Le 15 août 1972, 29 guérilleros dont plusieurs dirigeants des Montoneros (péronistes de gauche) et de l’armée révolutionnaires du peuple (marxistes) s’étaient évadés de la prison de Rawson (sud du pays). Seuls dix d’entre eux étaient parvenus à embarquer dans l’avion détourné qui les attendait à l’aéroport, le 19 autres, cernés, acceptant de se rendre contre la promesse d’avoir la vie sauve. Or, 16 d’entre eux furent exécutés le 22 août dans une prison de la Marine à Trelew. Hier, trois militaires ont été condamnés à la prison à vie pour ces assassinats, tandis que deux de leurs collègues ont été acquittés. Le sixième militaire poursuivit dans le cadre de cette affaire est actuellement aux États-Unis mais l’Argentine va introduire une demande d’extradition à son encontre.

L’ancien dictateur argentin Jorge Videla (1976-1981) a été condamné jeudi à Buenos Aires à 50 ans de prison pour vols de bébés d’opposants sous la dictature (1976-1983), et un de ses co-accusés, Reynaldo Bignone, au pouvoir en 1982 et 1983, à 15 ans, a annoncé le tribunal. Des peines de 40 à 15 ans de prison ont été infligées à plusieurs autres co-accusés, également poursuivis pour avoir participé à un “plan systématique” de vol et d’appropriation de bébés d’opposants.

“Toutes celles qui ont accouché, que je respecte en tant que mères, étaient des militantes actives de la machinerie du terrorisme. Elles ont utilisé leurs enfants comme boucliers humains”, a affirmé l’ancien général. Après l’accouchement, les jeunes femmes étaient droguées et embarquées dans des avions par des militaires qui les jetaient en plein vol dans l’océan.

Jorge Videla purge déjà deux peines de prison à perpétuité pour crime contre l’humanité. Reynaldo Bignone purge également deux peines (perpétuité et 25 ans de prison), pour violation des droits de l’homme. Au total, 11 personnes comparaissaient depuis février 2011 à Buenos Aires dans ce premier procès pour “vol systématique” et appropriation d’enfants. On évalue à environ 500 le nombre de “bébés volés” puis “adoptés” par des familles proches du régime sous la dictature.

Argentine: Militaires condamnés pour vols de bébés

Hier, les forces de l’ordre sont violemment intervenues pour libérer l’accès à plusieurs raffineries du pays bloquées par des transporteurs en grève. Ces derniers demandent une hausse de leurs salaires suite à l’inflation (estimée à 25%), une réduction d’impôts, mais aussi que soit pris en compte tout ce qui a été dit depuis un an et les élections présidentielles. Les tensions sont vives entre les syndicats des transporteurs routiers et le gouvernement de Cristina Fernandez depuis son entrée en fonction. Les travailleurs entendent bien poursuivre leur mouvement jusque vendredi soir, malgré les ordres présidentiels aux forces de police: ‘La présidente nous a ordonné de déployer tous les efforts de l’Etat pour être en mesure de résoudre rapidement les pénuries que les camionneurs veulent imposer au pays. Tous ceux qui tentent, par la force ou la violence, d’empêcher les camions de quitter les usines devront s’en expliquer devant les tribunaux’.

Rupture de grève par la police argentine

Rupture de grève par la police argentine

Jeudi 1er mars, une bombe incendiaire a causé des dégâts au palais de justice de Buenos Aires. L’action a été revendiquée par le “Noyau Indomptable pour la Propagation du Feu / FAI” dans le communiqué qui exprime la solidarité avec les prisonniers Freddy Fuentevilla Saa, Marcelo Villarroel Sepulveda et Juan Aliste Vega au Chili, Luciano Pitronello (“Tortuga”), Gabriel Pombo da Silva, détenu en Allemagne; Marco Camenisch et d’autres prisonniers anarchistes détenus au Mexique, en Espagne, en Italie et en Indonésie.

L’organisation ‘Anonymous’ est considérée comme une menace par l’OTAN pour les risques de piratage ou de blocage qu’elle fait peser sur ses systèmes. A la mi-février, Interpol a déclenché une vaste opération internationale après une série de cyberattaques coordonnées depuis l’Argentine, le Chili, la Colombie et l’Espagne. Celle-ci a mené à l’arrestation de quatre personnes en Espagne, ainsi qu’à la mise en cause de dix personnes en Argentine, de six au Chili et de cinq autres en Colombie. Les quatre interpellés en Espagnes sont entre autre accusés d’avoir publié en ligne des données personnelles des gardes du corps travaillant pour le chef du gouvernement espagnol et d’agents de la police nationale. L’u d’entre eux est soupçonné d’avoir été chargé d’administrer et de gérer l’infrastructure informatique d”Anonymous’ en Espagne et en Amérique Latine. Un autre est soupçonné d’être responsable des attaques les plus notoires et des fuites revendiquées par ‘Anonymous’ en Espagne. Deux des quatre ont été incarcérés, le troisième a été libéré sous caution tandis que le quatrième, mineur, est sous la garde de ses parents. Tous quatre sont accusés de ‘délits d’associations de malfaiteurs, de dommages informatiques et de découverte et de révélation de secrets’.

Une fosse commune contenant les os d’au moins 15 personnes a été retrouvée à Tucuman (nord) dans un terrain où a fonctionné un centre clandestin de l’armée argentine. Ce centre a commencé à fonctionner en 1975 avant même le début de la dictature (1976-1983), pendant l'”Opération Indépendance” lancée contre les unités de guérilla que l’Armée Révolutionnaire du Peuple (ERP) avait développées dans cette province. La répression contre le mouvement révolutionnaire et ouvrier en Argentine a fait 30.000 morts ou disparus, parmi lesquels 5.000 membre de l’ERP/PRT.

Argentine: Découverte d’une fosse commune

Un ancien chef militaire durant la dictature argentine (1976-1983), Luciano Menendez, alias “La Hyène”, a été condamné mercredi à Tucuman pour la sixième fois à la prison à vie pour des crimes contre l’humanité. Ce général à la retraite de 83 ans avait déjà été condamné à cinq reprises depuis 2008 à la perpétuité dans des affaires séparées. Assigné à résidence dans un premier temps, il avait été envoyé en prison après sa troisième condamnation, en décembre 2009. Cette fois-ci il a été condamné cette fois-ci pour l’assassinat de cinq guerilleros présumés des Montoneros (péronistes de gauche) le 20 mai 1976 à San Miguel de Tucuman, à 1400 km au nord de Buenos Aires. Luciano Menendez a été reconnu coupable d'”homicides doublement aggravés” au même titre que l’ancien chef des services de renseignements de la police, Roberto Albornoz, condamné à la même peine. Luciano Menendez était le second d’Antonio Bussi, gouverneur de la province de Tucuman, théâtre d’une des répressions les plus féroces pendant la dictature. Antonio Bussi a lui-même aussi été condamné à la perpétuité.

Vers 6h ce matin, une bombe a explosé devant un tribunal d’Athènes. Les vitres du bâtiment ainsi que celles de ceux qui l’entourent ont volé en éclats et tous les véhicules stationnant à proximité ont été endommagés. Avertie par un coup de téléphone, la police avait pu faire évacuer la zone. Selon elle, l’engin aurait été placé sur une moto volée. Dans trois semaines doit s’ouvrir le procès d’une douzaine de militants anarchistes, membres présumés du collectif ‘Conspiration des cellules de feu’, ce qui fait dire aux autorités qu’il serait responsable de ces deux actions. Néanmoins, aucune revendication ne leur est encore parvenue. Un peu plus tôt, vers 5h, un cocktail Molotov a été lancé sur l’ambassade de Grèce à Buenos Aires.

Action contre un tribunal d’Athènes

Action contre un tribunal d'Athènes

Le mardi 7 décembre vers 19h, la police argentine a fait irruption dans le quartier Villa Soldati de Buenos Aires pour expulser ‘el Parque Indoamericano’. Un ordre d’expulsion avait été émis par le gouvernement à l’encontre des quelques 500 sans-abris indo-américains vivant dans le camp, notamment dans des maisons auto-construites ‘illégalement’. Dès l’arrivée des forces de l’ordre, les habitants ont organisé la résistance, bloquant entre autre l’autoroute proche du quartier. Les affrontements se sont poursuivis durant toute la nuit. Des dizaines de personnes ont été brutalisées et deux hommes ont été tués par des tirs policiers. Une troisième personne a été hospitalisée après avoir reçu une balle dans la tête. Une douzaine d’habitants ont été arrêtés et de nombreux témoignages font état de brutalités policières envers elles. Depuis mercredi, la réoccupation du quartier est en cours.

Expulsion d’el Parque Indoamericano de Buenos Aires

Expulsion d'el Parque Indoamericano de Buenos Aires