Samedi 12 décembre, dans de nombreuses villes en France, des mobilisations ont eu lieu contre la loi de sécurité globale et contre le projet de loi contre les séparatismes. Malgré la défection d’une grande partie des organisations de gauche, la manifestation a réuni à Paris des milliers de personnes. Un énorme dispositif policier a été mis en place et la répression s’est abattue dès le début. Au moins 142 personnes ont été interpellées. Dans de nombreuses autres villes de France, des rassemblements ou des manifestations ont eu lieu pour dénoncer les deux lois.

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Mercredi 9 décembre, le robot-chien SPOT était présent dans les rues de Nantes dans le cadre d’un partenariat entre « Boston Dynamics » (la société créatrice du robot) et « Intuitive Dynamics », société chargé commercialiser le robot sur le marché européen et de l’adapter aux différents besoins des clients. Spot avait notamment déjà utilisée par la police l’État du Massachusetts (voir notre article) et par la ville de Singapour pour faire respecter les mesures de confinement (voir notre article). Le groupe sud-coréen Hyundai vient de prendre une participation de 80 % dans « Boston Dynamics » dans le cadre d’un accord conclu entre 735 et 830 millions de dollars. C’est surtout le savoir-faire de l’entreprise dans les bras robotisés et l’automatisation qui intéresse en premier lieu Hyundai, qui devrait s’en servir pour continuer à faire évoluer ses lignes de production industrielles.

Le robot SPOT dans les rues de Nantes

Le robot SPOT dans les rues de Nantes

Mardi 8 décembre, neuf personnes avaient été arrêtées dans plusieurs lieux en France : à Toulouse, en Dordogne, dans le Val-de-Marne ou encore à Rennes. Une opération de police a ciblé un squat toulousain. La police affirme que ses perquisitions ont permis de saisir des éléments pouvant être utilisés pour la fabrication d’explosif type TATP, une petite quantité d’explosif déjà fabriqué, ainsi que des des armes. Sur ces neuf, sept ont été inculpées vendredi 11 d' »association de malfaiteurs terroriste ». Cinq ont été placés samedi en détention provisoire et les deux autres sous contrôle judiciaire. Ces sept personnes avaient été présentées vendredi à un juge d’instruction antiterroriste. Ces militants, six hommes et une femme, âgés de 30 à 36 ans, sont accusés d’avoir envisagé des actions violentes, ciblant notamment des policiers. Parmi elles, Florian, un militant anarchiste, ancien internationaliste ayant combattu au Rojava.

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Vendredi 11 décembre, marquait le troisième soir de révolte en Albanie après la mort d’un jeune de 25 ans, Klodjan Rasha, tué devant chez lui par un policier, pour avoir « enfreint les mesures de confinement ». Dans la capitale, Tirana, des batailles rangées ont eu lieu entre la police et des centaines de manifestant·es tandis que des protestations rassemblaient des milliers de personnes. D’abord cantonnée à Tirana, le mouvement a gagné d’autres villes. Le mouvement populaire a déjà poussé à la démission du Ministre de l’Intérieur, Sander Lleshaj. Autre conséquence de ces protestations, le policier auteur du tir mortel a rapidement été arrêté et devait être jugé immédiatement. Plus d’infos ici.

Émeutes suite à un meurtre policier

Émeutes suite à un meurtre policier

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La préfecture de police de Paris a octroyé la protection fonctionnelle aux agents mis en cause dans le tabassage du producteur de musique. Les quatre policiers mis en examen dans l’affaire Michel Zecler peuvent donc compter sur le soutien financier de leur administration. Il s’agit d’une initiative du préfet de police Didier Lallement, approuvée par le ministre de l’intérieur. Pour rappel, le 21 novembre, Michel Zecler avait été tabassé par plusieurs policiers alors qu’il étaient dans son studio de musique. Les policiers étaient intervenus car Michel Zecler avait quelque instant avant été présent dans la rue en ayant oublié de mettre masque. L’agression avait été filmée par la caméra du studio ce qui avait permis de mettre au jour les mensonges des policiers qui l’accusaient de « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique » et de « rébellion ».

Tabassage de Michel Zecler

Tabassage de Michel Zecler

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Alors que l’hiver arrive, et que la neige recouvre la forêt, les forces de police sont intervenues samedi contre les occupants de la forêt de Dannenröder. Sur 1.000 hectares occupés par la forêt de Dannenröder, vieille de trois siècle, 27 étaient réservés à l’extension de l’autoroute A49 devrait relier les villes de Kassel et Giessen. Et la plupart d’entre eux ont déjà été défrichés malgré la résistance des manifestants, qui occupent le bois depuis plus d’un an. Une autopompe a propulsé du liquide glacé sur les opposants. Face aux blindés, les résistances sont multiples : pyrotechnie, occupation, jets de projectiles, résistance passive etc. Plusieurs personnes ont été blessées et d’autres arrêtées. Des sabotages contre des machines de l’entreprise Deges ont eu lieu récemment à Francfort entre autres initiatives solidaires.

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Sur la place Saint-Lambert, à l’appel de la FGTB, entre 500 et 700 militants s’étaient rassemblés masqués devant le Palais de Justice de Liège pour manifester leur solidarité avec les 17 syndicalistes condamnés le 23 novembre dernier par le tribunal correctionnel de Liège (voir notre article). Sous les fumigènes rouges, les manifestants ont réalisé une haie d’honneur pour laisser passer l’avocat des 17 syndicalistes venus déposer leur appel du jugement. Avertie de la manifestation, la police est restée discrète. Le rassemblement était autorisé pour moins de 100 personnes avec les précautions sanitaires. La police annonce donc une verbalisation pour non-respect des prescrits de l’arrêté ministériel. Organisées symboliquement à l’occasion de la journée internationale des droits humains, d’autres manifestations de la FGTB en faveur du droit de grève étaient prévues un peu partout dans le pays.

 

(texte de la campagne)
Uneus est un projet lancé en 2012 par la commune de Saint-Gilles pour « assurer la cohésion sociale dans le quartier et rétablir un climat de sécurité et de confiance» qui comporte une brigade de police de proximité, le « koban ».
Après près de dix ans d’activité, son bilan est lourd : dents, poignets et bras cassés ; gifles ; insultes racistes et homophobes (« On va attraper tous les bougnoules qui sont là-bas »; « Bande de petits pédés ») ; propos sexistes ; contrôles d’identité et PV abusifs ; arrestations arbitraires et contrôles au faciès ; usage disproportionné de la force sur des jeunes déjà menottés ; étranglements ou étouffements ; perquisitions sauvages ; maman plaquée au sol alors qu’elle ne faisait que « demander ce qui se passait » ; menaces, notamment lorsque des habitants filment ou évoquent la possibilité de porter plainte, humiliations de parents devant leurs enfants (« Les Arabes, ils ne travaillent jamais »)…
Depuis 2018, un collectif de mamans interpelle les autorités communales sur la nécessité d’une évaluation externe de la brigade. Elles ont été rejointes dans leur combat par d’autres groupes d’habitant·e·s. A ce jour, pas moins de 5 interpellations communales ont été portées devant le Conseil, et des rassemblements et manifestations ont déjà réuni des centaines de Saint-gillois.es dénonçant les abus de la brigade. Pourtant la commune ne réagit toujours pas concrètement et le bourgmestre Charles Picqué va jusqu’à mettre en question la véracité des témoignages.
Cette violence policière peut aussi tuer. Pendant le premier confinement à Anderlecht le « koban Virtus » a tué Adil, 19 ans. Les policiers mis en cause risquent… un non-lieu, c’est-à-dire que les poursuites seraient tout simplement abandonnées.
Cette impunité de la police est organisée et les dernières mesures fédérales renforcent son pouvoir sur fond d’état d’urgence sanitaire : augmentation des budgets, recrutement accéléré, tolérance zéro face aux violences dirigées contre les policiers eux-mêmes. Uneus, projet pilote voué à être étendu à l’ensemble de la région bruxelloise, concrétise ce pouvoir policier ultra-violent au niveau de Saint-Gilles.
Ces brutalités doivent cesser !
Nous vous invitons à rendre visible cette problématique, de la manière dont vous le souhaitez, durant la semaine du 14 au 20 décembre !

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Saioa Sanchez Iturregi est une militante indépendantiste révolutionnaire basque incarcérée à Nantes. Elle purge depuis 2013 une peine de 28 ans de prison pour l’exécution de deux gardes civils par ETA, elle doit faire face à d’autres procédures judiciaires dans l’état espagnol pour ses activités dans la clandestinité. Elle est incarcérée à la prison pour femmes de Rennes comme d’autres femmes basques car c’est une des deux seules prisons pour femmes qui accueillent les longues peines. Si elle a été transférée à Nantes c’est pour accoucher, cet établissement étant plus adapté. Son enfant est né en septembre. Le 30 novembre dernier elle devait être transférée pour un examen gynécologique. L’escorte lui a signifié qu’elle ne pouvait faire ce transfert en compagnie de son enfant, puis lui a dit, après un premier refus de sa part, que ce transfert pouvait se faire en compagnie de son enfant si elle acceptait d’être entravée aux jambes reliées à la taille par une chaine. Saoia a refusé cette humiliation, l’examen n’a pu avoir lieu. Plus d’infos ici.

Saioa Sanchez Iturregi

Saioa Sanchez Iturregi

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Le 25 novembre 2020, lors de la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, une militante féministe a accroché à sa fenêtre, à Douarnenez, une banderole qui s’oppose à la culture du viol, en ajoutant #Darmanin à la fin. En 2017, le ministre de l’Intérieur a en effet été visé par une plainte pour viol. En novembre 2019, un non-lieu a été prononcé. Le 28 novembre 2020, la militante a reçu la visite de la gendarmerie, pour lui demander d’ôter cette banderole, jugée diffamatoire. Quelques jours plus tard, elle a été convoquée pour un rappel à la loi, pour « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique », soit à l’encontre de Gérald Darmanin.

Rassemblement contre les violences faites aux femmes à Douarnenez

Rassemblement contre les violences faites aux femmes à Douarnenez