Chaque année, la jeunesse rebelle du Chili descend dans la rue pour commémorer la mort des frères Rafael et Eduardo Vergara Toledo. C’est  la « Journée du jeune combattant » qui débouche toujours sur des affrontements avec les forces de l’ordre.

Rafael (18 ans) et Eduardo (20 ans) Vergara Toledo sont devenus le symbole de la lutte contre la dictature civile et militaire d’Augusto Pinochet et contre les politiques néolibérales des gouvernements chiliens qui ont succédé au régime Pinochet, perpétuant son héritage. Dans un contexte de répression et de crise économique qui a laissé 35 % des travailleurs au chômage dans les années 1980, des milliers de jeunes pauvres et d’enfants de travailleurs licenciés avaient commencé à s’organiser pour faire face à la dictature de Pinochet.

Dès leur plus jeune âge, Eduardo et Rafael ont grandi dans une famille politisée. Avec leur frère aîné, Pablo, ils ont milité au sein du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR). Eduardo est entré à l’Universidad Metropolitana de las Ciencias de la Educación (UMCE), connue au Chili sous le nom de « el Pedagógico », pour étudier l’histoire, mais il a été expulsé par les autorités fascistes en raison de ses liens politiques. Rafael, élève de l’enseignement secondaire, avait également été expulsé de son école en tant qu' »agitateur politique ».

Rafael et Eduardo Vergara-Toledo,

Depuis 1982, la maison de la famille Vergara-Toledo a été constamment perquisitionnée et plusieurs de ses membres arrêtés. Au cours du premier semestre 1984, Eduardo et Rafael sont entrés dans la clandestinité. Le 29 mars 1985, à la tombée de la nuit, Eduardo et Rafael, ainsi que quatre autres militants du MIR, marchent dans les rues de Villa Francia, le quartier où ils habitent, et sont interceptés par les carabiniers.

Les jeunes gens prennent la fuite, mais les policiers tirent et atteignent Eduardo. Son frère, Rafael, retourne l’aider malgré l’insistance d’Eduardo pour qu’il s’échappe. La patrouille arrive bientôt. Rafael est sauvagement battu avant d’être abattu d’une balle dans la tête.

En mars 2004, un juge chilien Sergio Muñoz a ouvert une enquête en collaboration avec la cinquième brigade d’enquête du Chili. Après un long procès, les carabiniers Francisco Toledo Puente, Jorge Marín Jiménez, Mauricio Muñoz Cifuentes et le sous-lieutenant Alex Ambler Hinojosa ont été condamnés à des peines de 10 et 15 ans de prison pour le meurtre des frères Vergara-Toledo.

Ce sont en fait trois frères Vergara qui ont été tués par la dictature et le décès de leur mère, elle-même résistante,  le 6 juillet 2021, a donné lieu à une grande manifestation d’hommage (voir notre article)

Voir ici l’article sur la Journée 2023
Voir ici l’article sur la Journée 2022
Voir ici l’article sur la Journée 2017
Voir ici l’article sur la Journée 2016
Voir ici l’article sur la Journée 2014

 

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Sous forme de « feuilleton de l’été » (2013 à 2016) ou sous forme d’épisodes séparés, le site du Secours rouge passe en revue quelques grands éléments de la culture politique anti-répression : causes célèbres, symboles connus, mobilisations historiques, événements fondateurs.

Voici le récapitulatif des épisodes parus

2e épisode 2016: l'histoire du Pepper Spray Cop
2e épisode 2016: l’histoire du Pepper Spray Cop

2013
1. Louise Michel déportée et les Canaques insurgés
2. ACAB
3. « Free Angela Davis ! »
4. Les martyrs de Haymarket
5. Février 1958 : parution de « La Question »
6. L’assassinat de Rosa Luxemburg
7. « En el pozo María Luisa »
8. La grève de la faim en Irlande du Nord
9. L’arrestation de Nelson Mandela
10. « Le Sel de la terre »
11. L’exécution de Francisco Ferrer
12. Les chansons de Jean-Baptiste Clément
13. Le massacre des prisonniers politiques iraniens (1988)
14. Le street art antirep
15. La défense « de rupture »
16. L’insurrection de Buchenvald
17. L’affaire Sacco-Vanzetti

2014
1. Le Bloody Sunday
2. Le masque de Guy Fawkes
3. La grande évasion de Santiago
4. « Z »
5. Rubin « Hurricane » Carter
6. Le massacre des communistes indonésiens
7. « Ce que tout révolutionnaire doit savoir de la répression » de Victor Serge
8. L’Opération Condor
9. Auguste Blanqui « L’Enfermé »
10. « Le Mur »
11. Le bagne de Poulo Condor
12. « Écrit sous la potence »
13. L’exécution d’Auguste Vaillant
14. « Per i morti de Reggio Emilie »

2015
1. L’Agence Pinkerton à Homestead
2. La défenestration de Guiseppe Pinelli
3. Le « Konzert für Chile » de 1974
4. La détention de Netchaiev
5. Reagan licencie 11.359 contrôleurs aériens
6. Le boycott
7. Le « Chant des marais »
8. Les camps de concentration finlandais
9. L’assassinat de Pierre Overney
10. « La Condition humaine »
11. Les photos de Tina Modotti
12. L’école française de contre-insurrection

2016
1. L’assassinat de Lumumba
2. Le « pepper spray cop »
3. Le massacre des bananeraies dans « Cent ans de solitude »
4. La prison de Khiam
5. L’enlèvement de Peter Lorenz
6. La commémoration Tayenne
7. « La Justice » de Breughel l’Ancien
8. Le procès de la Moncada
9. Le black bloc
10. Le siège de Wounded Knee (1973)
11. La fin de Vienne-la-rouge
12. Le manuel d’interrogatoire de la CIA (1ère partie)
13. Le manuel d’interrogatoire de la CIA (2e partie)
14. La barricade des « Misérables »
15. L’invention des gaz lacrymogènes
16. Les poèmes de prison de Ho Chi Minh
17. L’architecture contre-insurrectionnelle en Irlande du Nord

Episodes séparés
1. L’embuscade de la gare de Meenbanad (2018)
2. L’exécution du « Rat Roi » à la prison de Maze (1997) (2020)
3. Les frères Vergara et la « Journée du jeune combattant » (2023)

Billy Wright avait adhéré en 1975 à l’Ulster Volunteer Force. L’UVF était une organisation paramilitaire loyaliste d’Irlande du Nord créée en 1912 pour lutter contre le mouvement indépendantiste. Refondée en 1966, officiellement interdite mais bénéficiant de profondes complicités dans les forces de sécurité, elle tuera 426 personnes, des militants républicains mais aussi, dans une volonté de terreur, des Irlandais qui étaient simplement catholiques. Dirigeant de l’UVF à Portadown, Wright avait dénoncé en 1986 les négociations de paix et avait profité des grandes marches protestantes, qui célèbrent l’écrasement des catholiques et la soumission de l’Irlande à la couronne britannique, pour organiser une violence de rue dirigée contre les catholiques.

Après une éclipse de cinq ans en politique, il affirme au début des années 90 avoir « rencontré Dieu » et consacré sa vie « à la défense du peuple protestant ». Il réintègre alors l’UVF et reprend son activité dans les escadrons de la mort, mais peu après, en 1994, l’UVF accepte le cessez-le-feu proposé (et entamé) par l’IRA. Billy Wright entre en dissidence et avec une centaine de clandestins de l’UVF de Portadown, il fonde la LVF (Loyalist Volunteer Force). La LVF va poursuivre une politique d’assassinats, essentiellement des prolétaires catholiques sans activité politique.

Billy Wright
Billy Wright

Surnommé le « Rat roi », Wright était un anticommuniste déclaré, lié à des groupes d’extrême droite chrétiens des États du sud des États-Unis, et entretenant des relations étroites avec l’organisation néo-nazie « Combat 18″, basé à Bolton. Véritable psychopathe, Billy Wright prolongeait l’exécution en »discutant » avec ses victimes avant de les abattre. Billy Wright avait été condamné à mort par l’IRA (qui a tenté à six reprises de l’exécuter, parvenant une fois à le blesser). Son ancienne hiérarchie paramilitaire protestante, adhérant au processus de paix, lui avait ordonné de quitter l’Irlande du nord le 1er septembre 1997 avant minuit, sous peine de mort. Arrêté pour un motif mineur mais convaincu par la suite de trois meurtres (il en aurait personnellement commis une dizaine et ordonné des dizaines), Wright avait été enfermé au bloc 6 de la prison de Maze.

Dans la matinée du samedi 27 décembre 1997, trois prisonniers de l’INLA – Christopher « Crip » McWilliams, John « Sonny » Glennon et John Kennaway, armés de deux pistolets, ont quitté l’aile des prisonniers de l’INLA, ont traversé le terrain de sport voisin, sont passés par un trou préparé à l’avance dans le grillage, sont montés sur le toit de leur aile pour accéder à la cour où Wright montait dans le van amenant les prisonniers au bloc des visites. Après avoir tiré sept balles sur Wright, les trois volontaires de l’INLA se sont rendu en présentant un communiqué de l’INLA. L’opération, ordonné par le commandement de l’INLA (qui n’avait pas encore acceptée le cessez-le-feu) avait été soigneusement planifiée et parfaitement exécutée.

Le plan de l'opération
Le plan de l’opération

 

Le plan général de la prison de Maze
Le plan général de la prison de Maze

Les paramilitaires de la LVF ont répliqué à leur manière: en s’en prenant à des civils de l’autre communauté. La nuit même, un de leur commando mitrailla des jeunes gens qui sortaient d’une discothèque d’un quartier catholique. Plusieurs meurtres suivirent. Le 20 octobre 1998, les trois membres de l’INLA qui avaient exécuté Billy Writht ont été condamnés à la prison à vie. Dans l’intervalle, l’INLA avait rallié le cessez-le-feu et ses prisonniers allaient progressivement être libéré dans le cadre du programme de libérations anticipées liée aux accords de paix.

symbole de l'INLA
symbole de l’INLA

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De vastes soulèvements anti-britanniques avaient été écrasés en Irlande au 18e siècle, et l’Irlande avait ensuite été dépeuplée par la famine (un million de mort) et par une émigration massive. En 1905, l’organisation Sinn Féin, indépendantiste, est fondé, tandis que James Connolly jette les bases théoriques et organisationnelles du mouvement socialiste de libération de l’Irlande.

Durant la guerre mondiale, en 1916, les Volontaires de l’Irish Republican Brotherhood (du Sinn Féin) et de l’Irish Citizen Army (de James Connolly) déclenchent l’insurrection de Pâques. Le soulèvement fut limité à Dublin, fit 400 morts et fut écrasé en moins d’une semaine. La férocité de la répression (exécution des meneurs de l’insurrection, des milliers d’arrestations) apporte au Sinn Féin une popularité accrue.

La bibliothèque de Dublin au moment de l'insurrection de Pâques
La bibliothèque de Dublin au moment de l’insurrection de Pâques

 

La même après la répression du soulèvement
La même après la répression du soulèvement

En janvier 1918, des Volontaires décidèrent de libérer deux prisonniers, James Duffy de Meenbanad et James Ward de Cloughlass. Ces derniers avaient déserté l’armée britannique mais été arrêté par la gendarmerie à Kincasslagh et ils enfermés dans la caserne locale. Le 4 janvier, quatre membres de la Royal Irish Constabulary (Gendarmerie royale irlandaise), un sergent et trois agents, étaient venu de Derry pour emmener les prisonniers dans le train de l’après-midi.

La gare de Meenbanad était noire d’une foule qui revenait de la foire de Dungloe. Soudainement, quatre volontaires montent à bord et se ruent sur les gendarmes, les boxent, arrachent au sergent son fusil et sa baïonnette et libèrent les prisonniers. Volontaires et prisonniers ont traversés la foule, et se sont engouffrés dans une voiture qui les attendait. Duffy, qui avait prit part à l’insurrection de Pâques en 1916, rejoignit l’armée de libération tandis que Ward émigra en Amérique où il fut tué dans un accident de circulation.

Volontaires de l'armée de libération irlandaise
Volontaires de l’armée de libération irlandaise

L’embuscade de la gare de Meenbanad est célébrée comme l’action inaugurale du soulèvement qui allait durer trois ans et déboucher sur les accords de Londres en 1921 qui consacrait la partition de l’Irlande en accordant l’indépendance aux comtés du Sud en laissant les six comtés du Nord sous la domination de la Grande-Bretagne.

La gare de Meenbanad aujourd'hui, désaffectée, elle est devenue un lieu de mémoire
La gare de Meenbanad aujourd’hui, désaffectée, elle est devenue un lieu de mémoire

 

A la gare de Meenbanad en 1968, trois des anciens participants de l'embuscade (de droite à gauche) Dim Bonner, Fergus Ward and Neil Boyle
A la gare de Meenbanad en 1968, trois des anciens participants de l’embuscade (de droite à gauche) Dim Bonner, Fergus Ward and Neil Boyle

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Ghassan Kanafani était un écrivain, membre du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP). Recruté par George Habache en 1953, il avait rejoint le MNA qui devint FPLP en 1967. Kanafani est porte-parole du FPLP dès ce moment, il en rédige le programme politique, marxiste-léniniste, en 1969. Il y a 45 ans, le 8 juillet 1972, Kanafani est assassiné avec sa nièce par une bombe du Mossad placée dans sa voiture.

Une interview rare faite en 1970 par des journalistes australiens à Beyrouth vient d’être traduite en français et publiée par la page Facebook « Palestine et Révolution »

Ghassan Kanafani

Ghassan Kanafani

Suite et fin du feuilleton de cet été sur le site du Secours rouge, qui passe en revue quelques grands éléments de la culture politique anti-répression : causes célèbres, symboles connus, mobilisations historiques, événements fondateurs. Des commissariats-forteresses ne présentant que du béton et des volets d’acier à l’extérieur, des bases hérissées de caméras, de périscope, de senseurs, de grilles anti-roquettes, ravitaillables par hélicoptères, d’immenses miradors bétonnés surveillant les villes et les campagnes, les forces britanniques en Irlande ont dû, sous la menace des actions de l’IRA, développer les plus formidables dispositifs défensifs contre-insurrectionnels.

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 Golf Five Zero watchtower Crossmaglen, South Armagh

Golf Five Zero watchtower Crossmaglen, South Armagh

En 1938, Ho Chi Minh, futur président du Vietnam, est envoyé par l’Internationale Communiste en Chine en 1938 où il sert comme commissaire politique à la 8° armée communiste basée dans le Guanxi. En février 1941, après la défaite française face à l’Allemagne, il rejoint le Vietnam et fonde, en juin, la « Ligue pour l’Indépendance du Viêt Nam », le Viêt Minh qui combat à la fois les occupants japonais et les colonisateurs français.

Le 27 août 1942, lors d’un passage à Zurong (Tienpao, province chinoise du Guangxi), Hô Chi Minh est arrêté faute de papiers en règle. Il est emprisonné durant plus d’une année dans plus de 30 prisons de 13 districts du Guangxi, souffrant des mauvais traitements, des conditions de détention déplorables, et de maladies. Il est libéré en 1943.
Il en sort avec un petit calepin, avec une couverture bleue sur laquelle figurent 4 idéogrammes chinois signifiant Carnet de prison, agrémentés de 4 vers et d’un dessin montrant deux poignets enchaînés… Dedans, 133 poèmes en chinois composés entre le 29 août 1942 et le 10 septembre 1943, plus quelques notes : le témoignage de son emprisonnement.

La couverture du

Cette autobiographie en vers, Ho Chi Minh en est à la fois l’auteur et le principal protagoniste. En préface, il a écrit: «La poésie, ce n’est pas ma passion; mais que faire en prison? Je compose des vers pour passer les longues journées; en attendant le jour de la liberté».

Le Carnet de prison de Ho Chi Minh est un auto-portrait sincère, sensible et profonds. De poème en poème, Ho Chi Minh apparaît sous plusieurs facettes: le révolutionnaire, le prisonnier qui souffre, l’homme compatissant envers les plus vulnérables, le poète sensible à la nature :
Dans la prison, il n’y a ni alcool ni fleurs;
mais la beauté de la nuit ne peut laisser indifférent;
l’homme contemple la lune à la fenêtre;
la lune s’immisce à travers l’interstice pour admirer le poète

De l’humour aussi, caustique. Dans Gale ulcéreuse, il décrit ainsi l’épidémie dont souffre les prisonniers:
Nos corps sont pourpres comme s’ils étaient vêtus de brocart;
Nos mains grattent sans cesse comme sur une cithare;
Vêtus de brocart, tous les prisonniers sont des invités distingués;
Jouant de la cithare, tous sont des amis mélomanes.

En 1960, le Carnet de prison a été traduit en vietnamien. Aujourd’hui, il est accessible en plus de 25 langues. Une édition en français, partielle (72 poèmes et 3 illustrations), a été publiée en 1983 par les Éditions en langues étrangères à Hanoï.

Une édition disponible du
Une édition disponible du Carnet de Prison

Je descends vers Yong Ming par la route des eaux
Les pieds pendus au toit, supplicié d’un autre âge
Sur les rives, partout, denses sont les villages
Et légers, les sampans des pêcheurs sur les flots

Jusqu’au fleuve jadis vous m’accompagniez
A bientôt, vous disais-je, à la moisson prochaine
De nouveau la charrue a passé sur la plaine
Et moi, loin du pays, je suis un prisonnier

Ho Chi Minh en 1932, au moment de son emprisonnement par les Anglais à Hong Kong)
Ho Chi Minh en 1932, au moment de son emprisonnement par les Anglais à Hong Kong)

Vaste est la région, mais ingrate la terre
L’homme aime le labeur comme l’économie.
Ce printemps, parait-il, n’a pas reçu de pluie ;
Deux, trois gerbes rentrées sur les dix qu’on espère.

La rose s’ouvre et la rose se fâne
Sans savoir ce que la rose fait.
Il suffit qu’un parfum de rose
S’égare dans une maison d’arrêt
Pour que hurlent au coeur de l’enfermé
Toutes les injustices du monde.

Sous le choc du pilon souffre le grain de riz
Mais l’épreuve passée, admirez sa blancheur
Pareils sont les humains dans le siècle où l’on vit
Pour être homme, il faut subir le pilon du malheur.

Une veille…
une veille…
une troisième veille…
Pas moyen de dormir…
Je me tourne, angoissé…
Quatre, cinquième veille…
Est-ce un rêve ?
Est-ce une veille ?
Cinq branches d’une étoile enroulent mes pensées.

Livres neufs, bouquins anciens, grossièrement assemblés…
Couverture de papier vaut mieux que sans couverture,
Dormeurs des beaux lits princiers, à l’abri de la froidure,
Beaucoup d’hommes en prison passent la nuit éveillés !

L’équilibre au départ rend l’issue incertaine ;
La victoire finit par pencher d’un côté.
Bien préparer tes coups, garde ton plan secret
Et tu mériteras d’être un grand capitaine.

Je suis un homme honnête et mon âme est tranquille.
On me soupçonne d’être un chinois ténébreux !
Le chemin de la vie est toujours dangereux,
Mais vivre sa vie est moins que jamais facile.


Dix heures. La Grande Ourse effleure les sommets.
C’est l’automne. Un grillon chante son allégresse.
Qu’importe au prisonnier l’automne et ses ivresses ?
Le seul chant de son coeur : Revoir sa liberté.

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Suite du feuilleton de cet été sur le site du Secours rouge, qui passe en revue quelques grands éléments de la culture politique anti-répression : causes célèbres, symboles connus, mobilisations historiques, événements fondateurs. Début 1912, la police mène deux sièges en règle contre des anarchistes de la bande à Bonnot: contre Bonnot lui-même le 27 avril, et contre Valet et Garnier le 14 mai. Des centaines de policiers et militaires se rendent ridicules des heures durant. Le préfet de police Lépine crée alors une commission chargée de trouver un réponse à ces situations, et la réponse proposée sera le gaz lacrymogène.

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Après le siège de Bonnot à Choisy-le-Roi

Après le siège de Bonnot à Choisy-le-Roi

Suite du feuilleton de cet été sur le site du Secours rouge, qui passe en revue quelques grands éléments de la culture politique anti-répression : causes célèbres, symboles connus, mobilisations historiques, événements fondateurs. La plus célèbre des barricades est celle édifiée à Paris le 5 juin 1832 rue de la Chanvrerie. Si Hugo n’avait pas magnifié sa résistance dans Les Misérables, nul n’en aurait entendu parler : l’insurrection manquée de juin 1832 restant de l’ombre de celles, victorieuses, de 1830 (chute du Charles X) et de 1848 (fin de la monarchie).

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L'assaut de la barricade

L’assaut de la barricade

Suite du feuilleton de cet été sur le site du Secours rouge, qui passe en revue quelques grands éléments de la culture politique anti-répression : causes célèbres, symboles connus, mobilisations historiques, événements fondateurs. Suite et fin de l’article sur le « Kubark Counterintelligence Interrogation », le manuel secret de la CIA exposant la manière de briser la volonté d’un prisonnier.

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Au sommaire du manuel KUBARK

Au sommaire du manuel KUBARK