Étudiant et réalisateur arrivé en France en 2015, Nader Ayache est en grève de la faim depuis le 8 novembre pour dénoncer la précarité de sa situation administrative et exiger son droit de vivre en France. Une nouvelle demande d’admission exceptionnelle au séjour (AES)  est en cours, mais un refus entraînerait une nouvelle Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) et l’impossibilité de régulariser sa situation pendant trois ans, l’exposant à un deuxième exil. Au coté de nombreux soutiens, Nader réclame réparation et sa régularisation immédiate.

La cagnotte de soutien

Zehra Kurtay est une journaliste et militante révolutionnaire turque, emprisonnée en Turquie pour ses activités politiques et affectée par une grève de la faim qui lui a laissé des séquelles neurologiques. Exilée en France depuis 2007 pour échapper à la répression, elle fait aujourd’hui face à une Obligation de Quitter le Territoire Français (voir notre article). Son statut de réfugiée ayant été annulé, elle a entamé une grève de la faim pour dénoncer la décision française et demander la reconnaissance de son droit d’asile. À l’occasion de son 150e jour de grève de la faim, ses soutiens organisent une marche le samedi 29 novembre à 19H30 au départ du 11 Square Alban Satraque (75010 Paris) avec la présence de Grup Yorum.

Le 12 novembre, des émeutes ont éclaté dans le centre d’accueil de migrants du village grec de Klidi, près de la frontière bulgare, après une montée des tensions et des tentatives d’évasion. Un groupe de résidents a tenté d’ouvrir la clôture du camp, en réaction au refus des autorités d’approuver leurs demandes d’asile. La police est violemment intervenue pour interrompre la mobilisation. Vingt-neuf migrants — principalement égyptiens — ont été arrêtés, dont trois accusés de tentative d’évasion.

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Du 4 au 18 novembre se tient à Paris le procès de dix personnes accusées d’avoir participé à l’organisation d’une traversée de la Manche ayant causé la mort de sept exilé·es afghans en août 2023, dans un contexte où la militarisation croissante de la frontière franco-britannique pousse les candidat·es à l’exil à emprunter des routes toujours plus dangereuses. Parmi les prévenus figure Ibrahim A., un jeune Soudanais, originaire du Darfour qui est en détention provisoire depuis août 2023. Survivant du naufrage, il est accusé d’être un des passeurs de la traversée. Lui clame son innocence depuis deux ans.

Depuis des années, drones, hélicoptères, contrôles routiers et présence policière massive sur les plages rendent les départs plus rares, plus éloignés et plus risqués, entraînant surcharges des bateaux, matériel fragile et naufrages meurtriers — au moins 89 morts en 2024 et déjà 38 en 2025. Plutôt que de reconnaître le rôle direct de ces politiques dans les drames, les autorités criminalisent un nombre toujours plus large de personnes, y compris des exilé·es eux-mêmes contraints de piloter des embarcations faute de pouvoir payer leur passage.

À Los Angeles, la police fédérale de l’immigration (ICE) mène des raids massifs pour expulser les migrants illégaux. Face à cette politique de plus en plus décriée, des citoyens s’auto-organisent pour repérer les raids en cours et tenter de prévenir les personnes ciblées. Ils s’organisent en patrouillant dans les quartiers pour surveiller les activités de l’ICE puis tentent de prévenir les citoyens de leur présence.

L’audience de Berdan Efe Özder, détenu arbitrairement en France depuis 22 jours et en grève de la faim (voir notre article), aura lieu ce jeudi 30 octobre. Après la levée de son interdiction de séjour de deux ans en France, il comparaîtra devant une commission d’enquête afin de déterminer s’il doit être libéré. ​​S’il était extradé, il serait renvoyé en Belgique, État membre de l’espace Schengen, et pourrait donc revenir en France à tout moment, son interdiction de séjour ayant été levée. Par conséquent, ses soutiens dénoncent un maintien en détention complètement arbitraire.

Le service américain de l’immigration et des douanes (ICE) prévoit d’étendre sa surveillance sur les réseaux sociaux, avec l’objectif d’embaucher une trentaine de sous-traitants pour passer au crible les publications, les photos et les messages sur Facebook, WhatsApp et ailleurs. Une matière première qui sera utilisée en renseignements afin d’augmenter les raids d’expulsion et les arrestations de personnes migrantes aux États-Unis.

Suite à sa participation à une action devant l’ambassade d’Égypte à Paris pour dénoncer la complicité égyptienne avec le génocide en Palestine, Berdan Efe Özder a été arrêté, placé en garde à vue puis en centre de rétention (voir notre article). Soumis à une expulsion et à une interdiction de venir en France durant 2 ans, il a fait appel de cette décision et il est maintenu en détention en attendant l’audience. Il est en grève de la faim depuis son arrestation pour protester contre cet emprisonnement injuste alors que celui-ci est réfugié politique en Belgique et qu’il a le droit de voyager dans les pays européens.

Depuis le 3 juillet dernier, la révolutionnaire turque Zehra Kurtay est en grève de la faim illimitée contre la révocation de son titre de séjour et la menace d’une expulsion. À l’occasion du 100ᵉ jour de sa lutte, un événement est organisé le samedi 11 octobre à 18H porte de Saint Denis dans le Xᵉ arrondissement de Paris.

Depuis la mort de Mahmoud Farajalah au centre fermé du 127bis près de Zaventem (voir notre article), cinq personnes ont été transférées de force dans trois centres différents : deux à Bruges, deux à Vottem (Liège), et un au Caricole (aussi près de Zaventem). Proches de Mahmoud, ils ont été la cible de ces mesures punitives afin de tenter de museler la résistance qui s’organise à l’intérieur du centre fermé. Un détenu rapportait hier qu’environ 80% des détenus du 127bis avaient commencé une grève de la faim pour dénoncer la situation. À l’extérieur, un rassemblement d’hommage a eu lieu place de la Bourse à Bruxelles le 8 octobre dernier, tandis qu’un rassemblement devant le centre fermé 127bis est organisé le samedi 11 octobre à 16H. Les personnes mobilisées dénoncent la responsabilité de l’État belge dans cette situation. Chaque année, 2 à 3 personnes meurent en centre fermé, selon Gettting The Voice Out.