Deux étudiants maoïstes, détenus politiques au Maroc, Aziz Elbour et Mohamed El Mouaden, ont entamé hier, lundi 21 septembre, une grève de la faim illimitée. Cette grève a pour but de dénoncer l’interdiction qui nous est faite cette année encore de pouvoir poursuivre leur études (cette interdiction leur a déjà été faite par l’administration pénitentiaire depuis maintenant deux ans). Cette année encore, ils ont effectué toutes les démarches nécessaires pour rendre possible notre inscription et ce malgré toutes les difficultés que nous avons pu rencontrer pour rassembler l’ensemble des documents exigés par les diverses universités. Mais, cette fois encore, notre demande a été rejetée par les universités elles-mêmes qui dénient aux prisonniers politiques étudiants incarcérés leur droit à poursuivre leur formation. Avec cette grève, les prisonniers veulent aussi dénoncer les transferts abusifs qu’ils subissent (le dernier vers la prison de Bouzakarn) et proclamer leur entière solidarité avec tous les prisonniers politiques détenus dans les geôles de l’Etat réactionnaire du Maroc.

Les étudiants maoïstes, prisonniers politiques au Maroc

L’étudiant maoïste marocain Alaa Derbali est passé en jugement comme prévu le 15 septembre. Il est sorti libre du tribunal – toutes les charges qui pesaient contre lui ayant été démontées par la défense. Quatre autres étudiants maoïstes incarcérés sont toujours en grève de la faim à Agadir. La grève a commencé il y a plus d’un mois.

Collage d'affiches en faveur d'Alaa Derbali

Alaa Derbali est un étudiant qui, en 2007-2008, parmi les militants de la tendance marxiste-léniniste-maoïste de l’Université de Marrakech, a participé aux luttes populaires et notamment contre la cherté de la vie, jusqu’à ce qu’il soit arrêté. Il subit alors deux années d’enfermement dans la prison de Boulmhrez durant lesquelles il mène avec ses camarades une grève de la faim de 47 jours – dont il garde des séquelles. Il est une nouvelle fois arrêté le 21 février du fait de sa participation aux mouvements de protestation populaires à Marrakech. Depuis lors, il est enfermé à la prison de l’Oudaya.

Le procès d’Alaa Derbali devait se tenir le 8 septembre, il a été ajourné et reporté au 15 septembre – le prévenu n’ayant pas été conduit au tribunal alors que toutes les conditions étaient réunies pour sa défense. Alaa Derbali est incarcéré depuis le 21 février. Il lui était reproché son appartenance au mouvement estudiantin ainsi qu’au mouvement du 20 février, puis, très vite, les charges retenues contre lui se sont alourdies: sabotage, en bande organisée, avec usage de la force, tentative visant à saboter des bâtiments publics, avec usage d’explosifs, violence à l’encontre de fonctionnaires en plein exercice de leurs fonctions, pillage en bande organisée de biens publics avec usage de la force, dommages de biens publics, incendies volontaires visant des bâtiments et des documents du pouvoir public, destruction de documents relevant de l’État civil, coups et blessures avec port d’arme. Toutes ces charges placent le dossier d’Alaa Derbali sous le coup de la loi antiterroriste et non du simple droit pénal.

Depuis la création d’une section du syndicat Organisation Démocratique du Travail (ODT) au sein de la société Honda-SEAT, des menaces de sanctions, des mesures abusives et arbitraires et des convocations par la police frappent régulièrement les représentants syndicaux. Après le licenciement arbitraire du secrétaire général du bureau syndical de la Société Honda–Seat à Rabat, Naime Abdelmadjid, la direction de la société a décidé d’engager des procédures de licenciement collectif de deux autres responsables syndicaux: Fenan Youssef, secrétaire général adjoint et Abdelghafour Bia, rapporteur. Les salariés de Honda-SEAT travaillent dans la précarité et dans des conditions extrêmement pénibles, avec des salaires dérisoires ne dépassant pas 2000 à 2500 dh par mois (moins de 250 euro). Ils sont obligés d’acheter leurs propres matériel et outil du travail.

Le procès se déroulant devant la Cour d’appel de Fès suite à la mort d’un militant islamiste survenue l’an dernier lors de violents heurts entre étudiants islamistes et communistes, s’est soldé par de lourdes condamnations. Les neuf militants communistes et syndicalistes étudiants ont écopé de lourdes peines : 15 ans de prison ferme pour Abdennabi Chaoul, Mustapha Chaoul, Abdelwahab Ramadi, Mohamed Khalout, Ichem Bouleft, Belkacem Benaza, Yassine Elmsih et 3 ans ferme pour Oussama Zintar et Zacharia Menhich. Deux étudiants ont été acquittés. Le douzième étudiant mis en cause dans cette affaire, n’était pas présent dans le box des accusés. Mustapha el Meziani est en effet décédé, en août dernier, après 72 jours de grève de la faim.

Le prisonnier politique sahraoui Abdelfatah Dallal mène depuis mardi 23 juin une grève de la faim illimitée dans la prison locale de Goulimim, au sud du Maroc, pour protester contre les mauvais traitements que lui réservent les responsables de la prison. Abdelfatah Dallal, qui a été emprisonné en août 2014 dans la ville de Goulimim en raison de sa participation dans des manifestations pacifiques pour revendiquer le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, a fait l’objet d’agression physique et verbale contre sa personne commis par des responsables de la prison, après l’avoir transféré dans une cellule isolée.

Abdelfatah Dallal

Tekber Haddi est en grève de la faim illimitée depuis le 15 mai devant le consulat du Maroc à Las Palmas, aux îles Canaries. Elle réclame l’ouverture d’une enquête juste et impartiale sur l’assassinat de son fils, Mohamed Lamine Haidalla par des colons marocains et la traduction des responsables devant la justice. Cette grève devient symbolique pour les Sahrouis qui multiplient des démonstration de solidarité.

Suite à sa participation dans une manifestation pacifique de solidarité avec Takber Hadi et le militant et le journaliste sahraoui Salem Lebsir arrêté récemment, dans la ville d’El Aaiun occupée, le militant sahraoui Mohamed Ajmai a été violemment agressé dimanche par des membres des services de sécurité marocains. Les prisonniers politiques sahraouis (groupe de Gdeim Izik) ont annoncé aujourd’hui leur décision d’entamer une grève de la faim de 48 heures en solidarité avec Tekber Haddi.

Tekber Haddi
Mohamed Ajmei

Des échauffourées se sont produites entre étudiants et forces de l’ordre à Marrakech mardi 26 mai. Les étudiants de l’université de Marrakech avaient organisé une marche non-autorisée pour protester contre le retard dans le versement des bourses. Les policiers sont immédiatement intervenus contre la manifestations mais ils ont alors essuyés des jets de pierres. 24 policiers ont été blessés à différents degrés. Le nombre total des blessés parmi les étudiants est inconnus, mais il y a au moins quatre blessés graves. Une enquête a été ouverte sur ordre du parquet général alors qu’un groupe d’étudiants a été arrêté pour complément d’enquête.

Les affrontements de Marrakech

Une cinquantaine de personnes ont manifesté en solidarité avec les prisonniers révolutionnaires en grève de la faim au Chili et au Maroc. La manifestation a défilé du Cinquantenaire à l’ambassade du Chili en passant par l’ambassade du Maroc. Des chansons et messages de solidarité avec les prisonniers sahraouis et turques ont été lus en face des ambassades ainsi que des textes pour expliquer la situation des prisonniers.

Texte lu devant l’ambassade du Maroc

Entre temps, plusieurs groupes de prisonniers en grève de la faim ont arrêté leur grève au moins momentanément : c’est le cas des prisonniers mapuche, des prisonniers marocains, des anciens-prisonniers de Pinochet.

Voir les photos du rassemblement.

Manifestation pour les prisonniers politiques au Chili et au Maroc.

Ce lundi 25 mai à 14h, plusieurs organisations -dont le Secours Rouge- manifesteront du Parc du Cinquantenaire (Sortie du métro Mérode) jusqu’à l’ambassade du Maroc, en passant par l’ambassade du Chili, en solidarité avec les prisonniers maoïstes et anarchistes en grève de la faim au Maroc et au Chili, en solidarité avec les anciens détenus du régime de Pinochet qui sont également en grève de la faim, et en solidarité avec les prisonniers mapuche qui viennent de terminer eux aussi une grève de la faim.

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Manifestation pour les prisonniers politiques au Chili et au Maroc.