Le 11 décembre 2018, deux anciens cadres de l’usine Ford de Buenos Aires ont été condamnés par le tribunal pour complicité avec la dictature militaire en place entre 1976 et 1983. Le 24 mars 1976, le soir-même du coup d’État par la junte militaire, une unité de l’armée s’installe dans l’usine Ford. Durant les semaines qui suivront 24 délégués syndicaux seront détenus au centre sportif de l’usine, transformé en centre de torture. La plupart d’entre eux seront envoyés par la suite dans une prison militaire. Au final, trois syndicalistes ne seront jamais retrouvés.

Pedro Muller, à l’époque, numéro 2 de Ford Buenos Aires, a été condamnée à 10 ans de prison, et Hector Sibilla, chef de la sécurité de l’usine Hector Sibilla, à 12 ans de prison. Les deux hommes étaient poursuivis pour avoir autorisé la mise en service de ce centre de torture clandestin au sein de l’usine, mais également pour avoir désigné des travailleurs et donné des informations aux agents de la sécurité pour leur enlèvement et leur torture. Lors de ce procès, l’ancien général Santiago Riveros, qui commandait la base militaire de Campo de Mayo où les ouvriers ont été détenus et torturés, a également été condamné à quinze ans prison. La dictature fut l’occasion pour des dirigeants d’entreprise de faire taire toute revendication sociale et d’augmenter les cadences de productivité des usines. D’autres procès pour complicité avec la dictature sont en cours contre des entreprises étrangères et argentines. Celui de Ford a une portée symbolique particulière, les militaires utilisant pour les enlèvements des Falcon, alors le modèle le plus vendu par la firme américaine.

Pedro Muller et Hector Sibilla

Pedro Muller et Hector Sibilla

Le 16 octobre, l’ELN avait annoncé avoir capturé une jeune femme qui effectuait du travail de renseignement pour l’armée colombienne. Il s’agissait de Yisney Álvarez Quintero, une mineure de 16 ans qui travaillait dans le cadre du « plan de consolidation » élaboré par la task-force Vulcano. Cette task-force est en charge des opérations anti-guérilla dans la région de Catatumbo, dans le nord de Santander.

Le Front Nord-Est de la guérilla dirigé par Manuel Pérez Martínez a rappelé que le Code de guerre de l’ELN stipule que les mercenaires et les espions ne reçoivent pas les mêmes garanties de traitement que les prisonniers de guerre.

Le vendredi 7 décembre, l’ELN a cependant décidé libérer sa prisonnière. L’ELN demande au gouvernement colombien de cesser de recruter des mineurs pour ses opérations de renseignement.

Combattants de l'ELN

Combattants de l’ELN

Conformément à sa promesse de campagne (lire notre article), Jair Bolsonaro a exigé que soit rédigé et signé l’acte d’extradition de Cesare Battisti. En amont des élections, le nouveau premier ministre fasciste avait promis de faire livrer l’ancien membre du groupe Proletari armati per il comunismo, condamné à plusieurs peines de prison à vie et réfugié au Brésil depuis 2007. Le président du Brésil Michel Temer a signé le document ce vendredi et un mandat de détention préventive a été émis jeudi soir par le juge Luiz Fux, pour éviter « une quelconque tentative de fuite ». Vendredi, la Police fédérale a débuté les recherches pour le localiser. L’homme résidait ces dernières années à Cananeia, petite ville côtière de l’Etat de Sao Paulo (sud-est).
Son avocat avait annoncé, peu avant l’annonce de la signature de l’acte d’extradition, qu’un recours avait été déposé devant la Cour suprême pour demander une révision de la décision du juge.

Cesare Battisti

Cesare Battisti

L’Université nationale autonome de Mexico (UNAM), la plus importante du pays, a été le théâtre d’actes violents lors d’une manifestation d’étudiants du lycée « Erasmo Castellanos Quinto » qui demandent le départ de leur directrice et de toute son équipe administrative. Des manifestants masqués ont jeté des pierres et des pétards et tagués les bâtiments universitaires. Un professeur a été blessé à la tête par un pétard et deux manifestants ont été arrêtés.

Les incidents à l'UNAM

Les incidents à l’UNAM

La grande manifestation de protestation contre le Sommet du G20 vendredi à Buenos Aires a mobilisé plus de 24.000 membres des forces de l’ordre (22.000 policiers locaux et 2.000 agents déployés par les délégations étrangères). De fait, les incidents ont eu lieu à l’initiative de manifestants cagoulés, mais ils ont été mineurs. Avant la manifestations, deux dirigeants du Parti socialiste ouvrier ont été arrêtés préventivement, ainsi que trois autres personnes qui avaient été arrêtés lors incidents autour du Congrès en décembre dernier (voir notre article). En tout 8 personnes ont été arrêtées. La police a aussi découvert, sur le trajet de la manifestation, des stocks de cocktails Molotovs camouflés dans des voitures abandonnées.

Cocktails Molotov découverts à Buenos Aires

Cocktails Molotov découverts à Buenos Aires

Aujourd’hui les autorités colombiennes ont annoncé avoir capturé un commandant portant l’alias « Carlos Acosta » dans le département du Nord de Santander, à la frontière avec le Venezuela. Il s’agit du commandant du front nord-est de l’ELN qui avait des responsabilités dans le financement de l’équipement militaire de la guérilla. En outre, il était expert dans la fabrication de dispositifs explosifs avec lesquels les combattants ont attaqué l’armée et ont endommagé les infrastructures routières, de l’énergie et pétrolières de Catatumbo (voir notre article).

Combattants de l'ELN

Combattants de l’ELN

La justice du Pérou acquitté trois dirigeants du MOVADEF (Mouvement pour l’Amnistie et les Droits Fondamentaux) qui étaient accusé de terrorisme parce que leur organe, Amnistía General, avait qualifié Abimael Guzmán, le « Président Gonzalo » du PCP-SL, de « plus grand intellectuel, philosophe, marxiste, léniniste, maoïste de notre temps ».
Le bureau du procureur antiterroriste, qui avait ouvert une enquête, avait demandé 12 ans de prison pour les dirigeants du MOVADEF Alfredo Crespo, Oswaldo Esquivel Alberto Mego et de Manuel Fajardo (décédé depuis).

Le procès a débuté en décembre 2017 Le juge a estimé que la publication n’avait pas porté atteinte à l’ordre public et qu’on ne pouvait parler de terrorisme. Considéré comme la résurgence légale du PCP-SL, le MOVADEF est confronté à de nombreuses actions légales, visant notamment à l’empêcher de participer aux élections.

Alfredo Víctor Crespo Bragayrac

Alfredo Víctor Crespo Bragayrac

Samedi 24 novembre, l’ELN a mené une attaque à l’explosif qui a fait deux blessés et deux morts parmi les soldats de l’armée colombienne. Les soldats patrouillaient près du gazoduc Caño Limón Coveñas, près de la ville frontalière d’El Tarra, lorsqu’ils ont été touchés par l’explosion. L’ELN et le gouvernement colombien sont toujours en négociation à Cuba en vue d’essayer d’aboutir à un cessez-le-feu (voir notre article).

Combattants de l'ELN (archives)

Combattants de l’ELN (archives)

Les policiers de la Direction contre le terrorisme (Dircote) a capturé Abel Humberto Preciado Aguilar, connu comme le « camarade Giancarlo », dans les rues de Chiclayo. Abel Humberto Preciado Aguilar était recherché depuis des années par la police qui l’accuse d’avoir rempli des fonctions importantes dans le PCP-SL, et plus précisément de la propagande de la Zone Est du comité métropolitain de Lima. Il aurait eu la responsabilité dans la revue « El Diario ».

Abel Humberto Preciado Aguilar, connu comme le

Abel Humberto Preciado Aguilar, connu comme le

Mardi 20 novembre, le commandement central de l’ELN a confirmé avoir nommé Gabino (de son vrai nom Nicolás Rodríguez Bautista) comme négociateur et a également confirmé sa présence à Cuba. Gabino, commandant en chef de la guérilla, s’était rendu à Cuba pour recevoir des soins médicaux malgré une circulaire rouge d’Interpol lancée par l’état colombien demandant son arrestation (voir notre article). Le gouvernement colombien avait par ailleurs demandé le 6 novembre son arrestation par les autorités cubaines.

Le Haut Commissaire de la paix, Miguel Ceballos, avait déclaré le 10 novembre qu’avec sa nomination, Gabino devennait un membre représentant de la délégation des dialogues de la paix. Le gouvernement colombien a, peu de temps après, accepté cette nomination.

Nicolas Rodriguez Bautista (alias Gabino)

Nicolas Rodriguez Bautista (alias Gabino)