Les deux hommes capturés par l’escadron 36 des FARC dans la nuit de lundi à mardi ont été retrouvés morts. Selon leur commandant de brigade, leurs corps se trouvaient à proximité d’un arbre truffé d’explosifs dans le but d’atteindre également les soldats qui tenteraient d’aller récupérer les deux hommes.

Il y a, actuellement, des centaines de militaires emprisonnés en Colombie, suite à la découvertes des fosses communes de « faux positifs » Mais leurs conditions de détention sont tout à fait particulières… Leurs dortoirs sont des bungalows construits spécialement pour eux, la plupart sont équipées de climatisation, Internet, télévision par satellite, parmi d’autres éléments de confort – le tout financé par la hiérarchie militaire. Certains se voient offrir des sorties luxueuses à à San Andrés et à Cartagena…

Ils continuent à percevoir, en prison, une partie de la solde qu’ils touchaient antérieurement et d’autres avantages comme, par exemple, celui de continuer à cotiser pour leur retraite. Certains, même, ont été promu au grade supérieur durant leur incarcération! Plusieurs des militaires condamnés continuent, depuis la prison, à gérer leurs affaires personnelles, par exemple le lieutenant-colonel Orlando Pulido, condamné à 30 ans comme responsable du massacre de La Cabuya où furent assassinés cinq paysans, dont une femme enceinte de 7 mois.

Dans la nuit de lundi à mardi un sous-officier et un soldat ont été capturés par l’escadron 36 des FARC. Les deux hommes circulaient sur une route reliant les villes de Toledo et Valle dans le département d’Antioquia (nord-ouest). Les FARC détiennent encore au moins 19 militaires et policiers qu’elles souhaitent échanger contre quelque 500 de leurs combattants emprisonnés.

L’armée colombienne a tué hier sept membres présumés de la guérilla des FARC lors de combats dans le sud du pays. Les affrontements sont intervenus alors que des soldats inspectaient le lieu-dit de San Antonio de Getucha (département de Caqueta, sud) en pleine jungle. Les militaires ont saisi des fusils, des munitions, et des moyens de communications.
Par ailleurs, l’armée colombienne a interpellé un membre présumé des FARC, Victor Ramon Vargas Salazar (photo), recherché en Espagne pour ses liens présumés avec l’ETA. Il faisait l’objet d’un avis de recherche d’Interpol, et a été arrêté dans la ville de Caucasia (département d’Antioquia, nord-ouest) jeudi soir. Victor Vargas, alias «Chato» et «Juancho», aurait selon la police participé à la coordination d’actions en Espagne visant le président colombien Juan Manuel Santos et les ex-présidents Alvaro Uribe (2002-2010) et Andrés Pastrana (1998-2002).

Victor Ramon Vargas Salazar

Victor Ramon Vargas Salazar

Trois policiers ont été tués et trois autres blessés dans une embuscade du 6e Front des FARC, près de la ville de Miranda, dans la province de Cauca province, au sud-ouest de la Colombie.

Par ailleurs, des guérilleros du 59° Front des FARC ont fait exploser un pipeline dans la région de Maicao, au nord de la Colombie. L’oléoduc, long de plus de 224 kilomètres, dont 88 sur le territoire colombien, transporte du gaz naturel depuis le champ de gaz naturel de Campo Ballenas – exploité par Ecopetrol et Chevron – vers la ville portuaire vénézuélienne de Maracaibo. L’explosion, qui a eu lieu samedi soir à 20h30, a détérioré le pipeline sur 25 mètres, et a occasionné un cratère profond de sept mètres. Le transport trans-national du gaz, estimé à 200 millions de mètres cubes par jour a immédiatement été interrompu et ne devrait pas reprendre avant mardi. Avant d’entamer les travaux de réfection, le personnel militaire doit en effet déminer le terrain.

Explosion d’un oléoduc par les FARC

Explosion d'un oléoduc par les FARC

Au moins dix membres présumés des FARC ont été tués dans des rencontres armées avec des troupes colombiennes dans le secteur montagneux à la frontière entre les départements du Chauco occidental et du Cauca. Quatre autres guérilleros ont été arrêtés – dont trois blessés. L’opération conjointe police-armée, qui bénéficiait d’un appui aérien, visait une unité du 30ème Front des FARC. Une grande quantité d’armes a été saisie, y compris des lances-grenades, des fusils d’assaut et des pistolets.

L’explosion d’une voiture piégée à blessé au moins 28 soldats jeudi matin, dans la ville de Tame, située à 65 kilomètres de la frontière vénézuélienne dans le département d’Arauca. Selon le commandant de la 18ème brigade de l’armée, les soldats surveillaient une bombe qui avait été découverte mercredi après-midi dans la ville. Plusieurs heures après que les soldats aient bouclé la zone et avant l’arrivée des démineurs, la bombe a explosé. Des renforts de l’armée ont été envoyé sur place. Cette action est la dernière attaque en date des FARC alors qu’ils semblent avoir relancé leur campagne d’attentats à la bombe. Plus tôt mercredi, un véhicule piégé avait été découvert à proximité de Nieva, capitale du département de Huila dans le sud-ouest du pays.

La justice colombienne a rendu public la semaine dernière un rapport documenté concernant les enquêtes sur les actions menées par les Autodéfenses Unies de Colombie (AUC – dissoutes en 2006). Le registre recueille les données depuis 2005 jusqu’au 1 décembre de l’année dernière. De nombreux cas ont été confessés par les paramilitaires dans le cadre du processus dit de ‘justice et paix’ pour lequel une loi polémique a été adoptée: moyennant des aveux complets, les paramilitaires qui rendent les armes ne peuvent pas être condamnés à plus de huit ans de prison.

L’enquête judiciaire a documenté 173.183 cas d’homicides, 1597 massacres et 34.467 disparitions commises par les paramilitaires. Elle documente également le déplacement forcé massif de 74.990 communautés. Selon le rapport, les confessions ont permis de trouver 1037 fosses communes contenant 3678 cadavres, dont 1323 ont pu être identifiés.

Il y a un an, le chef de l’unité ‘justice et paix’ qui reçoit les confessions avait affirmé que les paramilitaires pourraient reconnaître 120.000 meurtres. Son estimation s’avère encore trop basse. Et selon plusieurs sources, malgré la dissolution de l’AUC en 2006, les paramilitaires continuent à sévir. Ils commettent toujours des délits depuis leur prison et plusieurs bandes existent encore sous d’autres noms.

Ce vendredi, des guérilleros colombiens ont lancé une attaque dans le département de Caqueta, au sud du pays. Ils se déplaçaient dans deux véhicules et ont été arrêté par un groupe de soldats alors qu’ils se préparaient à prendre d’assaut un poste avancé de police. Un violent combat s’est alors déclenché, au cours duquel cinq guérilleros, quatre soldats et un civil sont décédés. Selon le général Juan Carlos Salazar, le commandant du bataillon déployé dans la région, l’objectif de cette action était d’attaquer la ville de San Vicente. Cette offensive fait suite à une série d’attaques à la bombe dans la ville de Nieva, un peu plus au nord.

Une commission de défense des droits de l’homme a exhumé les restes de 66 personnes dans le département de la Meta, ce qui porte à 1.505 nouveaux restes humains découverts en quatre mois dans des fosses communes du département de la Meta, la région où fut découverte en décembre 2009 la plus grande fosse commune du continent, avec 2.000 cadavres de personnes assassinées par l’armée dans la commune de la Macarena, près d’une base d’un bataillon de contre-guérilla (Force Oméga).