Depuis cet été, les manifestations se multiplient pour réclamer la reddition des comptes dans le dossier Petrocaribe, du nom du programme de prêt consenti, depuis 2008, par le Venezuela dans le cadre d’achats des produits pétroliers. En 2016 puis en 2017, deux enquêtes du Sénat haïtien sur le mauvais usage de près de deux milliards de dollars de ce fonds avaient épinglé une douzaine d’anciens ministres, du parti actuellement au pouvoir, mais jamais les rapports n’avaient été suivis de poursuites judiciaires.

Dimanche, de larges manifestations ont paralysé toute activité dans les centres urbains, et lors desquelles plusieurs milliers de personnes, dont une large majorité de jeunes, ont défilé dans les principales villes du pays. 11 manifestants ont été tués selon l’opposition, trois selon la police. La situation est restée tendue lundi dans le pays, particulièrement dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, désertée suite à un appel à la grève lancé par l’opposition. Habituellement encombrées de trafic et de commerces informels, les principales artères de la capitale sont restées vides, sans aucun véhicule de transport en commun visible. La présence policière était notable aux principaux carrefours de la ville mais des barricades, parfois enflammées, empêchaient tout passage sur certains axes.

Manifestation dimanche à Haïti

Manifestation dimanche à Haïti

Aujourd’hui deux membres de l’Armée Populaire de Libération (EPL) ont été arrêtés dans la municipalité colombienne d’El Tarra, dans la région de Catatumbo (frontière avec le Venezuela). Ils sont accusés, par le président Ivan Duque, d’avoir mené une attaque d’un magasin commercial situé à centre d’El Tarra ayant fait dix victimes. Ils seront jugés pour homicide, extorsion de fonds et enlèvement.

Combattants de l'Ejército Popular de Liberación (EPL)

Combattants de l’Ejército Popular de Liberación (EPL)

La Direction contre le terrorisme de la police nationale (Dircote) du Pérou a arrêté un ancien membre de la guérilla du PCP-SL dans la ville d’Ayacucho, dans le sud du Pérou. Vicente Palomino, alias « Colombo », est accusé d’avoir participé à des affrontements contre les forces armées et contre des policiers à Vilcashuamán, Paras et Vischongo, entre autres lieux dans la région d’Ayacucho. « Colombo » aurait responsable de la base de soutien 21 du Comité zonal d’Ayacucho du PCP-SL. Il était recherché depuis le 10 février 2003.

Vicente Palomino, alias

Vicente Palomino, alias

Le mercredi 14 novembre, deux attaques à la bombe ont eu lieu à Buenos Aires. Au cimetière de la Recoleta, la bombe a explosé dans les mains d’une des deux personnes qui la portait. L’action visait la tombe de Ramón Falcón, chef de police qui fut responsable de la mort de 11 manifestants le 1er mai 1909, et qui fut pour cette raison assassiné plusieurs mois après par l’anarchiste Simón Radowitzky. La blessée est dans un état grave à l’hôpital et l’anarchiste qui l’accompagnait a été arrêté. Quelques heures après, une bombe a été jetée contre la maison du juge fédéral Claudio Bonadi. L’anarchiste qui menait l’attaque a rapidement été arrêté lui aussi.

Dans la nuit du mercredi à jeudi, ce sont 10 personnes qui ont été arrêtées dans un squat de Buenos Aires. Les forces de police ont lancé cette opération dans le but de sécuriser le sommet du G20 dans la capitale argentine vendredi 30 novembre et samedi 1er décembre.

La rafle policière dansl e squat de Buenos Aires

La rafle policière dansl e squat de Buenos Aires

Camilo Catrillanca, 24 ans, un jeune Mapuche, a été tué mercredi après-midi par des Carabiniers du « commando Jungle », un groupe spécial créé pour réprimer la résistance des groupes mapuches. Il a reçu une balle dans la tête alors qu’il sortait de son travail sur un tracteur, en compagnie d’un enfant. Les policiers ont ensuite prétendu qu’il était impliqué dans un vol de voiture. Les communautés mapuche se sont insurgées contre ce nouveau meurtre de la part de forces de sécurité.

Dans la capitale Santiago, des manifestants se sont rassemblés dans l’après-midi puis dans la soirée. Des barricades incendiaires ont coupé plusieurs points de l’avenue principale de la ville, générant un chaos de la circulation, ce qui a provoqué des incidents violents avec la police. D’autres manifestations de protestations ont débouché sur des affrontements, en pays mapuche mais aussi dans la ville de Concepción, où des barricades en feu ont également été érigées. Plusieurs attaques incendiaires ont eu lieu les nuits suivantes, dont une église et une station balnéaire.

Engin de chantier incendié après l'assassinat du jeune mapuche

Engin de chantier incendié après l’assassinat du jeune mapuche

Le 7 juin 2015 commençait le procès de 22 militants de l’organisation maoïste Corriente del Pueblo – Sol Rojo, accusés de délits de terrorisme et de possession d’explosifs. Après 14 mois de prison et plus de 3 ans de procès, la cour pénale a déclaré leur acquittement. Le docteur en droit Ernesto Sernas Garcia, avocat chargé de leur défense face au tribunal, est porté disparu depuis le 10 mai 2018. Depuis le 30 août, une large campagne internationale de soutien est organisée en soutien autour du mot d’ordre #DrSernasPresentaciónConVida

Mobilisation au Brésil pour Ernesto Sernas Garcia

Mobilisation au Brésil pour Ernesto Sernas Garcia

Aujourd’hui, l’ELN a lancé une série d’attaques dans le département de César situé dans le nord du pays. Deux véhicules ont été incinérés (un camion de la société Bucanero et un bus de la société Brasilia). L’ELN a également endommagé des infrastructures routières en dynamitant notamment une partie du pont de la Quebrada Seca. Enfin des combats opposant des troupes de la 10e brigade de l’armée au front Camilo Torres Restrepo de l’ELN ont également eut lieu.

Combattants de l'ELN

Combattants de l’ELN

La collégiale A de la Chambre criminelle nationale a admis l’appel en annulation de la peine de réclusion à perpétuité infligée aux membres de la direction du PCP-SL dans l’affaire de l’explosion de la voiture piégée à Lima en 1992 (voir notre article). La défense des dirigeants maoïstes, parmi lesquels Abimael Guzmán et Elena Iparraguirre, avait contesté la condamnation et demandé l’acquittement des personnes condamnées. Du côté de l’accusation, le bureau du procureur conteste l’indemnisation civile de deux millions de soles ordonnée par la décision du Sénat, tandis que le bureau du procureur antidrogue et le bureau du procureur antidrogue conteste l’acquittement du crime de trafic de drogue. Tout indique donc lq tenue d’un nouveau procès.

Procès de l'attentat de 1992 à Lima

Procès de l’attentat de 1992 à Lima

De nouveaux incidents ont éclatés hier matin dans les environs de l’institut national Barros Arana (Inba), où des manifestants cagoulés ont érigé des barricades incendiaires dans la rue afin de gêner la circulation. Des membres des forces spéciales sont entrés dans l’établissement et ont arrêté quatre manifestants, portant des combinaisons, ainsi que des cocktails Molotov, des gants, des masques et des bombes de peinture.

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