La police et les services pénitentiaires d’Irlande du Nord ont commencé à aménager des centaines de cellules de prison supplémentaires, anticipant ainsi les manifestations contre la tenue du sommet du G8 qui aura lieu cet été. Ces mesures de circonstance font partie du dispositif de sécurité qui se met petit à petit en place. Le PSNI est en train d’augmenter le nombre de cellules dans les commissariats de toute la province. Il semblerait que le haut-commandement de l’opération de sécurité envisage d’utiliser d’autres sites, comme l’ancienne base militaire de Lisanelly à Omagh pour détenir les manifestants interpellés. Les travaux d’aménagement ont déjà commencé dans la prison de haute sécurité de Maghaberry, dans le comté d’Antrim, dans la prison de Magilligan dans le comté de Londonderry, et dans la prison pour femmes et pour jeunes délinquants de Hydebank Wood à Belfast. Dans la prison de Maghaberry, la Foyle House, en ce moment non utilisée, sera le lieu principal de détention des manifestants qui seront mis en examen. Des places seront libérées dans les dortoirs de la prison de Magilligan. Une enceinte d’acier entourera le complexe hôtelier du Lough Erne, où se réunira le sommet du G8, mais étant donné que les lacs du Fermanagh constituent une barrière naturelle séparant l’hôtel du monde extérieur, il est hautement improbable que les protestataires puissent arriver aux abords du complexe hôtelier.

Deux hommes ont été inculpés mardi pour tentative d’attaque au mortier contre un commissariat de Londonderry, deuxième ville d’Irlande du Nord. Les deux hommes âgés de 35 et 37 ans comparaîtront en justice mercredi pour “possession d’explosifs avec intention de mettre des vies en danger, détention de matériel destiné à des actes terroristes et conspiration en vue de provoquer une explosion”.

Deux autres hommes, âgés de 31 et 37 ans, ont en revanche été remis en liberté. Les mortiers de fabrication artisanale avaient été découverts dans la nuit de dimanche à lundi à l’arrière d’une camionnette dont le toit avait été en partie découpé pour permettre de les tirer. Ils étaient visiblement destinés à une attaque imminente des Républicain dissidents de l’IRA contre un commissariat de Londonderry.

Irlande du nord: Tentative d’attaque au mortier d’un commissariat

Le service de police de l’Irlande du Nord a annoncé la découverte dimanche d’une bombe qui était fixée sous la voiture d’un policier à Belfast et en est tombée. Plusieurs logements ont été évacués après la découverte de l’engin dans l’est de la ville. Il y a deux mois, un gardien de prison avait été tué par des militants républicains.

Irlande du Nord: Gardien de prison visé

Un gardien de prison a été abattu hier dans une embuscade entre Portadown et Lurgan à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Belfast, alors qu’il se rendait à son travail. Des coups de feu ont été tirés depuis une voiture volée en direction de sa voiture qui a eu un accident. L’embuscade s’est produite vers 07H30 (locale et GMT), au moment où des démineurs étaient appelés à un centre commercial près de Lisburn, à une vingtaine de kilomètres de Lurgan, pour contrôler un véhicule suspect.

La police a arrêté deux hommes, agés de 31 et 44 ans. L’un d’eux est un militants républicain bien connu, Colin Duffy, qui avait été acquité lors du procès de l’attaque contre la caserne britannique d’Antrim, en mars 2009. Cet incident intervient le surlendemain de la “journée du prisonnier de guerre” célébrée par les républicains irlandais dissidents, favorables à un rattachement de l’Irlande du Nord à la république d’Irlande.

Irlande du Nord: Gardien de prison abattu, deux arrestations

La police d’Irlande du nord a tiré des balles en plastique et utilisé des auto-pompes ces deux dernières nuit en s’interposant entre groupes républicains et loyalistes (pro-britanniques). 47 policiers ont été blessés par des jets cocktails Molotov, des briques et de feux d’artifices, ainsi que par une voiture lancée contre leurs rangs. Le week-end passé, il y avait eu une première vagues d’affrontements après qu’un groupe loyaliste ait paradé dans un quartier catholique.

Irlande du Nord: Deux nuits d’affrontements à Belfast

Comme chaque année, les organisations réactionnaires protestantes défilent sous les fenêtres des ghettos catholiques pour commémorer la défaite de ceux-ci à la bataille de la Boyne, en 1690, qui entraîna des siècle de domination coloniale britannique, de misères et d’appartheid communautariste. Comme chaque année, les républicains tentent de s’opposer à ces marches et se heurtent à la police qui les protègent.

Des affrontements ont opposés des manifestants républicains (antibritanniques) à la police dans le quartier de Broadway (ouest de Belfast). Une vingtaine de cocktails Molotov ont été lancés contre les policiers. La raison des manifestation est la visite de la reine d’Angleterre en Irlande du Nord.

Irlande du Nord: Emeute à Belfast

Marian Price est surtout une figure publique du mouvement républicain irlandais «dissident » qui croit en la nécessité de la lutte armée pour mettre fin à la domination britannique, ce que la justice britannique lui fait cher payer. Elle est emprisonnée en Irlande du Nord depuis plus d’un an sur le fondement de preuves secrètes que ni elle ni ses avocats n’ont été autorisés à voir. Elle est internée sans procès ni accusation et sans date de libération en vue.

Par deux fois elle avait été arrêtée et déferrée devant un tribunal sans jury, et par deux fois le juge avait ordonné sa libération sous caution. Mais à chaque fois Owen Paterson a émis un avis contraire au juge et a ordonné son retour en prison. Il a invoqué la révocation des termes de sa libération conditionnelle, en vertu de certaines «informations confidentielles» qui existaient contre elle. En mai 2011, elle a été accusée d’«encourager le soutien à une organisation illégale» après avoir tenu le papier contenant une déclaration lue par un homme masqué. Presque un an après, ces accusations furent retirées faute de preuves. Mais Marian Price reste en prison. En juillet 2011, elle fut accusée d’avoir donné un téléphone portable à quelqu’un qui a participé à l’exécution de deux soldats britanniques. Elle avait déjà été interrogée à ce sujet et relâchée, 18 mois avant d’être accusée de cela.

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Irlande: Situation de Marian Price

La prisonnière républicaine Marian Price a été récemment transférée de Maghaberry à l’aile médical de la prison de Hydebank à cause des rigueurs de neufs mois passés en isolement carcéral. A la suite de Martin Corey et de Gerry McGeough, Gery Mac Adaim (le frère du chanteur Pól Mac Adaim) est le dernier en date à avoir été interné. A Maghaberry, la grève de l’hygiène continue parce que le Northern Ireland Prison Service (NIPS) refuse d’appliquer l’accord passé. Les prisonniers de guerre républicains continuent leur lutte pour mettre fin à la fouille corporelle et aux limitations de mouvement, choses qui sont mises en oeuvre par une unité anti-émeute. Le 28 avril, une nouvelle manifestation a eu lieu à Cork en solidarité avec les prisonniers républicains.

Irlande: Lutte dans et devant le camp de Maghaberry

En 2001, une équipe dirigée par des universitaires du Boston College, aux Etats-Unis, a décidé de faire témoigner des anciens de l’IRA. Pendant cinq ans, vingt-six d’entre eux acceptent de raconter leur histoire, avec une condition absolue : les entretiens ne doivent être dévoilés qu’après leur mort. Parlant librement, ces hommes et femmes expliquent dans ces enregistrements comment ils ont combattu. S’ils se sentaient aussi libres de s’exprimer, c’est parce que leur intervieweur était Anthony McIntyre, lui-même un ancien de l’IRA, qui a passé dix-huit ans en prison avant de devenir universitaire.

Dans le seul témoignage qui ait été diffusé jusqu’à présent, Brendan Hughes, héros des grèves de la faim des prisonniers républicains des années ’80, décédé en 2008, attribue à Gerry Adams la direction de la branche de l’IRA chargée d’exécuter secrètement ceux qu’elle estimait être des traîtres. Les enquêteurs chargés du dossier Jean McConville (abattue en 1972 parce qu’elle était soupçonnée – à tort – de donner des informations aux services britanniques) ont lancé plusieurs procédures judiciaires pour saisir deux autres enregistrements qu’elle soupçonne contenir des informations sur l’affaire. Après un refus initial, le Boston College a accepté d’en remettre un premier à la justice américaine. Anthony McIntyre et Ed Moloney, le directeur du projet, ont fait appel, suspendant le transfert des cassettes aux autorités nord-irlandaises.