Du 10 au 16 février, des soutiens appellent à une semaine de solidarité avant le procès prévu le 17 février dans l’affaire Prairieland, autour de Daniel « Des » Sanchez Estrada, tatoeur vegan, artiste anarchiste racisé et immigré, poursuivi pour avoir prétendument transporté des publications antifascistes dans un dossier présenté par ses défenseurs comme un cas de répression politique au Texas (voir notre article). Afin de le soutenir, la campagne encourage diverses actions publiques : diffusion d’informations, lettres de soutien, dons, affichage ou événements solidaires, etc.

Le site du comité de soutien

Prisonnier politique incarcéré suite aux soulèvements historiques à Minneapolis en mai 2020 contre le racisme systémique, Montez Lee purge actuellement une peine fédérale de dix ans tout en menant une bataille héroïque devant la cour d’appel pour faire annuler ses charges illégitimes. Père de famille et musicien, il est la cible d’une répression d’État visant à intimider ceux qui défendent leurs communautés contre les violences systémiques. Pour soutenir ce combat, ses soutiens organisent la solidarité afin de financer ses frais juridiques, son quotidien en détention et les besoins de ses enfants, tout en brisant son isolement par l’envoi de correspondances et d’ouvrages spécialisés en musique ou en littérature de fiction (voir ici).

Au Colorado, plusieurs organisations de défense des migrants et médias locaux dénoncent des pratiques choquantes lors d’opérations d’arrestation menées par l’ICE, après la découverte d’as de pique laissés dans au moins neuf véhicules de personnes interpellées. Ces cartes, portant la mention du bureau local de l’agence et les coordonnées d’un centre de détention, ont suscité une vive polémique en raison de leur symbolique : durant la guerre du Vietnam, certains soldats états-uniens utilisaient l’as de pique comme outil de guerre psychologique, le déposant dans des villages attaqués ou sur des corps pour semer la peur et marquer leur passage. Des vidéos diffusées en ligne montrant des voitures abandonnées moteurs allumés ont renforcé l’indignation et alimenté les critiques sur les méthodes employées lors de ces interventions.

Plus de 4.000 personnes ont été arrêtées depuis début décembre dans le Minnesota lors de l’opération fédérale « Metro Surge », menée par des agents de l’immigration et de la police aux frontières lourdement armés, que l’administration Trump présente comme une action de sécurité visant des “dangereux étrangers en situation illégale” et des “criminels”. Les meurtres policiers et les méthodes employées ont suscité une forte mobilisation populaire et des manifestations massives.

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L’Arkansas prévoit d’interdire l’envoi de livres, magazines et journaux papier aux détenus. Cette mesure, présentée comme un moyen de lutter contre l’introduction de drogues en prison, serait la plus stricte du pays. Justifiée par la détection de stupéfiants dans des envois imprimés, cette décision est vivement contestée car elle est perçue comme une atteinte aux droits fondamentaux des prisonniers. Si les détenus conservent l’accès aux bibliothèques internes et à des tablettes numériques (souvent payantes), ces restrictions limitent l’accès à l’information et à l’éducation, notamment pour les plus précaires.

Selon une enquête du journal Le Soir, la FN America, filiale à 100 % de la FN Herstal, aurait fourni depuis 2009 des armes « à létalité réduite » FN 303 à des agences états-uniennes chargées du contrôle migratoire, notamment la Customs and Border Protection (CBP), pour un montant cumulé de plusieurs millions de dollars. Un contrat d’un million de dollars aurait notamment été signé en septembre 2025 avec la CBP, impliquée dans les expulsions de migrant·es sous l’administration Trump. La FN Herstal dément toutefois toute vente d’armes ou de lanceurs FN 303 à l’ICE, affirmant que les seuls contrats concernent des projectiles inertes ou de peinture, tout en reconnaissant des accords récents avec la police aux frontières et d’autres agences relevant du département états-unien de la Sécurité intérieure.

Au Texas, des dossiers médicaux récemment obtenus révèlent que Xinachtli, prisonnier politique chicano âgé de 73 ans (voir notre article), souffre de multiples pathologies graves tout en étant victime de négligences médicales après plus de 20 ans d’isolement. Selon ses soutiens et des médecins indépendants, des informations essentielles sur son état lui ont été dissimulées, et il a été transféré à plusieurs reprises dans des établissements incapables de répondre à ses besoins, parfois dans des conditions assimilées à de la torture. Des organisations de défense des droits humains et des prisonniers exigent son retrait immédiat de l’isolement, des soins complets et sa libération sous supervision médicale, estimant que sa détention actuelle met directement sa vie en danger.

À New York, un homme a été arrêté après s’être fait passer pour un agent du FBI afin d’obtenir la libération de Luigi Mangione, 27 ans, accusé du meurtre du patron d’UnitedHealthcare, Brian Thompson, en décembre 2024. Il s’est présenté dans un centre de détention de Brooklyn avec de faux documents prétendument signés par un juge et a été interpellé avec des objets suspects dans son sac. Mangione, qui a plaidé non coupable, doit être jugé dans des procédures fédérale et étatique, cette dernière pouvant lui valoir la prison à perpétuité. L’affaire a pris une dimension symbolique pour certains opposants aux compagnies d’assurance santé, accusées de privilégier les profits au détriment des soins.

Le 8 février 2026, un mouvement de grève du travail est lancé dans les prisons de l’Alabama, sous l’impulsion du Free Alabama Movement et de figures comme le prisonnier anarchiste Michael Kimble (voir photo), pour protester contre leur exploitation et exiger l’abolition du système carcéral, des peines de perpétuité réelle et de la peine de mort. Les détenus du centre correctionnel de Ventress dénoncent notamment des mesures de rétorsion consistant à réduire drastiquement les portions alimentaires et l’accès aux achats de nourriture en réponse à leur action. Face à cette situation, un appel à la solidarité internationale est lancé afin de soutenir la lutte par diverses actions directes et de sensibilisation.

Lors d’une interview accordée au New York Post, Donald Trump a affirmé que les forces états-uniennes avaient utilisé une arme expérimentale baptisée « Discombobulator » lors de l’opération militaire du 3 janvier 2026 contre le Venezuela, qui a conduit au kidnapping du président vénézuélien Nicolás Maduro et Cilia Flores. Selon Trump, cette arme aurait permis de neutraliser les systèmes de défense et de désorienter les personnes sur le terrain. L’intervention, qualifiée par Washington de « frappe de grande envergure », s’est déroulée dans la nuit du 2 au 3 janvier à Caracas, provoquant de vives réactions internationales (voir notre article).