La ville de Zhengzhou, capitale de la province chinoise du Henan (centre du pays), a officiellement déployé des robots policiers. La phase de test en conditions réelles de ces robots policiers aura duré une semaine dans cette ville où vivent près de 5 millions d’habitants. Dans un premier temps, ces officiers robots sont destinés à remplacer les policiers humains dans une gare, et ce durant les horaires de nuit, un poste qu’ils occupent désormais de manière officielle.

Baptisés E-Patrol Robot Sheriff, ces machines sont équipées d’un système de reconnaissance faciale, leur donnant la possibilité de scanner et d’identifier les passagers. Ces derniers peuvent répondre aux questions des passants et repérer d’éventuels criminels, mais pas seulement. En effet, les officiers robots peuvent mesurer la température ambiante et ainsi détecter des anomalies liées par exemple aux incendies. Leur efficacité a déjà été prouvée puisque dès leur premier jour de service, un départ de feu a été détecté et l’alerte donnée. Cette nouvelle fait écho à l’annonce faite il y a quelques mois par les Émirats arabes unis, qui tenteront cette année de remplacer des policiers humain par des robots, pour une utilisation massive d’ici 2021.

Un robot-policier dans la gare de Zhengzhou

Un robot-policier dans la gare de Zhengzhou

Neuf habitants de la petite ville rebelle de Wukan, dans le sud de la Chine, ont écopé de peines de deux à dix ans de prison après une manifestation de soutien au maire démocratiquement élus, et depuis emprisonné. Ils ont été reconnus coupables entre autre de participation à un rassemblement illégal, de trouble aux transports et aux services publics et de dissémination de fausses informations. Plusieurs des condamnés font partie des 13 personnes qui avaient été appréhendées en septembre à Wukan pour trouble à l’ordre public (voir notre article de septembre). Ces arrestations avaient entraîné une manifestation qui avait tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre. Ces dernières avaient répondu à des jets de pierre par des tirs de balles en caoutchouc et de grenades lacrymogènes.

Wukan était devenu célèbre fin 2011 lorsque ses habitants s’étaient soulevés pour chasser les dirigeants corrompus du Parti communiste chinois (PCCh), qui s’enrichissaient à leurs dépens en vendant des terres agricoles. Après la mort en détention d’un manifestant, les habitants en colère étaient même parvenus à chasser les forces de l’ordre et à se barricader dans la ville pendant une semaine entière (voir notre article de 2011). Pour rétablir l’ordre, le PCCh avait accepté l’organisation d’une élection libre pour le choix du nouveau comité communal. Lin Zulian, l’un des leaders de la contestation, avait alors été élu maire… et ensuite arrêté.

Mobilisation des habitants de Wukan (archive)

Mobilisation des habitants de Wukan (archive)

Wukan, un village de pêcheurs du Guangdong, était connu pour s’être soulevé contre la police et le gouvernement local en 2011 pour des affaires de corruption et d’expropriation (voir notre article de 2011, et notre article de 2013). A la mi-juin, la police avait arrêté le représentant élu de Wukan, Lin Zuluan – condamné la semaine dernière à 3 ans d’emprisonnement. Au petit matin, les habitants ont tenté de résister à l’assaut en jetant des pierres contre les forces de l’ordre. Suite à cela 13 villageois ont été violemment arrêtés par la police anti-émeutes, à coups de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc. Les 300 à 400 agents envoyés dans la commune ont forcé la porte de leurs domiciles en pleine nuit. En cause d’après les autorités locales : l’organisation de « rassemblement de masse illégaux […] portant atteinte à l’ordre public ». Désormais, les connexions Internet sont coupées et un contrôle d’identité est nécessaire afin de pouvoir entrer ou sortir de la commune.

Les villageois de Wukan face à la police anti-émeute en 2011

Les villageois de Wukan face à la police anti-émeute en 2011

Un avocat défenseur des droits de l’homme en Chine, l’avocat Zhou Shinfeng, a été condamné jeudi à une peine de sept ans de prison pour « subversion contre le pouvoir de l’État » au terme d’un procès expéditif. Cette sentence à l’encontre du fondateur du cabinet d’avocats Fengrui, a été prononcée par un tribunal de Tanjin. Fengrui, aujourd’hui démantelé, était réputé pour avoir représenté des intellectuels, des membres de groupes religieux interdits, et s’était attaquée à l’un des plus grands groupes laitiers du pays dans le cadre du scandale du lait contaminé à la mélamine. Le tribunal a conclu que Zhou Shinfeng avait « attaqué le système socialiste », utilisant son cabinet pour « défier le gouvernement » et « mettre en péril la sécurité nationale ».

Les procureurs de l’État ont plaidé qu’il avait « encouragé des avocats à publiciser des dossiers », « embauché des protestataires pour perturber le système judiciaire » et joué « un rôle important au sein d’un groupe d’activistes pour tenter de manipuler l’opinion publique et miner la sécurité nationale en répandant des pensées subversives ». La Chine mène une campagne de répression sans relâche contre les avocats défendant les droits de la personne et des activistes. Environ 300 personnes de cet type ont été arrêtées depuis un an, et une vingtaine d’entre eux demeurent détenus. C’est la troisième fois que le tribunal de Tanjin rend des jugements du genre cette semaine.

Zhou Shinfeng

Zhou Shinfeng

Une manifestation contre un projet d’incinérateur dans la ville de Lubu a tourné à l’affrontement dimanche. Des manifestants ont tenté de pénétrer dans les bureaux du gouvernement. Il y a des nombreux blessés et 21 arrestations. Les manifestants de la ville Lubu, dans la province de Guangdong (sud de la Chine), s’opposent un projet de construction d’un incinérateur qui doit également générer de l’énergie. Les résidents ont spontanément pris les rues par milliers parce qu’ils craignent que l’incinérateur contamine l’air et l’eau potable.

Les affrontements à Lubu

Les affrontements à Lubu

Les habitants de la province chinoise du Zhejiang mènent une campagne contre le projet de construction d’une usine d’incinération d’ordures près de leur domicile. 10.000 d’entre eux ont participé à des manifestations consécutives mercredi et jeudi dans le canton de Xitangqiao, près de la ville de Jiaxing. Ils se sont affronté à un milliers de policiers anti-émeute qui ont largement fait usage de matraque et de gaz lacrymogène. Des dizaines de manifestants ont été blessés et des dizaines entraînés dans des véhicules de police. Le gouvernement local a déclaré qu’il annulerait le projet, mais la population locale a exigé la libération de tous ceux qui avaient été arrêtés. Les manifestants disent que l’usine d’incinération prévue est trop proche des écoles et d’un quartier résidentiel et que la pollution aura probablement une incidence sur leur santé.

Un manifestant matraqué

Un manifestant matraqué

En Chine, une quinzaine de militants des droits des travailleurs ont été arrêtés dans le cadre d’une vaste opération qui touche la région de Canton, dans le sud du pays. Parmi eux, Zeng Feiyang, le directeur du Centre Panyu qui vient en aide aux travailleurs migrants. Cette association fournit une aide juridique gratuite et fait pression sur les patrons d’usines quand ceux-ci ne versent pas les salaires ou les primes dues aux ouvriers. C’est aussi le cas de l’association Nanfeiyan, qui défend les victimes d’accidents du travail. Son patron, He Xiaobo, fait partie des militants arrêtés.

En l’absence de syndicats indépendants, le rôle de ces associations est crucial. Grâce à leurs actions, les ouvriers chinois ont enfin compris qu’ils avaient des droits et qu’ils pouvaient réclamer justice. C’est le cas de Zhu Xiaomei, ancienne ouvrière du japonais Hitachi. Elle a été licenciée pour avoir mené une grève réclamant la hausse des salaires en 2013. Depuis, elle milite, et vient aussi d’être interpellée. Cette vague d’arrestations sans précédent fait suite à des mois de harcèlement. Ces associations ont vu leurs locaux vandalisés et leurs employés menacés. Les autorités chinoises leur reprochent de ne pas avoir d’existence légale, alors qu’elles refusent de les enregistrer officiellement. Les défenseurs des travailleurs sont aussi accusés d’être financés par l’étranger, avec pour mission – en contrepartie – de semer le trouble en Chine.

Manifestation ouvrière en Chine

Manifestation ouvrière en Chine

Des scientifiques chinois conduisent actuellement des expériences pour entrainer des nichées de souris à détecter les substances narcotiques, explosives ou quoi que ce soit pourvu qu’elles aient une odeur… Un groupe de rongeur peut être prêt à l’emploi en quelques jours et de façon extrêmement précise. Inutile de préciser les avantages économiques qu’auraient douaniers et policiers en remplaçant leurs bergers allemands par des souris.

Le procédé pour ‘entrainer’ les souris semble très simple : les scientifiques ont simplement privé une quinzaine de spécimènes d’eau pendant une semaine, puis ils les ont approché d’un bouton qui ne délivrait de l’eau que si l’odeur a détecter était présente. Après 5 jours, toutes les souris appuyaient au bon moment sur le bouton, avec 98% de précision qu’elles soient seules ou en groupe. Les scientifiques vendent une boite de rongeurs pour 16$, plus le prix des souris. Le processus d’entrainement peut être fait par un ordinateur. Des scientifiques chinois avaient déjà tenté la même expérience, avec un succès moindre avec des abeilles qui avaient le désavantage de terroriser tous ceux qui se trouvaient à proximité. Ce n’est pas la première fois que des rongeurs sont utilisés pour des fouilles : une université new-yorkaise avait également génétiquement modifié une souris pour développer son odorat et détecter les bombes, un aéroport israélien avait créé un scanner dont les souris fouillaient les matériaux suspects, la police hollandaise avait utilisé une équipe de 5rats bruns entrainés à détecter drogues et explosifs. Enfin, la Tanzanie et le Mozambique utilisent des rats pour trouver les mines enterrées.

Chine : Des souris policières pour remplacer les chiens

Lin Ming-hui, un enseignant taïwanais qui avait prit part au ‘Mouvement Tournesol des étudiants’ contre le traité de libre-échange sino-taïwanais l’année dernière avait été matraqué lors de l’occupation du parlement qui avait eu lieu le 24 mars 2014. Il avait porté plainte contre le gouvernement et vient de gagner son procès, une indemnité de 300.000NT$ (8.649€) lui sera versée et le gouvernement a annoncé qu’il ne fera pas appel. Un an après les faits, le policier qui avait frappé Lin n’a pas été retrouvé, malgré le fait que plusieurs policiers anti-émeute équipés de longs bâtons matraquaient les manifestants assis par terre, à l’intérieur du parlement. Ce sit-in était la première occupation du parlement par des manifestants de l’histoire du pays.

Lin Ming-hui, fraichement matraqué lors de l’occupation du parlement taïwanais.

Lin Ming-hui, fraichement matraqué lors de l'occupation du parlement taïwanais.

Un projet de loi sur la cybersécurité est à l’agenda annuel de l’administration du président Xi Jinping. L’un des premiers volets est que les autorités chinoises aient la possibilité de couper l’accès à Internet dans le cas d’urgences visant la sécurité nationale. Dans les faits, le gouvernement ne s’est jamais privé de procéder de la sorte à plusieurs reprises lors d’émeutes ou de troubles. Mais ce faisant, il inscrit cette pratique dans la loi du pays. Le projet demande également aux agences gouvernementales de mettre en place des mesures de gestion des alertes et de systèmes de réponses d’urgence.

Mais dans la mise en place de ces instruments de régulation la Chine voudrait aller très loin puisqu’elle demande que des standards industriels soient définis par les vendeurs de technologie. Les fournisseurs étrangers devraient être contraints de se plier à ces règles, ce qui, en clair, signifie ouvrir l’accès au code et donc permettre l’installation de backdoors. Il conviendrait également que les fournisseurs de services Internet collectent les données des utilisateurs et les stockent sur le territoire national. Les données stockées hors de Chine devraient faire l’objet d’une approbation des autorités.