La France s’oriente vers une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans (voir notre article), une mesure adoptée à l’Assemblée et présentée comme une protection de la santé mentale et un outil contre la pédocriminalité. Le texte prévoit une vérification obligatoire de l’âge et de l’identité pour tous les utilisateurs via une application liée à France Identité, ce qui mettrait de facto fin à l’anonymat en ligne. Critiquée par ses opposants comme une atteinte aux libertés numériques et à la liberté d’expression, la loi soulève aussi des inquiétudes sur la surveillance généralisée et la sécurité des données personnelles. Le projet doit encore être validé par le Sénat et la Commission européenne, qui envisage déjà une généralisation de ce type de contrôle à l’échelle de l’Union Européenne.

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Des États et des entreprises de surveillance développent des outils d’« Advertising Intelligence » (AdInt) permettant aux services de police et de renseignement de localiser des smartphones à partir de données publicitaires ordinaires collectées par des applications courantes dans une opacité quasi totale. Une quinzaine de sociétés, majoritairement israéliennes mais aussi européennes et états-uniennes, proposent ces services déjà exploités par des agences telles que l’ICE aux États-Unis qui y a investi plusieurs millions de dollars.

Présentés comme des alternatives aux méthodes classiques de pistage, ces dispositifs font peser de graves menaces sur les libertés individuelles d’autant qu’ils peuvent être croisés avec des bases de données fuitées et servir à des opérations de désanonymisation. Ce risque concerne également les utilisateurs du réseau Tor dont la robustesse a récemment été remise en question suite à une opération de la police allemande (voir notre article). Malgré certaines limites techniques, cette industrie prospère en exploitant le consentement de façade des usagers et souligne l’urgence de l’autodéfense numérique face à une surveillance globale de plus en plus intrusive.

Ces dix dernières années, un marché mondial de logiciels espions « clés en main » (comme Pegasus ou Predator) s’est développé, facilitant la surveillance massive par les États, sans nécessiter de compétences techniques avancées. Militants, journalistes et acteurs de la solidarité figurent parmi les cibles de plus en plus nombreuses. Ce phénomène s’explique notamment par le rôle central d’entreprises israéliennes dans l’essor de cette industrie, qui influence les pratiques de surveillance en France. Technopolice Bruxelles et La Quadrature du Net proposent une conférence suivie d’un échange le 28 janvier dès 19H à la Flèche d’Or à Paris (102 Bis Rue de Bagnolet, 75020, Paris). Celle-ci aura pour ambition d’analyser ces menaces, comprendre leurs origines et renforcer les moyens de défense face à la surveillance numérique et à la répression.

Le secrétaire à la Défense états-unien, Pete Hegseth, a annoncé que le chatbot d’IA Grok d’Elon Musk sera intégré aux réseaux du Pentagone, y compris les systèmes classifiés, dans le cadre d’une initiative visant à exploiter les données militaires pour renforcer l’IA. Malgré les controverses récentes autour de Grok, notamment la diffusion d’images deepfake sexualisées et de contenus antisémites, ainsi que son blocage en Malaisie et en Indonésie, Hegseth défend son usage pour l’innovation rapide et la performance militaire. Il souligne que les données historiques opérationnelles et de renseignement garantiront la qualité des systèmes, qu’il souhaite « responsables mais sans contraintes idéologiques », en rejetant toute IA jugée trop « woke ». Cette décision s’inscrit dans un contexte où l’administration précédente avait déjà mis en place un cadre réglementaire encadrant l’IA militaire tout en interdisant certaines applications sensibles.

Les autorités iraniennes ont déployé des brouilleurs militaires pour perturber le service Starlink, marquant la première tentative à grande échelle d’interférence avec Internet par satellite lors d’un blackout national. Les interruptions sont passées de 30 % à plus de 80 % du trafic en quelques heures, liées au brouillage GPS, rendant l’accès fragmenté et localisé. Starlink, perçu comme un moyen de contournement des coupures, reste cependant coûteux : les terminaux se vendent autour de 600 $ et l’abonnement mensuel atteint 110–120 $, bien au-delà du revenu moyen iranien. Cette offensive s’inscrit dans un contexte de manifestations massives et de répression (voir notre article), tandis que sur le plan international, Donald Trump a annoncé des droits de douane de 25 % contre tout pays commerçant avec l’Iran, visant à accentuer l’impact sur l’économie du pays déjà fragilisée par les sanctions occidentales.

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Depuis le 28 décembre, l’Iran est secoué par une vague de manifestations contre la vie chère et le régime. La contestation s’accompagne également d’attaques ciblées contre les forces du régime, notamment dans la région de Kermanshah où six membres des forces armées ont été tués et plus de 120 blessés, revendiquées par une force kurde, tandis que le gouvernement accuse des « terroristes urbains ». Ce mouvement est violemment réprimé par les autorités : les morts sont estimés de plusieurs centaines à plusieurs milliers selon différentes organisations, des chiffres difficiles à vérifier en raison de la coupure d’Internet dans le pays. En effet, le gouvernement iranien a totalement coupé l’accès à Internet mondial depuis le 8 janvier 2026. Cette coupure ne repose pas sur un simple blocage des câbles, mais sur une architecture réseau unique, construite depuis 2019 : un réseau domestique contrôlable où les autorités peuvent déconnecter des quartiers, des rues ou des utilisateurs ciblés, tout en maintenant le fonctionnement d’institutions comme les banques ou l’administration. Seuls quelques terminaux satellitaires Starlink permettent encore de transmettre des informations, mais leur utilisation reste risquée, le régime tentant activement de détecter ces appareils.

Dans de nombreux pays occidentaux, des réseaux proches d’Israël, des États-Unis et du fils du chah, Reza Pahlavi, se mobilisent pour influencer la mobilisation, à l’image des récentes manifestations à Paris ou à Toulouse. De leur côté, des organisations de la gauche révolutionnaire iranienne en exil appellent à soutenir la révolte tout en dénonçant les ingérences occidentales, comme à Bruxelles ce mardi 13 janvier (voir ici). Dans ce contexte explosif, le président états-unien Donald Trump a multiplié les menaces, évoquant des « options militaires très fortes », tout en affirmant qu’une négociation avec Téhéran était en préparation. Le régime, pour sa part, se dit « prêt à la guerre mais ouvert à des négociations équitables », a décrété trois jours de deuil national pour les forces de sécurité tuées et a appelé à des marches de « résistance » en soutien à sa politique.

Déclenchées le 28 décembre contre l’hyperinflation et la crise économique, les manifestations qui se sont étendues à l’ensemble de l’Iran font face à une répression importante des autorités, marquée par une coupure nationale d’Internet, l’usage de gaz lacrymogènes et des tirs à balles réelles. À Téhéran comme dans plusieurs grandes villes, des vidéos diffusées avant le black-out montrent des coups de feu, des véhicules incendiés et des affrontements violents, tandis que le pouvoir accuse des « éléments terroristes » soutenus par l’étranger. Selon plusieurs ONG, au moins 45 personnes, dont huit mineurs, ont été tuées depuis le début du mouvement, un bilan bien plus lourd que celui reconnu par les autorités mais dont la fiabilité n’est pas garantie en raison des difficulités liées à la communication vers l’extérieur. Malgré les appels officiels au « dialogue », le guide suprême Ali Khamenei a qualifié les manifestants d’« émeutiers ». La mobilisation est particulièrement forte dans les régions à majorité kurde de l’ouest du pays, où les manifestations sont récurrentes et la répression historiquement plus brutale, avec de nombreux morts et blessés signalés. Les organisations kurdes dénoncent un ciblage spécifique de ces provinces, régulièrement traitées par le pouvoir comme des zones sécuritaires et soumises à une militarisation accrue.

Le gouvernement français prévoit, via un projet de loi débattu début 2026, d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans à partir de septembre 2026 et d’étendre l’interdiction du téléphone portable au lycée, afin de limiter les risques liés à l’usage excessif des écrans (exposition à des contenus inappropriés, cyberharcèlement, troubles du sommeil et addiction). Le texte confierait à l’Arcom le contrôle de l’interdiction et s’inscrit dans une dynamique nationale et européenne visant à instaurer un âge minimum pour les réseaux sociaux.

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L’Australie devient le premier pays au monde à interdire l’accès à la plupart des réseaux sociaux aux moins de 16 ans, une mesure entrée en vigueur le 10 décembre 2025 et visant Facebook, Instagram, YouTube, TikTok, Snapchat, Reddit, Threads ou encore X, sous peine d’amendes pouvant atteindre 1,75 million d’euros. Malgré ces ambitions, l’Australie reconnaît les limites techniques de la vérification d’âge, estimant qu’aucune solution ne pourra totalement être fiable.

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Une panne majeure de Cloudflare a rendu de nombreux sites et services inaccessibles le 18 novembre 2025, provoquant une vaste perturbation d’Internet. L’entreprise a signalé un pic de trafic inhabituel vers 12h20, entraînant des erreurs sur une partie de son réseau, sans cause encore identifiée. Plusieurs géants du web — de X à OpenAI, Facebook, Spotify ou encore League of Legends — ont été touchés, illustrant la dépendance mondiale à l’infrastructure Cloudflare, utilisée par près de 20% du web. Un correctif a été progressivement déployé dans l’après-midi, et Cloudflare a indiqué que les services revenaient peu à peu à la normale tout en poursuivant la surveillance et l’analyse de l’incident.