Un document interne révélé par le New York Times indique que Meta développe une fonction baptisée « Name Tag » pour ses lunettes connectées, permettant d’identifier en temps réel les visages croisés via reconnaissance faciale et d’afficher des informations associées. Porté par Mark Zuckerberg, le projet viserait un déploiement progressif, suscitant de vives inquiétudes sur une généralisation de la surveillance biométrique dans l’espace public.

En France, des militants engagés dans les luttes écologistes proposent une réflexion collective sur la sécurité, tant numérique qu’organisationnelle, en s’appuyant sur l’analyse des méthodes d’enquête policière observées ces dernières années. Ils mettent à disposition un site internet qui comprend de nombreux tutoriels, notamment sur Signal, les métadonnées d’un fichier ou encore l’interception téléphonique.

Le site « Sécurité en lutte »

Des chercheurs ont découvert que le frontend (l’interface web normalement réservée aux employés et non visible du public) du prestataire de vérification d’identité Persona Identities, Inc., utilisé par Discord pour vérifier l’âge de ses utilisateurs, était exposé sur internet, c’est-à-dire accessible publiquement alors qu’il n’aurait pas dû l’être. Cette interface, maintenant retirée, contenait 2 456 fichiers montrant l’ampleur des contrôles effectués : jusqu’à 269 vérifications différentes, analyses faciales contre des listes de surveillance et de personnes politiquement exposées, contrôle de “médias défavorables” (terrorisme, espionnage…) et attribution de scores de risque. Persona peut collecter et conserver pendant trois ans des informations personnelles telles que adresses IP, empreintes de navigateur et d’appareil, pièces d’identité, numéros de téléphone et analyses biométriques de selfies. Cette révélation alimente le débat sur la protection de la vie privée et l’efficacité réelle de la vérification d’âge. Discord aurait indiqué ne plus recourir à Persona, mais d’autres plateformes comme Roblox Corporation, OpenAI (pour ChatGPT) et Lime utilisent encore ses services.

Au Royaume-Uni, le gouvernement dirigé par Keir Starmer prévoit d’imposer un contrôle d’âge pour l’utilisation des VPN afin d’empêcher les mineurs de contourner les restrictions d’accès aux réseaux sociaux. Cette initiative prolonge l’Online Safety Act, adoptée en 2023, qui impose aux plateformes un devoir de vigilance renforcé : vérification d’âge pour les contenus pornographiques, réduction des contenus illégaux ou préjudiciables aux mineurs, et lourdes sanctions en cas de manquement. La mise en œuvre de cette loi est confiée à Ofcom, l’autorité indépendante de régulation des communications au Royaume-Uni. Ofcom supervise les télécommunications, l’audiovisuel, les services postaux et, depuis l’Online Safety Act, les grandes plateformes en ligne. Elle peut infliger des amendes pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires mondial d’une entreprise et, en dernier recours, demander le blocage d’un service non conforme. Le nouveau projet de loi sur le bien-être des enfants et l’école pourrait aller plus loin en fixant un âge minimum légal pour les réseaux sociaux, en limitant certaines fonctionnalités jugées « addictives » et en restreignant l’accès aux VPN pour les moins de 16 ans. Des fournisseurs de VPN comme Mullvad estiment qu’un contrôle d’âge reviendrait en pratique à une vérification d’identité généralisée, avec des risques pour la vie privée et la protection des journalistes, lanceurs d’alerte ou militants.

Au Gabon, la Haute autorité de la communication (HAC) a annoncé, le 17 février 2026 au soir, la suspension immédiate des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire jusqu’à nouvel ordre. Dans un communiqué lu sur la chaîne publique Gabon 1ère, le régulateur justifie cette décision par la diffusion répétée de contenus jugés diffamatoires, haineux ou attentatoires à la stabilité des institutions et à la sécurité nationale. Les plateformes les plus utilisées dans le pays, notamment WhatsApp, Facebook et TikTok, sont désormais inaccessibles, sans qu’aucune durée précise n’ait été annoncée pour la levée de la mesure.

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Le 16 février, le média indépendant Renversé a annoncé la mise en ligne d’un nouveau nom de domaine, rnvrs.co, afin de contourner le blocage de son site en Suisse. Cette mesure fait suite à la publication du nom d’un policier lausannois impliqué dans la mort de Mike (2018) et de Camila (2025). Selon la presse locale, le blocage aurait été ordonné en raison de l’absence d’identité juridique du média, qui affirme ne pas avoir encore obtenu la décision de justice correspondante ni pu se défendre. En attendant un éventuel déblocage de renverse.co, l’équipe appelle ses lecteurs à utiliser le nouveau domaine ou des outils comme Tor et les VPN pour accéder au site.

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Sur certains smartphones Samsung, notamment dans les gammes Galaxy vendues au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, des applications préinstallées comme AppCloud/Aura suscitent des critiques pour leur opacité et l’impossibilité de les désinstaller facilement sans manipulation avancée. Leur déploiement plus fréquent dans ces régions s’explique par des partenariats commerciaux spécifiques visant la monétisation publicitaire et la recommandation d’applications sur des marchés où la régulation des données personnelles est généralement moins stricte qu’en Europe ou en Amérique du Nord. Développées avec la société israélienne technologique ironSource (désormais intégrée à la firme états-unienne Unity), ces applications sont accusées par des défenseurs de la vie privée de favoriser la collecte de données à des fins d’analyse et de marketing sans transparence suffisante pour les utilisateurs.

Le fournisseur canadien Windscribe affirme que les autorités néerlandaises ont saisi sans mandat l’un de ses serveurs européens pour l’analyser, promettant de le restituer ensuite. L’entreprise assure ne conserver aucun historique d’activité et utiliser des serveurs en RAM, censés ne contenir aucune donnée exploitable après coupure d’alimentation. Les raisons exactes de l’opération restent inconnues, même si Windscribe dit recevoir régulièrement des demandes des forces de l’ordre auxquelles il répond ne pas disposer de logs.

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La France s’oriente vers une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans (voir notre article), une mesure adoptée à l’Assemblée et présentée comme une protection de la santé mentale et un outil contre la pédocriminalité. Le texte prévoit une vérification obligatoire de l’âge et de l’identité pour tous les utilisateurs via une application liée à France Identité, ce qui mettrait de facto fin à l’anonymat en ligne. Critiquée par ses opposants comme une atteinte aux libertés numériques et à la liberté d’expression, la loi soulève aussi des inquiétudes sur la surveillance généralisée et la sécurité des données personnelles. Le projet doit encore être validé par le Sénat et la Commission européenne, qui envisage déjà une généralisation de ce type de contrôle à l’échelle de l’Union Européenne.

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