Secours Rouge

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Bilbao a connu hier 3 janvier, une de ses plus grandes manifestations de ces dernières années. Selon le comptage effectué, plus de 37.000 personnes ont soutenu cette mobilisation à l’appel d’Etxerat, (le comité de défense des droits des prisonniers politiques basques) et de plus de 40 organisations politiques, syndicales et sociales. Les manifestants demandaient la ‘fin de la dispersion’ des prisonniers basques et la libération des plus malades d’entre eux.

La stratégie cruelle des gouvernements espagnol et français ne génère que de la souffrance. Aujourd’hui sont maintenues en incarcération 10 prisonniers gravement malades ainsi que 28 autres qui ont accompli la totalité de leur peine‘, a déclaré devant la presse le porte-parole d’Etxerat, Polentzi Goikoetxea. Dans le cortège figuraient de nombreux dirigeants de la gauche basque abertzale, parmi lesquelles se trouvait Arnaldo Otegi, porte-parole historique du parti Batasuna aujourd’hui interdit.

De son côté, le parti Aralar (considéré comme un parti politique indépendantiste basque proche de la gauche abertzale, et opposé à la violence d’ETA) a demandé, par l’intermédiaire de son porte-parole Daniel Maeztu, la ‘remise en liberté immédiate de tous les prisonniers malades et de ceux qui ont accompli les trois quarts de leurs peines

Derrière la première banderole demandant la fin de la politique de dispersion des prisonniers basques, plusieurs centaines de personnes portaient à la main des photos de prisonniers de l’ETA, notamment celle de Garikoitz Aspiazu Rubina, alias ‘Txeroki’, désigné comme l’un des chefs de l’appareil militaire de l’organisation armée et arrêté en France au mois d’octobre dernier.

La manifestation est partie de la place Aita Donostia, à 500 mètres du siège d’Eitb (touché il y a quelques jours par un attentat à la voiture piégée), avant de parcourir la capitale de la Biscaye, pour finalement se retrouver devant la Mairie de Bilbao, où a été lu un communiqué d’Etxerat. Durant la progression, des manifestants se sont faits également entendre des voix appelant à l’amnestie totale des prisonniers ainsi que des slogans contre le parti basque PNV. Le moment le plus fort de cette journée a été quand les 37.000 basques ont entonné le ‘Gora Tagora’, le chant de lutte du Pays Basque, suivi de ‘Ator Ator Nutil Etxera’, le chant pour le retour des prisonniers.

Voir une vidéo de la manifestation

Le juge Ismael Brun a envoyé hier en prison, Arkaitz Landaberea et Julen Etxaniz, tandis qu’il laissait en liberté June Vilarrubia. Ils avaient tous trois été arrêtés mardi sous le soupçon de faire du renseignement pour ETA. June a qualifié d”enfer’ authentique les journées où elle est restée dans des mains de la Garde Civile.

June Vilarrubia a indiqué que pendant le temps où elle est restée isolée, les gardes civils lui ont fait ‘la bourse’ (sac plastique sur la tête) à de maintes reprises, et qu’elle s’est évanouie plusieurs fois pendant la pratique de la torture. De même, les gardes civils qui l’ont maintenu captive pendant les deux premiers jours l’ont complètement dévêtue et pratiqué des attouchements sur ses seins et ailleurs. La jeune citoyenne basque a aussi expliqué qu’ils l’ont tirée d’un côté à l’autre d’une pièce par les cheveux. Les gardes civils qui l’interrogeaient lui ont demandés si elle était en période de menstruation, comme elle a répondu négativement, ils lui ont répondu ‘Pas grave, puisque tu vas verser ton sang’. Pendant ces cinq jours dans cette cellule de détention de l’institut militaire, la jeune basque a subit beaucoup de longs interrogatoires non officiels, non pas dans une salle du commissariat mais dans une des cellules du sous-sol.

Nous n’avons à cette heure, aucune information sur le sort réservé à Landaberea et Etxaniz, emprisonnés sur ordre du Juge Moreno. Toutefois le mouvement Pro Amnistia a pu savoir par l’avocat commis d’office qui leur a été assigné, que les deux jeunes basques emprisonnés se trouvaient dans un très mauvais état, à un tel point qu’il a demandé l’application du corpus habeas (visite d’un médecin extérieur… qui est une personne de confiance nommée par la famille), une telle demande faite par un avocat commis d’office est exceptionnelle. L’avocat des prisonniers a aussi sollicité l’application du protocole contre la torture, mais le juge Moreno n’a pas répondu à cette demande, ce qui est un aveu de sa complicité avec la police.

Depuis le début de l’année 2008, 60 témoignages ont apporté la preuve des tortures qui ont été infligées par la Garde Civile contre des citoyens basques.

Depuis 2003, l’Espagne à décidé de rendre ‘invisible’ la dissidence indépendantiste de gauche basque: interdiction de tous les partis, mouvements revendicatifs et actes politiques (manifestations, meetings) organisations de jeunes, de la solidarité avec les prisonniers, illégalisation de toutes listes électorales faisant mention du droit à la souveraineté pour le peuple basque, mais aussi des journaux, radios, des lieux de rencontres militantes sont fermés et les biens sont saisis etc. Le nombre de prisonniers politiques basques en 2008, plus de 750, est à comparer avec les pires années du franquisme. Réprimer toute militance indépendantiste de gauche comme manifestation d’ETA a permis de réprimer des centaines de milliers de citoyens basques. C’est dans ce contexte que deux quotidiens basques ont publiés hier 21 décembre la déclaration de citoyens basques (avec la publication du visage pour quatre d’entre eux) qui exposent que la répression au Pays-Basque les oblige à prendre les armes même s’ils ne le veulent pas… car être inculpés et jugés comme membres de l’ETA sans l’être, alors, disent-ils, c’est mieux de l’être et être jugé pour ce qu’on a fait et non pour ce qu’on n’a pas fait…

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Document traduit et communiqué par le Comité solidarité basque de Lille. Contact: [email protected]

Voir la vidéo de la déclaration

Cortège phalangiste basque

Cortège phalangiste basque

Le cortège phalangiste protégé par la police du gouvernement ‘autonome’ basque

Manifestation de la gauche basque

Manifestation de la gauche basque

Une contre-manifestation de la gauche indépendantiste…

Charge policière contre la manif de la gauche basque

Charge policière contre la manif de la gauche basque

chargée et violemment dispersée par les policiers.

Charge policière contre la manif de la gauche basque

Charge policière contre la manif de la gauche basque

Procès contre les militants basques

Procès contre les militants basques

L’Audience nationale, la plus haute instance pénale espagnole, a condamné vingt-et-un membres du groupe Gestoras Pro Amnistia à des peines d’emprisonnement allant de huit à dix ans. Douze militants ont été immédiatement écroués. Les membres de Gestoras Pro Amnistia (et de son successeur, Askatasuna), soutiennent les prisonniers indépendantistes basques. Ces condamnations sont une des conséquences du grand tournant dans la politique répressive de l’Etat espagnol qui, depuis 2001, a décidé de considérer toutes les forces relevant de la gauche indépendantiste basque comme la ‘façade légale’ d’ETA. Des partis politiques, des journaux, des radios libres, des associations culturelles et des associations de parents et amis de prisonniers politiques sont ainsi condamnés pour ‘appartenance à bande armée’, même si leur pratique est pacifique, ouverte et légale.

Le 14 septembre, de la traditionnelle manifestation de soutien aux prisonniers politiques basques à Donostia (San Sebastian) avait été interdite. Depuis trente ans, à Saint Sebastien, le jour de la finale de la très populaire course de rameurs dans la baie de Saint Sébastien; des dizaines de milliers de manifestants se rassemblement en soutien aux prisonniers de la gauche nationaliste basque. Malgré l’interdiction de cette manifestation par le gouvernement ‘autonome’ basque inféodé à Madrid, les organisateurs ont maintenu la manifestation. Les incidents ont été nombreux et cinq personnes ont été arrêtées.

Vidéo de la répression de la manifestation

Voici une lettre rédigée par les prévenus du Xe procès (qui s’achève actuellement) fait aux personnes solidaires des victimes de la répression au Pays-Basque.

Vient de se conclure l’audience orale du procès contre le mouvement pro-amnistie dans lequel sont poursuivis pour présomption de délits d’appartenance à organisation armée 27 citoyens et citoyennes basques.

Reconnaissant le tribunal qui prétend nous juger, dans sa trajectoire historique d’héritier direct du Tribunal d’Ordre Public franquiste et aujourd’hui, dans son action contre les activités sociales, politiques, culturelles dans notre pays, Euskal Herria, et concrètement dans les procès précédents contre les organisations de jeunesse Haika-segi et plus récemment avec le macro-procès 18/98.

Considérant que dans notre activité de dénonciation de la répression, l’action de ce tribunal spécial a toujours trouvé une place prioritaire par son manque d’indépendance et impartialité, par son détachement des garanties et principes de droit, par l’application non pas de la justice, mais par l’habillage juridique de la vengeance politique.

Nous réaffirmant en ce que l’exercice des droits politiques – liberté d’expression, d’association, de manifestation, etc. – ne sont pas négociables, contrôlables, soumis à condition.

Etant conscients que la sentence à notre encontre est écrite, que celle-ci est condamnatoire et qu’elle ne dépendra pas de notre attitude devant dit tribunal.

Dans ces conditions, nous avions decidé de renoncer à l’exercice de la défense judicaire.

Ainsi, pendant deux mois ont été reproduites, face à notre attitude passive mais respectueuse, les preuves des accusations; les interprétations de policiers et gardes civils, qui ont participé à l’élaboration du dossier, et acceptés par le tribunal comme experts scientifiques, objectifs, indépendants; la lecture d’articles apparus dans la presse, de documents sur notre activité, d’écoutes téléphoniques relatives à notre activité journalière.

Lire toute la lettre – format pdf

Association Avocats Européens Démocrates

A lire sur le site de l’AED: Motion sur le procès contre des activistes basques

Participation du Secours Rouge/APAPC au rassemblement contre la torture au Pays-Basque devant le siège de l’Union Européenne. Le Secours Rouge/APAPC y diffuse un tract sur la situation des prisonniers communistes en Espagne.

Rassemblement au Quartier Européen

Rassemblement au Quartier Européen

Lire le tract – format pdf