Hier, 80.000 personnes (45.000 selon la police) ont pris part à la cinquième marche organisée cette année pour exiger une réforme du système éducatif chilien. Cela fait maintenant deux ans, et plus d’une centaine de manifestations, que dure le mouvement de contestation estudiantin. Ces dernières semaines, les étudiants ont également repris les occupations d’établissements scolaires et universitaires. Hier, à Santiago, la police est violemment intervenue, comme c’est devenu son habitude. Elle a dispersé les manifestants à coups de tirs de gaz lacrymogène et de lances à eau, certains répliquant par des jets de pierres et de cocktails Molotov. Selon la presse locale, les forces de l’ordre auraient procédé à des dizaines d’arrestations.

Manifestation estudiantine à Santiago

Manifestation estudiantine à Santiago

Cela fait plus de 40 fois depuis 2011 que les chiliens descendent dans les rues de Santiago (et d’autres villes du pays) pour réclamer une réforme du système éducatif. Hier encore, ils étaient plus de 2000 à exiger, entre autre, la gratuité de l’enseignement. Lorsque le cortège a tenté de se diriger vers le Palais de la Moneda, siège de la présidence chilienne, les forces de l’ordre sont violemment intervenues pour l’en empêcher. Elles ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau, entraînant de violents heurts avec les étudiants.

Manifestation estudiantine à Santiago

Depuis deux ans, les étudiants chiliens se battent pour obtenir une réforme de l’éducation. Ils dénoncent un système injuste et trop cher pour la majorité des Chiliens. Il n’existe par exemple, aucune université gratuite au Chili. Chacune de leur manifestation, toujours massivement suivie, dans la capitale a été invariablement réprimée par les autorités. Hier, quelques 80.000 personnes sont descendues dans les rues de Santiago alors que des manifestations se déroulaient simultanément à Valparaiso, Concepcion, Temuco et Valdivia. A Santiago, la police anti-émeute déployée en force a utilisé des canons à eau et du gaz lacrymogène pour disperser la foule. En réponse, elle a reçu de jets de cocktails Molotov et de peinture.

Policiers anti-émeutes à Santiago

Policiers anti-émeutes à Santiago

Le 26 avril la police judiciaire chilienne a arrêté Hans Niemeyer, qui était en cavale depuis 4 mois après s’être soustrait à son assignation à domicile, accusé sous la loi anti-terroriste de placement et fabrication d’engins explosifs. Le parquet général cherchait à retarder son procès demandant comme date le 24 juin, alors que la défense espérait qu’il aurait lieu le 6 mai. Finalement le tribunal a fixé comme date le 17 juin.

La police chilienne est intervenue contre des barricades qui avaient été dressées par des manifestants masqués peu avant minuit, ce 1er mai, dans le quartier de Villa Francia (Santiago). Les membres des forces spéciales sont intervenues et ont arrêtés au moins quatre manifestants.

Chili: Affrontements au 1er mai à Santiago

Il y a une quinzaine de jours et pour la première fois en 2013 alors que le mouvement de protestation dure depuis plus de deux ans, quelques 25.000 personnes avaient défilé à Santiago pour exiger une réforme de l’éducation. Hier, ce sont entre 80.000 et 150.000 personnes selon les sources qui sont descendues dans les rues de la capitale. Au total, à travers le pays, plus de 250.000 personnes se sont mobilisées pour dénoncer un système injuste, peu équitable et surtout beaucoup trop cher pour la majorité de la population. En début de soirée, à Santiago, la police anti-émeute a tiré des gaz lacrymogène et fait usage de canons à eau pour disperser la foule. Les manifestants ont répliqué par des jets de projectiles. Les affrontements, violents, ont fait huit blessés dans les rangs de la police, et 150 personnes ont été interpellées.

Manifestation estudiantine à Santiago

Manifestation estudiantine à Santiago

Le 28 mars, dans la ville de Temuco, les forces spéciales ont mené une opération contre deux maisons particulières, l’une d’entre elles étant l’espace Pandemia. Douze personnes ont été arrêtées et les policiers ont annoncé avoir saisi non seulement des ordinateurs, des disques durs, etc. mais aussi du matériel pour fabriquer des engins explosifs (extincteur, mèche, minuteur, poudre noire).

Les proches des emprisonnés dénoncent un montage policier comme celui du Caso Bombas de Santiago, lequel, après des mois d’enquête et d’emprisonnement, s’est écroulé pour faute de preuves. Ils accusent la police d’avoir elle-même introduit ce matériel explosif dans la maison pour jyustifier l’opération. Il faut signaler que le procureur en charge de ce nouveau montage est celui qui avait mené la persécution de paysans mapuches en 2004. Sur les douze personnes arrêtées trois sont en prison préventive pour confection et port de matériel explosif. Les 6 relâchés vont devoir payer une amende.

Dans le cadre d’un mouvement qui se poursuit depuis près de deux ans, les étudiants chiliens sont une nouvelle fois descendus dans les rues de Santiago. Les jeunes réclament une hausse de la qualité de l’enseignement ainsi que la gratuité du système éducatif chilien. Hier, il était plus de 25.000 à défiler selon un itinéraire accepté par les autorités. Néanmoins, de violents heurts se sont déclenchés entre manifestants et forces de l’ordre lorsque ces dernières ont modifié le trajet préalablement établi. Des jets de cocktails Molotov ont répondu aux tirs de gaz lacrymogène et de canons à eau. D’après les autorités, plus de soixante personnes auraient été interpellées et un policier blessé. Un porte-parole d’un syndicat étudiant a dénoncé l’agressivité de la police dans une action de répression excessive. Des centaines de policiers anti-émeute, des véhicules blindés avec canons à eau et des chiens avaient été déployés à travers la ville avant le début de la manifestation.

Manifestation estudiantine à Santiago

Manifestation estudiantine à Santiago

Au Chili, la journée du jeune combattant commémore l’assassinat le 29 mars 1985 de deux jeunes frères : Rafael et Eduardo Vergara Toledo par des Carabiniers de la dictature de Pinochet. Cette date, devenue éphéméride au Chili, beaucoup d’organisations sociales, anarchistes et des mouvements politiques de gauche réalisent différentes actions culturelles, politiques et mémorielles en commémoration.

En prélude à la journée du jeune combattant, la nuit du dimanche 24 mars a été le théâtre d’affrontements entre les Forces spéciales des Carabiniers et des manifestants dissimulés sous leur capuche alors qu’ils construisaient et incendiaient des barricades dans la région métropolitaine de Villa Franca, bloquant ainsi totalement le trafic sur l’Avenue 5 avril. C’est à l’aide d’autopompes que les Forces Spéciales ont pu venir à bout des incendies constituées par les barricades de planches et de poubelles et à disperser les manifestants. Les Forces Spéciales qui ont affronté les manifestants sont restées sur place.

Chili: Barricades à Villa Franca