En Bade-Wurtemberg, le syndicaliste Danial Bamdadi s’est vu refuser la nationalité allemande depuis 2022 par les autorités locales, qui invoquent une supposée « attitude extrémiste » liée à sa participation à des manifestations contre l’AfD et à une mobilisation anti-guerre. Les informations proviennent des services de protection de la Constitution. Réfugié iranien depuis 2012, il conteste cette décision en justice, tandis que ses soutiens dénoncent une atteinte aux libertés politiques, dans un contexte de durcissement de la politique migratoire allemande.

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Le groupe français Capgemini collabore avec la police fédérale états-unienne ICE pour identifier et localiser des migrants, via des contrats de « skip-tracing » pouvant atteindre 365 millions de dollars. Sa filiale américaine, près de Washington, gère également un standard téléphonique pour les victimes de crimes imputés à des étrangers. Cette coopération illustre le rôle des entreprises privées dans la politique d’immigration agressive de l’administration Trump.

Parallèlement, Gregory Bovino, responsable de la Customs and Border Protection (CBP), est devenu le visage de la militarisation de la lutte contre l’immigration, dirigeant des raids expéditifs et controversés à Minneapolis et dans d’autres villes. Critiqué après la mort de l’infirmier Alex Pretti, il a été décidé qu’il parte de la ville suite à la mobilisation croissante.

Un étudiant sans papiers, militant à la Fédération Syndicale Étudiante et au Comité Sans Papier 59, fait l’objet d’une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) depuis mai 2024 après un refus de renouvellement de son titre de séjour, et a récemment été interpellé par la Police aux Frontières alors qu’il se rendait en cours à Lille. Lors de cette arrestation, il a subi des pressions et des tentatives d’intimidation liées à son engagement militant, ainsi que des menaces de placement en centre de rétention. Malgré son parcours universitaire reconnu, la préfecture justifie la mesure par un prétendu manque de sérieux de ses études. Cette situation est un cas de répression administrative ciblant un étudiant engagé, et une mobilisation est en cours pour obtenir la levée de l’OQTF, soutenir les démarches juridiques et financer les frais d’avocat afin de défendre son droit à étudier et à vivre en France (voir ici).

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Les études sur le complexe industriel de la déportation mettent en lumière le fait que les actions de l’ICE (U.S. Immigration and Customs Enforcement) ne sont pas isolées, mais soutenues par un vaste réseau d’intérêts privés et financiers alimentés par l’argent public. Selon le document diffusé par le Department of Class Solidarity, des géants de la technologie comme Amazon (AWS) et Palantir fourniraient l’infrastructure numérique nécessaire au stockage des données et à la surveillance. Le système s’appuie également sur le soutien financier d’institutions bancaires telles que Bank of America, qui finance des entreprises de prisons privées comme CoreCivic. Enfin, l’infographie souligne l’influence de figures de la Silicon Valley et de l’industrie, notamment Elon Musk, Jeff Bezos et Peter Thiel, dont les contributions financières ou les outils technologiques joueraient un rôle clé dans le maintien et l’expansion de cet appareil de détention et d’expulsion.

À Mérignac, le chantier du futur centre de rétention administrative (CRA) a été la cible d’une action de sabotage durant le week-end du 16 au 18 janvier, avec des vitres pare-balles détruites, des gaines électriques sectionnées, du carrelage brisé, des installations d’eau et de vidéosurveillance endommagées et plusieurs équipements détruits. Le préjudice est estimé à près de 300 000 euros. Une enquête a été ouverte, sans revendication ni interpellation à ce stade. Malgré les dégâts, la préfecture affirme maintenir l’ouverture du site au premier semestre 2026. Ce nouveau CRA, prévu pour accueillir jusqu’à 140 personnes, doit remplacer celui de Bordeaux.

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Le responsable de la Maison Blanche pour les questions frontalières, Tom Homan a déclaré le 17 janvier sur Fox News que ses services constituaient des listes d’antiracistes afin d’exposer publiquement leurs visages, d’alerter leurs employeurs, revendiquant ouvertement une stratégie d’intimidation politique. Ces menaces s’inscrivent dans une logique rappelant le maccarthysme des années 1950, période de chasse aux sorcières anticommuniste aux États-Unis, et illustrent une fascisation accélérée de l’appareil d’État, où toute opposition au trumpisme est criminalisée et traitée comme un ennemi intérieur.

Immigrant nicaraguayen arrêté le 6 janvier à Minneapolis dans le cadre de l’opération fédérale Metro Surge, Victor Manuel Diaz, 36 ans, est décédé le 14 janvier dans un centre de détention ICE au Texas d’un suicide présumé, a indiqué l’agence états-unienne chargée de l’immigration, même si une enquête se poursuit. Les agents de sécurité l’ont trouvé inconscient dans sa cellule, et malgré les tentatives des équipes médicales et des services d’urgence il a été déclaré mort à 16h09 (heure locale). Il s’agit déjà de la troisième mort signalée cette année au centre de Camp East Montana, tandis qu’au moins six personnes en détention ICE sont décédées en 2026. Sa mort survient dans un climat de forte tension à Minneapolis après la mort de Renee Good par un agent ICE, le déploiement de milliers d’agents fédéraux et la mise en alerte de 1 500 militaires suite aux manifestations et aux menaces d’invoquer l’Insurrection Act par Donald Trump pour « rétablir l’ordre » (voir notre article).

Dans un contexte de fortes tensions à Minneapolis, où environ 3 000 agents de la police fédérale de l’immigration (ICE) sont déployés depuis début décembre pour traquer les personnes sans-papiers, une juge fédérale a imposé des limites aux méthodes de l’agence. Saisie par six habitants dénonçant des abus lors de manifestations contre les raids de l’ICE, la juge Kate Menendez a interdit aux agents d’arrêter ou de détenir des manifestants pacifiques dans leurs véhicules, ainsi que d’utiliser du spray au poivre ou des munitions contre eux, tant qu’ils n’entravent pas les opérations. Cette décision intervient alors que des collectifs citoyens s’organisent pour documenter et ralentir les actions de l’ICE, et que les autorités locales démocrates, dont le gouverneur Tim Walz et le maire Jacob Frey, s’y opposent ouvertement, suscitant une enquête du ministère de la Justice pour entrave. Le département de la Sécurité intérieure dispose de 72 heures pour se conformer à ce jugement, susceptible toutefois d’être contesté en appel.

En Grèce, la Cour d’appel de Mytilène, sur l’île de Lesbos, a acquitté le 15 janvier 2026 vingt-quatre travailleurs humanitaires poursuivis depuis sept ans pour avoir porté secours à des migrants en mer. Les prévenus, volontaires secouristes et membres d’ONG, étaient accusés de trafic de migrants, de blanchiment d’argent et d’appartenance à une organisation criminelle, des chefs d’inculpation passibles de peines allant jusqu’à vingt ans de prison. La justice a finalement reconnu l’absence d’éléments constitutifs de ces infractions, mettant fin à une procédure emblématique de la criminalisation de l’aide humanitaire aux frontières européennes et soulignant que les actions reprochées relevaient du sauvetage de vies humaines.

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Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a lancé un appel inédit aux « harraga », ces jeunes migrants clandestins algériens en situation irrégulière à l’étranger, notamment en France, à rentrer volontairement au pays. Présentée comme une mesure « humaine et responsable », cette initiative intervient dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes entre Alger et Paris, liées à la coopération migratoire et à la délivrance des laissez‑passer consulaires nécessaires pour les expulsions, dossier souvent utilisé comme levier de négociation. En 2024, seules 2 999 des 22 426 obligations de quitter le territoire (OQTF) prononcées par la France à l’encontre de ressortissants algériens ont été exécutées, soulignant l’impasse sur la reconduite des migrants. Cette politique d’amnistie et de retour volontaire permet à Alger de reprendre le contrôle sur ces flux, tout en encadrant les retours pour les jeunes en situation précaire et en excluant les auteurs de crimes graves ou de collaborations avec des services étrangers. La mesure s’inscrit donc dans le cadre plus large des négociations bilatérales sur l’immigration et la coopération consulaire, où l’Algérie cherche à protéger ses ressortissants tout en conservant un levier stratégique face à la France, mais sa réussite dépendra de l’acceptation des migrants et de la mise en œuvre effective par les deux administrations.