnance du juge d’instruction et placée sous contrôle judiciaire.