Secours Rouge

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Quelques contusions aux jambes, une entorse au pied gauche, rien de cassé, Xabier Tubal Abrisketa est un véritable miraculé. Ce jeune homme de 29 ans est celui qui, vendredi dernier, a chuté sur une vingtaine de mètres, de l’Arc de Triomphe à Paris, au cours d’une action collective réalisée par solidarité avec Jon Anza.

L’action avait été soigneusement préparée et était accomplie par des personnes expérimentée (dix ans d’expérience en escalade pour Xabier Tubal Abrisketa lui-même). Le système choisi pour déployer la banderole était le «
‘contre poids’ ou la ‘contre balance’: les personnes sont reliées de part et d’autre à gauche et à droite, sur une même corde. La chute de Xabier Tubal est due à l’intervention des policiers qui ont détaché une des personnes, alors qu’elle était encordée avec Xabier Tubal Abrisketa, malgré les avertissement des pompiers et des jeunes qui avaient expliqué le système utilisé.

Selon un membre du groupe, aucun des policiers n’a eu l’air surpris lors de la chute et on a même pu apercevoir des policiers qui ont rigolé. Incompétence, inconscience ou un acte volontaire. C’est un miracle que personne ne soit mort. Une plainte contre X pourrait être déposée d’ici peu. Les avocats peaufinent la qualification de la plainte.

Cinq mille personnes ont défilé samedi dans les rues de Saint-Jean-de-Luz pour exiger la vérité sur la disparition, il y a un an, du militant d’ETA Jon Anza dont le cadavre a été retrouvé et identifié à Toulouse en mars dernier. Les représentants du Collectif Jon Anza, accompagnés des responsables des principaux partis de la gauche nationaliste basque ont défilé en tête d’un imposant cortège. Jon Anza avait disparu le 18 avril 2009 alors qu’il se rendait en train de Bayonne à Toulouse pour apporter de l’argent à ETA. La thèse de l’enlèvement de Jon Anza en France, par des policiers espagnols, suivi d’un interrogatoire qui aurait mal tourné est plus que jamais d’actualité.

‘Le peuple ne pardonnera pas’, figurait parmi les principaux slogans repris dans le cortège où se mêlaient des Basques venus des deux côtés de la frontière, tandis que des banderoles désignaient Michèle Alliot-Marie, la ministre de la Justice, et le ministre de l’Intérieur espagnol Alfredo Rubalcaba comme ‘responsables, coupables’ du sort de Jon Anza. Le choix de la ville de Saint-Jean-de-Luz a été décidé parce que Michèle Alliot-Marie, élue de la ville, était ministre de l’Intérieur quand Jon Anza a disparu.

Un militant basque s’est gravement blessé vendredi en chutant de l’Arc de Triomphe, à Paris, alors qu’il tentait de descendre en rappel de l’édifice. Il faisait partie d’un groupe qui a déployé une banderole sur le monument sur laquelle on pouvait lire ‘PSOE-UMP, qu’avez-vous fait de Jon Anza?’, le militant d’ETA disparu en avril 2009 et dont le corps a été retrouvé en mars à Toulouse.

Les neuf militants ont été mis en garde à vue notamment pour violation de sépulture et violence volontaire, après avoir malmené une employée du site qui tentait de les empêcher de mener leur action. Le militant basque espagnol qui est tombé de l’Arc de Triomphe, âgé de 29 ans, souffre de multiples fractures mais son pronostic vital n’est pas engagé. Trois personnes se sont arrimées à la façade de l’édifice pour descendre en rappel à l’aide de cordes. L’un des militants a été coincé dans un échafaudage, un autre a été arrêté et le troisième a chuté, ajoute-t-on. Le comité de défense des prisonniers basques Askatasuna a accusé la police d’être responsable de la chute du militant.

Banderolle pour Jon Anza sur l'Arc de Triomphe

Banderolle pour Jon Anza sur l’Arc de Triomphe

Un homme a été interpellé par la police ce matin à Hendaye (Pays basque français), une arrestation liée à l’enquête qui avait conduit à l’interpellation d’un avocat, Joseba Agudo Mancisidor, le 29 octobre 2009 dans la même ville. Il s’agirait de la douzième interpellation dans le cadre de l’enquête sur des personnes soupçonnés d’avoir transmis à ETA des informations sur le ministre de l’Intérieur espagnol Alfredo Perez Rubalcaba.

Une opération policière a conduit mercredi à l’interpellation d’une dizaine de personnes au Pays basque espagnol. Ces personnes, parmi lesquelles quatre avocats, ont été interpellées par la garde civile sur ordre du juge anti-terroriste espagnol Fernando Grande-Marlaska pour ‘appartenance à ou collaboration’ présumées avec ETA.

Les quatre avocats interpellés qui ont pour habitude de défendre des membres de l’ETA, sont soupçonnés d’avoir agi en tant ‘qu’agents de liaison’ entre des militants incarcérés et les responsables de l’organisation clandestine. Arantza Zulueta (photo), une des avocates les plus connues de la gauche indépendantiste et qui a défendu à de nombreuses reprises des membres de l’ETA, figure parmi les personnes interpellées. Au moins cinq autres personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette opération conduite simultanément à Bilbao, Saint-Sébastien et Hernani.

Arantxa Zulueta

Arantxa Zulueta

Une nouvelle opération anti-ETA a été menée dans la nuit de lundi à mardi dans la province de Bilbao, au Pays-Basque espagnol. Deux collaborateurs présumés de l’ETA ont été interpellés, mais le ministère n’a toujours pas précisé de quoi sont soupçonnés les deux hommes. Sur ordre du juge de l’Audience nationale, tribunal chargé des dossiers de ‘terrorisme’, quatre perquisitions ont également été menées. La police a saisi du matériel informatique, une bonbonne de camping-gaz, un livre intitulé ‘Cloratita’ (nom espagnol d’un composant explosif) et des documents liés à l’ETA. Ce mercredi, les polices espagnoles et françaises ont découvert plusieurs dépoôts de l’organisation dans lesquelles ils ont trouvé 87 kilos d’explosifs.

Opération anti-ETA

Opération anti-ETA

Il y a 29 ans, le 13 février 1981, le militant basque Joseba Arregi mourrait à Carabanchel des suites de la torture que les policiers espagnols lui avaient fait subir durant près de neuf jours alors qu’il se trouvait dans un commissariat sous le régime de la mise au secret (photo). Depuis lors, cette journée est consacrée à dénoncer la persistance de la torture au Pays-Basque. L’un des cinq tortionnaires de Joseba Arregi est l’actuel Commissaire général de la police judiciaire espagnole: José Antonio Gonzalez Garcia (il avait été reconnu coupable, condamné … et ensuite gracié… comme tous les policiers tortionnaires reconnus). Il y a peu, le responsable espagnol de la collaboration franco-espagnole dans la ‘lutte anti-terroriste’, en poste à Pau, était un des trois gardes civils, tortionnaires en 1992, condamnés et absouts, de Kepa Urra. Il s’agit du commandant de la guardia civil Manuel Sanchez Corbi.

Au cours de ces quarante dernières années, plus de 7000 (sept mille) citoyens basques ont été torturés dans les dépendances policières espagnoles. En janvier 2008, Igor Portu avait dû être hospitalisé suite aux tortures subies (4 gardes civils viennent d’être inculpés pour cela en février 2010). En 2009 ce sont 45 basques qui ont dénoncé avoir été torturés dont le jeune navarrais Alain Berastegi enlevé, torturé puis relâché dans la montagne d’Irunberri, en juillet. En ce début 2010, plusieurs cas de tortures (avec hospitalisations) viennent d’être connus (Pello Olano de Lizartza, Asier Badiola le 26 janvier,…). En 2009, l’ONU a demandé à l’Espagne d’abolir le régime d’incommunication (au secret) lors des gardes à vue, régime qui permet la pratique de la torture par la police et la guardia civile espagnole.

La police régionale basque mène depuis une semaine une opération contre l’ETA. Cinq membres présumés de l’organisation ont été inculpés et maintenus en détention samedi, et mardi, deux autres personnes ont été incarcérées à Madrid. Ce mardi, la police a annoncé deux nouvelles arrestations. Igor Martin Nino et Olaitz Lema Zabala sont soupçonnés de collaborer avec l’ETA. Les autorités soupçonnent ces neuf personnes d’être impliquées dans un attentat à la voiture piégée devant la police d’Ondarroa en septembre 2008 (photo) ainsi que dans deux attaques à l’explosif contre les travaux de construction de la ligne ferroviaire à grande vitesse du Pays-Basque et contre un relais électrique à Azpeitia.

Attentat contre le commissariat d'Ondarroa

Attentat contre le commissariat d’Ondarroa

Le leader indépendantiste basque Arnaldo Otegi, emprisonné et jugé depuis mercredi à Madrid pour apologie du terrorisme, est en grève de la faim dans le cadre d’un mouvement de protestation collectif des détenus basques. Arnaldo Otegi, ex-porte-parole de Batasuna, a comparu mercredi pour avoir participé en 2005 à un hommage rendu à un membre de l’ETA en prison, José Maria Sagarduy. Il est poursuivi dans ce dossier avec trois autres indépendantistes, dont deux n’ont pas comparu mercredi. Un mandat d’arrêt a été émis contre ceux-ci.

L’organisation regroupant les détenus basques (EPPK) a annoncé lundi le début d’un mouvement collectif de grève de la faim pour protester contre la politique d’éloignement des détenus du Pays-Basque suivie en Espagne, et pour réclamer l’autodétermination pour le Pays Basque. Otegi, qui est en prison depuis octobre, a refusé de répondre à une question de la présidente du tribunal, Angela Murillo, sur la violence de l’ETA. ‘Condamnez-vous la violence de l’ETA?’ a demandé la magistrate. ‘Je ne vais pas répondre’, a rétorqué l’accusé.

Le leader indépendantiste risque une peine de 18 mois de prison pour avoir participé à cet hommage pour le membre d’un groupe armé considéré comme terroriste par l’Union européenne. Parallèlement, Otegi sera jugé, à une date encore non fixée, pour avoir tenté de reconstituer la direction de Batasuna, alors que ce parti est interdit par la justice espagnole depuis 2003.

En septembre 2009, le prisonnier politique basque donostiar, Juan José Rego Vidal, a commencé une grève de la faim et de la soif mercredi afin de protester contre sa situation. En effet, Rego, âgé de 71 ans, se trouve actuellement incarcéré dans la prison de Mansilla (province de Léon) depuis 12 ans et fait partie des 14 prisonniers politiques basques qui sont atteints de maladies graves. Malgré cela, on leur refuse l’application de l’article 92 qui envisage la mise en liberté des prisonniers atteints d’une maladie grave ou incurable. Il devait être transféré dans les prochains jours vers l’hôpital de Donostia mais à la dernière minute, on lui a annoncé qu’il ne le serait pas.

C’est la goutte qui a fait déborder le vase. Le prisonnier a indiqué qu’il avait perdu patience et a décidé d’entamer une grève de la faim et de la soif. Juan José Rego souffre de maladies graves et incurables et a, entre autres, des problèmes cérébro-vasculaires, problèmes de la prostate, de diabète, d’hypertension et de graves lésions aux yeux. Finalement, ils l’ont extrait de sa prison pour l’amener aux urgences à l’hôpital. Ils lui ont posé un cathéter. Il a cessé sa grève de la faim. La famille a été prévenue par un ‘informateur parallèle’… Son avocat et la famille se sont rendus à l’hôpital mais n’ont pas eu le droit de le voir.

Juan José Rego Vidal

Juan José Rego Vidal