Jeudi 29 août, Iván Márquez, négociateur en chef des FARC dans le cadre de l’accord de paix conclu avec le gouvernement (voir notre article) est apparu dans une vidéo aux cotés de deux autres commandants de la guérilla (Seuxis Paucias Hernández, alias Jesús Santrich, et Hernán. Darío Velázquez, El Paisa) pour annoncer “une nouvelle étape de lutte armée”.

Iván Márquez avait disparu depuis un an. Il justifie la décision des FARC par la trahison de l’accord de paix de La Havane par l’État colombien ainsi que les nombreux meurtres de dirigeants sociaux et d’anciens guérilleros (voir notre article). Par ailleurs, il annonce que la guérilla recherchera des alliances avec l’Armée de libération nationale (ELN). Ces commandants pourraient également s’organiser avec les dissidents qui opèrent déjà dans différentes régions mais cela n’est pas confirmé. Par ailleurs, il n’est pas garanti que ces groupes disposent d’une chaîne de commandement. Selon des estimations les dissidents opéreraient dans 85 municipalités, seraient regroupés en 23 structures et regroupant 1 800 guérilleros, en plus de 300 nouvelles recrues.

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Ces derniers jours l’ELN a mené deux attaques contre l’armée colombienne. La première a été réalisée le mardi 13 août dans la région de Catatumbo, à la frontière avec le Venezuela. Elle a fait trois blessés dans les rangs de l’armée. La seconde a eu lieu dimanche 18 août dans la municipalité d’Arenal (dans le sud du département de Bolivar) et a fait un mort et deux blessés chez les troupes gouvernementales. Par ailleurs un sous-officier a également été abattu, mercredi 14 août, cette fois dans un affrontement avec des dissidents des FARC à Bellavista (dans le département du Cauca).

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Au moins 164 défenseurs de l’environnement se battant contre des projets miniers, forestiers ou agro-industriels ont été tués en 2018, selon l’ONG Global Witness. Le pays le plus dangereux pour les militants et les autochtones défendant leurs terres a été les Philippines, avec 30 meurtres. La Colombie et l’Inde ont elles compté 24 et 23 morts en 2018. Avec 16 meurtres confirmés, le Guatemala est de son côté le pays avec le plus de morts comparés au nombre d’habitants.

L’événement le plus mortel a eu lieu dans l’Etat du Tamil Nadu, dans le sud de l’Inde, où elle assure que 13 personnes ont été tuées après une manifestation contre l’entreprise Sterlite, raffinant le cuivre (voir notre article). Au moins huit militants impliqués dans des conflits terriens avec des représentants de l’industrie du soja ont été tués en 2018 dans l’Etat brésilien de Para à lui seul. Aux Philippines, qui ont pris la place du Brésil comme pays le plus meurtrier, c’est neuf cultivateurs de canne à sucre, dont des femmes et des enfants, qui ont été abattus par des hommes armés sur l’île de Negros. L’avocat représentant les familles des victimes a été tué quelques jours plus tard.

La manifestatrion contre l’usine Sterlite

La manifestatrion contre l'usine Sterlite

Les autorité colombiennes ont mené une enquête sur un des principaux commandants de l’ELN suite à l’opération menée par la guérilla contre l’école de police en février (voir notre article). Elles se sont finalement rendues compte que “Pablito”, commandant du front Est de l’ELN était parvenu à leur dissimuler sa véritable identité durant de nombreuses années. Alors que les autorités pensaient initialement que son vrai nom était Gustavo Anibal Giraldo Quinchia. Il s’est avéré qu’il s’appelle Carlos Emilio Marin Giraldo. Ainsi alors que les autorités pensaient depuis longtemps que Pablito était né dans la province centrale de Cundinamarca en 1968, l’enquête a révélé qu’il avait été baptisé à Peñol, une ville proche de Medellin.

Il s’agit du seul membre de la direction guérilla qui était parvenu à dissimuler son identité. Ainsi, les procureurs ont constaté que 1.200 des 2.000 enregistrements du registre national de Cubara (une petite ville de Boyaca) vérifiés à ce jour avaient été modifiés. Ainsi les procureurs estiment qu’il existe une chaîne de falsification de documents directement liés à l’ELN. Par ailleurs, des affrontements entre l’armée et la guérilla ont été signalé dans le département d’Antioquia (nord-ouest) au cours desquels deux camions ont été brûlés.

Combattants de l’ELN

Combattants de l'ELN

Mercredi 17 juillet au soir, la compagnie Jaime Toño Obando d’Eln a mené une attaque contre une base militaire située en dehors de la zone urbaine de Samaniego, dans le département de Nariño. Deux soldats ont été blessés. l’un d’entre eux sert au 9e bataillon de bataillon d’infanterie, Batalla de Boyacá. Par ailleurs la guérilla a par ailleurs annoncé la tenue d’une grève armée à Nariño du 15 au 18 juillet pour leur 55e anniversaire. Les activités économiques dont le transport de fret sont ainsi interdites par l’ELN dans la région.

Combattantes de l’ELN

Combattantes de l'ELN

Jeudi 4 juillet, l’ELN a lancé une attaque contre un poste militaire près de la ville de Teorama dans le département du Nord de Santander (dans le nord-est de la Colombie). Un soldat a été tué dans l’attaque. Le lendemain, le gouvernement colombien a rejeté une offre des délégués de l’ELN qui proposait dans un texte envoyé le 3 juillet de reprendre les négociations de paix rompues en janvier (voir notre article).

Combattants de l’ELN

Combattants de l'ELN

Dimanche 30 juin, Yovanni Bello Oliverio, un commandant de l’ELN portant l’alias ​​”Guacharaco”, est tombé lors d’une opération conjointe de la police et de l’armée. Selon les autorités Guacharaco serait mort dans un affrontement entre des combattant·e·s de l’ELN et l’armée dans une zone rurale de la municipalité de Tarazá, dans la province centrale d’Antioquia. Au cours de l’opération, des armes, des munitions, du matériel et des moyens de communication auraient également été saisis.

Combattants de l’ELN

Combattants de l'ELN

Depuis l’aube de mardi, le département du La Guajira est isolée, en raison d’une grève avec plusieurs barrages routiers effectués par des transporteurs, des marchands, des organisations syndicales et les communautés locales. Les revendications portent sur le besoin criant d’équipements collectifs (eau potable, école, hôpitaux) ainsi que la réfection d’une grande route sur laquelle de nombreuses personnes ont perdu la vie. Une précédente mobilisation avait été suivie de promesses d’investissements à hauteur de 37 milliards de pesos, mais rien n’a été fait dans ce département à la fois riche (mines d’argent et de charbon) et déshérité. Les forces anti-émeutes sont intervenues pour lever les barrages, ce qui a provoqué de violents affrontements et, en représailles, l’assaut du commissariat de la ville de Fonseca.

Barricade en feu au La Guajira

Barricade en feu au La Guajira

Dimanche 16 juin, la police et l’armée et l’armée de l’air colombienne ont mené une opération contre l’ELN au cours de laquelle ils ont abattu Navides Chilhueso Noscué, connu sous le pseudonyme du «tigre indien».

Navides Chilhueso Noscué commandait le fronts María José Becerra et le front de guerre du Sud-Est de la guérilla. L’opération de l’état colombien, précisément dirigée contre lui, a été lancée à la suite d’un long travail de renseignement qui a permit de le localiser. Un pistolet de calibre 7,65 et trois grenades à fragmentation ont été saisis lors de l’opération et un des gardes du corps du commandant aurait également été abattu.

Combattants de l’ELN

Combattants de l'ELN

Mercredi 22 mai, six soldats ont été blessés à Catatumbo suite à une attaque à l’explosifs de l’ELN. L’opération a eu lieu lorsque les combattant·e·s de l’ELN ont activé une charge explosive au moment où les soldats du 30e bataillon d’artillerie lançait une opération dans une zone rurale de la région de Catatumbo. Trois des blessés ont reçus des éclats d’obus et les trois autres ont été assommés par la vague explosive. Après l’attaque, l’armée a inspecté la zone et a trouvé trois autres charges d’explosifs, qui ont été détruites de manière contrôlée par le Groupe des explosifs et des démolitions.

Combattante de l’ELN

Combattante de l'ELN