Un officier de l’armée a repéré une bombe sous sa voiture à Portadown, dans le Comté d’Armagh, ce vendredi. Il a appelé les démineurs de l’armée, qui se sont rendu sur place, à Corbracky Road et ont provoqué une explosion contrôlée. Trois organisations, la nouvelle IRA, l’IRA Continuité et Óglaigh na hÉireann poursuivent leurs campagnes armées contre l’occupation britannique. Des dizaines de républicains dissidents présumés ont été arrêtés en 2014.

Le leader républicain nord-irlandais Gerry Adams a été libéré dimanche soir, après avoir passé quatre jours en garde à vue, près de Belfast. Le président du Sinn Fein, qui est par ailleurs député de la République d’Irlande, était entendu par la police pour des faits remontant à 1972. C’est à un procureur de décider, à la lecture des interrogatoires de sa garde à vue, de l’inculper ou non.

Quelque 400 personnes se sont réunies samedi après-midi à Belfast pour réclamer la libération du leader républicain Gerry Adams, dont la garde à vue depuis mercredi soir liée à une exécution de l’IRA remontant à 1972 ravive la colère dans la partie du camp républicain qui a choisi l’arrêt de la lutte armée et renoncé à l’indépendance et à la réunification de l’Irlande au profit d’un statut d’autonomie. Ils accusent une partie de la police d’être opposée au processus de paix et de régler ses comptes avec Gerry Adams et le Sinn Fein. Les policiers ont obtenu vendredi une prolongation de la garde à vue de Gerry Adams, jusqu’à dimanche soir.

Irlande du nord: Détention prolongée pour Gerry Adams

Gerry Adams, ancien dirigeant de l’IRA qui avait négocié la fin de la lutte armée pour la majeure partie de l’IRA, a été arrêté mercredi soir par la police nord-irlandaise dans le cadre de l’enquête sur l’exécution fin 1972 d’une Irlandaise accusée par l’IRA d’informer la police. Un homme et une femme d’un cinquantaine d’année avait été arrêtée les 2 et 16 avril pour la même affaire. Adams, 65 ans, président du parti nationaliste Sinn Féin et député (d’abord de Belfast-Ouest, maintenant du comté de Louth) s’était présenté de lui-même au poste de police d’Antrim. Adams a déclaré ne pas se désolidariser des actions de l’IRA mais être étranger à cette affaire particulière.

Marian Price, 59 ans, qui avait reconnu avoir fourni un téléphone portable à des membres de l’IRA Véritable (Real IRA), téléphone qui avait servi à reveniquer la mort de deux soldats britanniques dans une caserne en Irlande du Nord, peu avant leur déploiement en Afghanistan, a été condamnée mardi à une peine de 12 mois de prison fermes et de trois ans de sursis. En raison du temps passé en préventive, elle a été libérée. Marian Price qui avait été détenue sept ans, de 1973 à 1980, pour une attaque à la bombe contre un tribunal londonien, est en mauvaise santé. Au moment de son arrestation 2011, elle a été secrétaire du Mouvement pour la Souveraineté des 32 Comtés.

Irlande du Nord: Marian Price est libre

La police, les prisons et les tribunaux en Irlande du Nord ont mis en place des dispositifs qui leur permettront de gérer jusqu’à 260 arrestations par jour durant le sommet du G8. Un centre de détention provisoire a été construit sur le site d’une ancienne base militaire à Omagh. Ses blocs de six cellules sont chacun en mesure de contenir seize personnes. Le sommet du G8 se tiendra à Lough Erne les 17 et 18 juin prochains. Toute personne interpellée durant une manifestation, ou à proximité du centre de conférence, sera emmenée au centre de détention à Omagh pour y être interrogée et détenue avant son passage devant le tribunal. Le processus de comparution sera accéléré. Du personnel du Public Prosecution Service travaillera avec les officiers de la PSNI au centre provisoire ainsi que dans deux commissariats de Belfast pour préparer les documents pour les audiences. Seize juges ont été placés en stand-by pour pouvoir siéger dans les tribunaux spéciaux à Belfast, Dungannon et Antrim. Ces derniers pourront fonctionner de 9h à 21h de samedi à mercredi. Vingt fourgons pénitentiaires supplémentaires ont été amenés d’Angleterre pour effectuer les transferts entre le centre de détention, les tribunaux et éventuellement les prisons pour les personnes qui seront incarcérées. ‘Nous serons capables d’interpeller, d’interroger si nécessaire, d’inculper et de faire comparaître un manifestant dans un laps de temps très court, en l’espace de quelques heures’.

Centre de détention en marge du G8

Centre de détention en marge du G8

Marian Price était incarcérée depuis plus de deux ans après avoir été arrêtée dans une manifestation républicaine dissidente. Nous lui avions consacré un article l’an dernier. Il y a quelques mois, elle avait été transférée de la Hydebank Prison vers le Belfast City Hospital en raison d’une dégradation de son état de santé dues à des séquelles d’une longue grève de la faim. Hier, les Northern Ireland Commissioners ont pris la décision d’autoriser sa libération conditionnelle après avoir pris en considération la gravité de son état. D’ailleurs, elle reste actuellement hospitalisée pour une durée indéterminée.

Marian Price

Marian Price

Ces 17 et 18 juin, les dirigeants des pays du G8 vont se réunir pour leur sommet annuel à Lough Erne. Plus de 3600 officiers de police britanniques vont être envoyés en renfort sur place afin que, selon les termes de Matt Baggott, chef du Police Service of Northern Ireland, ‘ce sommet soit le sommet du G8 le plus réussi de l’histoire’. La secrétaire d’état Theresa Villiers a affirmé qu’il s’agirait de la plus grosse opération policière jamais organisée en Irlande du Nord grâce à l’aide de la Grande-Bretagne, de l’Irlande et du Canada, mais aussi des 600 gardes de sécurité privés de G4S et autres. L’armée sera également appelée en soutien. Enfin, Baggott a ajouté qu’il serait absolument impossible pour les manifestants d’entrevoir les dirigeants présents et de ‘troubler leur travail’.

La police et les services pénitentiaires d’Irlande du Nord ont commencé à aménager des centaines de cellules de prison supplémentaires, anticipant ainsi les manifestations contre la tenue du sommet du G8 qui aura lieu cet été. Ces mesures de circonstance font partie du dispositif de sécurité qui se met petit à petit en place. Le PSNI est en train d’augmenter le nombre de cellules dans les commissariats de toute la province. Il semblerait que le haut-commandement de l’opération de sécurité envisage d’utiliser d’autres sites, comme l’ancienne base militaire de Lisanelly à Omagh pour détenir les manifestants interpellés. Les travaux d’aménagement ont déjà commencé dans la prison de haute sécurité de Maghaberry, dans le comté d’Antrim, dans la prison de Magilligan dans le comté de Londonderry, et dans la prison pour femmes et pour jeunes délinquants de Hydebank Wood à Belfast. Dans la prison de Maghaberry, la Foyle House, en ce moment non utilisée, sera le lieu principal de détention des manifestants qui seront mis en examen. Des places seront libérées dans les dortoirs de la prison de Magilligan. Une enceinte d’acier entourera le complexe hôtelier du Lough Erne, où se réunira le sommet du G8, mais étant donné que les lacs du Fermanagh constituent une barrière naturelle séparant l’hôtel du monde extérieur, il est hautement improbable que les protestataires puissent arriver aux abords du complexe hôtelier.

Deux hommes ont été inculpés mardi pour tentative d’attaque au mortier contre un commissariat de Londonderry, deuxième ville d’Irlande du Nord. Les deux hommes âgés de 35 et 37 ans comparaîtront en justice mercredi pour « possession d’explosifs avec intention de mettre des vies en danger, détention de matériel destiné à des actes terroristes et conspiration en vue de provoquer une explosion ».

Deux autres hommes, âgés de 31 et 37 ans, ont en revanche été remis en liberté. Les mortiers de fabrication artisanale avaient été découverts dans la nuit de dimanche à lundi à l’arrière d’une camionnette dont le toit avait été en partie découpé pour permettre de les tirer. Ils étaient visiblement destinés à une attaque imminente des Républicain dissidents de l’IRA contre un commissariat de Londonderry.

Irlande du nord: Tentative d’attaque au mortier d’un commissariat