Après presque 6 semaines, Maja a mis un terme à sa grève de la faim. Maja est très affaiblie. La fréquence cardiaque était parfois tombée à 30. On pouvait craindre l’arrêt cardiaque et des dommages irréversibles aux organes. Jusqu’à la fin, les autorités hongroises ont ignoré sa demande de rapatriement. Un transfert en résidence surveillée a également été rejeté. Même à l’hôpital de détention, Maja était complètement isolée 24 heures sur 24. La vague de solidarité n’a pas faibli ces derniers jours, avec des manifestations sauvages comme à Hambourg, ou autorisées, comme à Leipzig, et plusieurs initiatives hors d’Allemagne, comme à Zurich, Bruxelles et à Toulouse (photo).

Samedi 13 juillet à Londres, 41 personnes ont été arrêtées après avoir participé à un rassemblement pour dénoncer la récente interdiction de Palestine Action en vertu des lois antiterroristes (voir notre article). Ils ont brandi des pancartes blanches sur lesquelles était inscrit : « Je m’oppose au génocide. Je soutiens Palestine Action ». Déjà la semaine dernière, 29 personnes avaient été arrêtées pour avoir participé à une manifestation similaire (voir notre article).

Le Parlement européen a voté le 9 juillet en faveur de l’introduction du nouveau système d’entrée/sortie, un outil conçu pour renforcer le contrôle des frontières de l’Union Européenne. Ce nouveau système, que la Commission prévoit de lancer en octobre, recueillera des données biométriques (telles que les empreintes digitales et les scans faciaux) et des informations sur les voyages des citoyens non européens visitant l’UE pour de courts séjours. Il remplacera l’ancien système d’apposition de tampons sur les passeports et permettra également de détecter les fraudes à l’identité, de suivre les dépassements de séjour. En raison des inquiétudes liées au lancement d’un système aussi complexe, la Commission a proposé un déploiement progressif sur 180 jours. Cela permettrait aux États membres de mettre en œuvre le système progressivement.

Lundi 30 juin, le tribunal d’instance d’Offenburg a condamné plusieurs antifascistes. Une militante antifasciste a été jugée, condamnée à une amende de 220 euros pour résistance aux agents lors de son arrestation et pour avoir dissimulé son visage par le port d’une cagoule lors d’une manifestation contre l’AfD en mars 2023. Max, condamné à deux ans et six mois de prison, accusé d’avoir utilisé un extincteur comme arme lors de la même manifestation. Ce jour-là, 1200 manifestants s’étaient rassemblés contre le congrès du parti de l’AfD dans l’Oberrheinhalle d’Offenburg. La police était intervenue avec force et violence. De nombreux manifestants avaient été blessés et environ 400 personnes avaient été arrêtées, maintenues pendant des heures dans le froid. Lors de cette manifestation, Max a été arrêté et accusé d’avoir occasionné des lésions corporelles graves, selon la défense, il aurait fait usage de la mousse de l’extincteur pour protéger les manifestants antifascistes des assauts des forces de l’ordre. Ses nombreux soutiens étaient présents dans la salle du tribunal, à l’annonce du verdict, il y a eu un déploiement massif de la police et la salle d’audience a été évacuée.

La Crown Court de Belfast, un tribunal sans jury, a déclaré que deux militants républicains irlandais étaient coupables d’infractions terroristes. Mien Duffy, 55 ans, de Westclare Court à Dungannon, et Shea Reynolds, 31 ans, de Kilwilkie Road à Lurgan, étaient accusés de six infractions conjointes commises entre le 3 et le 21 septembre 2016. La juge les a déclarés coupables de deux chefs d’accusation de préparation d’actes terroristes, de deux chefs de possession d’articles destinés à être utilisés à des fins terroristes et de deux chefs de tentative de collecte ou d’enregistrement d’informations susceptibles d’être utiles à une personne commettant ou préparant un acte terroriste.

Les accusations portent sur le déploiement d’une caméra de surveillance de la faune sauvage installée par les accusés dans le but de « recueillir des informations à des fins terroristes » visant un policier à la retraite. Le soir du 4 septembre 2016, les deux hommes auraient participé au déploiement de la caméra sur Annaghone Road, à Coalisland. La caméra est restée sur place jusqu’au 8 septembre 2016, date à laquelle les deux hommes sont revenus la récupérer.

Shea Reynolds et Dee Duffy

 

Le 5 juillet 2025, des mauvaises nouvelles sont arrivées sur l’état de santé de Maja toujours en grève de la faim, Maja pèse seulement 65 kg et a donc perdu environ 13 kg, le foie et les reins ne sont plus en très bon état. Le premier janvier, les vitres du consulat d’Allemagne à Zürich ont été brisées et sa façade taguée en solidarité avec Maja. Toujours en Suisse, un rassemblement a eu lieu devant l’ambassade d’Allemagne à Berne. Il y a eu samedi 5 et dimanche 6  des manifestations à Berlin, Dresde, Pforzheim, Chemnitz, Karlsruhe, Hambourg (plus de 600 manifestants, photo), Leipzig, Halle et ailleurs. Des tags et accrochages de banderoles ont eu lieu un peu partout et le siège du parti politique CDU à Hambourg a été caillassé la nuit du 2 au 3.

Depuis la manifestation massive du 28 juin, qui avait réuni 140 000 personnes contre la corruption et exiger des élections législatives anticipées du président Aleksandar Vucic (voir article ici), étudiants et manifestants organisent des centaines de blocages et de barrages pour la sixième journée consécutive dans tout le pays. Des méthodes pacifiques, un groupe de personnes traverse la rue en boucle, forçant les automobilistes à s’arrêter. À d’autres endroits, des habitants déplacent les conteneurs à ordures, au milieu de grands carrefours, formant une barricade improvisée. Ces blocages sont interrompus par d’importantes forces de police anti-émeute. Les protestataires se retirent aussitôt pour aller bloquer un autre carrefour. La répression policière durcit. Lors des blocages nocturnes, les forces de l’ordre se montrent très violentes. De nombreux manifestants ont été hospitalisés pour des coups ou des fractures, on dénombre plus d’une centaine d’arrestations à Belgrade, 

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Samedi 5 juillet à Londres, la police a interpellé des dizaines de manifestants qui brandissaient des affiches en soutien au groupe Palestine Action, une organisation interdite le 4 juillet dernier en vertu des lois antiterroristes (voir notre article). Les autorités avaient prévenu qu’exprimer son soutien à Palestine Action constituerait une infraction pénale après l’entrée en vigueur de l’interdiction à minuit. Cela inclut les chants, le port de vêtements ou l’affichage d’articles tels que drapeaux, panneaux ou logos.

Le 1er juillet, un partisan de Samidoun et du Revolutionary Communist Group a été arrêté par la police anti-terroriste britannique à son retour d’Égypte à l’aéroport de Manchester, en vertu de l’annexe 7 de la loi de 2000 sur le terrorisme. Ses appareils ont été confisqués et la loi permet d’enquêter sur les biens confisqués pendant une semaine, mais ce délai peut être prolongé, et décidera de poursuites ou non. Cette situation intervient alors que la répression contre le mouvement de la solidarité s’intensifie comme en témoigne la récente interdiction de Palestine Action (voir notre article) ou encore le procès des SOAS 2 contre deux jeunes étudiants qui sont visés par les lois britanniques sur le terrorisme pour avoir fait un discours de soutien à la résistance palestinienne.

Fondée en 2020, Palestine Action a mené une campagne d’action directe contre le principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems causant des millions de livres de pertes pour cette entreprise et ses collaborateurs. Après une action sur une base de la Royal Air Force (voir notre article), la proposition d’interdiction a été portée par la ministre de l’Intérieur Yvette Cooper et votée à une écrasante majorité par la Chambre des communes britannique le mercredi 2 juillet puis par la Chambre des lords le jeudi 3 juillet. La Haute Cour du Royaume-Uni a rejeté ce vendredi 4 juillet la demande de suspendre temporairement la désignation de Palestine Action comme groupe terroriste. Une autre audience est prévue le 21 juillet.

Être membre ou soutenir Palestine Action sera donc une infraction pénale à partir de samedi à 00H01. L’appartenance au groupe ou l’incitation à le soutenir sera passible d’une peine maximale de 14 ans de prison. Cela signifie que cette organisation devient le premier groupe d’action directe à être interdit au Royaume-Uni en vertu de la loi sur le terrorisme. Parallèlement, 22 activistes du mouvement sont actuellement emprisonnés en raison de leurs actions militantes.