Ce mardi 21 août, une manifestation des ouvriers du chantier naval Río Santiago de Buenos Aires a été durement réprimée par la police se soldant par plusieurs ouvriers en garde-à-vue, des blessés et un travailleur renversé délibérément par une voiture de police.

Le chantier naval Río Santiago est la seule entreprise publique que le gouvernement néo-libéral de Carlos Ménem n’avait pas réussi à privatiser dans les années 90. Les tensions actuelle ont commencé fin juillet lorsque le président argentin Mauricio Macri a déclaré qu’il fallait « dynamiter le chantier naval ». En réponse, les ouvriers ont décidés de se mobiliser pour exiger des explications à la direction de l’entreprise et organiser une manifestation massive. Cette manifestation a réuni des milliers d’ouvriers et leurs familles, ainsi que les syndicats et les organisations solidaires. Le cortège a commencé la journée avec le blocage d’une autoroute. Les travailleurs et leurs soutiens se sont ensuite dirigés vers le siège de la présidence de la région pour exiger que se tiennent les négociations paritaires, négociations annuelles obligatoires, que le gouvernement avait annulée unilatéralement. La police alors attaqué le cortège avec des balles en caoutchouc, des balles en plomb, des canons à eau et du gaz lacrymogène.

Manifestation du chantier naval Río Santiago – manifestant renversé par la police

Manifestation du chantier naval Río Santiago - manifestant renversé par la police

Dès que le Sénat argentin eut rejeté le projet de légalisation de l’avortement par 38 voix contre 31, des manifestants ont jeté des pierres, des cocktails Molotov et d’autres objets sur les barrages policiers protégeant le Congrès. Les incendies, qui avaient pris de l’ampleur, ont été éteints par les arroseuses de la police, mais les affrontements ont continués, la police usant de gaz lacrymogènes. Au moins sept personnes ont été arrêtées.

Les affrontements de Buenos Aires

Les affrontements de Buenos Aires

Dimanche 5 août, la cérémonie du 40ème anniversaire des grands-mères de la Plaza de Mayo avait rassemblé près de 70.000 personnes pour une journée de concerts et discours. À la fin de la journée, des agents de la police, de la gendarmerie et du personnel civil de Buenos Aires ont attaqué violemment les participants. Le nombre exacte de détenus n’est pour l’instant pas connu. Trois personnes ayant été libérées ont déclaré avoir été torturées lors de leur détention.

Répression lors des festivités du 40ème anniversaire de l’organisation des grands-mères de la Plaza de Mayo

Répression lors des festivités du 40ème anniversaire de l'organisation des grands-mères de la Plaza de Mayo

Daniel Solano a disparu le 5 novembre 2011, alors âgé de 26 ans. En octobre 2011, Daniel se rend sur son lieu de travail dans un véhicule de la compagnie de bus El Tucumanito, contractée par l’entreprise Agro-Cosecha, elle-même sous-traitante de la multinationale belge Expofrut. Daniel perçoit son salaire d’octobre le 4 novembre 2011. Le soir même, il sort danser avec ses amis dans une discothèque locale, la Macuba. Sur la base de plusieurs témoignages, on sait qu’il est embarqué par la police vers 2h40 cette nuit-là. Après quoi Daniel disparaît. En Argentine Le procès de 7 policiers de la Province de Rio Negro a récemment été ouvert. Tous sont accusés d’être responsables de la disparition et de l’assassinat de Daniel. Le dossier est lié à 24 autres affaires connexes, s’appuyant sur plus de 400 témoignages. À noter également que la plupart de ces disparitions font suite à divers signalements concernant des trafics de drogues, d’êtres humains, de la prostitution de mineurs, etc.

Une soirée de soutien aura lieu ce vendredi. Le film “Donde esta DANIEL SOLANO” (en espagnol sous-titré anglais) sera projeté avant un débat avec Jessica Visotsky, professeur en Argentine, proche des parents et des avocats de Daniel Solano

Ce vendredi 15 juin, ouverture 19h, film à 20h, au Local Sacco-Vanzetti (Chaussée de Forest 54, 1060 Saint-Gilles).

Où est Daniel Solano ?

Où est Daniel Solano ?

En début de semaine, les travailleurs de deux lignes de métro de Buenos Aires ont entamé une grève qui devait se terminer le mardi midi. Le lundi matin, la police municipale a escorté des membres du personnel de direction de la compagnie de transport Metrovías pour remettre en service les 2 lignes de métro, mais les travailleurs se sont jetés sur les lignes pour les arrêter. La police s’est immédiatement attaquée aux travailleurs grèvistes dans le tunnel en utilisant des gaz lacrymogènes et en tirant des balles en caoutchouc. Une dizaine de personne ont été arrêté dont Nester Segovia, secrétaire adjoint de l’Association des travailleurs du métro et des pre-metro (AGTSyP) ainsi que d’autres représentants syndicaux. En réponse aux arrestations, le secrétaire général du syndicat, Roberto Pianelli, a annoncé une grève indéfinie jusqu’à la libération des collaborateurs détenus.

Les travailleurs du métro mènent régulièrement des actions depuis plusieurs mois suite à une décision de la Cour suprême les empêchant d’entamer des négociations pour une augmentation de salaire supérieure aux 15% convenus plus tôt dans l’année. Depuis avril, plus de 100 travailleurs ont été suspendus par la compagnie de Metro suite à des actions de grève.

Action de grève dans le métro. La police prête à charger

Action de grève dans le métro. La police prête à charger

Des affrontements ont opposé la police aux manifestants de six communautés wichi qui bloquaient la route 54 à Santa Victoria Este. Ces communautés ont été sinistrées et une trentaine de familles campent dans des logements improvisés. Il y a une semaine, ils avaient décidé de couper cette route devant l’indifférence des autorités devant leurs revendications comme l’installation de l’éclairage dans leurs communautés. La revendication était modeste: un pilier avec un projecteur pour pouvoir se déplacer en sécurité le soir tombé dans leur communauté, car la région est infestée de serpents corail et de serpents à sonnettes Les forces de sécurité sont intervenues avec des gaz et des balles en caoutchouc. Plusieurs manifestants ont été blessés et deux chefs wichis ont été arrêtés.

Face à face entre manifestants wichis et forces de sécurité

Face à face entre manifestants wichis et forces de sécurité

Quatorze personnes ont été arrêtées cet après-midi après les affrontements survenus à Bariloche suite à la décision de la la Cour fédérale d’extradition du militant Mapuche lonko Facundo Jones Huala. Les affrontements ont commencé dès cette annonce, devant le palais de justice, opposant les manifestants aux forces de sécurité composées de policiers de la PSA et de gendarmes. Les forces de l’ordre ont jeté des grenades lacrymogènes et tiré des balles en caoutchouc. La rue San Martin était enveloppée d’un épais nuage de gaz, tandis que les pierres volaient contre la police. Les manifestants ont couru vers le centre de Bariloche, où de nouvelles émeutes éclatèrent, ciblant notamment des agences de banques. L’intervention policière dans le centre a débouché sur14 arrestations.

Un des 14 arrestations à Bariloche

Un des 14 arrestations à Bariloche

Le projet de loi sur les retraites, qui a déjà été adopté au Sénat, fait partie d’une série de réformes lancées par le gouvernement du président Macri pour réduire le déficit élevé de l’Argentine. Il a ainsi ordonné des suppressions d’emplois, l’élimination des tarifs visant à protéger l’industrie locale et la réduction des subventions aux services publics. Le plus grand syndicat argentin avait menacé d’organiser une grève générale si la loi sur les retraites était approuvée. La mesure devait être votée à la chambre basse jeudi, mais la session du Congrès a été suspendue indéfiniment alors que la police s’affrontait aux manifestants. La police en tenue anti-émeute a tiré des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur des manifestants armés de bâtons qui ont incendié plusieurs poubelles à l’extérieur du bâtiment du Congrès et dans les rues avoisinantes.

Affrontements devant le bâtiment du Congrès

Affrontements devant le bâtiment du Congrès

La XIe Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce se tenait hier mardi à Buenos Aires. Une manifestation de protestation a débouché sur de violents affrontements dans le centre de la ville. Des manifestants ont brisé des vitrines et incendiés des conteneurs à ordures dans les rues Corrientes et 9 de Julio. ils s’en sont aussi pris aux médias et ont résisté aux gendarmes qui intervenaient avec des jets de pierres et de cocktails Molotov. Six manifestants ont été arrêtés et d’autres ont été blessés par des tirs de projectiles en caoutchouc.

L’intervention des gendarmes à Buenos Aires

L'intervention des gendarmes à Buenos Aires

Un militant mapuche de 22 ans, Rafael Nahuel, a été tué et deux autres blessés par balles dans une opération lancée par les forces de sécurité argentines contre les indigènes résidant dans le sud du pays. Ce sont les troupes de la Marine qui, procédant à l’évacuation de terres mapuche dans la région du lac Mascardi, à 35 kilomètres de Bariloche, décrétée “parc national” par l’Argentine, se sont heurtées à des manifestants de la Resistencia Ancestral Mapuche (RAM), un mouvement né en 2013 dans le but de recouvrer les terres mapuche du sud de l’Argentine et du Chili entre les mains de l’État et du privé. De nombreuses manifestations de protestations on eu lieu depuis dans toute l’Argentine.

Rafael Nahuel

Rafael Nahuel