Une délégation internationale, constituée de huit juristes français, belges et espagnols, s’est rendu mercredi au Maroc pour rencontrer les avocats marocains et sahraouis qui assurent la défense de civils sahraouis, prisonniers politiques, condamnés à perpétuité par un tribunal militaire pour avoir manifesté, à Gdeim Izik, contre l’occupation du Sahara occidental par le Maroc. La mission avait prévu également différentes rencontres avec les délégations diplomatiques de plusieurs pays ainsi qu’une conférence de presse à Rabat dans les locaux de l’Association marocaine des droits de l’homme, qui a subi, selon la même source, des pressions ayant empêché cette rencontre.

Les huit juristes internationaux ont été arrêtés puis relâchés mercredi à Rabat par la police marocaine, ont été expulsés ce jeudi du Maroc au motif de ‘‘menaces graves et imminentes à la sûreté du Maroc’‘. Au regard du droit international et des résolutions des Nations unies, le Sahara occidental ‘n’est pas un territoire marocain et le peuple sahraoui a le droit de revendiquer son autodétermination, ce qui est contesté par le Maroc qui occupe illégalement une partie du Sahara occidental depuis 40 ans.

Carte du Sahara occidental

Les autorités d’occupation marocaines exercent un siège militaire et médiatique sur les villes sahraouies occupées qui a été renforcé après la visité du secrétaire général de l’ONU aux camps de réfugiés sahraouis et les territoires libérés. Des milliers des agents de la police et les forces auxiliaires ont été déployées dans tous les quartiers des villes occupées du Sahara occidental, afin d’intimider et semer la terreur au sien de la population sahraouie.

Plus de vingt personnes ont été grièvement blessé par les forces marocaines hier dimanche qui dispersaient brutalement une manifestation pacifique de Sahraouis dans la ville occupe d’El Aaiun pour exprimer leur solidarité avec les prisonniers politiques sahraouis en grève de la faim depuis trois semaines.

Répression à El Aaiun

La cité universitaire de la faculté des lettres et des sciences humaines de Saiss à Fès a été le théâtre de nouveaux affrontements. De violentes échauffourées ont eu lieu entre les étudiants bassistes membre de la Voie Démocratique et les forces de l’ordre. Les affrontements ont éclaté après que les agents de l’ordre ont essayé d’obliger les étudiants à passer les examens de fin de semestre, malgré le boycotté. Des blessés ont été recensés dans les deux camps. Plusieurs étudiants auraient été interpellés toujours selon les étudiants. En signe de solidarité, les étudiants de la faculté de Dhar El Mahraz, ont boycotté les cours aujourd’hui. Ils dénoncent ainsi l’intervention des forces de l’ordre contre les étudiants de Saiss.

Affrontements à la faculté de Saiss

La réaction du gouvernement marocain à la dernière grève générale ne s’est pas fait attendre. Des administrations publiques ont déjà envoyé aux grévistes une «demande d’explication pour une absence injustifiée». C’est la procédure suivie par certaines administrations pour préparer les prélèvements sur le salaire des fonctionnaires, ayant pris part à la grève générale du mercredi 24 février. Le secteur de l’Enseignement, où le mouvement de débrayage a été largement suivi, a constitué la première étape de mise en œuvre de ces mesures arbitraires.

Les transports publiocs restés au dépot lors de la grève à Casablanca

Emprisonnés depuis trois ans, les prisonniers politiques maoïstes étudiants marocains Aziz Elbour (détenus à la prison de Sale) et Mohamed Elmouden (détenu à la prison de Boulemharez), ont finalement été libérés. Ils faisaient partie du groupe d’une dizaine d’étudiants communistes qui avaient été condamnés fin avril 2013 à des peines de deux à trois ans de prisons pour « attroupement armé », « outrage à fonctionnaires » ou encore « dégradation de biens publics », suite à des manifestations à l »université Cadi Ayad à Marrakech.

Libération d'Aziz Elbour et de Mohamed Elmouden

L’après-midi du 1er février, des étudiants de la faculté des lettres de Saiss à Fès ont décidé de boycotter les examens à cause de leurs revendications qui n’ont pas été traitées par l’administration de la faculté. Les étudiants demande une augmentation de leur bourse et de la capacité d’accueil de la cité universitaire. Les étudiants ont décidé de manifester sur le chemin principal qui relie la faculté et la cité universitaire. Les responsables de l’université ont fait appel aux forces de l’ordre et des affrontements ont alors opposé pendant plusieurs heures les manifestants aux forces de l’ordre. Les étudiants basistes ont résisté en caillassant les policiers et en érigeant des barricades sur la voie publique, causant des blessures dans les rangs des forces de l’ordre.Cinq manifestants ont été interpellés et de plusieurs blessés.

Les affrontements de Fès

Suite à la répression des instituteurs stagiaires à Marrakech, Casablanca et dans d’autres villes du Maroc, un rassemblement appelé par le Mouvement du du 20 février (M20F) et Le Collectif des progressistes marocains (CPM) aura lieu à la Place Anneessens, à Bruxelles,ce samedi 16 janvier à 15h.

Répression des instituteurs stagiaires

Les instituteurs stagiaires des centres régionaux des métiers de l’éducation qui manifestaient contre deux arrêtés du ministre de l’Éducation nationale (relatifs à la séparation de la formation et du recrutement) ont été très violemment réprimés jeudi passé par les forces de l’ordre. Ils étaient des milliers à manifester leur colère et exposer leurs revendications à Casablanca, Fès, Oujda, Agadir et d’autres villes. La police est très brutalement intervenue contre ces manifestations pacifiques, des dizaines de manifestants ont été blessés (au moins 30 à Marrakech et 40 à Casablanca).

Vidéo de la répression à Inzegan

Hassan Koukou se trouve actuellement à l’hôpital régional de la ville de Midelt dans un état critique et extrêmement grave. Il ne parvient plus à bouger et parle avec beaucoup de difficultés, et cela suite à la grève de la faim qu’il a entamée et qu’il continue à mener depuis le 13 novembre (date depuis laquelle il ne boit plus d’eau ni ne prend de sucre) pour poursuivre sa scolarité, recevoir de la visite, être soigné, avoir accès à la presse et à des lectures, et obtenir son transfert de la prison de Midelt. Les conditions de détention sont très dures à Midelt, où l’administration va jusqu’à entasser 37 prisonniers dans une même cellule ; elle fait aussi subir aux détenus toutes formes d’humiliation et de torture à chaque revendication..

Hassan Koukou a été arrêté le 17 décembre 2012 et qu’il a été condamné à 5 ans de prison ferme. Il a passé les 2 premières années et demi d’emprisonnement à la prison de Meknès où il avait déjà mené plusieurs grèves de la faim (la plus longue s’étant étirée sur une période de 110 jours) pour finalement obtenir plusieurs promesses de la part de l’administration pénitentiaire, accréditées par un représentant du conseil national des droits de l’Homme, mais jamais tenues. Au contraire, c’est à cette époque qu’il a été déplacé à Midelt pour être séparé de ses camarades et pour que ses conditions de détention soient aggravées.

Hassan Koukou

Les prisonniers politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik ont été surpris lundi soir, par l’agression d’un groupe de dizaines de gardiens de la prison de Salé. Ceux-ci ont fait irruption dans les cellules brutalisé les prisonniers et dévasté tous leurs effets personnels. Sur ordre de l’ex directeur de la prison de Salé, le tortionnaire Abdallah Trif, les gardien se sont acharnés sur trois prisonniers qui sont blessés. Il s’agit d’El Arabi Bekay, Mohamed Tahlil et Deich Daf qui purgent des peines de 20 et 25 ans.

Prisonniers politiques sahraouis détenus à Salé