Ce mardi, 22 septembre, Cristian Levinao ex-prisonnier politique mapuche, condamné à 10 ans de prison, qui était dans la clandestinité depuis le 15 juillet, a été arrêtés par la police chilienne dans une commune rurale de la région de Chomio. La police a également arrêté le photographe Felipe Duran qui se trouvait avec lui. La police a exposé à la presse des armes et des explosifs qu’ils auraient trouvé à l’endroit où Felipe et Cristian ont été arrêtés. Felipe Duran , il est arrivé,il y a quelques années à la ville de Temuco comme collaborateur de l’Agence internationale UPI, il s’est imposé comme un des photographes les plus engagés socialement. Il a dépeint le processus et la lutte du peuple chilien et le peuple Mapuche dans Wallmapu.

L’arrestation de Cristian Levinao


Quelques photos de Felipe Duran

L'arrestation de Cristian Levinao
Quelques photos de Felipe Duran

Une grande manifestation a eu lieu dans la capitale chilienne, où plus de 12.000 personnes ont défilé à la mémoire des victimes de la répression. La manifestation est allée devant le Palais de La Moneda, le siège du gouvernement avait été bombardé par les putchistes lors du coup d’Etat du 11 septembre 1973. Une minute de silence y a été observée et haut-parleurs reproduit le dernier discours d’Allende, prononcé quelques heures avant de mourir, tandis que La Moneda a été assiégée par l’armée.

Les manifestants portaient des pancartes avec des photos de prisonniers disparus pendant le régime Pinochet (1973-1990). En fin de manifestation, des jeunes cagoulés se sont affrontés à la police. ils ont attaqué au cocktail Molotov deux succursales de banques et mis en place des barricades à l’extérieur du cimetière général. La police est intervenue avec des jets d’eau et des gaz lacrymogènes.

Affrontements ce week end à Santiago

Affrontements ce week end à Santiago

Le mouvement de grève de la faim, qui a duré du 13 avril au 9 juillet dernier, a mobilisé massivement les ex-prisonniers politiques chiliens dans toutes les régions du pays et a réussi à recueillir un large soutien national et international. Ce mouvement s’est déclaré en raison de l’oubli dans lequel la coalition au pouvoir depuis 15 ans a plongé les prisonniers politiques qui ne se sont vu accorder qu’une pension symbolique. Le gouvernement alterne manoeuvres dilatoires et propositions insignifiantes.Après trois mois de discussion, les ex-prisonniers politiques participant à la table ronde ont quitté la table des négociations. Ils présentent aujourd’hui une plainte auprès du Conseil des droits de l’homme des Nations unies

Manifestation de l’Unión de Ex Prisioneros Políticos de Chile

Manifestation de l'Unión de Ex Prisioneros Políticos de Chile

Des manifestants cagoulés ont affronté la police et construit des barricades à santiago du Chili pour l’anniversaire du coup d’État du général Pinochet. Plusieurs véhicules ont été brûlés. Au cours de la nuit de vendredi, des coups de feu ont été tiré sur les policiers des Forces spéciales devant le commissariat de police d’Huechuraba. Samedi, des groupes de manifestants ont coupé les lignes électriques et érigé des barricades à La Pincoya de Huechuraba.

A Santiago du Chili ce samedi

A Santiago du Chili ce samedi

Des milliers d’étudiants ont défilé dans les rues de la capitale du Chili, jeudi, pour contester les nombreux délais dans la réforme de l’éducation mise en avant par la présidente Bachelet. Les manifestations ont commencé plutôt pacifiquement à Santiago, alors que les marcheurs brandissaient des drapeaux, scandaient des slogans et dansaient dans les rues pour presser Bachelet de respecter son engagement de rendre l’éducation gratuite. Des affrontements ont ensuite éclaté entre les policiers et des manifestants masqués.

Les écoles chiliennes étaient gratuites avant le coup d’État du général Pinochet, qui a forcé la privatisation des établissements scolaires et mis fin au contrôle centralisé de l’éducation. Il avait aussi sabré dans le financement public des écoles primaires et secondaires pendant sa dictature, de 1973 à 1990. Dans les régions défavorisées, le système public a été également éprouvé, alors que des milliards de dollars en fonds publics ont été redirigés vers des écoles secondaires gérées par le privé.

Affrontements à Santiago

Affrontements à Santiago

La Cour suprême du Chili a confirmé mardi les condamnations à des peines de cinq à 20 ans de prison à l’encontre de 14 militaires chiliens et uruguayens pour l’assassinat d’un ancien agent de la police secrète du général Pinochet, afin de s’assurer son silence. Le chimiste Eugenio Berrios, ancien responsable de la production de gaz toxiques au sein de la Direction nationale du renseignement (Dina), avait fui en Uruguay en 1991, après la fin de la dictature au Chili (1973-1990). Son corps avait été retrouvé sur une plage uruguayenne en 1995, présentant des impacts de balles dans le crâne.

D’après l’enquête, les militaires mis en cause avaient pour mission d’effacer les traces des crimes commis par le régime chilien. Il s’agirait de l’une des dernières opérations du Plan Condor, une vaste opération de répression contre des opposants menée en coopération par les dictatures d’Amérique du sud dans les années 1970 (lire ici notre dossier sur le plan Condor). La police secrète chilienne a notamment eu recours à des gaz neuro-toxiques comme le sarin, le soman ou le tabun, pour éliminer des opposants.

Un des condamné: l’ex général et procureur militaire Fernando Torres Silva (à droite)

Un des condamné: l’ex général et procureur militaire Fernando Torres Silva (à droite)

En novembre 2014, un groupe de personnes cagoulées a attaqué à la bombe incendiaire les locaux du Département des homicides de la police ainsi que la voiture d’un policier. Après sept mois d’enquête, la police a perquisitionné plusieurs maisons à Santiago du Chili et inculpés cinq personnes pour détention d’armes (cocktails Molotov) et, pour une seule d’entre elle, détention de matières incendiaires.

La police a déclaré avoir trouvé des empreintes ADN sur un sac en plastique et sur des salopettes utilisés dans l’attaque et abandonnés dans une université en construction proche du lieu de l’action. La 8e Cour a ordonné leur détention provisoire et les anarchistes ont été transférés à la prison de San Miguel pour les femmes et d’Empresa Santiago 1 pour les hommes. Leurs amis et parents qui s’étaient rassemblés devant le tribunal pour exprimer leur solidarité ont affronté la police.

Image des incidents devant le tribunal

Image des incidents devant le tribunal

Un ouvrier de 47 ans, Nelson Quichillao, 47 an, a été abattu par la police vendredi 24 près de la mine de cuivre de Codelco Salvador dans la région de l’Atacama, au nord du Chili. Les travailleurs contractuels des sous-traitants des compagnies minières sont en grève et manifestent pour exiger les avantages des travailleurs directement employés par les compagnies minières. La police prétend avoir employé des armes pour répondre à une attaque avec des engins lourds. Des manifestants bloquaient les routes menant à la ville d’El Salvador, et c’est dans une opération policière pour dégager une route que Nelson Quichillao, employé par la société Geovita, sous-traitant de Codelco, a été tué. La mine est à l’arrêt.

Les travailleurs du cuivre barrant une route dans l’Atacama

Les travailleurs du cuivre barrant une route dans l'Atacama

Le 31 mai 1974 à la Grugahalle de Essen, a lieu un immense concert de solidarité avec le peuple chilien suite au coup d’Etat du général Pinochet le 11 septembre 1973. Le concert est donné par quelques artistes allemands et par les plus célèbres musiciens du Chili qui avaient échappés aux militaires.

Le groupe Quilapayun, très populaire avec son mélange d’instruments traditionnels andins et ses chansons engagées, avait été nommé en 1972 « ambassadeur culturel » du Chili par Salvador Allende. Fin août 73, le groupe était en tournée en France et devait rentrer à Santiago le 24 septembre 73. Il restera 15 ans en exil en France. La situation du groupe Inti Illimani, emblématique de la nouvelle chanson chilienne, était identique: également en tournée européenne au moment du coup d’Etat, il restera 15 ans en exil en Italie. Quant à Isabel Parra, elle avait échappé aux militaires lors du coup d’Etat en se réfugiant à l’ambassade du Venezuela, sous cette protection, elle avait pu quitter le Chili en 1974.

La Grugahalle de Essen


En introduction au concert, passe la voix enregistrée de Victor Jara, interprétant Herminda de la Victoria. Victor Jara était un chanteur communiste d’une immense popularité au Chili et ses chansons avaient rythmé le mouvement de l’Unité Populaire et du président Salvador Allende. Il avait été arrêté par les militaires lors du coup d’État, emprisonné et torturé au stade de Santiago avec de nombreuses autres victimes de la répression. Il y écrit le poème Estadio de Chile qui dénonce le fascisme, et qui est resté inachevé: Víctor Jara est isolé des autres prisonniers: les militaires lui coupent les doigts à la hache et finissent par l’assassiner le 15 septembre.


Suit alors Quilapayun qui interpète trois chanson de Victor Jara: Plegaria a un labrador, Que lindas son las obreras et Con el alma llena de banderas.


Succèdent:
– deux autres chansons de Jara, Lo unico que tengo interprètée par Isabel Parra, et Te recuerdo Amanda par Patricio Castillo (du groupe Quilapayun).
Donde esta la patria, par Isabel Parra et Patricio Castillo
Marsch der mumien III, et Des volkes fesseln, par Floh de Cologne
Ya parte el galgo terrible (sur un poème de Pablo Neruda), Chile herido, El aparecido (une chanson de Victor Jara), La segunda independencia, par Inti-Illimani.
– Dieser chilenische sommer war süss, par Dieter Süverkrüp
– Station Chile, par Franz Josef Degenhardt
– Wir sind fünftausend (une chanson de Victor Jara), par Reinhold Ohngemach
– Allende lebt, par Dietrich Kittner

En final Inti-Illimani et Quilapayun reprennent ensemble El pueblo unido jamas serà vencido, puis tous les artistes reprennent le Venceremos, qui fut l’hymne de l’Unité Populaire d’Allende, et sont relayé par la foule assistant au concert qui scande sa solidarité.

Ecouter ici le concert

La Grugahalle de Essen
Konzert für Chile – Essen 1974
Konzert für Chile – Essen 1974
Konzert für Chile – Essen 1974
Konzert für Chile – Essen 1974

La prisonnière anarchiste Nataly Casanova a été punie lors de son passage au tribunal le 25 juin dernier, elle s’est vue interdire les visites pour deux jours. Quant à ses co-accusés, Juan Flores n’a pas encore eu son audience (il est probable qu’il soit également privé de visite), Guillermo Durán est en résidence surveillée et Enrique Guzmán est toujours en prison à Santiago, sa détention à domicile ayant été révoquée le 9 juin dernier.

Notre article sur la grève de la faim de Nataly, Juan, Guillermo et Enrique.. Notre article sur l’arrêt de la grève, le 7 juin dernier.

Nataly Casanova

Nataly Casanova