La Belgique va avoir, pour la première fois depuis 2018, d’un gouvernement de plein exercice disposant d’une majorité parlementaire. La coalition dit « Vivaldi » s’est enfin entendu sur un programme de majorité. Voici ce qui concerne le volet « maintien de l’ordre »: « Pour la police fédérale et les services de sécurité, le gouvernement prévoira une injection budgétaire structurelle de 213 millions. » Pour le gouvernement, le financement des zones de police locale est « obsolète et doit être adapté à la réalité d’aujourd’hui. Le système des dotations fédérales aux zones de police et les moyens de prévention fédéraux seront réformés pour faire place à un système de financement objectif et transparent qui favorisera en outre la taille optimale des zones de police. » C’est une petite porte ouverte à une éventuelle fusion des zones de polices bruxelloises.

La Vivaldi veut une réforme de la formation des policiers, une nouvelle méthode recrutement, qui doit permettre « la réduction significative du délai entre la candidature et l’entrée en fonction. » Un plan est prévu pour les zones de police où c’est plus compliqué. L’objectif sera de recruter au moins 1600 agents par an. Pour que la composition de la police intégrée soit plus « représentative de la société« , un « trajet diversité » doit être mis en place. En outre,  « Les violences envers la police et les secouristes seront fermement combattues par une politique de tolérance zéro. L’auteur de toute forme de violence à l’égard de la police ou des secouristes doit être poursuivie dans les plus brefs délais devant les juridictions pénales. En cas de violence physique grave, le dossier ne peut pas être classé sans suite pour motifs d’opportunité. » Et en même temps, « La tolérance zéro sera d’application pour les abus du monopole de la contrainte à l’encontre du citoyen. À cet égard, le statut de la police sera revu afin de garantir un traitement plus fluide des affaires disciplinaires. » Les récentes affaires (Chovanec, Vandersmissen) ont résonné lors des négociations… Enfin la présence militaire en rue sera peu à peu supprimée.

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Des milliers de personnes sont descendues dans les rues d’Athènes et de Thessalonique pour protester contre l’arrivée du secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, en Grèce. La marche de protestation, organisée par des étudiants et des groupes de gauche, est restée pacifique sur la majeure partie de son parcours. Les manifestants portaient des drapeaux rouges et scandaient des slogans. Lorsque le groupe a atteint l’ambassade des États-Unis bien gardée, il y a eu des affrontements, la police utilisant des matraques et des gaz lacrymogènes. Une manifestation similaire a été organisée à Thessalonique devant le consulat américain. Pompeo a atterri dans le pays pour une visite de deux jours lundi, au milieu de tensions entre la Grèce et la Turquie sur leurs frontières maritimes.

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Le président de Derry de Saoradh a comparu devant le tribunal, lundi 28 septembre, avec trois autres hommes, à la suite des affrontements à l’extérieur de la prison de Maghaberry. Le président était accusé de trouble à l’ordre public tandis que les trois autres étaient accusé de participation à une émeute. Par ailleurs, deux des militant·es, comparaissant individuellement à Lisburn Magistrates Court depuis leur garde à vue via une vidéo-conférence, étaient également accusés de possession de feux d’artifice sans permis.

Ce procès entre dans le cadre d’une manifestation qui s’était déroulée, le samedi 26 septembre devant la prison de Maghaberry. Cette manifestation, regroupant 200 personnes avait pour but de soutenir le docteur Hijjawi Bassalat, en grève de la faim contre son isolement forcé dans le module de Foyle House dans la prison de Maghaberry (voir notre article). Elle avait donné lieu à des affrontements avec la police. Les quatre militant·es ont été libérés moyennant une caution de 500 £ à condition qu’ils vivent dans des adresses approuvées par la police, se présentent à la police trois fois par semaine et « ne doivent pas être à moins de 100 mètres d’une manifestation notifiée ou non ». Les affaires ont toutes été renvoyées au 26 octobre.

Plusieurs militants du Saoradh en procès suite à une émeute devant la prison de Maghaberry

Plusieurs militants du Saoradh en procès suite à une émeute devant la prison de Maghaberry

 

Sur les 155 VBRG [Véhicules blindés à roues de la Gendarmerie] acquis dans les années 1970 pour la gendarmerie mobile, il n’en resterait plus que 80 opérationnels… alors que, ces dernières années, ils ont été plus utilisés qu’à l’accoutumé. Ne trouvant pas, sur le marché, de blindés pouvant convenir à ses besoins, c’est à dire avec un moteur à l’arrière et dotés d’une lame à l’avant pour dégager les barricades, la Gendarmerie avait décidé de rénover les VBRG et d’obtenir quelques VAB [Véhicule de l’Avant Blindé] supplémentaires auprès de l’armée de Terre pour le « gendarmiser » (voir notre article). Mais la modernisation des VBRG n’a pas donné pleinement satisfaction. Rénover les VBRG coûterait 300.000 euros par véhicules pour ne gagner que dix ans d’utilisation supplémentaires, alors qu’un blindé neuf coûte 700.000 euros.

Du coup, le dossier de presse diffusé par le ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance pour présenter les grandes lignes du projet de loi de finances 2021 précise que la Gendarmerie pourra acheter des blindée neufs l’an prochain (sous réserve de l’accord du Parlement). La mission « Sécurités » doit être dotée d’une enveloppe de 13,9 milliards d’euros, augmentée d’un milliard d’euros au titre du plan de relance pour le ministère de l’Intérieur. La gendarmerie mobile pourra donc acheter 89 blindés pour à peu près 65 millions d’euros.  Deux candidats se profilent : Arquus, avec le « Sherpa Light » et Nexter Systems  avec la version « gendarmisée » de Véhicule blindé multi-rôles [VBMR] léger « Serval », dont l’armée de Terre attend déjà 978 exemplaires d’ici 2030.

Le « Sherpa light »

Trois policiers ont été bénis lors d’une manifestation à Sofia mardi 22 septembre, fête de l’Indépendance bulgare, les participants réclamant «une indépendance par rapport à la mafia» et exigeant la démission du gouvernement. Près de 10.000 personnes se sont rassemblés dans la capitale et des manifestations antigouvernementales se sont tenues dans plusieurs villes de province. « Démission! », « Mafia », scandaient les manifestants à Sofia dont beaucoup de jeunes, faisant un bruit assourdissant aux vouvouzélas devant le siège du gouvernement. En début de la soirée, des pétards, des pierres et des bouteilles ont été jetés sur trois cordons de policiers munis de gilets anti-balles, armés de matraques et de boucliers, protégeant le bâtiment historique du parlement. La police a repoussé des manifestants à plusieurs reprises. Trois policiers ont été bénis par des pavés, selon la direction de la police. 126 manifestants ont été arrêtés.

Ces manifestations quotidiennes contre la corruption se tiennent à Sofia depuis deux mois et demi, rassemblant des protestataires de différents milieux et de toutes tendances politiques. Pays le plus pauvre de l’Union européenne, la Bulgarie en est aussi le membre le plus corrompu. La manifestation de mardi était qualifiée par les organisateurs de la « troisième journée de la Grande insurrection populaire ». La première journée, le 2 septembre, a été marquée par des affrontements qui avaient fait près de 200 blessés (voir notre article). Au pouvoir depuis presque dix ans, le Premier ministre de centre droit Boïko Borissov dont le mandat expire en mars refuse de démissionner « au nom de la stabilité du pays » dans le contexte de la crise liée au Covid-19.

Affrontements à Sofia

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Le bien connu commissaire de police de la zone de Bruxelles-Ixelles, Pierre Vandersmissen a été temporairement écarté de ses fonctions de directeur des interventions à la suite à la manifestation du collectif “la santé en lutte” le 13 septembre dernier. Une enquête administrative a été demandée au chef de Corps, le commissaire divisionnaire Luc Ysebaert, par le bourgmestre de Bruxelles. Cette demande résulte du fait qu’un photographe privé, dont les travaux glorifient la police, a pu gazer un manifestant arrêté, sans que le commissaire ne réagisse autrement que par un vague geste d’invitation calme. Le photographe s’appelle Philippe Bourguet, son agence est la bePress Photo Agency. Cela fait des années que Bourguet réalise des reportages photographiques au plus près des policiers de la zone. L’affaire du photographe s’ajoute à de nombreuses autres dénonciations des pratiques policières du 13 septembre, à commencer par une série d’arrestations brutales et abusives.

 

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Le Dr Issam Hijjawi Bassalat et des prisonniers républicains irlandais ont entamé une grève de la faim le 16 septembre pour protester contre l’isolement du Dr Hijjawi Bassalat par les autorités pénitentiaires (voir notre article). Plus de 50 prisonniers ont rejoint cette grève dont 20 détenus à la prison de Maghaberry à Co Antrim et 21 détenus à la prison de Portlaoise. Par ailleurs, 3 prisonnières républicaines, Mandy Duffy, Sharon Jordan et Christine Connor, actuellement détenues au Hydebank Wood College et à la prison pour femmes, ont rejoint la grève hier.

Sharon Rafferty, Mandy Duffy et Christine Connor

Sharon Rafferty, Mandy Duffy et Christine Connor

La répression judiciaire des manifestant·es continue en France. Deux affaires récentes illustre ce phénomène.

Le 4 juin dernier à Lille, lors d’une des manifestations contre les crimes et les violences policières qui ont suivi la mort de George Floyd, un policier s’est brûlé la main en ramassant un fumigène, ce qui lui vaut un jour d’interruption temporaire de travail (ITT). Un manifestant accusé d’avoir allumé ce fumigène a été arrêté et poursuivi pour violence sur agent. Passé en comparution immédiate, il est mis immédiatement en prison et écope  d’une lourde peine : 10 mois de prison. Le procès en appel s’est déroulé le lundi 21 septembre à 14h au tribunal de Douai. Les avocats du Collectif lillois d’autodéfense juridique (CLAJ) y ont obtenu la relaxe du manifestant.

En février 2019, un Gilet Jaune du Mans était braqué à très courte distance par le canon d’un LBD. Il avait baissé « d’un geste rapide » cette arme pointée vers lui. Le tribunal a estimé ce mercredi qu’il s’agissait d’un « geste violent » et l’a condamné. Le Gilet Jaune a écopé de 6 mois de prison avec sursis et d’un somme de 250 euros à verser au policier qui le braquait. De son côté, le militant a été violenté par les policiers au moment de son arrestation. Plus d’infos ici.

LBD contre gilets jaunes

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Le sixième procès de « Bâle sans-nazi » a eu lieu le lundi 21 septembre. Comme pour les premiers procès, une militante était accusée de trouble à l’ordre public et de participation à une manifestation non autorisée, et de « participation passive à la violence et à la menace ». Elle a été condamnée à huit mois de prison (sans probation). Environ 100 personnes s’étaient réunies en solidarité avec elle. « Basel Nazifrei » avait été organisée en 2018 en réponse à une mobilisation du Partei National Orientierter Schweizer (PNOS), une organisation d’extrême-droite. Plus de 2000 manifestant·es y avaient participé et plusieurs affrontements avaient éclatés entre antifascistes et nationalistes, ainsi qu’avec la police (voir notre article). Plus de 60 personnes ont été poursuivies dans le cadre de cette affaire (voir notre article).

Un militant antifasciste condamné à huit mois de prison dans l'affaire "Basel Nazifrei"

Un militant antifasciste condamné à huit mois de prison dans l’affaire « Basel Nazifrei »

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Le 16 mai 2020, une centaine de soignant·es formaient une haie de déshonneur pour protester contre la 1ère ministre, Sophie Wilmes alors que celle-ci effectuait une visite de l’hôpital Saint-Pierre (voir notre article). Suite à cette action, des participant·e·s auraient reçu des menaces de licenciements ainsi que de non reconduction de contrat. Un médecin urgentiste a d’ores et déjà vu son contrat non-reconduit. Plus d’infos ici.

Les soignant·es forment une haie de déshonneur pour accueillir Sophie Wilmes