Pola Roupa, la combattante de 48 ans de Lutte Révolutionnaire qui vivait dans la clandestinité depuis qu’elle avait échappé il y a quatre ans au contrôle judiciaire dont elle faisait l’objet avec son compagnon et camarade Nikos Maziotis, a été arrêtée ce matin du 5 janvier dans une maison du sud de l’Attique où elle se trouvait avec sa fille et une femme de 25 ans (qui a également été arrêtée). Deux autres personnes qui se trouvaient sur place auraient également été arrêtées. Toutes ont été transférées au bureau de l’anti-terrorisme de l’Attique.

Pola Roupa, membre de l’organisation Lutte Révolutionnaire

Pola Roupa, membre de l'organisation Lutte Révolutionnaire

Mercredi 28 décembre se tenait une audience de mise en liberté de Damien, incarcéré depuis le 8 décembre accusé d’avoir participé activement à la manifestation sauvage du 14 avril 2016 à Paris (voir notre article). Sa demande a été rejetée et il reste donc à Fleury au moins en attendant son procès le 19 janvier. Des solidaires étaient présents à l’audience et plusieurs initiatives de soutien ont eu lieu ces derniers jours: destruction de deux distributeurs de billets d’une agence Caisse d’épargne à Marseille, bris de vitre d’une voiture d’une compagnie de sécurité à Bruxelles, et incendie d’une Jaguar à Passy.

Un sticker solidaire publié lors de la première détention de Damien

Damien Camelio, qui avait déjà été emprisonné entre 2014 et 2015 pour des actions incendiaires, a été arrêté dans le courant du mois de décembre. Il est actuellement en détention préventive à la prison de Fleury. Il a été perquisitionné, la police a trouvé du matériel de propagande anarchiste. Il est arrêté en lien avec le mouvement contre la Loi Travail et en particulier avec les évenements du 14 avril 2016. Lire un courrier du 14 décembre dernier.

Pour lui écrire (c’est son anniversaire le 26 décembre):

Damien Camélio
n° d’écrou 432888
MAH de Fleury-Mérogis (Bâtiment D5)
7, avenue des Peupliers
91705 – Sainte-Génevieve-des-Bois
France

Un sticker solidaire publié lors de la première détention de Damien

Alfredo Cospito purge actuellement une peine de prison de 9 ans et demi pour la jambisation de Roberto Adinolfi, le PDG d’une entreprise d’énergie nucléaire, il est également inculpé dans une nouvelle opération judiciaire anti-anarchiste « Scripta Manent ». Il est emprisonné en aile de haute sécurité à la prison de Ferrara. Il a récemment été invité à participer à une nouvelle publication anarchiste qui paraîtra probablement au début de l’année prochaine. Il s’est rendu compte que sa longue contribution avait été censurée une dizaine de jours plus tard en recevant des demandes de ses camarades. C’est le chef de l’aile, chargé de photocopier le moindre courrier entrant ou sortant, qui a transmis la contribution au procureur en charge de Scripta Manent, qui a décidé d’en empêcher la publication.

Scripta Manent est une opération de la police italienne qui vise actuellement 8 anarchistes (dont deux étaient déjà emprisonnés), accusés d’appartenir à une « organisation terroriste », à savoir la FAI.

Alfredo Cospito

Alfredo Cospito

Le 16 décembre, la cour suprème espagnole a réduit les peines de Monica Caballero et Francisco Solar, accusés d’avoir placé une bombe dans la Cathédrale-Basillique de Notre-Dame de Pillar, à Saragosse, en octobre 2013. La peine est passée de 12 ans à 4 ans et 6 mois. Cette décision a eu lieu après un appel de la défense de Francisco pour que les « dommages terroristes » et le reste ne soient pas traitées comme résultant d’actions différentes. Il a aussi été noté que les deux avaient pris des précautions pour que personne ne soit blessé dans l’attaque (elle a eu lieu dans les heures de fermeture, l’engin ne contenait pas de shrapnels, un avertissement avait été donné auparavant,…)

Les coûts des dommages causés ont également été réduits de 182.601 à 143.317 puisqu’il n’y a pas d’indication que des objets ayant valeur historique ou culturelle n’ont été endommagés. La Cour a également considéré que les deux anarchistes avaient agis d efaçon autonome, c’est à dire en-dehors de la FAI-FRI ou des GAC (Groupes Anarchistes Coordonnés).

Francisco Solar et Mónica Caballero

Francisco Solar et Mónica Caballero

Un anarchiste arrêté mercredi 7 en Bretagne est passé le lendemain devant la 23e chambre, au Palais de Justice de Paris. Il est accusé de dégradations sur un Pôle Emploi, sur une structure de la Chambre de Commerce et d’Industrie, sur un Franprix et sur un concessionnaire Jaguar, lors de la manifestation sauvage qui s’est déroulée le soir du 14 avril entre le 10e et le 19e arrondissements parisiens. Un mandat d’arrêt délivré au mois d’août a nécessité une recherche sur le Fichier des comptes bancaires (Ficoba), qui liste tous les comptes bancaires ouverts en France (afin par exemple de localiser les derniers retraits), ainsi que des recherches sur le bornage de son téléphone.

Suite à son refus d’être jugé en comparution immédiate, la Procureur a demandé, sous le prétexte de son casier judiciaire et d’une possible récidive, sa mise en détention préventive. Le juge a accepté cette demande. Le procès aura lieu le 19 janvier à 13h30, dans la chambre 23 du Palais de Justice de Paris.

Le concessionnaire Jaguar dévasté le 14

Le concessionnaire Jaguar dévasté le 14

Le 8 décembre, la cour d’Aix-la-Chapelle (Aachen) a acquitté l’anarchiste d’Amsterdam accusée d’un braquage de banque à Aachen en 2013. Près de 60 personnes étaient présentes au tribunal pour montrer leur soutien. Le juge a refusé de suivre les lourdes supputations du parquet qui souhaitait prouver la présence de l’anarchiste dans la banque ce matin-là d’il y a 3 ans (voir notre article). Le procureur a toutefois déjà annoncé faire appel du jugement devant le tribunal de révision. Cela signifie maintenant qu’un autre juge réexaminera toute l’affaire pour vérifier s’il n’y a pas eu d’erreurs de procédure ou d’incohérence dans les motivations des premiers juges. Au cas où ce tribunal trouverait des erreurs, le procès devrait être refait devant la cour d’Aachen, mais avec un juge différent. Si ce recours du parquet échoue, ces charges et cette procédure juridique seraient closes.

Rappelons que deux autres anarchistes sont toujours en détention préventive, accusés d’un autre braquage de banque commis à Aachen, cette fois en 2014. Leur procès commencera fin janvier.

Calicot solidaire à Berlin

Calicot solidaire à Berlin

Le procès contre l’anarchiste d’Amsterdam accusée de hold-up se déroule auprès du Landesgericht (tribunal régional) d’Aachen. La cour a entendu les témoignages des deux employés présents dans la banque ce matin de juillet 2013. Aucun d’eux n’est certain d’avoir vu une arme être sortie ou pointée sur eux. La banque est restée fermée pendant une semaine, afin de permettre à la police scientifique de fouiller les lieux. 11 jours après le braquage, la banque étant réouvert, un employé a trouvé dans une armoire deux pistolets d’alarme que la police a relié au hold-up. Sur l’un d’eux aurait été retrouvé l’ADN de l’accusée. Prochaine audiences: le 1er décembre. Le verdict devrait être annoncé le 5 décembre.

Les actions solidaires avec les anarchistes accusées de braquage à Aachen se poursuivent: Dans la nuit du 19 au 20 novembre, à Toulouse, une fourgonnette de la société Eiffage a été détruite dans les flammes. Dans la nuit du 23 au 24 novembre, de la peinture a été pulvérisée dans l’agence libre-service de la Sparkasse (Caisse d’Epargne) à Buckau-Magdeburg. 10.000 tracts ont été diffés à Vienne et plus agences de banques taguées.

La Caisse d’Épargne de Magdebourg

La Caisse d'Épargne de Magdebourg

Marco Camenisch, anarchiste emprisonné en Italie puis en Suisse depuis 1991 est en libération progressive depuis le 1er septembre 2016 lorsqu’a commencé pour lui une période de six mois de travail en-dehors de la prison dans la région de Zurich. Sa nouvelle adresse: Marco Camenisch, Militärstrasse 87/A, CH-8004 Zürich. Marco a annoncé sur Renversé.co qu’il ne ferait à présent plus de déclarations concernant sa vie privée hormis concernant sa libération juridique. Marco a à présent accès aux informations et à internet.

Voir notre dossier sur Marco Camenisch

Affiche du SRI pour Marco Camenisch

Affiche du SRI pour Marco Camenisch

Le Groupe d’Auto-Défense Révolutionnaire (OEA, Οργάνωσης Επαναστατικής Αυτοάμυνας) a revendiqué dans un long message sur Indymedia Athènes la grenade qu’il avait lancé sur l’ambassade de France dans la nuit du 9 au 10 novembre. La grenade, lancée par deux personnes sur une moto, n’a pas passé le portail de l’ambassade et a légèrement blessé au pied le policier chargé de surveiller le bâtiment. C’est la troisième action armée du groupe: la première, le 25 mai 2014, avait visé le PASOK, la seconde le 31 août dernier avait visé l’ambassade du Mexique par des coups de feu.

Le reste du texte plaide pour la création d’un mouvement révolutionnaire en « étudiant les défaites du passé ». Il explique pourquoi il a visé l’état français, notamment en représailles à la mort de Rémi Fraisse, tué par la police le 25 octobre 2014, en représailles à sa politique anti-migrants à Calais, en représailles à la répression contre les manifestants de la Loi Travail et enfin en solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah. Enfin, OEA revendique du même coup l’attaque contre l’ambassade du Mexique, en représailles à la répression des manifestants à Oaxaca. Il explique également l’attaque contre le PASOK de mai 2014 et publie deux autres textes d’appel à la création d’une organisation révolutionnaire. Enfin, l’organisation nie être une émanation de Lutte Révolutionnaire tout en rappelant ses respects pour Nikos Maziotis.

La police mène l’enquête devant l’ambassade de France à Athènes

La police mène l'enquête devant l'ambassade de France à Athènes