Des affrontements ont éclaté jeudi à Sao Paulo entre la police militaire brésilienne et un grand nombre d’étudiants protestant contre les réformes du système d’éducation publique. La police anti-émeute a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser les manifestants. Selon le projet de réforme du gouverneur de l’Etat de Sao Paulo, 94 écoles publiques seront fermées et plus de 300.000 étudiants seront relocalisés dans le but d’économiser de l’argent, tandis que les établissements d’enseignement seront utilisé à d’autres fins ou vendus.

Arrestation d’un manifestant jeudi à Sao Paulo

Arrestation d'un manifestant jeudi à Sao Paulo

La course de la flamme olympique vers Rio est l’occasion de multiples manifestations de protestations qui, toutes, mettent en parallèles les dépenses somptuaires faites pour les jeux et les besoins de logements, d’éducation et de santé. Des manifestants ont tentés d’éteindre la flamme avec des extincteurs et, dans la ville balnéaire de Angra dos Reis, la semaine dernière, les manifestants se sont emparé de la torche et semblaient réussir à l’emporter quand la police a tiré des balles en caoutchouc pour les en empêcher.

Rien que pour la journée d’hier, trois manifestations ont eu lieu au passage de la flamme le long de la baie de Guanabara de Rio. Dans la ville déshéritée d’Itaborai, les manifestants portaient une banderole: “Alors que la torche arrive à Itaborai, les emplois, la santé et l’éducation en sont exclus”. Dans la ville voisine de Sao Goncalo, les manifestants ont réisté et forcé la police à modifier l’itinéraire de la torche. A l’approche de Rio, dans une troisième manifestation à Niteroi, la police anti-émeute a utilisé des gaz lacrymogènes et a arrêté au moins deux manifestants.

Un manifestant tente d’éteindre de la flamme

Un manifestant tente d'éteindre de la flamme

Une attaque perpétrée par 70 membres d’une milice de propriétaires terriens contre des indigènes dans le centre-ouest du Brésil s’est soldée par la mort d’un indien Guarani-Kaiowa, au moins dix autres ayant été blessés, dont un enfant de 12 ans. Les attaquants sont arrivés mardi en voiture, ont encerclé le campement des Indiens, ont mis le feu aux huttes et motos des Guaranis-Kaiowas et ont ouvert le feu sur les habitants. Ils ont tué un infirmier de 26 ans, blessé plusieurs professeurs et un enfant de 12 ans.

L’attaque s’est produite dans une propriété située dans l’Etat de Mato Grosso do Sul, sur des terres ancestrales indigènes en cours de délimitation par le gouvernement. Une centaine de familles guarani-kaiowas l’avaient occupée lundi et monté un campement. Les Guaranis exigent depuis des années de récupérer les terres de leurs ancêtres. Dans le Mato Grosso do Sul plusieurs conflits ont éclaté avec les latifundiaires et producteurs ruraux, soutenus par le puissant groupe de l’agrobusiness au Parlement, qui s’oppose à la délimitation des territoires indigènes.

L’attaque contre les Guarani-Kaiowa

L'attaque contre les Guarani-Kaiowa

Luis Antonio Bonfim, dirigeant du Parti Communiste du Brésil (PCdoB) de São Domigos do Araguaia a été assassinée de six balles dans la tête vendredi dans une embuscade alors qu’il achetait du pain. Il avait mené des combat pour une réforme agraire et a ainsi participé à l’occupation de domaines agricoles dans les régions de Tabocão, Brejo Grande do Araguaia.

Luis Antonio Bonfim

Luis Antonio Bonfim

Le Movimento Passe Livre (MPL, mouvement “libre passage”) avait appelé à une manifestation jeudi à São Paulo pour protester contre l’augmentation des prix de transport public dans la ville. L’ambiance était tendue avant même le début de la manifestation. Mardi dernier, le marche n’avait même pas commencée que les policiers ont commencé à lancer des gaz lacrymogènes vers les manifestants. La manifestation a pu se dérouler ce jeudi. La seule confrontation a eu lieu à la fin de la manifestation, quand un groupe de manifestants a essayé d’entrer sans payer la station de métro Conceição, déclenchant la réaction de la police.

Gaz lacrymogènes à Sao Paulo

Gaz lacrymogènes à Sao Paulo

Le samedi, les tarifs des transports publics à Sao Paolo et à Rio de Janeiro ont augmentés. Dès vendredi des manifestations ont eu lieu dans les deux villes pour revendiquer l’annulation de la hausse et dans les deux villes, les manifestations ont tourné à l’affrontement. La police a utilisé des gaz lacrymogènes, des canons à eau, de la cavalerie et des grenades assourdissantes contre les manifestants qui leur lançaient des pierres. Des banques, des autobus et des bureaux ont été endommagés et des barricades ont été érigées et enflammées. Dix-sept personnes ont été arrêtées à Sao Paulo.

Affrontements à Sao Paulo

Affrontements à Sao Paulo

La police fédérale et la police militaire brésilienne sont intervenues pour mettre fin à l’occupation du rectorat de l’Université fédérale de Pernambuco (UFPE). Deux personnes, un étudiant et un enseignant semble-t-il, ont été arrêtés qui comparaîtront pour “rébellion”. Le mouvement de protestation contre le rectorat dénonce la multiplication de nouveaux règlements anti-démocratiques.

Intervention de la police à l’UFPE

Intervention de la police à l'UFPE

Les policiers brésiliens ont tué au moins 3.022 personnes l’an dernier dans le pays, huit par jour en moyenne. Ces morts causées par des policiers civils et militaires en 2014 – année de la Coupe du monde de football au Brésil – ont grimpé de 37% par rapport à 2013. Elles ont tout particulièrement augmenté à Sao Paulo (+57,2%) et à Rio de Janeiro (+40,4%). Mais l’an dernier, de nombreux policiers ont été tués également dans le pays : 398 dont 98 à Rio et 91 à Sao Paulo. L’ONG Forum souligne que le chiffre de 3.022 personnes tuées par la police l’an dernier est “sous-estimé” car la plupart des Etats résistent à fournir toutes les informations. Cette toute récente vidéo donne une idée de la brutalité de cette police (la balle tirée à bout portant est un balle en caoutchouc anti-émeute, la personne n’a été que blessée).

Opération policière au Brésil

Opération policière au Brésil

Les habitants des bidonvilles de Sao Paulo se sont affrontés jeudi avec la police venue expulser environ 80 familles occupant depuis 15 ans un terrain appartenant au gouvernement. Ils ont lancé des pierres et incendié dix voitures et un bus pour empêcher la police d’entrer dans le bidonville du quartier de Cidade Tiradentes. La police a répondu avec des gaz lacrymogènes et de spray au poivre.

Affrontements à Cidade Tiradentes

Affrontements à Cidade Tiradentes

Le Paraguay a annoncé jeudi qu’il effectuait les processus nécessaires pour utiliser les drones de la Police fédérale brésilienne dans la lutte contre l’EPP (Armée de peuple paraguayen). Depuis environ un an, des rumeurs circulaient selon lesquelles les forces de sécurité paraguayennes avaient utilisé des drones pour localiser des guérilleros de l’EPP. La police fédérale brésilienne utilise des drones pour le contrôle de ses frontières et la lutte contre la contrebande, le trafic d’armes et de drogue. La zone d’influence de l’EPP compte aujourd’hui plus de 15 500 kilomètres carrés de région boisée.

Un drone HERMES de la police brésilienne

Un drone HERMES de la police brésilienne