Ce vendredi 24 novembre Nadia Lioce, militante des BR-PCC (Brigades Rouges pour la construction du Parti Communiste Combattant), emprisonnée depuis mars 2003 à l’isolement total (régime carcéral 41bis) depuis 2005, comparaissait pour une action de protestation contre de nouvelles restrictions. Ces restrictions concernent notamment le nombre des livres dont elle peut disposer en cellule. Ce nombre a été réduit à trois qu’elle ne peut acheter que via l’administration pénitentiaire, avec la censures et les atermoiements buraucratiques que cela comporte. Cette audience a été l’occasion de mobilisations solidaires en Italie et ailleurs, à commencer par des rassemblement devant le palais de justice et la prison de l’Aquila parce qu’en raison de son régime d’isolement, Nadia comparait via une vidéoconférence, mais aussi devant le palais de justice de Turin à l’initiative de la section locale du Secours rouge international.


Devant la prison de L’Aquila

Devant la prison de L'Aquila

Ce 23 septembre, apéro antirep’ en solidarité avec Nadia Lioce et contre le régime d’isolement absolu 41bis. Plus d’info ici.

Le 15 septembre a commencé un nouveau procès contre Nadia Lioce pour une action de protestation contre les restrictions dont elle fait l’objet. Nadia est militante des BR-PCC, emprisonnée depuis mars 2003 et soumise au régime carcéral 41bis (isolement total) depuis 2005, Ces nouvelles restrictions concernent notamment le nombre des livres dont elle peut disposer en cellule. Ce nombre a été réduit à trois, elle ne peut les acheter que via l’administration pénitentiaire qui en outre censure ses lectures.

Des telles mesures ne répondent à aucun motif sécuritaire alors qu’elles aggravent des conditions de vie déjà invivables, constituées de privation et d’isolement. Leur finalité est strictement politique: briser la résistance de ces prisonniers, les pousser à la capitulation.

Nadia Lioce et les autres camarades détenus sous régimes spéciaux depuis de nombreuses années, parfois des décennies, affrontent ces traitements comme une partie de la guerre de classe, comme une partie du processus révolutionnaire. Ils ne glisse jamais dans des attitudes victimistes mais offrent au mouvement de classe leur résistance comme élément avancé de la lutte de classe, en rejetant aussi les propositions récurrentes de « solution politique » et autres formules qui signifient reddition et capitulation. Cette cohérence, ce courage, de Nadia et des autres, nous devons les apprécier et les soutenir.

Liberté pour Nekane, Nadia et Mesale!

Liberté pour Nekane, Nadia et Mesale!

A l’occasion du 70ème anniversaire de la libération de l’Italie, plusieurs milliers de manifestants ont défilé à Turin. La ‘Charge Prolétaire pour le Communisme’ a distribué 600 tracts contre le régime 41bis, le régime d’isolement le plus dur du pays dans lequel 3 membres des BR/PCC sont encore emprisonnés.

Voir le tract.

Rassemblement contre 41bis à Turin.

Rassemblement contre 41bis à Turin.

Le tribunal de Pérouse a reconnu qu’Enrico Triaca, ancien militant des Brigades rouges qui a passé en tout 13 ans dans les prisons spéciales, a dit la vérité en dénonçant qu’il avait été torturé en 1978. Les magistrats reviennent donc sur la précédente sentence qui avait infligée un an et quatre mois de prison à l’ancien brigadiste pour calomnie. C’est la première fois en Italie que des juges brisent l’omerta qui depuis plus de 35 ans couvrait l’action d’un groupes de fonctionnaires de la direction de la police politique, l’UCIGOS qui ont torturé des dizaines (70?) de membres des BR. Après avoir entendu les témoignages du commissaire qui recueillait les confessions sans infliger directement les supplices, et des deux journalistes qui avaient rencontré et interviewé les tortionnaires, les juges se sont exprimés sans tarder, mais en résumant cette procédure à une seule et unique audience, les juges font aussi l’impasse d’appeler à la barre Nicola Ciocia, le responsable d’une équipe des tortionnaires.

« Est-il exact que des agents de la CIA ont assisté à des ‘traitements ‘ et ont été surpris par votre technique ? » A cette question posée par un journaliste, Nicola Ciocia, qui cachait son identité derrière le pseudo « professeur De Tormentis », avait répondu avec fierté « Les Italiens sont les meilleurs au monde. Les autres, ceux des autres pays, n’ont pas assez de tripes, ils n’en ont pas autant que nous, les italiens. Ce ne sont certainement pas les américains qui nous ont appris certaines choses, nous sommes les meilleurs. » qui ajoutait: « Quand on agit au nom de l’Etat , on a les épaules couvertes. » Avec raison: les faits sont désormais prescrits et il n’existe aucune loi dans le code pénal italien qui condamne la torture.

Suite à la jambisation de la semaine dernière (deux personnes masquées à moto avait tiré dans la jambe d’un patron de l’industrie nucléaire) la police italienne a indiqué ce matin être à la recherche de deux anciens membres des Brigades Rouges qui auraient tenté de reconstituer une cellule en l’an 2000. La police a également indiqué que les deux suspects auraient été en contact avec un Génois enprisonné après que l’on ait retrouvé d’anciennes armes soviétiques chez lui.

Luigi Fallico, 59 ans, est mort dans sa cellule de la prison de Mammagialla à Viterbe. Dans les dernières semaines, il avait signalé de fortes douleurs à la poitrine. A l’infirmerie de la prison, on s’est contenté de lui mesurer la pression, celle-ci allait de 110 à 190, ce qui aurait dû commander son hospitalisation d’urgence, mais on l’a simplement ramené en cellule.

Militant de l’Union des Communistes Combattants et emprisonné à ce titre dans les années ’80 et ’90, Luigi Fallico avait été arrêté une nouvelle fois en 2006 et accusé de tentative de reconstruction des Brigades Rouges et de projet d’actions armées contre la caserne de la division d’élite Folgore (fer de lance des interventions italiennes outre-mer) et contre le sommet du G8 à la Maddalena (le sommet s’étant finalement tenu à l’Aquila)

Italie: Un camarade est mort

La semaine dernière s’est terminé le procès de premier degré pour les 11 personnes accusées « d’apologie de crime » pour avoir participé à la manifestation du 3 juin 2007 à L’Aquila, contre la prison et le régime d’isolement 41 bis. Le cortège avait emprunté les rues de la ville et avait été sous les murs du pénitencier local, où la militante des Brigades Rouges PCC, Nadia Desdémone Lioce, est détenue sous le régime 41bis.

Les inculpés ont subi une condamnation lourde à 2 ans et sans suspension de la peine pour 4 d’entre eux. La condamnation se base sur le fait que les manifestants ont scandés des slogans faisant allusions aux dernières actions des Brigades Rouges contre des responsables de l’Etat. 13 autres personnes doivent encore être jugées pour des dégradations et des tags sur les murs.

Constantino Virgilo et Manolo Morlacchi avaient été arrêtés le 18 janvier à leur domicile à Milan et incarcérés sous l’accusation d’être en connexion et d’avoir participé (avec d’autres camarades qui ont été arrêtés avant à Rome et Genève) à la construction d’une organisation héritière des Brigades Rouges. Les éléments à charge de Constantino et Manolo étaient ridicules. La Cour Suprême a annulé hier la décision de détention préventive. Ils ont été libéré.

Le procès a été fixé pour le 16 septembre devant la Première Cour d’Assise. Les autres inculpés (encore détenus) sont Luigi Fallico ; Bruno Bellomonte ; Beniamino Vincenzi ; Riccardo Porcile ; Gianfranco Zoja ; Francesco Palladino et Maurizio Calia. Un autre des accusés, Vincenzo Bucciarelli a négocié la peine d’un an et 8 mois de réclusion pour violation de la loi sur les armes. Outre l’accusation de construction d’une organisation armée et les délits connexes (violation de la loi sur les armes etc.), la justice italienne met en avant dans ce dossier une attaque avortée le 26 septembre 2006 contre la caserne « Vannucci » de Livourne, et le projet d’un attentat à la Maddalena à l’occasion du Sommet G8, (qui s’est finalement déplacé à l’Aquila).

Hier lundi à Milan, Manolo Morlacchi (le fils de Piero Morlacchi, un des fondateurs des Brigades Rouges), et Costantino Virgilio ont été arrêtés en possession d’armes de gros calibre. Ils sont suspectés d’animer la construction d’une organisation appellée Pour le communisme – Brigades Rouges (‘Per il comunismo Brigate Rosse’). Ils étaient également en possession d’un manuel de formation. Le chef de la police de Milan estime, grâce à ces arrestations, avoir mis un coup d’arrêt à la reconstruction des BR. Ils ont été incarcérés à la prison de San Vittore où leur avocat s’est rendu (photo).

Prison de San Vittore

Prison de San Vittore