Un général de l’armée colombienne a admis que des militaires avaient tué, lundi 21 avril, Dimar Torres, ex-guérillero des FARC qui a participé au processus de paix dans le pays. Le général Diego Muñoz, chef de la Force anti-guérilla Vulcano, a démenti la version officielle selon laquelle Torres aurait été tué au cours d’une bagarre dans un bar avec un militaire. Il s’agissait d’un assassinat prémédité de militaires placés sous ses ordres, mais qui en l’occurrence n’obéissaient pas à ses ordres.

Le procureur général a rapporté dimanche que l’autopsie et les examens techniques avaient révélé que l’ancien guérillero avait été touché pour quatre balles. Des villageois ont affirmé que plusieurs soldats avaient tenté d’enterrer le corps de l’ex-guérilla près de l’endroit où campaient les militaires. Les habitants, qui prenaient à partie l’armée, selon des images enregistrées sur leurs téléphones portables et diffusées sur les réseaux sociaux, ont découvert la tombe à demi-creusée, puis le corps ensanglanté de l’ex-rebelle âgé de 34 ans. Au total, 128 ex-combattants des FARC ont été assassinés depuis la signature de l’accord de paix en novembre 2016 jusqu’au début avril.

Dimar Torres Arévalo

Dimar Torres Arévalo

Jeudi 9 avril, Roberto Jorge Rigoni, un homme d’affaires argentin a été arrêté dans la ville de Campana près de Buenos Aires. Il est accusé d’avoir financé l’ELN. Une circulaire rouge d’Interpol avait été emise à son encontre et son extradition est demandée par la Colombie.

Dimanche 12 mai, l’armée colombienne a abattu Dario le commandant de la commission Camilo Cienfuegos et capturé trois membres de sa garde rapprochée dans le département d’Arauca. Dario était tireur d’élite, expert en explosif. Il coordonnait des opérations de financement de la guérilla ainsi que les attaques contre l’oléoduc Caño Limón-Coveñas. Les autorités colombiennes attribuent également à alias “Darío” l’attaque du canton militaire de Saravena du 27 avril (voir notre article).

Durant l’opération, l’armée a saisi un fusil, un fusil de chasse, deux pistolets, un viseur télescopique de nuit, des équipements de campagne et de cinq motos.

Combattantes de l’ELN

Combattantes de l'ELN

Samedi 27 avril, l’ELN a lancé une attaque à l’explosif contre le quartier général du groupe de cavalerie mécanisée n°18 (un bataillon de l’armée basé dans le département des frontières d’Arauca). On compte au moins six explosions et de nombreux dégâts matériel mais aucune perte dans les rangs de l’armée.

Le même jour, l’ELN a mené une attaque à l’explosif contre l’oléoduc Transandino de la compagnie pétrolière d’Etat Ecopetrol. L’année dernière, l’infrastructure pétrolière colombienne a subi 107 attaques, dont 89 ont affecté l’oléoduc Caño Limón-Coveñas et 18 le Transandino.

Combattants de l’ELN

Combattants de l'ELN

Le bilan officiel de la journée de manifestations à l’occasion de la grève nationale en Colombie est de 35 arrestations (33 à Bogota et deux à Medellin). Les affrontements ont été sévères et les dégâts important. 8 policiers ont été blessés. A Bogota, des centaines de manifestants cagoulés se sont affrontés à partir de 2 heures de l’après-midi avec la police municipale et les unités anti-émeutes. La manifestation s’est transformée en une bataille acharnée qui a occasionné des dégâts à de nombreux bâtiments y compris la cathédrale.

Affrontements place Bolivar

Affrontements place Bolivar

Samedi 13 avril, la police espagnole a arrêté un homme pour terrorisme. Il est accusé d’avoir géré des sites internet de l’ELN et d’avoir aidé à la création de son infrastructure numérique. Cette arrestation est le fruit d’une enquête menée en coordination avec les autorités colombiennes qui essayent de faire fermer les sites internet et les comptes de l’ELN sur les médias sociaux depuis l’attaque contre l’école de police du 18 janvier (voir notre article).

Par ailleurs l’armée colombienne aurait déjoué une attaque à l’explosif prévue par le front Camilo Torres Restrepo contre des policiers et des soldats dans la ville d’El César. Cette attaque aurait, semble-t-il, dû être menée en plein milieu du cessez-le-feu unilatéral que l’ELN avait décrété à l’occasion de la Semaine Sainte (voir notre article).

Combattantes de l’ELN

Combattantes de l'ELN

Aujourd’hui un soldat colombien est mort lors d’une attaque menée par des guérilleros de l’ELN contre des soldats déployés dans une région rurale du département d’Antioquia. Cette attaque visait des troupes appartenant à la compagnie “Aquiles” déployées dans la municipalité de Valdivia dans la région d’Antioquia Bajo Cauca.

Vendredi, un autre soldat de l’armée colombienne a été tué en marchant sur une mine antipersonnel installée par l’ELN dans la région de Catatumbo, à la frontière avec le Venezuela., à la frontière avec le Venezuela. Ces événements se sont produits après l’annonce, jeudi dernier, d’un cessez-le-feu unilatéral par l’ELN pendant la Semaine sainte qui débutera demain et se poursuivra jusqu’au dimanche de Pâques, fin de la semaine sainte.

Combattantes de l’ELN

Combattantes de l'ELN

Jeudi 4 avril, José Arcila Ramírez, un résident états-unien passait devant un tribunal de Floride, de soutenir l’ELN en lui fournissant des armes, des pièces d’arme et du matériel.
Les étiquettes de la chaîne de magasins américaine Home Depot, découvertes dans des compresseurs d’air ainsi que des pièces d’armes à longue portée saisis dans le quartier El Valle, dans le district de Suroccidente à Barranquilla, ont permis de retrouver la trace du fournisseur. Celui-ci livrait depuis la Floride, des armes et accessoires à son frère en contact avec l’ELN.

Après les perquisitions, le juge pénal a ordonné l’assignation à résidence de la femme, tandis que le frère a été envoyé en prison. Francisco José Arcila a quant-à-lui été arrêté en janvier avec deux hommes du sud de la Floride (Asilah et Ortega) et accusé de conspiration visant à soutenir une organisation terroriste étrangère et d’autres accusations liées à la contrebande d’armes à feu”. Le réseau aurait été actif pendant 12 mois et aurait été découvert parce que Asilah et Ortega utilisaient un intermédiaire (nom de code « James Smith ») qui avait commencé à coopérer avec des agents du Bureau de l’alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs (ATF) et avait enregistré plusieurs conversations sur l’achat d’armes et leur expédition en Colombie”.

La guérilla ELN continue le combat contre le gouvernement colombien mais laisse la porte ouverte aux négociations. Ainsi lundi 1 avril Pablo Beltran a annoncé que l’équipe de négociation resterait à Cuba malgré l’échec des dernières négociations.

Matériel saisi chez le frère d’Arcila

Matériel saisi chez le frère d’Arcila

L’université d’Antioquia a été évacuée dans l’après-midi d’hier jeudi en raison de violentes manifestations qui, commencées sur le campus, se sont étendues sur la voie publique. Au cours des émeutes, un conducteur a dû quitter son véhicule après avoir été intimidé par une arme à feu par les manifestants masqués, qui ont également détourné et bloqué un bus dans la rue Barranquilla pour empêcher la circulation. Dans l’université, des manifestants ont lancé des engins explosifs artisanaux sur les policiers. Les autorités judiciaires ont ouvert des dossiers pour “terrorisme”.

Intervention de la police anti-émeute hier à Medelin

Intervention de la police anti-émeute hier à Medelin

Jeudi 21 mars, Alirio Montenegro Adamez,, pilote du bataillon de haute montagne n °8 de l’armée colombienne a été capturé par l’EPL alors qu’il se déplaçait dans un véhicule officiel à la hauteur de Llanito, dans la municipalité de Florida dans le département de Valle del Cauca. L’EPL a ensuite diffusé une vidéo du soldat dans laquelle il demandais la cessation des opérations anti-guérilla dans la région en échange de sa libération. Aujourd’hui l’EPL a décidé de le libérer et l’a remis à une commission du bureau du médiateur à Valle del Cauca.

Des opérations de recherche avaient été menées dans la muncipalité de Monténégro par l’armée au cour desquels des affrontements ont ont éclaté avec la guérilla. Un membre de l’EPL José Alfredo Solarte Henao, alias “Escalera”, est décédé durant ces affrontements.

Combattants de l’EPL (archive)

Combattants de l'EPL (archive)

Hier, lundi 18 mars, l’amiral Craig Faller qui commande les forces des États-Unis en Amérique Latine a annoncé que ses forces avaient décidé de davantage se concentrer sur l’ELN et d’échanger plus de renseignements avec les responsables colombiens. Les responsables états-uniens estiment que l’ELN et les dissidents des FARC représentent une menace croissante pour eux notamment suite la crise politique au Venezuela qui permet aux deux guérillas de prendre en importance dans le pays. Ainsi l’ELN serait désormais active dans au moins 13 des 24 États du Venezuela et procéderait de à nombreux recrutements.

Membre de l’ELN

Membre de l'ELN