Deux paysans ont été tués et huit autres blessés par balle dans la région de Catatumbo, au nord-est de la Colombie, lorsque l’armée a voulu reprendre le contrôle de l’aéroport de la ville d’Ocaña qui avait été occupé par les paysans.

La région de Catatumbo connait depuis deux semaines des protestations de milliers de paysans réclamant la suspension de l’éradication des cultures illicites, la création d’une « réserve paysanne » et de projets de production. Ocaña est l’un des deux foyers de la contestation, avec la présence de quelque 8.000 paysans tandis que l’autre se concentre sur Tibú, où quelque 4.000 agriculteurs ont bloqué à environ huit kilomètres de la route de Cucuta, capitale du département de Norte de Santander.
Le président de la Colombie a accusé les FARC d’avoir « infiltré » les protestations paysannes.

Manifestation paysanne région Catatumbo Colombie

Manifestation paysanne région Catatumbo Colombie

Malgré l’annonce des autorités de réduire le prix des tickets de transport en commun, au moins un million de personnes ont défilé hier à travers le pays pour dénoncer l’actuelle politique gouvernementale. Outre la facture des coupes de football, la population dénonce la mauvaise qualité des services publiques et de la gestion générale du pays. A Rio, 300.000 personnes ont défilé avant que de violents affrontements ne les opposent à la police qui a tiré des gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc. Au moins 40 personnes ont été blessées. Selon un premier décompte officieux, les manifestants étaient notamment 30.000 à Brasilia, 110.000 à Sao Paulo, 100.000 à Vitoria, 52.000 à Recife, 30.000 à Manaus,… Partout, des heurts ont éclaté avec la police anti-émeute qui a systématiquement fait usage de gaz et de balles en caoutchouc contre les manifestants qui tentaient soit de pénétrer dans des bâtiments officiels, soit de briser des cordons policiers. En outre, des véhicules officiels de la FIFA ont été incendiés à Salvador de Bahia. Des dizaines de personnes, manifestants, policiers, journalistes ont été blessées. Une personne est décédée après avoir été renversé par une voiture qui tentait de briser un barrage de manifestants qui bloquaient une rue.

Répression policière au Brésil

Répression policière au Brésil

La vague de contestation contre la hausse du prix des transports et les dépenses gouvernementales inconsidérées pour des tournois de football ne faibli pas au Brésil. Hier soir, en marge du match Brésil-Mexique, 25.000 personnes ont bloqué deux des quatre routes d’accès au stade durant plusieurs heures. Un vaste cercle de sécurité avait été installé autour du stade. Lorsque la foule a tenté de le forcer, la police a riposté par une pluie de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc, blessant au moins deux manifestants. Ceux-ci ont répliqué par des jets de pierres. D’autres manifestations s’étaient déroulé durant la journée à Belo Horizonte, Rio Branco, Brasilia et Niteroi. Un vaste appel au rassemblement a également été lancé pour ce soir à Rio, où l’Espagne affronte Tahiti dans la Coupe des Confédérations.

Manifestation au Brésil

Manifestation au Brésil

Les autorités brésiliennes ont pris la décision d’envoyer la Force nationale dans cinq des six villes qui accueillent la Coupe des Confédérations. Ce corps d’élite de la police aura pour mission, d’après le gouvernement, d’assurer la sécurité autour des stades, celui-ci ajoutant qu’il a un rôle de médiation et non de répression. C’est pourtant des membres de cette force délite qui sont intervenus dimanche devant le stade de Rio pour disperser la foule à coups de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène.

Force nationale brésilienne

Force nationale brésilienne

Lundi, près de 250.000 personnes étaient dans les rues à travers tout le pays pour dénoncer la hausse des prix des transports et les dépenses liées aux deux événements footbalistiques organisés par le Brésil. Mardi, 50.000 personnes ont défilé à Sao Paulo où les manifestants ont incendié un camion de transmission de la télévision, une cabine de police et une agence bancaire. Demain jeudi, de nouvelles marches sont prévues dans différentes villes et notamment à Rio où se déroulera en même temps un match de la décriée Coupe des Confédérations.

A l’issue de la manifestation qui avait réuni plus de 100.000 personnes hier à Rio et entraîné des affrontements police/manifestants et de multiples arrestations, un groupe de manifestants a pris d’assaut le siège du gouvernement de l’état de Rio. Des dizaines de policiers anti-émeute s’y étaient retranchés en début de soirée, et les manifestants ont lancé des cocktails Molotovs et des pierres contre le bâtiment. Une centaine de policiers du bataillon de choc de la police militaire sont intervenus durant la nuit à bord de véhicules blindés, tirant des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogène pour déloger les manifestants. Des poubelles et des voitures ont été incendiées, des vitrines de banques brisées par la foule qui dénonce toujours la hausse des prix des transports en commun et les dépenses gouvernementales énormes consenties par le gouvernement pour l’accueil de la Coupe du Monde de football l’an prochain. La police est également intervenue durant la nuit à Sao Paulo pour disperser des manifestants qui tentaient de pénétrer à l’intérieur du gouvernement de l’état de Sao Paulo.

Emeutes à Rio

Des centaines de manifestants au Brésil se sont affrontés avec la police anti-émeute devant le stade Maracanã lors d’une manifestation contre la hausse des coûts de la vie (notamment la hausse des prix des billets d’autobus) et de l’utilisation des fonds publics consacrés à la Coupe des Confédérations et la Coupe du Monde 2014. La police antiémeutes a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser la foule. 30 arrestations ont été effectuées. A Sao Paolo, où les autorités ont été accusés d’avoir utilisé une force excessive à la manifestation de la semaine dernière, une autre manifestation était prévue ce lundi.

Manifestation stade Maracana Rio de Janeiro

Manifestation stade Maracana Rio de Janeiro

Hier, 80.000 personnes (45.000 selon la police) ont pris part à la cinquième marche organisée cette année pour exiger une réforme du système éducatif chilien. Cela fait maintenant deux ans, et plus d’une centaine de manifestations, que dure le mouvement de contestation estudiantin. Ces dernières semaines, les étudiants ont également repris les occupations d’établissements scolaires et universitaires. Hier, à Santiago, la police est violemment intervenue, comme c’est devenu son habitude. Elle a dispersé les manifestants à coups de tirs de gaz lacrymogène et de lances à eau, certains répliquant par des jets de pierres et de cocktails Molotov. Selon la presse locale, les forces de l’ordre auraient procédé à des dizaines d’arrestations.

Manifestation estudiantine à Santiago

Manifestation estudiantine à Santiago

Comme nous vous l’annoncions hier, rendez-vous avait été fixé via les réseaux sociaux à Sao Paulo pour une grande manifestation contre la hausse du prix du ticket de bus. Plus de 10.000 personnes ont défilé durant plus de six heures à travers les rues de la ville selon les autorités qui ont utilisé des balles en caoutchouc pour les disperser. Les manifestants ont incendié un bus avant de brièvement bloquer l’avenue principale de la ville, l’Avenida Paulista, en début de soirée. C’est alors que les heurts ont commencé. Une vingtaine de personnes ont été arrêtées. C’est la troisième manifestation en moins d’une semaine à Sao Paulo (alors que d’autres se déroulent dans d’autres villes également) alors que le gouvernement campe sur ses positions.

Manifestation à Sao Paulo

Quelques 300 personnes s’étaient rassemblées hier soir devant le bâtiment de l’hôtel de ville de Rio à l’appel d’un groupe constitué sur un réseau social pour dénoncer les prix des transports publics, et notamment la récente hausse du ticket de bus. La foule a rapidement bloqué la circulation sur plusieurs artères entourant le bâtiment. Des affrontements se sont déclenchés à l’arrivée d’une unité des opérations spéciales de la police. Les policiers ont immédiatement tiré des balles en caoutchouc et du spray au poivre, tandis que les manifestants leur lançaient des noix de coco. C’était la deuxième manifestation contre l’augmentation du prix du ticket de bus en mois d’une semaine. Vendredi, un rassemblement semblable s’est aussi terminé en heurts avec les forces de l’ordre, au cours desquels deux personnes ont été blessées et quatre autres arrêtées. Des rassemblements de solidarité ont également eu lieu à Sao Paulo, à Goiana et à Natal vendredi. Et rendez-vous avait été une nouvelle fois fixé aujourd’hui à Sao Paulo. Le 1er juin, le prix du ticket de bus à Rio est passé de 2,75 réals à 2,95 réals (de 90 centimes d’euro à euro).

Manifestation à Sao Paulo

Manifestation à Sao Paulo