Le 25 février 2026, Tomás González s’est évadé avec un autre détenu de l’ancienne prison centrale de Santiago, connue sous le nom d’Ex Penitenciaría de Santiago (« ex-pénitencier »), en se faisant passer pour des gardiens. Il purgeait une peine de plus de 21 ans de prison, dont 16 ans pour avoir tiré sur des policiers lors d’une tentative d’arrestation en mai 2022 et 5 ans supplémentaires liés à la possession d’un cocktail Molotov. Après l’évasion, des appels à ne transmettre aucune information aux autorités ont circulé dans certains milieux de soutien, exprimant leur solidarité avec les évadés et les prisonniers toujours incarcérés.

Au Chili, l’enquête sur la disparition et la mort présumée de la dirigeante mapuche Julia Chuñil connaît un nouveau développement avec l’extension des recherches au fundo La Fritz, propriété de l’entrepreneur Juan Carlos Morstadt, situé près de Máfil, dans la région de Los Ríos. Cette décision intervient près d’un mois après l’inculpation de trois enfants de la victime pour parricide et d’un ex-gendre pour homicide. Les investigations n’ont pour l’instant donné aucun résultat concluant. Initialement mis en cause, le propriétaire du domaine est désormais entendu comme témoin, tandis que le ministère public poursuit ses investigations.

Au Chili, le ministère public a requis la réclusion à perpétuité (simple ou qualifiée) contre 16 membres de la Resistencia Mapuche Lafkenche (RML) pour l’attaque incendiaire du Molino Grollmus, survenue en août 2022 à Contulmo dans la région du Biobío. Par ailleurs, un mineur encourt cinq ans en centre de réinsertion. Le tribunal de Cañete doit encore fixer la date de l’audience préparatoire au procès de 17 accusés.

À Maipú, le 16 février 2026, les autorités municipales, assistées par les Carabineros, ont procédé au désengagement du campement Santa Marta, où vivent depuis 2022 375 personnes, dont 150 enfants, principalement des migrants vénézuéliens et colombiens. Quatre personnes ont été arrêtées lors des affrontements : deux Vénézuéliens en situation irrégulière et deux Chiliens pour désordres et agression sur les forces de l’ordre. La municipalité a mis en place un plan social proposant des logements transitoires.

Le cineklub anti-impérialiste organise un nouveau ciné-débat le 21 février 2026 à 18h30 au Le Chat Noir (avenue de Muret, Toulouse) autour du film « La flaca Alejandra », réalisé par Carmen Castillo et Guy Girard. Le documentaire revient sur le parcours de Marcia Alejandra Merino, ex-militante du Movimiento de Izquierda Revolucionaria (MIR) qui, après avoir été torturée sous la dictature d’Augusto Pinochet, livra des informations sur ses camarades. De retour d’exil, Carmen Castillo confronte celle qui l’avait dénoncée, interrogeant mémoire, responsabilité et survivance politique. Entrée à prix libre, boissons et repas sur place.

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Mauricio Hernández Norambuena, alias « Ramiro », militant communiste et membre du Frente Patriótico Manuel Rodríguez (FPMR), est soumis depuis les années 1990 à une politique systématique de répression et d’isolement par l’État chilien, puis brésilien. Tortures physiques et psychologiques, isolement prolongé, restrictions extrêmes aux contacts humains et traitements inhumains ont marqué son incarcération dans des prisons de haute sécurité au Chili et au Brésil, constituant une torture psychologique soutenue. Devant l’absence de recours internes, son cas a été porté devant le Système interaméricain des droits humains, avec des audiences devant la Commission et la Cour interaméricaine, dénonçant la torture, la persécution politique et la violation des droits fondamentaux. La Cour vient de reconnaitre la gravité de ces traitements et la dimension systématique de cette politique d’État.

Facundo Jones Huala, figure de proue du groupe Résistance Ancestrale Mapuche (RAM), qui avait été extradé d’Argentine (voir notre article), restera en détention pendant au moins 90 jours supplémentaires. Cette décision a été prise à l’issue d’une audience visant à déterminer la suite de la procédure, au cours de laquelle le parquet a requis un délai supplémentaire pour l’enquête, requête qui a été acceptée par le juge. Les avocats du Gremial (une association d’avocats chiliens) définissent l’affaire comme « non pas juridique, mais politique », et ont précisé : « Quoi que nous disions, le juge allait prolonger la détention.» Facundo restera emprisonné pendant encore 90 jours, et que sa détention sera ensuite probablement encore prolongée. Il est incarcéré à plus de 800 kilomètres de sa famille, de sa communauté, de son peuple, dans la pire prison du Chili. Jones Huala est détenu à Rawson depuis juin. Son équipe de défense avait initialement demandé son transfert à Esquel, mais si la requête avait d’abord été acceptée, la décision a ensuite été annulée, le gouvernement fédéral invoquant des raisons de sécurité.

Facundo Jones Huala

C’est le 3 novembre que le procès des anarchistes Aldo et Lucas Hernandez s’est achevé avec leur condamnation à respectivement 21 et 12 ans de prison, pour l’attaque contre la Direction Générale de la Gendarmerie, en décembre 2021 (voir notre article). Le 21 juillet de cette année, entre des rassemblements et de multiples actions solidaires (voir notre article), a commencé leur long procès, qui s’est déroulé au Centre de Justice de Santiago. Les plaignants, c’est-à-dire le Parquet, le Ministère de la sécurité publique et la Gendarmerie du Chili, exigeaient au début des peines allant de vingt ans de prison pour Lucas à 90 ans de prison pour Aldo. Plus tard, après la lecture du verdict, le 3 octobre, les plaignants ont sollicité une peine de 32 ans et 1 100 jours pour Aldo et une peine de 18 ans et 800 jours pour Lucas. Finalement, Aldo est condamné à 21 ans et de Lucas à 12 ans.

Le ministère de la Sécurité maintient Jones Huala dans le régime pénitentiaire le plus dur. Jones Huala est détenu depuis juin à Rawson, après avoir revendiqué l’utilisation de méthodes violentes pour défendre la cause mapuche (notre article ici). Il y a quelques jours, Jones Huala a entamé une grève de la faim pour exiger son transfert à la prison d’Esquel, prison de régime U14, régime carcéral moyen, afin d’être plus proche de sa famille. Grève qu’il a suspendu  lorsqu’il a obtenu l’autorisation judiciaire d’y être transféré. Quelques heures après l’audience, le directeur du régime correctionnel de la nation, Gabriel Aquino, s’est opposé à cette décision s’appuyant sur les antécédents du leader mapuche et le niveau moins élevé de sécurité.

Lundi 8 septembre, le lonko (représentant mapuche) de la communauté de Cushamen devait retrouver sa liberté après avoir été poursuivi par le ministère de la Sécurité pour ses déclarations lors de la présentation de son livre de poèmes, en février. Il est accusé d’association illicite, d’apologie du crime et d’atteinte à l’ordre public pour des déclarations dans lesquelles il a revendiqué la méthodologie des sabotages et des incendies contre les machines forestières. Le bureau du procureur a demandé que la procédure soit abordée comme une « affaire complexe », ce qui signifie que la période de l’enquête est autorisée jusqu’à deux ans, avec possibilité de prolongation pouvant aller jusqu’à six ans. La détention préventive de Jones Huala qu’il purge dans l’unité pénitentiaire 6 de Rawson, où il se trouve depuis juin, a été prolongée jusqu’au 6 décembre.