En octobre 2024, plusieurs sections du Secours Rouge International ont lancé une campagne de solidarité avec le Parti Démocratique du Peuple qui a déjà permis de récolter près de 5000$ afin de soutenir ses programmes sociaux (une clinique et une cantine populaire) à Saïda (voir ici).  Lors d’une délégation du Secours Rouge en octobre 2025 au Liban, nous avons réalisé un entretien avec Muhammad Hashisho, secrétaire général de l’organisation, sur la situation régionale et les enjeux pour la gauche révolutionnaire.

Contactez-nous si vous souhaitez organiser une projection

Alors que le cessez-le-feu entre le Liban et Israël est régulièrement violé par des bombardements de l’armée israélienne et que les discussions reprennent autour des sanctions américaines sur le pays, la campagne de solidarité avec le Parti Démocratique du Peuple (PDP) se poursuit (plus d’infos ici). Menée par plusieurs organisations membres du Secours Rouge International, celle-ci a déjà permis de récolter plus de 4500 dollars afin de soutenir les programmes sociaux (une clinique et une cantine populaire) à Saïda au Liban de cette organisation de la gauche révolutionnaire engagée dans la résistance anti-impérialiste et antisioniste. Dans ce cadre, un membre du Secours Rouge était présent au Liban ces dernières semaines pour poursuivre les échanges et la coopération mise en œuvre depuis plusieurs mois.

Si des organisations souhaitent organiser des activités afin de soutenir cette campagne, n’hésitez pas à nous contacter.

A l’occasion des 77 ans de la Nakba, le Secours Rouge Toulouse a organisé une campagne d’affichage dans plusieurs quartiers populaires pour promouvoir la campagne de soutien au Parti Démocratique du Peuple au Liban. Fondé en 1972, ce parti communiste est partie prenante dans la résistance contre Israël et regroupe autant des militants palestiniens et libanais. Il lie le combat contre le sionisme et l’impérialisme à la nécessaire perspective révolutionnaire au Liban, dans la région et dans le monde. A Saïda, notamment dans le camp de réfugié·es palestinien·nes d’Ain El Helweh, le PDP a mis en place depuis 1985 une clinique populaire qui fonctionne sans aucune aide d’ONG. En plus de la clinique, une cantine populaire est organisée par le PDP. Créée durant le covid, plus de 350 repas sont servis par jour, financés uniquement par des dons de particuliers. Il est de la responsabilité de la gauche révolutionnaire de soutenir de manière conséquente la résistance anti-impérialiste et antisioniste. En effet, la lutte pour la libération de la Palestine est partie intégrante de la lutte globale pour un avenir débarrassé du capitalisme, du fascisme et de l’impérialisme. C’est pourquoi nous appelons à soutenir directement le PDP dans son travail à travers une campagne de récolte de fonds à destination de ses activités sociales.

Participez à la campagne de soutien : ici

Since October 7, 2023 and the counter-offensive by the Palestinian resistance, the Zionist state has been carrying out a terrible genocidal offensive in the Gaza Strip, claiming tens of thousands of victims, displacing millions of people and destroying almost all the enclave’s infrastructure. He is confronted by the implacable resistance of an entire people who are fighting against this genocide and more than 76 years of Zionist settlement on their land, Palestine.

But this is a struggle that concerns the entire Arab world, since Israel is nothing more than Western imperialism’s outpost in the region. That’s why the Lebanese resistance supports Gaza by confronting the Zionist regime on its border with occupied Palestine, aware that it is nothing but a vehicle for war, expansionism and imperialist domination. Recently, the Zionist state has stepped up its air strikes and terrorist attacks, killing hundreds, wounding thousands and displacing hundreds of thousands. The southern regions have been hard hit, as have the Bekaa Valley, Beirut and the whole country. This follows the recent statement by criminal and Zionist war minister Yoav Gallant that the military center of gravity was gradually shifting to Lebanon. This is why it is more necessary than ever to support the Palestinian and Lebanese resistance on this front!

This is especially strategic as Lebanon is home to a large number of Palestinian refugees, who have played and must play a major role in the struggle to return to their homeland liberated from colonialism.

In this context, Secours Rouge de Belgique, Secours Rouge Genève and Secours Rouge Toulouse have decided to launch a solidarity campaign with the Popular Democratic Party (PDP) in Lebanon. Founded in 1972, this communist party is involved in the resistance against Israel, and brings together both Palestinian and Lebanese militants. It is a member of Masar Badil – the Alternative Movement of the Palestinian Revolutionary Path, and links the fight against Zionism and imperialism to the necessary revolutionary perspective in Lebanon, the Arab world and internationally.

In Saida, a coastal town south of Beirut, the PDP set up a popular clinic in 1985, which operates without any help from NGOs. Doctors who share socialist ideals come six days a week to treat more than a dozen patients a day. In addition to the clinic, the PDP also organizes a popular canteen. Set up during the covid, it enables the most disadvantaged to have access to hot meals in a dignified manner. Over 350 meals are served every day, financed solely by private donations.

It is the responsibility of the revolutionary left to consistently support anti-imperialist and anti-Zionist resistance. We see the struggle for the liberation of Palestine as an integral part of the global struggle for a future free of capitalism, fascism and imperialism.

That’s why we’re calling for direct support for the PDP’s work through a campaign to raise funds for its social activities.

Against imperialism and Zionism, in solidarity with the Palestinian and Lebanese resistance!

For a free and democratic Palestine from the sea to the Jordan!
Solidarity with the Popular Democratic Party in Lebanon!


1. Texte d’appel de la campagne

English version

Depuis le 7 octobre 2023 et la contre-offensive de la résistance palestinienne, l’Etat sioniste mène une terrible offensive génocidaire dans la bande de Gaza faisant des dizaines de milliers de victimes, déplaçant des millions de personnes et détruisant la quasi totalité des infrastructures de cette enclave. Face à lui, il doit faire face à une résistance implacable de tout un peuple qui lutte contre ce génocide et plus de 76 ans de colonisation de peuplement sioniste sur sa terre, la Palestine.

Mais ce combat est un combat qui concerne l’ensemble du Monde Arabe, tant Israël n’est que le poste avancé de l’impérialisme occidental dans la région. C’est la raison pour laquelle la résistance libanaise soutient Gaza en s’affrontant avec le régime sioniste à sa frontière avec la Palestine occupée, consciente qu’il n’est qu’un vecteur de guerre, d’expansionnisme et de domination impérialiste. Récemment, l’Etat sioniste a multiplié les frappes aériennes et les attaques terroristes faisant des centaines de morts, des milliers de blessés et des centaines de milliers de personnes déplacées. Les régions du Sud sont durement touchées mais aussi la vallée de la Bekaa, Beyrouth et l’ensemble du pays. Cela fait suite à la récente déclaration du criminel et ministre sioniste de la guerre Yoav Gallant qui a affirmé que le centre de gravité militaire se déplaçait progressivement au Liban. C’est pourquoi il est plus que jamais nécessaire de soutenir la résistance palestinienne et libanaise sur ce front !

Celui-ci est d’autant plus stratégique que le Liban abrite une grande partie de réfugié·es palestinien·nes qui ont joué et doivent jouer un rôle majeur dans la lutte pour le retour sur leur terre libérée du colonialisme.

Dans ce cadre, le Secours Rouge de Belgique, le Secours Rouge Genève et le Secours Rouge Toulouse ont décidé de lancer une campagne de solidarité avec le Parti Démocratique du Peuple (PDP) au Liban. Fondé en 1972, ce parti communiste est partie prenante dans la résistance contre Israël et regroupe autant des militants palestiniens et libanais. Membre de Masar Badil – Mouvement alternatif de la voie révolutionnaire palestinienne, il lie le combat contre le sionisme et l’impérialisme à la nécessaire perspective révolutionnaire au Liban, dans le Monde Arabe et au niveau international.

A Saïda, ville côtière au sud de Beyrouth, le PDP a mis en place depuis 1985 une clinique populaire qui fonctionne sans aucune aide d’ONG. Des médecins partageant des idéaux socialistes viennent six jours sur sept traiter plus d’une dizaine de patient·es par jour. En plus de la clinique, une cantine populaire est aussi organisée par le PDP. Créée durant le covid, elle permet aux plus démunis d’avoir accès à des repas chauds de manière digne. Plus de 350 repas sont servis par jour, financés uniquement par des dons de particuliers.

Il est de la responsabilité de gauche révolutionnaire de soutenir de manière conséquente la résistance anti-impérialiste et antisioniste. Nous considérons que la lutte pour la libération de la Palestine est partie intégrante de la lutte globale pour un avenir débarrassé du capitalisme, du fascisme et de l’impérialisme.

C’est pourquoi nous appelons à soutenir directement le PDP dans son travail à travers une campagne de récolte de fonds à destination de ses activités sociales.

Contre l’impérialisme et le sionisme, solidarité avec la résistance palestinienne et libanaise !

Pour une Palestine libre et démocratique de la mer au Jourdain !

Solidarité avec le Parti Démocratique du Peuple au Liban !


2. Contacts et informations pour les dons

Secours Rouge de Belgique : info@secoursrouge.org

Secours Rouge Toulouse : secoursrougetoulouse@protonmail.com

Secours Rouge Genève : sr-ge@immerda.ch


3. Analyse du PDP de mai 2025

A la fin du mois de mai 2025, le Parti Démocratique du Peuple nous a remis une analyse de la situation politique internationale ainsi que de la situation en Palestine et au Liban. Après traduction, nous la partageons ici afin qu’elle alimente les débats au sein du mouvement international de résistance contre l’impérialisme et le sionisme.

Suite à la crise économique qui a frappé le système capitaliste mondial et affaibli la domination impérialiste, le rôle et l’influence des pays émergents et en développement se sont considérablement renforcés. Parallèlement, des blocs régionaux et internationaux, tant politiques qu’économiques et sécuritaires, se sont formés, acquérant un poids et une influence croissants à l’échelle mondiale. Ces dynamiques marquent l’émergence d’un nouvel ordre mondial multipolaire, qui remet en question l’unilatéralisme américain dominant depuis l’effondrement de l’Union soviétique et du bloc socialiste.

Face à cette évolution, l’impérialisme américain cherche à préserver sa position de domination et de contrôle, en intensifiant sa politique de pillage des peuples afin de surmonter ses crises économiques. Pour ce faire, il a attisé les guerres et intensifié les conflits ethniques, raciaux et religieux, tant entre les nations qu’à l’intérieur même des États. Il a aussi renforcé sa confrontation avec les forces opposées à l’hégémonie américaine, s’efforçant d’éliminer les mouvements de libération nationale, tout en soutenant les régimes réactionnaires et les forces contre-révolutionnaires à l’échelle mondiale.

Et puisque le capitalisme traverse une crise structurelle profonde, on assiste à une montée des forces d’extrême droite fascisantes dans la plupart des pays capitalistes, notamment aux États-Unis. L’administration Trump incarne une forme de capitalisme parmi les plus réactionnaires et agressives, exprimée par des menaces d’appropriation des terres d’autres nations, de leurs ressources naturelles, et par la volonté de provoquer des déplacements forcés de populations, allant jusqu’à déclencher une guerre commerciale avec la Chine et d’autres pays à travers le monde.

Cette politique reflète la profondeur de la crise économique et l’impasse pour en sortir. Cela a poussé l’administration américaine à revenir sur la mondialisation qu’elle avait imposée il y a des décennies, laquelle servait sa position hégémonique impérialiste. Parmi ses principes : zéro droit de douane, ouverture des frontières à la libre circulation des marchandises, des produits et des technologies, ce qui avait renforcé sa domination internationale en tant que première puissance économique mondiale. Aujourd’hui, elle revient à une politique protectionniste en imposant des droits de douane, en fermant les frontières, en expulsant les migrants et en s’appropriant des terres, le tout sous le slogan : « L’Amérique d’abord ».

La crise du système capitaliste mondial s’est intensifiée avec la montée des soulèvements et des mobilisations populaires dans les pays occidentaux. Des foules massives ont envahi les rues, dans les villes comme dans les campagnes, pour dénoncer la guerre d’extermination sioniste contre le peuple palestinien dans la bande de Gaza. Compte tenu de la complicité de l’impérialisme américain et de l’Occident colonial dans cette guerre, les protestations ont visé l’ensemble du camp ennemi.
Ces manifestations ont rapidement pris une dimension à la fois politique et sociale. Les populations occidentales, durement affectées par les conséquences des guerres impérialistes, notamment en Ukraine et dans le monde arabe, à travers l’inflation, la dégradation du niveau de vie, le recul des acquis sociaux et les restrictions des libertés publiques. Dans ce contexte, les mouvements populaires et les mobilisations étudiantes au sein des universités se sont levés contre la brutalité du capitalisme, aussi bien sur le plan intérieur qu’à l’échelle internationale, au centre comme en périphérie du système.

Ce nouvel élan contestataire ouvre des perspectives prometteuses pour les forces de gauche et les mouvements révolutionnaires. Il les appelle à intensifier leur lutte, à renforcer leur organisation et à mobiliser largement les masses face à cet affrontement historique.

Dans notre région arabe, les forces de la résistance libératrice ont mené la bataille la plus violente et la plus vaste de l’histoire du conflit arabo-sioniste, et ce malgré le déséquilibre des rapports de force en faveur du camp ennemi, tant à l’échelle régionale que mondiale. Il s’agit d’une guerre globale dans laquelle l’impérialisme a mobilisé l’ensemble de son arsenal militaire, sécuritaire, technologique, économique et politique, mobilisant également les institutions internationales pour couvrir l’agression et empêcher toute forme de condamnation.

En face, les forces de la résistance et les peuples qui les soutiennent ont affronté cette guerre fasciste avec une volonté inébranlable, portés par la légitimité de leur cause et le droit à la liberté, armés de moyens modestes comparés à la puissance de l’ennemi. Ce fut une épopée de résistance et de combat héroïque, en particulier à Gaza et au Liban, qui a émerveillé les amis et bouleversé les ennemis.

Les forces de la résistance n’ont pas remporté une victoire totale sur l’ennemi, mais elles n’ont pas non plus subi une défaite écrasante, comme le prétend l’adversaire. Certes, la résistance a subi de lourdes pertes au sein de sa structure, de sa direction et de sa base populaire, mais elle ne s’est ni repliée ni brisée. Elle a concrétisé sur le terrain le slogan de l’unité des fronts et des champs de bataille, tout en infligeant de lourdes pertes au camp ennemi : humaines, matérielles, économiques et sociales.

La guerre de libération s’est ainsi étendue à l’ensemble du territoire de la Palestine historique, au point qu’il ne reste plus de lieu sécurisé pour les colons.

Au Liban, en raison de la brutalité de l’agression sioniste, de l’augmentation du nombre de martyrs et de blessés parmi les civils, des vastes déplacements de population dans le Sud, le Békaa et la banlieue sud de Beyrouth, ainsi que de la destruction totale de villages et de quartiers entiers, et face à la montée des voix de l’extrême droite fascisante et réactionnaire, en accord avec l’ennemi sioniste et ses maîtres américains, qui reprochent à la résistance la responsabilité des événements, la résistance a accepté l’accord de cessez-le-feu conclu par les autorités politiques libanaises.

Il s’agit d’un accord déséquilibré, favorable à l’ennemi, d’autant plus que sa mise en œuvre est supervisée par l’impérialisme américain, complice des sionistes dans cette agression. Lors de la mise en œuvre de l’accord, l’ennemi a poursuivi son agression ouverte contre le Liban, pénétrant dans les villages que les résistants lui avaient interdits pendant la guerre, faisant exploser et incendiant ce qui restait des habitations, et poursuivant les assassinats de résistants, libanais comme palestiniens, sous le regard complice du comité de supervision et dans le silence troublant des autorités politiques.

Malgré tout cela, des voix internes, inféodées à l’ennemi, continuent de réclamer le désarmement de la résistance, tandis que cette dernière se concentre sur la réorganisation de ses rangs et la reconstruction de sa structure, en préparation des prochaines étapes.

La défaite subie par les forces de libération et de résistance, ainsi que la chute dramatique du régime en Syrie, ont offert au camp ennemi une opportunité de mettre en œuvre le projet du Nouveau Moyen-Orient, un Moyen-Orient sous souveraineté américaine et dirigé par l’entité sioniste, ce qui renforce l’hégémonie impérialiste et consolide la domination coloniale sur nos pays et l’ensemble de la région.

En résumé, le projet impérialiste et sioniste a remporté des gains politiques et militaires, mais il n’a pas obtenu de victoire absolue dans cette phase du conflit. Bien que les forces de la résistance aient subi une lourde défaite, cela ne constitue pas une défaite totale. Les résultats du conflit doivent être mesurés en termes de points et d’accumulation, et non d’un coup décisif. Ainsi, le camp de la résistance doit évaluer cette phase, en tirer les leçons nécessaires et se préparer pour les prochaines étapes. Cela implique de comprendre les causes de l’échec dans l’analyse scientifique de la structure de l’entité sioniste et de son rôle au service du système capitaliste mondial dans la région. Une telle compréhension permettra d’anticiper l’ampleur de l’intervention occidentale pour soutenir et protéger l’entité, ce qui revient à défendre le projet colonial occidental.

Il faut également actualiser les connaissances profondes sur l’évolution de la doctrine militaire sioniste, notamment sa capacité à mener des guerres prolongées sur plusieurs fronts ce qui va à l’encontre des idées initiales des forces de l’axe de la résistance. Enfin, il est nécessaire d’adopter de nouvelles stratégies de confrontation, en abandonnant la guerre régulière et semi-régulière comme méthode principale, et en revenant à la guerre de guérilla, qui a fait ses preuves avec les mouvements de libération nationale, jusqu’à la guerre dans la bande de Gaza.

Ces conclusions ne signifient pas une acceptation des résultats de la guerre, mais plutôt une préparation et une reconstruction des forces, en prenant en compte les leçons tirées. L’une des principales leçons est de se préparer pour la prochaine confrontation en créant un large front national, basé sur un programme de libération nationale et sociale, qui s’adresse aux masses populaires arabes et aux peuples de la région. Il est également crucial de définir la contradiction principale, qui se trouve dans le capitalisme mondial, l’impérialisme américain, l’Occident colonial, l’entité sioniste, la réaction arabe et les forces fascistes, qui sont les ennemis du peuple arabe, des peuples du monde et de l’humanité toute entière. L’unité de la lutte de libération mondiale, entre les peuples du Nord et du Sud, devient ainsi essentielle, en particulier face à la montée du fascisme chez les forces les plus réactionnaires du capitalisme, ce qui aggrave les menaces pesant sur l’humanité. Par conséquent, il est urgent pour les forces de libération et de révolution dans le monde de construire une nouvelle internationale combative, qui renforce la solidarité entre les peuples et guide la lutte nationale et de classe avec une perspective socialiste.

Parti Démocratique du Peuple
Beyrouth, Mai 2025.


4. Entretien vidéo avec le PDP


5. Affiche et photos

Mobilisation du Parti Démocratique du Peuple

Mobilisation du Parti Démocratique du Peuple

Mobilisation du Parti Démocratique du Peuple

Mobilisation du Parti Démocratique du Peuple

Mobilisation du Parti Démocratique du Peuple

Mobilisation du Parti Démocratique du Peuple

Cantine populaire, Saïda

Cantine populaire, Saïda

Cantine populaire, Saïda

Cantine populaire, Saïda

Cantine populaire, Saïda

Cantine populaire, Saïda

Cantine populaire, Saïda

Cantine populaire, Saïda

Cantine populaire, Saïda

Cantine populaire, Saïda

Clinique "Martyr Rasheed Broum", Saïda

Clinique « Martyr Rasheed Broum », Saïda

Clinique "Martyr Rasheed Broum", Saïda

Clinique « Martyr Rasheed Broum », Saïda

Clinique "Martyr Rasheed Broum", Saïda

Clinique « Martyr Rasheed Broum », Saïda

Clinique "Martyr Rasheed Broum", Saïda

Clinique « Martyr Rasheed Broum », Saïda

 

 

English Below

Depuis 2015, le Secours Rouge International organise une campagne de récolte de fonds pour financer des pansements hémostatiques dit Celox qui sont envoyés au Kurdistan. Cette initiative a permis d’en acheminer plusieurs centaines. Ils ont été distribués à plusieurs composantes du mouvement révolutionnaire au Rojava (Kurdistan syrien) : le mouvement de défense de la jeunesse, le mouvement de défense des femmes, les unités de protection, ainsi qu’à différents groupes internationalistes sur place. Lors des combats contre l’Etat Islamique ces bandages ont été d’une aide précieuse et ont permis de sauver des vies.

Aujourd’hui, l’ennemi n’est plus le même mais les combats continuent. En effet, l’armée turque et ses alliés islamistes ont envahi plusieurs parties du Kurdistan syrien et iraquien. L’objectif du fascisme turc est d’éradiquer le projet révolutionnaire qui grandit proche de ses frontières. Les forces révolutionnaires résistent héroïquement comme nous avons pu le voir lors de la bataille de Serê Kaniyê ou plus récemment dans les montagnes de Garé. L’achat et l’envoi des pansements Celox est l’un des moyens le plus effectifs pour soutenir les combattantes et combattants sur place.

Pour promouvoir la campagne nous avons fait appel à l’artiste genevois Thomas Perrodin, afin qu’il réalise une affiche. Elle représente la solidarité qui s’est construite ,et se construit encore, avec le mouvement révolutionnaire kurde. Son tirage sérigraphié est limité à 100 exemplaires numérotés. Le prix de soutien de 30frs est entièrement utilisé pour l’achat des pansements Celox.

Les affiches sont disponibles lors de nos événements, tables de presse ou en nous contactant par email ou sur les réseaux sociaux.

Renforçons la solidarité avec le mouvement révolutionnaire au Kurdistan !

Berxwedan Jiyane ! La résistance c’est la vie !

Secours Rouge Genève

Contact email : sr-ge@immerda.ch

Liste des lieux de distribution de l’affiche :

– Atelier Crache Papier, rue de la coulouvrenière 11 – 2e étage – Genève

Plus de lieux bientôt !

Site de la campagne Celox : https://shengal.xyz/

 


 

Support poster for the Celox campaign

Since 2015, the International Red Help has organized a fundraising campaign for Celox hemostatic bandages sent to Kurdistan. Hundreds were forwarded thanks to this initiative. They were distributed to composants of the revolutionary movement in Rojava (syrian Kurdistan): the youth defense movement, the women defense movement, the protection unities, and other internationalist groups there. During the battles against the Islamic State these bandages were a great help and saved lives.

Today the enemy is no longer the same but the struggle continues. The turkish army and its islamist allies have invaded parts of the syrian and iraqi Kurdistan. The turkish fascism’s goal is to eradicate the revolutionary project growing at its borders. The revolutionary forces are resisting heroically as they have during the battles in Serekanye or more recently in the mountains of Garé. Buying and sending the Celox bandages is one of the most effective ways to support the fighters in Rojava.

In order to help us promote this campaign, Thomas Perrodin, Geneva based artist, accepted to create this poster. It represents the solidarity that was built and is still being built with the kurdish revolutionary movement. The prints are limited to a 100 numbered copies. They each cost 30 swiss francs and the money collected is entirely destined to buying Celox bandages. Posters will be available at our events, or by contacting us via our social medias or email.

May we strengthen the solidarity with the revolutionary movement in Kurdistan !

Berxwedan Jiyane ! Resistance is life !

Red Help Geneva

Contact email : sr-ge@immerda.ch

Copies can be found at :

– Atelier Crache Papier, rue de la coulouvrenière 11, 2e étage, Genève

More distribution points soon !

Celox campaign website : https://shengal.xyz/

1° Introduction

Lors d’arrestations de masse, les deux endroits les plus utilisés sont « Les casernes » (complexe de la police fédérale) et « L’amigo » (commissariat central de la police de Bruxelles).
A ces deux endroits s’ajoutent parfois: Le « RAC » (siège notamment de la police judiciaire) et le palais de justice qui disposent de nombreuses cellules.
En cas d’arrestation judiciaire un transfert peut vite avoir lieu vers la prison de Saint-Gilles, de Forest ou de Berckendael (pour les femmes).
Des détentions peuvent aussi se produire dans un des commissariats de la zone de police où l’arrestation a été opérée.
Voici la répartition des zones de police:

2° « L’Amigo »

C’est le commissariat central de la zone de police Bruxelles Capitale Ixelles. Il se situe près de la Grand Place, 30 rue du Marché au charbon.
C’est un immeuble assez ancien, partie pierre, partie brique, les personnes arrêtées y pénètrent souvent par le garage.
Il y a un accueil téléphonique: 02 279 79 79

3° « Les casernes »

La Caserne Lieutenant Général Baron de Witte et la Caserne Major Geruzet sont des anciennes casernes de cavalerie du XIXe siècle, en briques ornées de pierres. Excentrées, elles sont occupées par la Police fédérale et recèlent un complexe de vastes cellules équipé et adapté aux arrestations de masse.
294 boulevard Général Jacques, 1040 Bruxelles (Etterbeek).

3° Le « RAC »

C’est le siège de la police judiciaire, mais il s’y trouve un complexe cellulaire exploité par la zone de police locale Bruxelles-capitale/Ixelles.
C’est un bâtiment moderne de la dite « cité administrative », dans le centre ville.
Bâtiment « Polis », 202 rue Royale 202A à 1000 Bruxelles.

4° Le Palais de justice

Dispose aussi de nombreuses cellules, dans lesquelles sont transférées les personnes en arrestations judiciaires devant être entendues par un juge d’instruction.
Place Poelaert 1, 1000 Bruxelles.

5° La prison de Forest

Totalement évacuée au profit de la prison de Haren (novembre 2023).

6° La prison de Saint-Gilles

Presque totalement évacuée au profit de la prison de Haren.
La prison de Saint-Gilles est une maison d’arrêt.
Toutefois, elle héberge également un nombre limité de condamnés.
Avenue Ducpétiaux 106, 1060 Saint-Gilles
Accueil téléphonique: 02 543 58 26
Lien pour des renseignements supplémentaires (heures des visites etc.)

7° La prison de Berkendael

C’était la prison pour femmes jusqu’à ce qu’elles soient transférée à Haren après l’ouverture de la nouvelle prison.
C’est désormais une maison de détention destinée aux personnes condamnées à de courtes peines.
Les détenus y bénéficient d’un régime moins strict qu’au sein d’une prison ordinaire.
Rue de Berkendael 42-44, 1190 Forest
Accueil téléphonique: 02 349 32 11
Lien pour renseignements supplémentaires (heures des visites etc.)

8° La prison de Haren

Nouveau complexe pénitentiaire de Haren, destiné à remplacer les prisons de Forest, Saint-Gilles et Berkendael. Le centre comptera finalement 1190 places (ce qui ne permet pas d’accueillir le nombre de détenus actuels dans les trois prisons) réparties en plusieurs institutions: certaines réservées aux hommes, d’autres aux femmes, avec des régimes plus ou moins stricts, la structure pour la détention préventive,…
Adresse: R22, Woluwelaan, 1130 Bruxelles

9° Les commissariats de la zone de police Bruxelles Capitale et Ixelles

Outre l’Amigo déjà cité:
Direction de Proximité et d’intervention « Laeken », 246 Boulevard Emile Bockstael à 1020 Laeken: plus d’info
Direction de Proximité et d’intervention « Ixelles-Louise », 1 rue du Collège à 1050 Ixelles: plus d’info
Direction de Proximité et d’intervention « Neder-over-Hembeek/Haren », 130 avenue de Versailles: plus d’info
Commissariat de quartier « Europe », 10 boulevard Clovis: plus d’info
Commissariat de quartier « Dansaert », 6 rue du Houblon: plus d’info
Commissariat de quartier « Vieux Marché », 15 rue de l’Hectolitre: plus d’info
Commissariat de quartier « Nicolay », 8 rue Nicolay: plus d’info
Commissariat de quartier « Houba », 141 avenue Houba de Strooper: plus d’info

9° Les commissariat de la zone de police « Midi » (Saint-Gilles, Anderlecht et Forest)

Commissariat central de Saint-Gilles, 104 rue Antoine Bréart: plus d’info
Commissariat central d’Anderlecht, 36 rue Démosthène: plus d’info
Commissariat central de Forest, 30 rue du Curé: plus d’info
Commissariat de quartier, 2C avenue des Droits de l’Homme à 1070 Anderlecht: plus d’info
Commissariat de quartier, 2 rue Van Lint à 1070 Anderlecht: plus d’info
Commissariat de quartier, rue Victor Rauter à 1070 Anderlecht: plus d’info
Commissariat de quartier, 1 Parvis Saint-Gilles à 1060 Saint-Gilles: plus d’info

10° Les commissariats de la zone de police « Nord » (Schaerbeek, Saint-Josse et Evere)

Commissariat de police 1 « Rodenbach », 15 avenue Georges Rodenbach à 1030 Schaerbeek: plus d’info
Commissariat de police 2 « Hoedemaekers », 9 Square S. Hoedemaekers à 1140 Evere: plus d’info
Commissariat de police 3 « Roodebeek », 66 avenue de Roodebeek à 1070 Anderlecht: plus d’info
Commissariat de police 4 « Bériot », 2A rue de Bériot à 1210 Saint-Josse-ten-Noode: plus d’info
Commissariat de police 5 « Brabant », 82 rue de Brabant à 1210 Saint-Josse-ten-Noode: plus d’info
Antenne « Koban-Brabant », 2 rue Brichaut à 1030 Schaerbeek: plus d’info
Antenne « Haut-Evere », 52  v. du Cimetière de Bruxelles à Evere : plus d’info

11° Les commissariats de la zone de police « Ouest » (Molenbeek, Jette, Ganshoren, Berchem-Sainte-Agathe et Koekelberg)

Commissariat « Centre », 2 rue du Facteur à 1080 Molenbeek-Saint-Jean: plus d’info
Commissariat « Canal », 30A quai des Charbonnages à 1080 Molenbeek-Saint-Jean: plus d’info
Commissariat « Marie-José », 3 avenue De Rooveres à 1080 Molenbeek-Saint-Jean: plus d’info
Commissariat « Maritime », 22-24 rue François Mus à 1080 Molenbeek-Saint-Jean: plus d’info
Commissariat « Mettewie », 535 chaussée de Gand à 1080 Molenbeek-Saint-Jean: plus d’info
Antenne de quartier « Liverpool », 33 rue de Liverpool à 1080 Molenbeek-Saint-Jean: plus d’info
Commissariat de Jette, 11 place Cardinal Mercier à 1090 Jette: plus d’info
Commissariat de Ganshoren, 163 avenue Van Overbeke à 1083 Ganshoren: plus d’info
Commissariat de Berchem-Sainte-Agathe, 15 rue des Alcyons à 1082 Berchem-Sainte-Agathe: plus d’info
Commissariat de Koekelberg, 4 rue de la Sécurité à 1081 Koekelberg: plus d’info

12° Les commissariats de la zone de police Uccle/Watermael-Boisfort/Auderghem

Commissariat central « Marlow » (Uccle), 17 rue Rouge à 1180 Uccle: plus d’info
Commissariat Tritomas (Watermael-Boisfort et Auderghem), 7 rue des Tritomas à 1170 Watermael-Boitsfort: plus d’info
Antenne Fort-Jaco, 22 avenue du Fort Jaco à 1180 Uccle: plus d’info

13° Les commissariats de la zone de police « Montgommery » (Etterbeek, Woluwe-Saint-Pierre et Woluwe-Saint-Lambert)

Maison de police Etterbeek, 122 chaussée Saint-Pierre à 1040 Etterbeek: plus d’info
Maison de police Woluwe-Saint-Lambert, 15 rue François de Belder à 1200 Woluwe-Saint-Lambert: plus d’info
Maison de police Woluwe-Saint-Pierre, 100 rue François Gay à 1150 Woluwe-Saint-Pierre: plus d’info

14° Hors Bruxelles

Les étrangers en situations irrégulières peuvent être placé (s’il ne leur est reproché que leur situation irrégulière) au:
Centre de rapatriement 127bis, 300 Tervuursesteenweg à 1820 Steenokkerzeel
Téléphone: 02 759 42 99

Considérant les manifestations qui s’y déroulent en raison de la proximité du centre 127 bis nous ajoutons à cette liste:
Commissariat de Zaventem, 20 Hoogstraat à 1930 Zaventem: plus d’info

L’aéroport international de Zaventem possède son propre commissariat.
Les services de police de l’aéroport sont joignables en permanence via le numéro de téléphone centralisé : 02 709 66 66.

Dernière actualisation: novembre 2019

Voici plusieurs années que le Secours Rouge met et remet ce guide en ligne. S’ilrestee encore insuffisante, c’est en raison du flou juridique qui règne sur la question.
Le principal problème est que non seulement les textes de lois sont susceptibles d’interprétation et font parfois l’objet d’une jurisprudence complexe, mais qu’à ces textes s’ajoutent une foule de règlements communaux. Dans plusieurs cas, ces règlements sont anti-constitutionnels, mais le savoir ne consolera que médiocrement le manifestant qui se retrouvera au cachot pour les avoir bravés. Il reste dans ces cas la possibilité de consacrer une fortune pour obtenir que le Conseil d’Etat annule le règlement après des mois de procédure… mais le conseil communal est libre de revoter le même règlement et tout est à recommencer.
Nous vous invitons à utiliser ce « guide » avec souplesse, en considérant que ce qui est autorisé dans une commune est parfois interdit dans une autre (les diffs de tracts sont parfois assimilées à une « activité publicitaire » interdite sur la voie publique…). Cet exercice est d’autant plus difficile qu’il faudra faire face au bluff de policiers qui prétendront interdites des choses autorisées… Mais enfin, un guide imparfait vaut mieux que pas de guide du tout.
Merci de nous signaler les lacunes, les confirmations, les questions qui se sont posées et qui n’y figurent pas, etc. Nous actualiserons et complèterons ce guide en ligne au fur et à mesure…

Que la publication de ce guide légal ne soit pas compris comme une invitation à respecter la loi.
Le travail anti-répression du Secours Rouge est partie intégrante du combat révolutionnaire anti-capitaliste. Et si nous pensons qu’il faut utiliser les moyens légaux, nous savons qu’ils ne suffiront pas pour renverser l’ordre existant. Comment pourrait-il en être autrement puisque le droit ne fait qu’entériner un rapport de force social, ne fait que faciliter la reproduction de l’ordre existant. Adopter les limites du droit bourgeois pour lutter contre le pouvoir de la bourgeoisie, c’est se couper le pied pour le faire entrer dans la chaussure.
Ce guide légal vise donc à aider à faire les choix (Est-ce légal ? Est-ce illégal?) et à permettre de savoir quand on franchit la ligne qui autorise la répression légale, et donc de prendre les dispositions d’usage, à commencer par l’anonymat…

1. Dans les « lieux publics »

1.1. Qu’est-ce qu’un lieu public ?

C’est la rue, les cafés, les transports en communs, les salles de spectacles, les réunions ouvertes à tout le monde. Mais pas : les parties des entreprises non ouvertes au public, les écoles, etc.

1.2. « Vos papiers ! »

Tout policier a le droit de demander la présentation des pièces d’identité dans un lieu public (les policiers en civil devront vous montrer leur carte). Théoriquement, on a le droit de prouver son identité « de quelque manière que ce soit » (permis de conduire, carte d’étudiant, passeport…), mais pratiquement, les policiers ne se satisfont que de la carte d’identité ou du passeport.
Si l’on a pas ses papiers sur soi, le policier peut nous donner une contravention et/ou procéder à une arrestation administrative pour vérification d’identité.

1.3. Les fouilles « de sécurité »

Les fouilles superficielles (dites « fouilles de sécurité ») sont autorisées sans formalité particulière dès que le policier considère que l’activité présente un risque de menace réelle pour l’ordre public : fouilles des vêtements, simple palpation du corps et des vêtements (sans déshabillage), sac, valise et voiture. Les policiers ne peuvent vous demander de les suivre dans un combi pour vous y déshabiller partiellement. La fouille ne doit pas forcément être effectuée par une personne de votre sexe. La fouille « de sécurité », comme la fouille du véhicule, ne peut durer plus d’une heure. Dans certains cas, les agents de sécurité peuvent procéder à cette fouille (voir 1.10.).

1.4. Les saisies

La police peut saisir tout ce qui a servi à commettre une infraction, ou tout objet « suspect ».
On a le droit de réclamer une liste des objets saisis (ils devront être restitués en cas d’acquittement, si aucune poursuite n’est intentée, ou si la confiscation n’a pas été prononcée par le tribunal qui vous aurait condamné).
La police n’a pas le droit de consulter le contenu d’un téléphone portable ni de confisquer celui-ci. Si elle estime qu’il contient une preuve importante, elle a besoin d’une autorisation du juge pour saisir et consulter le téléphone portable. Celui-ci ne peut pas être saisi définitivement, sauf si la police prouve qu’il a été volé ou utilisé pour commettre une infraction, et qu’un juge l’a décidé.

1.5. Arrestation administrative

La police peut vous amener au commissariat sans mandat (« arrestation administrative »). Théoriquement ils doivent le faire « en cas d’absolue nécessité », si vous faite obstacle à la liberté de circulation, si vous « perturbez la tranquillité publique », si des indices sérieux indiquent que vous vous préparez à commettre une infraction, etc. L’arrestation administrative a une durée maximale de 12 heures. Il existe quelques exceptions à cette règle. Une arrestation dans la zone ‘Eurostar’ entraîne une privation de liberté de 24 heures. Les étrangers en situation irrégulière peuvent être privés de liberté durant 24 heures. L’arrestation administrative en cas de troubles sur la voie publique en état d’ivresse est limitée à 6 heures. Il faut toujours insister pour qu’une personne de confiance soit avertie de l’arrestation. Pour les mineur-e-s, les policiers sont obligés d’accepter. Pour les majeur-e-s, l’appel sera autorisé pourvu qu’il ne risque pas de nuire à une éventuelle enquête judiciaire. Les motifs de ce refus doivent être mentionnés dans le registre de privations des libertés. Ce sont les policiers qui décident de vous laisser téléphoner vous-même ou de téléphoner à votre place (ce qu’ils font le plus souvent).
Le droit à l’avocat dès le commissariat de police est garanti en Belgique depuis le 1er janvier 2012. L’arrêt Salduz (Cour Européenne des Droits de l’Homme) passé en novembre 2008 mentionne l’obligation de présence d’un avocat dès le premier interrogatoire d’un suspect par la police sauf raisons impérieuses pour circonstances particulières dans le cadre du droit à un procès équitable. Le droit belge a transposé cet arrêt dans une loi publié dans le Moniteur le 5 septembre 2011.
Une directive ministérielle donne le droit aux policiers de photographier les personnes en arrestation administrative « s’il y a soupçon qu’un délit ait été commis ou qu’il y ait appartenance à un mouvement ». Autrement dit, c’est à leur discrétion, et pratiquement quasiment systématique pour les activités politiques.
L’arrestation administrative peut devenir une arrestation judiciaire à partir du moment où les policiers préviennent le procureur du roi. Sa durée maximale est de 48 heures (voir ci-dessous).

1.6. Arrestation judiciaire avec mandat d’arrêt

La police peut vous arrêter sur ordre du procureur du roi ou du juge d’instruction qui doit avoir « des indices sérieux de culpabilité » à votre charge. L’arrestation judiciaire a une durée maximale de 48 heures (c’était 24 heures avant le 29 novembre 2017). Au-delà de ce délai, seul un juge d’instruction peut décider, après vous avoir entendu-e-, de vous inculper, et/ou de vous envoyer en prison en vous décernant un mandat d’arrêt. Il faut exiger de pouvoir contacter un avocat et demander que ce soit mis dans le procès-verbal.

1.7. Arrestation judiciaire sans mandat d’arrêt

La police peut vous arrêter sans ordre du procureur du roi ou du juge d’instruction en cas de flagrant délit. Les policiers doivent immédiatement avertir le procureur du roi qui décide de maintenir ou non l’arrestation. L’arrestation judiciaire a une durée maximale de 48 heures (c’était 24 heures avant le 29 novembre 2017). Au-delà de ce délai, seul un juge d’instruction peut décider, après vous avoir entendu-e, de vous inculper et/ou de vous envoyer en prison en vous décernant un mandat d’arrêt.

1.8. Maltraité-e

Si vous avez été brutalisé-e, faites établir un certificat médical dans les 48 heures (pensez que les hématomes n’apparaissent qu’au bout de quelques heures). Recueillez les témoignages (e.a. photographiques). Si vous avez reçu des coups, exigez des soins et une visite à l’hôpital.

1.9. Conseils en cas d’interpellation

Restez calme, ne cherchez pas inutilement le conflit, résistez aux provocations mais soyez ferme face à tout débordement (tentative de saisie d’un agenda par exemple).
Si les policiers sortent de la légalité et commettent un acte manifestement abusif et grossièrement illégal, on peut résister, même activement, même violemment, mais en proportionnant toujours sa résistance à l’acte abusif (vous pouvez vous cramponner à l’agenda que le policier essaie de vous arracher des mains, mais non lui allonger des coups de pieds).
Il ne s’agit pas de rébellion. Le mieux est toujours dans ce cas d’ameuter des témoins et de leur expliquer ce qui se passe, de demander à ce que l’on photographie ou filme la scène, que l’on note les détails, votre nom, que l’on recueille les témoignages.
En cas d’arrestation, il faut vérifier que les heures de début et de fin de l’arrestation, qui doivent être notées dans un registre spécifique, correspondent à la réalité. Le registre doit aussi mentionner la raison de l’arrestation, les objets saisis et l’identité des policiers qui ont procédé aux fouilles. Les policiers doivent demander de signer le registre à la sortie. Si le registre n’est pas complet ou contient des erreurs, il ne faut surtout pas le signer.
Lors d’une arrestation, vos effets (ceinture, portefeuille, téléphone,…) sont placés dans un sac scellé en votre présence. On vous demandera de signer un bordereau à ce moment (bordereau attestant que ces affaires sont les vôtres), et au moment où l’on vous remet ce sac, à votre libération. Ce document n’est pas une document judiciaire. Certains policiers remettent les effets malgré le refus de signer le reçu, d’autres non.

1.10. Et les vigiles?

Une loi approuvée le 1er décembre 2016 par le conseil des ministres prévoit une série de changements pour les vigiles et agents e sécurité (Securail, STIB, etc.). Jusqu’ici, les contrôles, à l’entrée d’un magasin ou d’une salle de spectacle par exemple, n’étaient pas obligatoires. On pouvait refuser de s’y soumettre et surtout, ces contrôles ne pouvaient se réaliser de manière systématique. Désormais, les vigiles pourront procéder à des palpations superficielles et fouiller vos sacs. Des fouilles qui devront néanmoins se justifier par la présence d’une menace potentielle lors d’un événement ou encore lorsque le niveau de la menace le justifie. Les vigiles pourront donc empêcher l’accès aux personnes à certains lieux et auront également la possibilité de contrôler votre identité. Autre volet important de la réforme : les vigiles pourront être armés dans des domaines militaires, au Parlement européen, ainsi que dans les ambassades

2. Aux manifs

2.1. Conseils pour aller à la manif

Pour aller à la manifestation, laissez votre agenda à la maison et idéalement votre téléphone chez vous (en cas de poursuites judiciaires, la police peut évidement aller chercher chez votre opérateur toutes les informations contenues sur votre carte SIM, mais il n’y a aucune raison de leur simplifier la vie et de leur donner accès à des informations sans instruction judiciaire). Si vous prenez votre téléphone, il est important d’active le verrouillage (et si possible, pour les smartphones, activez le chiffrement et enlevez votre carte SD).
Adoptez les chaussures de sport ou de sécurité. Habillez-vous de sombre pour vous fondre si besoin dans la foule des manifestants. Prenez un bonnet, une casquette ou une capuche « au cas ou ». Les plus motivés y ajouteront des gants et, à tout hasard, des lunettes de protection. Dans tous les cas, prenez un peu d’argent, le numéro de téléphone de votre avocat (éventuellement écrit au bic sur votre bras), votre carte d’identité et les prescriptions médicales si vous suivez un traitement.
Si possible, n’allez pas seul-e-s à la manif. Le mieux est d’y aller en groupe et de revenir en groupe. Il est utile de discuter des choix et des craintes des autres membres du groupe.

2.2. Manif autorisée, manif « tolérée », manif interdite

Manifester compte parmi les droits constitutionnels entravés d’innombrables règlements de police. Les communes exigent une autorisation préalable, le plus souvent demandée via un formulaire en ligne.
Manifester sans autorisation crée une situation d’insécurité juridique puisque vous pourriez vous faire réprimer par la police locale pour manifestation « non autorisée » (cf. le chapitre 9).
Sauf à redouter des incidents – ce qui l’amène à étouffer les manifs dans l’œuf – la méthode adoptée par la police en Belgique est généralement de tolérer les manifestations non autorisées.
Les policiers en civil viennent aux renseignements (« combien de temps cela va-t-il durer ? », « quel sera l’itinéraire ? ») et sauf exception (trajet trop contraire à la circulation automobile, durée trop longue, manque d’effectif, proximité d’une représentation diplomatique, tenue d’un Sommet européen, etc.), la manifestation sera tolérée et encadrée. Mais rappelons-le : c’est un simple usage, une simple manière de faire. La police trouve pour l’instant plus « économique » de procéder ainsi, cela peut changer du tout au tout très rapidement, et à chaque événement.
Que la manifestation soit statique ou mobile, qu’elle viennent de tel ou tel courant politique auquel est associé telle ou telle pratique (tags en chemin par exemple), autant de facteurs qui commanderont la tolérance ou la répression.
La tolérance est totalement nulle à proximité d’une représentation diplomatique (un règlement de police interdit à Bruxelles des manifestations à moins de 50 mètres d’une ambassade) ou dans la « zone neutre » Selon l’Article 11 du Règlement général de police de la ville de Bruxelles: La zone neutre comprend la rue Ducale, la rue de Louvain (de la rue du Nord à la rue Royale), la rue Royale (du carrefour des rues de la Croix de Fer, de l’Enseignement et du Treurenberg à la Place Royale), la place des Palais, la place du Trône, la rue Bréderode et l’intérieur de la zone délimitée par ces voies publiques. Le 8 mars 2012, la chambre a adopté une modification à ce règlement, étendant la zone neutre. Celle-ci inclut dorénavant, outre le périmètre précité, le parlement de la Communauté Française, la maison des parlementaires flamands et le complexe du Forum appartenant à la Chambre. Tout rassemblement dans cette zone peut entraîner une arrestation administrative ainsi qu’une amende de 250€.

2.2. Vous êtes filmé-e

A chaque manifestation des policiers filment et photographient les manifestant-e-s à fin de fichage. Dans certains pays, il y a une discipline des manifestant-e-s qui, à défaut de l’empêcher totalement, limite considérablement cette activité (on empêche les photographes d’opérer au sien même de la manif, on se masque, on se groupe derrière des calicots, etc.).
Attention, la technique est très au point. Lors du Sommet de Laeken en 2000, les manifestants ont été poursuivis sur base de photos prises de l’hélicoptère de la police ! Ils étaient parfaitement reconnaissables sur les clichés.
En Belgique, la ‘loi anti-burqa’ (Loi visant à interdire le port de tout vêtement cachant totalement ou de manière principale le visage) est entrée en vigueur début juillet 2011. Celle-ci puni tous ceux qui se présentent dans les lieux publics le visage masqué ou dissimulé en tout ou en partie, de manière telle qu’ils ne soient pas identifiables.

2.4. Utilisation de la force par les policiers

Tout policier peut « en tenant compte des risques que cela comporte », recourir à la force en respectant trois principes :
– 1. Principe de légalité : l’objectif poursuivi doit être légitime et prévu par la loi (contrôle d’identité légal, fouille légale, arrestation légale…)
– 2. Principe de nécessité : il ne doit pas y avoir d’autre moyen que la force pour atteindre l’objectif légal.
– 3. Principe de proportionnalité : l’usage de la force doit être strictement nécessaire pour atteindre l’objectif poursuivi.
En outre, l’usage de la force doit être précédé d’un avertissement, sauf si cela rend l’action inopérante.
Les policiers peuvent faire usage de leur arme dans trois cas :
– 1. Légitime défense.
– 2. Contre des personnes armées ou en direction de véhicules où se trouvent des personnes armées en cas de flagrant délit commis avec violence, et quand les policiers ont de bonnes raisons de croire que ces personnes ont une arme prête à l’emploi et qu’elles vont l’utiliser.
– 3. En cas d’absolue nécessité pour défendre les personnes, les lieux ou les biens confiés à leur protection.
Pratiquement, la police a une interprétation TRÈS extensive de ce cadre.

2.5. Peut-on photographier ou filmer la police?

On a le droit de filmer la police mais ils ne se laissent pas faire et peuvent prétexter une rébellion à posteriori. En revanche, la jurisprudence n’est pas claire concernant la diffusion de ses images, d’autant que les procès portent parfois sur le cadre de la diffusion des images (des policiers ont porté plainte pour « diffamation » parce qu’ils étaient reconnaissables sur les photos d’une exposition sur les violences policières..

3. Dans un lieu privé

3.1. Qu’est-ce qu’un lieu privé ?

Les domiciles particuliers, les entreprises dans leur partie fermée au public, les écoles, les réunions ou les fêtes où l’on ne peut entrer que sur invitation (domicile, dépendances, local utilisé à des fins personnelles)

3.2. Les cas où la police peut entrer chez vous sans mandat

La police peut entrer chez vous en cas de flagrant délit, d’indices sérieux relatifs aux infractions sur les stupéfiants, en cas d’incendie ou d’inondation, ou si vous avez donné votre accord.

3.3. Les cas où la police peut entrer chez vous à votre insu

Le juge d’instruction peut autoriser les services de police à pénétrer dans un lieu privé à l’insu du propriétaire ou de l’occupant, ou sans le consentement de ceux-ci s’il existe des indices sérieux que les faits punissables constituent ou constitueraient un délit punissable de plus d’un an de prison ou sont ou seraient commis dans le cadre d’une organisation criminelle et si les autres moyens d’investigation ne semblent pas suffire à la manifestation de la vérité. (cf point 5)

3.4. Munie d’un mandat, la police peut-elle entrer chez vous à n’importe quelle heure ?

Non, la perquisition doit avoir lieu entre 5 heures du matin et 21 heures.

3.5. Avez-vous le droit le droit d’assister à toute la perquisition ?

Il semblerait que oui, mais c’est un point que nous ne sommes pas parvenus à éclaircir totalement.

3.6. Conseils aux militant-e-s à la porte desquels les flics viennent sonner

Restez calme. N’ouvrez pas tout de suite (en cas de perquisition ordinaire, c’est-à-dire s’ils ne prennent pas d’assaut votre appartement en défonçant les portes). Vérifiez s’il s’agit bien d’une perquisition.
Les policiers peuvent présenter une simple demande de visite domiciliaire comme s’il s’agissait d’une perquisition. Or, vous avez le droit de vous opposer à la première (sauf point 3.1.). Ne cédez pas aux pressions : les policiers présenteront votre refus d’ouvrir sans mandat comme quelque chose de « louche », et a contrario le fait que vous les laissiez entrer comme « la preuve » que vous n’avez rien à vous reprocher. Refusez cette logique. Pas de mandat, par d’accès !
Demandez à voir le mandat qui peut être glissé sous la porte ou dans la boîte aux lettres. Le lire posément, vérifier la date, notez le nom du juge d’instruction. Prévenir un proche et/ou un avocat. Ensuite ouvrir.

4. Le « droit de résistance »

4.1. Qu’est-ce qu’une « rébellion » ?

C’est une résistance contre les forces de l’ordre qui agissent pour exécuter les lois, avec violence (même légère) ou menaces (le policier doit craindre un danger réel et imminent). C’est un délit.
Vous n’êtes pas en rébellion si vous refusez seulement d’obéir à un ordre ; vous résistez passivement (vous vous couchez par terre, etc.), vous vous enfermez dans un refuge, vous vous enfuyez pour échapper à une arrestation, vous proférez des « menaces » clairement fantaisistes.
Vous êtes en rébellion si vous vous débattez quand vous êtes tenu-e par un policier ; vous frappez un policier sans légitime défense ; vous foncez violemment sur un barrage de policier.
Vous êtes en rébellion avec circonstances aggravantes si vous êtes « en bande » (deux personnes suffisent) ; vous êtes armé-e (ne serait-ce que d’une pancarte, d’un boulon).
Bien entendu, les policiers usent et abusent de l’accusation de rébellion, et cela donne lieu à une jurisprudence complexe. Si résister passivement en se couchant par terre ne peut être qualifié de rébellion, on a vu des militants poursuivis pour rébellion « parce qu’ils s’étaient raidis » lorsque les policiers les avaient empoignés! Cette interprétation abusive est néanmoins en recul: il faut que la réaction physique du manifestant soit dirigée contre le policier pour qu’il y ait rébellion.

4.2. Quand pouvez-vous résister légalement?

Si un policier commet une illégalité grave et flagrante (entrer dans une maison sans mandat de perquisition, ni accord des occupants, coups sur un manifestant au sol,…), vous avez le droit de l’empêcher, même par la violence.
Il faut que cette violence soit proportionnelle, c’est-à-dire strictement nécessaire pour éviter l’action illégale des policiers (vous pouvez leur refermer la porte au nez ou former un cordon humain, mais pas leur envoyer des coups de poings pour les empêcher d’entrer – mais s’ils frappent, vous pouvez répondre à leurs coups).
Ceci pour la théorie, car c’est le tribunal qui décidera si l’illégalité était assez flagrante pour pouvoir résister (et les policiers fourniront certainement une version bétonnée et à leur avantage des faits). Avant d’agir, il est prudent de s’assurer qu’on sera en mesure de prouver l’action illégale des policiers.

4.3. Peut-on invoquer la « légitime défense » contre un policier?

Oui, comme contre n’importe qui, et ils peuvent aussi s’en servir contre vous. Mais les conditions légales sont très strictes. On peut répondre à une attaque (conditions cumulatives) :
– 1. S’il y a violence,
– 2. Accompagnée d’une menace grave (pas seulement contre celui qui riposte mais aussi contre d’autres personnes : votre ami-e se fait sauvagement frapper par un policier, vous avez le droit d’aller le défendre si toutes les présentes conditions sont réunies),
– 3. Actuelle ou imminente (on ne peut donc pas riposter dix minutes après l’attaque ; cela sera considéré comme des représailles et pas comme de la légitime défense)
– 4. Injuste (illégale, arbitraire : si les policiers utilisent la force en respectant scrupuleusement les conditions légales, légalement, vous n’avez pas le droit de réagir).
– 5. Dirigée contre des personnes et pas des biens (vous ne pouvez pas résister si le policier démoli votre appareil photo, mais bien s’il maltraite un autre manifestant).
– 6. Proportionnelle (on ne peut répondre à une bourrade par un coup de barre de fer).

4.4. La violence peut-elle être légalement excusée par une provocation policière ?

La provocation est un fait qui suscite la colère ou la crainte, qui entraîne une infraction par réaction spontanée. Pour que votre violence soit légalement excusée pour cause de provocation policière (physique ou verbale), cette dernière doit être :
– 1. Illégale
– 2. Exercée contre une ou des personnes
– 3. Actuelle
Ici aussi, veillez à rassembler preuves et témoignages.

4.5. L’arrestation illégale et arbitraire

Une arrestation est illégale si elle ne repose sur aucune base juridique, si elle est non-conforme à la loi. Elle devient arbitraire si le policier y procède par caprice, par représailles (« tu la fermes ou je t’embarque »), s’il commet une faute lourde, si le policier a une volonté de nuire et de ne pas respecter la loi. Le policier ne commet un délit que si l’arrestation est illégale ET arbitraire.

5. Espionnage policier

La loi du 20 juillet 2002 (modifiée par la loi du 6 janvier 2003) concernant les « méthodes particulières de recherches et d’enquête» autorise le placement secret de micros et de caméras dans les domiciles privés pour faciliter les enquêtes sur les infractions pouvant déboucher sur une condamnation de plus d’un an de prison — c’est-à-dire presque toutes les infractions prévues par le Code pénal à l’exception d’une poignée d’entre elles (comme la grivèlerie, l’abandon de famille, ou l’empoisonnement de chevaux…). Pour toutes les autres infractions, le seul fait qu’il existe des « indices sérieux » de faits punissables « portant atteinte au respect des lois » suffit à ce que soient appliquées les « méthodes particulières de recherches ». L’infraction ne doit même pas être commise car la loi est non seulement « réactive » mais « proactive » : elle peut s’appliquer dans le cas où une infraction pourrait être commise…
La loi prévoit une « cause d’excuse légale » pour toutes les infractions commises par les policiers appliquant ces « méthodes particulières de recherche » — le jeu de la rétroaction ayant même permis de couvrir les infractions commises par des policiers avant le vote de la loi… La loi prévoit que le Procureur peut ordonner une perquisition ou intercepter du courrier sans mandat du juge d’instruction non seulement du suspect mais aussi de tiers (une personne à qui le suspect a écrit par exemple)…
La loi prévoit l’organisation de « dossiers répressifs confidentiels » dont les pièces (par exemple les films des caméras cachées, les enregistrements des micros) ne seront accessibles qu’au procureur et au juge d’instruction. Ni l’accusé, ni son avocat, ni même le juge ne pourront accéder à ce dossier ! Ils devront se contenter de procès-verbaux rédigés par les policiers à partir de ces films et enregistrements.

5.1. L’analyse de risque

Le quotidien politique a été transformé considérablement par la technologie d’information. Des dates de réunions sont convenues par mail, messagerie ou SMS, des informations sont rapidement recherchées dans des sites web etc. Qu’il s’agisse du PC, de l’internet ou de la téléphonie mobile, chaque outil procure des possibilités qui peuvent et doivent être utilisées dans la militance. Toutefois, la sécurité ne doit pas être oubliée. Elle ne doit pas paralyser non plus. Nous devons nous adapter à la situation actuelle et à la contre-révolution par notre mode de travail en utilisant ces moyens techniques. Il peut être pertinent, par exemple, d’utiliser TAIL ou se rendre dans un cyber-café pour effectuer différents types de recherches.

5.1bis. Les méthodes particulières de recherches

Les méthodes particulières de recherche sont: l’observation, l’infiltration et le recours aux indicateurs. Ces méthodes de recherche, de collecte, d’enregistrement et de traitement des informations sont mise en oeuvre en vue de poursuivre les auteurs d’infractions sur la base d’indices sérieux que des faits punissables vont être commis ou ont déjà été commis, qu’ils soient connus ou non.

5.2. Les écoutes téléphoniques

Dans le cadre normal : les écoutes se font sur mandat du juge d’instruction. Elles peuvent porter sur le contenu des conversations, ou simplement sur le recensement des numéros appelés et des numéros appelants (appareils « Zoller » et « Malicieux » pour la téléphonie fixe, requêtes aux opérateurs). En vue de permettre l’écoute, la prise de connaissance ou l’enregistrement direct de communications ou de télécommunications privées à l’aide de moyens techniques, le juge d’instruction peut à l’insu ou sans le consentement de l’occupant ou du propriétaire, ordonner la pénétration à tout moment dans un lieu privé ou un domicile.

5.3. Les écoutes directes

Elles se font dans le même cadre légal que les écoutes téléphoniques. Partez de l’idée qu’aucune information n’est à l’abri de la police, mais que les techniques de celle-ci sont parfois très lourdes et parfois fragiles. Théoriquement, les flics peuvent écouter à travers une fenêtre, voire à travers une cloison. Ils peuvent y faire pénétrer un micro pas plus gros qu’un fil. Ils peuvent semer des micro-mouchards dans les cafés et lieux que vous fréquentez, etc. Les écoutes directes sont légales dès le moment où elles se font depuis l’espace public et sans intrusion dans le domicile de la personne visée, c’est-à-dire quand l’appareil d’écoute se trouve à l’extérieur. C’est le procès Varga (2007) qui fait jurisprudence.

5.4. Photographies et enregistrements vidéo

Il semblerait qu’elles se fassent dans le même cadre que les écoutes téléphoniques, mais nous n’avons pu confirmer cette information.

5.5. Comptes bancaires

Le procureur du roi peut requérir, s’il existe des indices sérieux que les infractions peuvent donner lieu à une peine d’un an ou plus, la liste des comptes bancaires et toutes les données à ce sujet: la liste des transactions bancaires réalisées sur une période déterminée y inclus les renseignements concernant tout compte émetteur ou récepteur.

5.6. Infiltrés et provocateurs

La loi déjà mentionnée sur les « méthodes particulières de recherches » autorise non seulement l’espionnage par micro et caméra, mais encadre aussi l’usage des infiltrés et des indicateurs. C’est aussi pour cela que la loi prévoit une « clause d’excuse légale » pour toutes les infractions commises par les policiers appliquant ces « méthodes particulières de recherche ». La loi autorise policiers à commettre des délits pour autant qu’ils ne soient pas légalement plus graves que le délit sur lequel ils enquêtent… Le procureur du roi peut autoriser l’indicateur à commettre les infractions qui sont absolument nécessaires au maintien de sa position d’informateur. Elles doivent être proportionnelles à l’intérêt de maintenir la position de l’indicateur et ne peuvent en aucun cas directement et gravement porter atteinte à l’intégrité physique des personnes.

5.7. Filature et géolocalisation téléphoniques

Elles se font dans le même cadre légal que les écoutes téléphoniques. Grâce à votre téléphone portable on peut non seulement écouter mais aussi vous suivre à la trace. La précision est de l’ordre de quelques mètres. Pour s’en prémunir, on peut par exemple, retirer la batterie de son téléphone portable (ce qui devient difficile avec les récents smartphones), le laisser à la maison ou le passer à quelqu’un d’autre. Ici aussi, les données que les opérateurs sont tenus de stocker constituent une réserve d’informations (qui s’est connecté à qui à partir de quel endroit) à disposition de la police et de la justice.

5.8. Espionnage des mails et de la circulation sur le net

Elles se font dans le même cadre légal que les écoutes téléphoniques. Vos mails peuvent être lus par la police, sur demande du juge d’instruction. Les fournisseurs d’accès internet ont l’obligation légale de garder plusieurs mois d’archives.

5.9. Codage du disque dur et cryptage des communications

Il est possible de protéger la confidentialité de sa correspondance électronique et des données stockées sur votre ordinateur au moyen du cryptage. Le cryptage n’est pas interdit en Belgique. Il est d’ailleurs utilisé par les banques, des ONG comme Amnesty International, des bureaux d’avocats, etc. Le Secours Rouge international utilise les programmes classiques comme PGP pour les mails, Veracrypt pour les disques durs, « Signal » comme messagerie. Néanmoins, cette protection reste plus que relative dans la mesure où son emploi peut être peu sûr, par exemple s’ils placent un logiciel-espion sur le clavier,…

6. Au commissariat

6.1. Convoqué-e !

Vous avez reçu une convocation « pour une affaire vous concernant ». Inutile d’appeler la police: ils ne vous diront pas de quoi il s’agit. Il n’y a aucune obligation à se rendre à une convocation au commissariat. Mais vous prenez le risque d’en recevoir une deuxième, une troisième, et finalement de voir la police venir vous trouver. Il n’est pas clair si des refus successifs de répondre à une simple convocation peuvent déboucher sur un signalement, en pratique, cela semble varier selon la gravité supposée du dossier.

6.2. Embarqué-e !

La police peut vous amener au commissariat dans le cadre d’une « arrestation administrative », d’une « arrestation judiciaire avec mandat d’arrêt », ou d’une « arrestation judiciaire sans mandat d’arrêt » (cf. point 1.6, 1.7, 1.8).

6.3. Les fouilles

Avant la mise en cellule, la police procède à une fouille dite « fouille à corps ». Il s’agit d’une fouille plus approfondie que la simple fouille « de sécurité ». Elle peut impliquer que l’on vous demande d’enlever quelques vêtements. Elle ne requiert pas le déshabillage complet car la finalité de cette fouille est de trouver des objets dangereux. Elle doit être effectuée par un policier du même sexe.
Toute fouille plus approfondie relève de la « fouille judiciaire ». Elle ne peut se faire que si vous êtes sous le coup d’un mandat d’arrêt. Elle peut durer au maximum six heures. Tout examen de l’intérieur du corps (anus, vagin, bouche) ne peut se faire que par un médecin avec un mandat du juge d’instruction, ou du procureur du roi s’il y a flagrant délit. La « fouille judiciaire » doit en principe être faite par un policier du même sexe sauf en cas de manque d’effectif.

6.4. Empreintes digitales/photos/ADN

Les empreintes digitales peuvent être prises sur une personne âgée de plus de 14 ans qui est l’auteur d’un délit punissable en Belgique et qui est soit à disposition des autorités judiciaires soit entendu, et dont le lien avec un fait concret a été prouvé et pour autant qu’il ne s’agisse pas d’un fait mineur. Toutes les personnes qui peuvent faire l’objet d’une prise d’empreintes peuvent aussi faire l’objet d’une photographie d’identification. C’est le cas également des personnes arrêtées administrativement dans le cadre du maintien et du rétablissement de l’ordre public si de sérieux incidents ont éclaté lors de l’événement, ainsi que pour toute personne arrêtée administrativement dont l’identité n’a pu être établie avec certitude dans les délais requis. Une directive ministérielle donne également le droit aux policiers de photographier les personnes en arrestation administrative ‘s’il y a soupçon qu’il y ait appartenance à un mouvement (directive notamment dirigées contre les groupes de hooligans, mais qui concerne aussi les manifestants). La finalité de ces prises de vue est l’identification ultérieure de la personne dans le cadre d’autres infractions ou troubles de l’ordre public. Notons ici que:
– si on a affaire à des personnes qui agissent conformément à la loi,
– si des magistrats compétents ont donné en ce sens des directives générales ou particulières,
– si les principes relatifs à l’usage de la contrainte ont été respectés,
– alors, la contrainte, dans le sens où le policier agit contre la volonté de la personne concernée, peut être utilisée pour relever les empreintes digitales et prendre des photos.
Un échantillon ADN ne peut être prélevé qu’en cas d’arrestation judiciaire et à la requête d’un juge d’instruction.

6.5. Sous traitement ?

Si vous souffrez d’une maladie antérieure à l’arrestation qui nécessite des soins particuliers ou réguliers, signalez-le le plus vite possible à un officier de police. Exigez de recevoir votre traitement (c’est le moment de produire vos prescriptions). Expliquez (si possible devant témoins) les conséquences néfastes que pourraient provoquer un manque de soins.

6.6. L’interrogatoire

Vous avez le droit de ne rien dire. Vous avez le droit de relire, de modifier, ou d’ajouter quelque chose à votre déclaration. Vous avez le droit d’en recevoir copie. Vous ne la recevrez pas toujours tout de suite, mais parfois plus tard, et sur votre demande. Il faut donc la demander, mais il n’est pas illégal de ne pas la recevoir tout de suite. Vous avez le droit de ne pas la signer. Il vaut mieux ne pas la signer, ce qui n’entraîne aucune sanction. La signature d’un PV erroné peut être très dommageable. On peut aussi signer par inadvertance un document autorisant les policiers à faire une perquisition sans mandat à son domicile. Vous pouvez demander une copie de l’audition gratuitement. Ces droits ne souffrent d’aucune exception.

6.7. Conseils aux militant-e-s concernant l’interrogatoire

Ne dites que vos noms et adresse. Pour le reste, répétez simplement : « je n’ai rien à déclarer », ou « je fais usage de mon droit au silence ». Ne vous laissez pas entraîner dans un enchaînement de questions d’abord anodines (« quel est le métier de vos parents ? »). Répétez calmement « je n’ai rien à déclarer », ou « je fais usage de mon droit au silence » cinquante fois s’ils posent cinquante questions. Les policiers connaissent cette attitude et, s’ils font les étonnés pour vous faire croire qu’elle est « exceptionnelle », ils savent que vous êtes dans votre droit. Si vous avez l’air suffisamment têtu-e ou déterminé-e, l’interrogatoire sera vite fini. Il est possible qu’on vous remette en cellule quelques heures pour vous « amollir » avant une nouvelle tentative. Gardez la même ligne de conduite. Les arguments des policiers selon lesquels cela « aggravera votre cas », « prolongera votre garde à vue », « indisposera la justice », etc. ne sont que des ruses éculées pour obtenir des informations. Vous n’êtes pas au café : n’essayez pas d’évangéliser les flics ! Vous êtes sur leur terrain : ne provoquez pas la confrontation. Ne racontez pas votre vie à vos éventuels compagnons de cellule, mais rappelez leur leurs droits, informez les des limites de la détention administrative, etc. N’en dites pas trop, il n’est pas exclu que des policiers en civil soient en cellule, que des micros soient placés dans la cellule ou qu’un de vos compagnons soit très bavard dans sa déclaration.
Ne signez rien ! Un banal document peut contenir votre acceptation d’une « visite de consentement » à votre domicile, c’est-à-dire une perquisition sans mandat et en votre absence. L’enjeu, c’est l’information. La police la veut, elle ne doit pas l’avoir. Ce n’est qu’en fonction de ce critère que vous sortirez vainqueur ou vaincu de cette épreuve.

6.8. Inculpé?

Vous pouvez être entendu comme témoin, comme suspect-e ou comme inculpé-e. Une inculpation n’implique pas forcément une privation de liberté, et vous pouvez traverser les étapes judiciaires successives (Chambre du Conseil, Chambre des mises, et finalement tribunal) sans forcément passer par la case prison. Mais le juge d’instruction peut néanmoins restreindre votre liberté (interdiction d’aller à l’étranger, de fréquenter certaines personnes, etc.) – restrictions qui devront être validées par la Chambre du conseil (cf. point 8.7.)

7. Chez le juge d’instruction

7.1. L’interrogatoire

Ici aussi, vous avez le droit de ne rien dire. Vous entendrez de la bouche du juge les mêmes arguments que de la bouche des flics en faveur de la collaboration. Il est de la plus élémentaire sagesse de ne faire une déclaration qu’après en avoir mesuré les éventuelles conséquences avec vos proches, vos camarades et votre avocat. Si vous êtes inculpé-e-, vous pouvez être mis-e sous mandat d’arrêt, c’est-à-dire emprisonné-e. Il s’agit alors dans tous les cas d’une procédure judiciaire et non plus administrative. Endéans les cinq jours, cette arrestation devra être confirmée ou infirmée par une chambre du conseil.

7.2. L’avocat

Suite à l’arrêt «Salduz», vous pouvez disposer d’un avocat dès votre premier passage chez le juge d’instruction. Votre avocat est indiscutablement votre allié, mais il n’a pas forcément la même logique que vous. Certains avocats ne se préoccupent que de la liberté de leur client, quoiqu’il puisse en coûter aux co-inculpé-e-s. C’est une logique qui n’est pas acceptable pour un-e militant-e. Les avocats ont cet avantage et cet inconvénient de réfléchir en termes de droits. Sur ce terrain, ils sont de précieux conseil, mais ils ont tendance à « enfermer » votre situation sur le seul terrain du droit, sans en mesurer les autres enjeux (politiques, collectifs, etc.). Il est parfois utile de « perdre » un peu sur le terrain légal si c’est pour davantage gagner sur le terrain politique et collectif. Cette analyse là, votre avocat ne pourra pas la faire pour vous. Il pourra juste vous aider à la faire en vous donnant la mesure des risques légaux et pénaux.

7.3. Le mandat d’arrêt

Le mandat d’arrêt est un acte par lequel un juge d’instruction prive de liberté un individu pendant le déroulement de l’enquête qui le concerne, après l’avoir inculpé. Sous mandat d’arrêt, l’inculpé est en détention préventive. Le mandat d’arrêt doit être délivré dans les 24h de la privation de liberté de la personne, que le juge doit avoir entendue quant aux faits reprochés et à sa situation personnelle. Le mandat d’arrêt doit être motivé, ce qui signifie qu’il doit faire apparaître les raisons qui ont conduit le juge d’instruction à ordonner la privation de liberté de l’inculpé. Le degré de précision de cette motivation varie suivant l’importance de la peine à laquelle les faits suspectés pourraient donner lieu s’ils étaient établis. Si l’infraction suspectée est de nature à entraîner une peine de plus de 15 ans de prison, la motivation devra uniquement faire apparaître l’absolue nécessité d’un mandat d’arrêt pour les besoins de la sécurité publique. Si la peine susceptible d’être encourue est inférieure à 15 ans, le mandat d’arrêt devra exposer non seulement les considérations qui témoignent de cette absolue nécessité pour la sécurité publique, mais également les éléments qui autorisent à craindre certains risques. Le mandat d’arrêt peut être levé à tout moment par le juge d’instruction.

8. En prison

8.1. Introduction

Il ne sera question ici que des questions qui se posent les premiers jours de la détention.

8.2. Au secret/à l’isolement

La mise au secret (et sac durée) est décidée par le juge d’instruction, alors que l’isolement peut être décidé par l’administration pénitentiaire. Les procédures diffèrent suivant les établissements pénitentiaires. Ce qui suit est donc à considérer comme des ‘règles générales’ qui sont adaptées suivant les prisons et les situations.
L’isolement peut être imposé à la suite d’une mesure de sécurité particulière, d’un régime de sécurité individuel particulier ou d’une sanction particulière. Ces mesures ne peuvent être maintenues plus de 7 jours, et prolongées au maximum 3 fois. Lors de l’isolement en cellule, le détenu est privé d’activités communes, sauf celles qui ressortent du droit à la liberté de culte et de philosophie ainsi qu’au séjour en plein air. Le directeur peut autoriser le détenu à prendre part à des activités de formations communes. Le détenu à l’isolement conserve le droit à recevoir des visites de personnes extérieures dans un local équipé d’une séparation vitrée. Le téléphone est limité à un entretien par semaine, sans préjudice du droit à téléphoner à un avocat ou à une personne chargée de l’assistance judiciaire. La loi prévoit que le détenu à l’isolement puisse recevoir une visite régulière du directeur et d’un médecin-conseil pour s’assurer de l’état du détenu.

8.3. L’accès au dossier

L’accès au dossier est accordé au cas par cas. Mais toujours dans les 24h ou 48h qui précèdent la chambre du conseil. (voir point 8.7)

8.4. La visite des proches

Sauf raison impérative, la prison ne peut refuser la visite des parents proches, excepté lorsque le prisonnier se trouve à l’isolement. Les règlements varient de prison à prison sur ce que l’on peut apporter à la visite. Les prévenu-e-s n’ont généralement pas le droit de porter leurs propres vêtements, mais ils ont droit à leur linge (prévoir du linge blanc, certaines prisons refusent les t-shirts de couleur…). Un nombre limité de livres est généralement autorisé (attention, parfois les journaux sont comptés comme des livres).

8.5. La cantine

Le service social de la prison prévoit un petit minimum en arrivant : vous recevrez quelques timbres, du savon, et parfois même un bon d’achat immédiat pour la cantine. La détention coûte cher, et c’est dans les premiers jours que l’on a grand usage d’unités téléphoniques, de timbres, etc. Vos proches doivent au plus vite verser de l’argent à votre nom sur le compte de la prison (il faut téléphoner à la prison pour obtenir ce numéro).

8.6. Pour contacter une prison

Les adresses et numéros de téléphones de toutes les prisons de Belgique sont accessibles sur notre page ‘Prisons’

8.7. La Chambre du conseil

Dans les 5 jours de la délivrance du mandat d’arrêt par le juge d’instruction, l’inculpé devra comparaître devant la chambre du conseil assisté d’un avocat. La chambre du conseil est une juridiction d’instruction qui statue sur la régularité du mandat d’arrêt et sur le maintien en détention préventive de l’inculpé. Après avoir entendu l’inculpé et son avocat, la chambre du conseil peut décider de lever le mandat d’arrêt et d’ordonner la libération de l’inculpé. En cas de maintien en détention préventive, le mandat d’arrêt sera confirmé pour une durée d’un mois. L’inculpé devra ensuite comparaître de mois en mois.

9. La répression « administrative »

9.1. Généralités

Les communes peuvent se baser sur certaines de leurs prérogatives (lutter contre les troubles sur la voie publique, les entraves à la circulation, veiller à la propreté de l’espace public) pour prendre des mesures qui limitent directement l’activité politique. Il ne s’agit pas de mesures judiciaires mais administratives : le policier communal (ou l’auxiliaire de police) dresse un procès-verbal et le/la manifestant-e ou le/la colleur/euse d’affiche doit payer une amende. Ces mesures vont en s’élargissant et en s’amplifiant. Elles deviennent un vrai problème pour la militance. Il est à noter que la plupart de ces mesures violent des droits constitutionnels ou des droits politiques fondamentaux, et qu’il est techniquement possible d’aller en justice contre la commune pour violation de vos droits constitutionnels, et de gagner cette procédure. En effet, la Convention Européenne des Droits de l’Homme n’admet une dispersion des manifestants que dans les cas où des délits sont projetés ou a fortiori, commis. La dispersion d’une manifestation pacifique interdite par un règlement communal est par exemple abusive, car cela viole la Constitution et la Convention Européenne des Droits de l’Homme qui garantissent la liberté de manifester, d’expression et de réunion. Il faut néanmoins préciser que ces démarches juridiques pour faire « valoir vos droits » devant le Conseil d’Etat ou à la Cour des Droits de l’Homme à Strasbourg prennent un temps fou et coûtent une fortune – pratiquement, elles sont hors de portée d’une initiative individuelle. D’autant qu’au mieux, la commune risque de devoir annuler l’acte administratif condamné… quitte à le revoter à l’identique la semaine suivante et attendre la prochaine condamnation…

9.2. L’affichage

Certains règlements communaux font payer pour affichage sauvage le/la colleur/euse surpris-e en train de coller, mais parfois aussi, à défaut, l’éditeur/trice responsable (pourtant légalement responsable du seul contenu de l’affiche), voire même le « bénéficiaire » de l’affichage. Le Secours Rouge a été confronté au cas d’une commune s’en prenant, faute de trouver l’éditeur responsable, à la graphiste qui avait signé l’image de l’affiche ! Et à défaut de paiement, ce sont les huissiers qui prennent le relais. Pratiquement, à moins de se limiter aux quelques rarissimes espaces d’affichage libre, la pression de ces communes est telle qu’elles font du choix de l’illégalité le meilleur choix : renoncer à mettre un éditeur responsable ou une signature collective trop identifiable, et ne pas se faire attraper en collant…

9.3. Les manifestations

Si, dans la situation actuelle, le choix de l’illégalité semble le plus opportun dans les communes qui répriment le plus largement (jusqu’à l’éditeur responsable inclusivement) l’affichage « libre » ou « sauvage », il semble qu’il reste de bon conseil de demander l’autorisation de manifester. Ces autorisations sont rarement refusées, et si c’est le cas, il est alors encore temps de réfléchir à l’organiser sans autorisation. La répression des manifestations non-autorisées obéit à des critères très variés, allant du caractère plus ou moins vindicatif du bourgmestre ou du chef de corps à des considérations de classe (on embarquera moins vite des étudiants belges que des réfugiés kurdes) en passant par des considérations « techniques » (plus ou moins d’embarras de circulation estimé, plus ou moins de policiers disponibles)…

Le jeudi 24 mai au Pianofabriek (rue du fort 35 à Saint-Gilles) aura lieu un concert en solidarité avec le Rojava. Il est organisé par le Rojava Solidarity Committee et le syndicat IWW Belgium. Le chanteur engagé américain David Rovics viendra partager son répertoire de chansons accompagnant les luttes aux Etats-Unis (mouvements anti-guerre, combats écologiques et sociaux) et du monde (Palestine, Kurdistan) dans le cadre de sa tournée européenne « Balad of a Wobbly Tour ». Avant le concert, un débat se tiendra sur la situation actuelle au Rojava.

Plus d’informations ici

Combattant(e)s du Bataillon International de libération au Rojava

Combattant(e)s du Bataillon International de libération au Rojava