Dans la nuit du 28 juillet, les YPG ont exécuté un chef du groupe Feylaq Sham à Afrin (voir la vidéo). Le groupe Feylaq Sham est un des groupes, alliés à l’état turc, qui occupent le canton d’Afrin depuis le 18 mars. Ce groupe participe au régime de terreur et d’épuration ethnique, visant à remplacer les habitants par des arabes sunnites organisés par les salafistes. Les YPG avaient déjà exécuté un des responsables de ce groupe en mai (voir notre article).

Combattants et combattantes des YPG (archive)

Signe de la vitalité de l’activité des guérillas du PKK, l’interdiction de libre circulation imposée sur des dizaines de zones dans la province kurde de Hakkari il y a presque deux ans a été étendue et prolongée une fois de plus. Le gouvernorat turc de la province, a une fois de plus déclaré 30 zones dans les districts de Çukurca Şemdinli, Yüksekova ainsi que dans le centre-ville, comme « zones de sécurité spéciales ». La raison invoquée pour cette interdiction est encore et toujours que la sécurité nationale, l’ordre public et le bien-être de la population doivent être garantis.

Forces de sécurité turques au Kurdistan

Forces de sécurité turques au Kurdistan

Eghbal Moradi, activiste kurde du Kurdistan iranien, a été assassiné au Kurdistan irakien (Bashur) où il s’était réfugié depuis de nombreuses années. Il est le père de Zanyer et l’oncle de Loqman Moradi (deux cousins kurdes condamnés à mort par l’Iran). Il a été assassiné dans la ville de Penjwen.

Eghbal Moradi

Eghbal Moradi

À Urfa, des mandats d’arrêt ont été délivrés à 284 militants kurdes le 12 décembre 2016, dans le cadre d’une grande raffle contre le HDP (voir notre article). 80 des personnes touchées ont été emprisonnées. Sur ces 80 personnes, 22 ont été jugées pour leurs activités dans le Congrès pour une Société Démocratique (DTK). Alors que le procureur exigeait l’emprisonnement pour « appartenance et propagande pour une organisation illégale », les accusés ont déclaré que l’objet de la poursuite était des activités légales et ont demandé l’acquittement.

Seuls deux inculpés ont été acquittés. Les autres ont été reconnus coupables et condamnés aux peines suivantes: Zeynel Taş (vice-maire de Bozova) 10 ans et 22 mois, İzettin Akıl 8 ans et 22 mois, Bazo Yılmaz (conseiller municipal de Halfeti) 9 ans, Halit Yıldıztekin (co-président du HDP du district de Haliliye 10 ans et 19 mois, Adnan Etli (ancien vice-président provincial du HDP) 9 ans, Asuman Yaman (ancien vice-président provincial du HDP) 7 ans et 18 mois, Gülay Koca Öztürkoğlu 7 ans et 6 mois, Halil Parıldar (ancien maire d’Aligor) 7 ans et 6 mois, Şefika Kandal 7 ans et 6 mois, Cengiz Çakır 1 an, 6 mois et 22 jours, Mustafa Altun 7 ans et 6 mois, İbrahim Aykaş 7 ans 6 mois, Mukri Vakar 7 ans et 15 mois, İsmail Arslan ancien co-maire de Ceylanpınar 7 ans et 15 mois, Şevket Çimen 1 an et six mois d’emprisonnement. Les procédures contre Sinan Burun (vice-maire de Viranşehir), Cemo Tüysüz, Fatma Doğan, Hizni Kılıç (ancien président de PDP de Ceylanpınar) et İzettin Gök (co-président du DBP pour le district d’Eyyübiye) ont ​​été séparées des autres.

Halit Yıldıztekin, condamné à 10 ans de prison

Halit Yıldıztekin, condamné à 10 ans de prison

Le 11 juillet, l’armée turque a lancé une opération dans le district de Kağızman (province de Kars). La guérilla du PKK a pris à partie les soldats qui essayaient de se positionner sur la colline de Horoz. Quatre soldats auraient été tués. Le même jour, l’armée turque a lancé une opération dans la région de Kêla Memê, dans le district d’Uludere (Qileban) de Şırnak. Toujours le 11 juillet, des drones, des hélicoptères et des avions de combat ont bombardé intensément les zones de Gûndê Mehrê, Hill Bayrak, Hill Sinek et Mehrê, tuant deux guérilleros. Après le bombardement, de nombreux hélicoptères Sikorsky ont débarqué des militaires qui ont rafflés et maltraités des villageois.

Les informations précises sur les actions de la guérilla du PKK au Kurdistan nord arrivent parfois avec un certain retard. C’est le cas de cette spectaculaire attaque à l’IED contre une équipe des forces spéciales anti-guérilla de la gendarmerie turque survenue le 20 mai. Ayant été informé du déplacement en bus de cette équipe comptant 45 militaires près de la ville de Gurbulak (district de Doğubeyazıt, province d’Ağrı), les combattants du PKK ont fait exploser un puissant IED sur son itinéraire, pulvérisant le véhicule.

Voir la vidéo de l’action

Le moment où l’explosion de l’IED soulève le bus

Le moment où l'explosion de l'IED soulève le bus

Le 8 mars 2018, une campagne de solidarité pour les femmes combattantes du Rojava, de Raqqa, de Shengal et d’Afrin était lancée par le SRI. Depuis, en Belgique, Bretagne, Suisse, Allemagne et Grande-Bretagne, différents groupes s’organisent pour faire connaître la lutte de ces femmes, leur rôle central dans la révolution qui se joue dans la région actuellement, pour leur émancipation et celles des autres femmes.

Nous vous invitons à un apéro solidaire pour récolter des fonds pour l’achat de pansements hémostatiques CELOX. Tous les bénéfices de la soirée iront à l’achat de pansements CELOX. Rendez-vous ce vendredi 13 juillet à partir de 19h au Local Sacco-Vanzetti, 54, chaussée de Forest à 1060 Bruxelles (près de la gare du midi et de la station de métro « Porte de Hal »)

Table d’info, vidéos, petite restauration (végétarienne) à prix solidaire.
Évènement facebook

Soutenez les femmes combattantes au Rojava et à Shengal !

Hedayat Abdolahpoor a été arrêté dans la ville de Oshnavieh (Şino, en kurde) il y a deux ans. Le régime iranien l’accuse sans preuve aucune de faire de la propagande pour un parti clandestin, de ravitailler les combattants kurdes qui seraient dans la région et de participer aux combats contre les Pasdarans. Depuis toujours, la justice iranienne utilise le prétexte de la guérilla du PJAK pour condamner tous les opposants et activistes dans la région kurde, qu’ils soient membres ou non d’organisations clandestines. Il y a quelques jours, la mère d’Hedayat a tenté de se suicider par immolation.

Hedayat Abdolahpoor

Hedayat Abdolahpoor

À la veille de son investiture suite aux élections du 24 juin, Recep Tayyip Erdogan a signé un nouveau décret-loi publié dimanche limogeant 18.632 personnes. Dans la liste, ce retrouvent les noms de plus de 9.000 fonctionnaires de police, 6.000 membres des forces armées, environ 1.000 employés du ministère de la Justice et 650 du ministère de l’Education. Cette nouvelle liste se rajoute au 113.000 personnes limogées entre juillet 2016 et mars 2018. À cela ce rajoute la fermeture par décret de 12 associations, une chaîne de télévision et 3 journaux (dont le quotidien en langue kurde Welat et le journal prokurde Ozgurlukcu Demokrasi dont les locaux à Istanbul avaient été perquisitionnés par la police en mars). Des milliers de personnes ont également été arrêtés, renvoyées ou suspendues pour des liens présumés avec le PKK.

Il s’agirait de la dernière décision prise avant la levée de l’état d’urgence dont la dernière période se termine officiellement le 19 juillet. Ce nouveau mandat sera aussi marqué par l’entrée en vigueur du nouveau système présidentiel dont la révision constitutionnelle a été adoptée par référendum en avril 2017 et qui mettra l’ensemble des pouvoirs exécutifs dans les mains du président.

Etat d’urgence en Turquie

Etat d'urgence en Turquie (archive)

Rozerin Kalkan, militante kurde, a été arrêtée chez elle dans la ville de Mardin en août 2016. Elle a été soumise à des tortures physiques et sexuelles dans le département antiterroriste de la police pendant neuf jours.
Elle a été contrainte de témoigner sous la torture et elle a été privée de soins médicaux. En raison de la torture, elle a subi des dommages permanents à sa main droite. Elle a passé les onze premiers mois de son emprisonnement dans une cellule d’isolement.
Elle vient d’être condamnée à plus de dix ans de prison pour appartenance et promotion d’une organisation terroriste, le PKK.

Rozerin Kalkan

Rozerin Kalkan