La semaine dernière, l’armée britannique ainsi que des paramilitaires PSNI/RUC ont pénétré dans le quartier de Free Dery. Ils s’en sont pris aux militants républicains présents dans les rues (notamment en tirant des balles de plastique) et ont mené des raids dans les maisons. C’est dans ce contexte qu’un volontaire de la brigade de Derry de l’IRA a tiré à l’AK47 et a lancé une grenade sur les forces britanniques.

British Army Security force base. Bishops Gate, Derry City Walls, Londonderry

British Army Security force base. Bishops Gate, Derry City Walls, Londonderry

Christine Connor est une prisonnière républicaine condamnée à 16 ans de prisons pour terrorisme. Elle était accusée d’avoir organisé un complot visant à exécuter des membres de la police nord-irlandaise. Elle n’est affilée à aucune organisation.

Aujourd’hui en prison à l’isolement, elle a récemment était victime de deux attaques menées par des détenus et organisées avec la complicité des gardiens. Au cours de la deuxième attaque, l’un des agresseurs était armé d’un outil tranchant. Lorsqu’elle s’est plainte de ses attaques et de la complicité des gardiens, elle fut poursuivie en justice par la prison de Hydebank où elle détenue.

Christine Connor

Christine Connor

Plus de 25 cocktails Molotov, des pierres des briques et d’autres projectiles ont été lancé sur les forces de police dans le quartiers de Bogside, bastion républicain de Derry, ancien fief de l’IRA. Les affrontements ont opposés les habitants de ce quartiers à la police pendant trois nuit. Des barricades ont été dressées et une voiture incendiée. Trois policiers ont été blessés par jets de pierres et trois personnes ont été arrêtées: un jeune homme de 16 ans (accusé d’agression contre la police, il devrait comparaître devant la cour des magistrats de Londonderry plus tard ce matin). Deux hommes, un de 20 ans et un de 50 ans ont également été arrêtés la nuit dernière et restent en garde à vue.

Les affrontements à Derry

Les affrontements à Derry

Vendredi 29 juin, quatre personnes ont été condamnées par la cour spéciale criminelle pour appartenance à l’IRA. Kevin et Sean Hannaway, David Nooney, Eva Shannon et Edward O’Brien étaient accusés d’avoir participé à un meeting de l’IRA et ont été jugés par une cours spéciale criminelle constituée de trois juges et sans jury. Le mécanisme des cours spéciales criminelles a été mis en place dans le but de traiter des affaires dans des situations exceptionnelles. Cependant ces tribunaux d’exceptions ont été en activité sans interruption depuis 1972.

Les quatre accusés avaient été mis sur écoute. Cependant lors de ce type de procédure, il n’est pas toujours nécessaire de produire des preuves matérielles. Ainsi les tribunaux spéciaux appuient souvent leurs décisions sur des « belief evidences » dans lequel il suffit qu’un membre de la Gardai (la police de la République d’Irlande), vous croit coupable pour que cela constitue une preuve. Les condamnations et emprisonnements de membres présumés de l’IRA ne sont pas rares que ce soit en République d’Irlande ou en Irlande du Nord (voir nos article ici et ici).

Manifestation pour les prisonniers républicains en Irlande

Manifestation pour les prisonniers républicains en Irlande

La période de Pâques est l’occasion pour le mouvement républicain irlandais de célébrer l’insurrection anti-britannique d’avril 1916. Samedi, une marche non autorisée avait été attaquée par la police à Lurgan (voir notre article). Ce lundi, dans le bastion républicain de Derry, une grande marche (également non autorisée) a eu lieu et de jeunes manifestants ont attaqué à deux reprises le déploiement policier à coups de briques et de cocktails Molotov. Le cortège a pu se dérouler à travers la ville jusqu’au cimetière.

Les affrontements de ce lundi à Derry

Les affrontements de ce lundi à Derry

La police britannique a attaqué hier samedi 31 mars la traditionnelle commémoration de l’insurrection de 1916 à Lurgan, dans le comté d’Armagh, en Irlande du Nord. La marche avait été déclarée illégale. Les policiers ont particulièrement visé les porte-drapeaux masqués (huit manifestants arrêtés et inculpés pour ce fait, et l’un d’eux est en plus accusé de voie de faits sur un policier). Un neuvième manifestant a été arrêté pour s’être interposé; il est accusé d’avoir agressé un policier. Une femme a été blessée lors de l’attaque policière et a dû être hospitalisée.

Une des arrestations samedi à Lurgan

Une des arrestations samedi à Lurgan

Gabriel Mackle est un ancien prisonnier de l’IRA qui avait été ré-arrêté à son domicile le 9 novembre par la police paramilitaire de l’Irlande du Nord, la PSNI. Officiellement soupçonné d’appartenir à l’IRA-Continuité, la CIRA, il avait été transféré dans le sinistre camp de Maghaberry, une prison qui été l’objet d’une condamnation internationale pour ses violations des droits de l’homme (voir notre article). Gabriel Mackle vient d’être remis en liberté.

Gabriel Mackle

Gabriel Mackle

Le militant républicain et élu local de Derry (Irlande du Nord), Gary Donnelly, a été arrêté à Donegal par la police de l’Irlande du Sud, alors qu’il assistait à une commémoration du centenaire de l’embuscade du train de Meenbanad (la libération à main armée par des républicains irlandais de deux prisonniers, le 4 janvier 1918, à la gare de Meenbanad, est considérée comme le premier épisode de la guerre de libération irlandaise, voir ci-dessous). Gary Donnelly a été arrêté avec un deuxième militant et ils auraient été interrogé sur l’exécution du tr!stement célèbre Denis Donaldson. Denis Donaldson avait servi d’indicateur pour les services de renseignements britannique, démasqué en 2005, il s’était caché à Donnegal mais avait été retrouvé et abattu par l’IRA Véritable (Real IRA). Gary Donnelly a déjà été arrêté et interrogé pour l’affaire de Donaldson en septembre 2011, il avait été libéré sans inculpation. Cette nouvelle arrestation n’est rien de moins que du harcèlement, aucune nouvelle preuve n’est mise en avant depuis.

Free Gary Donnely!

Free Gary Donnely!

Le régime carcéral du prisonnier républicain Gabriel Mackle s’est considérablement aggravé. L’État britannique, non content de l’internement de Gabriel (officiellement soupçonné d’appartenir à l’IRA-Continuité, la CIRA), l’a transféré dans le sinistre camp de Maghaberry où il s’est vu refuser tout accès au courrier, aux lettres et aux cartes de sa famille et de ses amis. La compagne de Gabriel, Joanna, lui a rendu visite hier matin 26 novembre, accompagné de deux amies. La visite a immédiatement été supprimée au premier prétexte futile (une tasse de café apportée à la table) avec une telle soudaineté, brutalité et promptitude d’exécution que cela trahissait l’intention préméditée, d’autant que le responsable du contact avec les familles a refusé de prendre acte de la plainte des visiteuse et a supprimé les permis de visite.

Gabriel Mackle

Gabriel Mackle

Une manifestation républicaine a marqué à Belfast l’anniversaire du système britannique d’internement inauguré en 1971, c’est-à-dire la détention politique sans procès. Les manifestants ont été empêchés d’entrer dans le centre-ville après une décision de la Commission des parades, par une forte présence policière qui a bloqué les rues avec des véhicules blindés. Les manifestants ont notamment dénoncé la détention sans procès, dans la prison de Maghaberry, de Tony Taylor. Ce militant républicain, arrêté en 1990 et libéré 1998, a été emprisonné au début de 2014.

La marche de Belfast


La barrage policier

La marche de Belfast
La barrage policier