Leïla Güven vient d’être libérée après 79 jours de grève de la faim. Le mouvement d’ampleur dont elle a pris l’initiative, suivi par plus de 250 prisonniers politiques kurdes, visait à obtenir la fin de l’isolement du leader kurde Abdullah Ocalan. Les autorités turques ont remis en liberté Leyla Guven, tout en maintenant les charges qui pèsent contre elle.

La libération de Guven ne résout pas la question qui est à l’origine des ces grèves de la faim. En effet, les grévistes de la faim exigent :
– la fin de l’isolement carcéral imposé au dirigeant kurde Abdullah Ocalan,
– la libération de tous les prisonniers politiques en Turquie et
– le retour aux pourparlers de paix entre les autorités turques et le PKK.
C’est pourquoi, les appels à mobilisations pour les jours à venir sont maintenus.

Voir la liste des mobilisations à venir

Voir le compte-rendu de du rassemblement de Bruxelles d’hier jeudi

La libération de leyla Güven

La libération de leyla Güven

Quatre ans après la prise de la ville de Kobanê (27 janvier 2015) et un an après le déclenchement de l’agression d’Afrin par l’état turc et ses alliés djihadistes, le régime turc menace le reste du Rojava. La Commune Internationaliste du Rojava appelle à deux jours d’actions, les 27 et 28 janvier 2019.

Déclaration de l’IFB
Deuxième déclaration de l’IFB (en anglais)

L’appel à la journée d’action à Zürich

L'appel à la journée d'action à Zürich

Demain vendredi janvier à 19h, se tiendra une soirée pour commémorer la prise d’Afrin par l’État turc et ses alliés djihadistes. La soirée aura lieux au Sacco-Vanzetti (54 Chaussée de Forest, 1060 Saint-Gilles).

Le 20 janvier 2018, l’État turc lançait son armée et les milices djihadistes contre le Canton d’Afrin, l’un des trois cantons du “Rojava”, le Kurdistan Syrien. Afrin est l’un des berceaux du mouvement révolutionnaire kurde, et depuis 2012, elle était l’une des rares zones préservées des horreurs de la guerre civile, l’exemple même du modèle kurde défendu par les Unités de Protection du Peuple et des Femmes : un système démocratique, communaliste, écologique, défendant les femmes et les minorités ethniques et religieuses. Des milliers de Syriens s’étaient d’ailleurs réfugiés à Afrin pour fuir les exactions de Daesh, des milices islamistes de l’Armée Syrienne Libre et du régime. C’est ce modèle de société qu’a voulu détruire Erdogan.

Le 18 mars suivant, la Turquie annonçait sa victoire et entamait l’annexion d’Afrin. La victoire d’Erdogan: 300.000 déplacés internes, 2.000 Afrinois, Kurdes et Syriens tués, la région rasée. Depuis cette date, les exactions et les violences se poursuivent contre les habitants restés sur place, mais l’occupant est combattu par la résistance locale, les “Forces de Libération d’Afrin”.

Ce vendredi, nous vous invitons à une soirée de soutien au Rojava. Deux vidéos tournées pour l’occasion apporteront le témoignage et les perspectives d’un internationaliste ayant pris part à la défense d’Afrin ainsi que les témoignages d’internationalistes poursuivis en Italie. La projection sera suivie d’un débat en présence de militants du mouvement kurde et du mouvement de solidarité avec le Kurdistan dont le thème sera “La guerre commence ici, qui sont les responsables en Europe ? Les acquis de la révolution sont aussi les nôtres, comment les défendre ?”

Le lien vers l’événement facebook

Soirée Defend Rojava

Soirée Defend Rojava

Paolo, Davide, Jak, Eddy et Jacopo, cinq internationalistes de Turin qui ont soutenu la révolution au Rojava dans le cadre des YPG, devaient comparaitre au palais de justice suite à la demande de la Digos (police politique) de leur imposer des mesures de surveillance spéciale et l’interdiction de séjourner dans la ville (voir notre article). L’audience avait lieu ce mercredi après-midi. Une soixantaine de personnes, dont une délégation internationale du SRI, ont assuré une présence solidaire à l’audience et devant le palais de justice. Le tribunal a refusé de laisser entrer les journalistes puis décidé de renvoyer tout à dans deux mois, le 25 mars.

Lire la déclaration du Secours Rouge International à propos du procès de Turin

Rassemblement solidaire devant le palais de justice à Turin (Archive)

Leyla Güven est une députée et coprésidente du HDP en Turquie. Elle est détenue depuis le 31 janvier 2018 dans la prison de haute sécurité de type E de Diyarbakir et est poursuivie en justice dans une affaire où elle risque jusqu’à 31 ans et 6 mois de prison pour ses déclarations critiques sur l’invasion d’Afrin.

Le 7 novembre 2018, elle a entamé une grève de la faim pour protester contre l’isolement d’Abdullah Öcalan. Aujourd’hui marque le 78e jour cette grève qui a notamment permis à Öcalan de rencontrer son frère après plus de deux ans d’isolement complet (voir notre article). Cette grève a également été suivie par d’autres prisonniers politiques (voir nos articles : ici, ici, ici et ici) et d’autres militants (voir nos articles ici, et ici). Si on ne peut pas connaitre le nombre exact de grévistes de la faim, il dépasse facilement la centaine de personnes.

Des actions sont prévues à Bruxelles pour soutenir Leyla Güven :, par les groupes NavBel, TJK-E et Tevgera Ciwanen Soresger qui appellent à la mobilisation
Le 24 janvier 2019: Place du Luxembourg, Bruxelles 14h à 16h
Le 25 janvier 2019: Place Schuman, Bruxelles 14h à 16h
Le 26 janvier 2019: Place de la onnaie, Bruxelles 14h-16h

Une affiche de solidairté avec Leyla Güven (archive)

Lors d’une soirée organisée à Paris par l’AKP-MHP auquelle assistaient des centaines de personnes dont Bilal Çoban, le candidat-maire de la ville d’Elazığ, des jeunes kurdes sont venus protester contre l’isolement d’Ocalan. Les jeunes kurdes ont été attaqué par des personnes armées. Deux manifestants kurdes ont été blessés par balle et au moins 13 jeunes Kurdes ont été arrêtés.

L’île-prison d’Imrali où est incarcéré Abdullah Öcalan

Le samedi 12 janvier, le Conseil Démocratique Kurde en France organisait une marche pour la justice pour Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, trois militantes kurdes assassinées en janvier 2013 (voir notre article). Suite au décès, en décembre 2016, du meurtrier présumé, le procès n’a jamais eu lieu, ne permettant pas de mettre en lumière l’implication de l’état turc dans cette affaire. En mars 2018, les familles des trois militantes kurdes ont déposé une nouvelle plainte, demandant la saisie d’un juge d’instruction pour poursuivre l’enquête.

La marche a rassemblé plusieurs milliers de personnes venant de toute la France, mais aussi de Grande-Bretagne, de Suisse et de Belgique. Une délégation de membres et sympathisant.es du Secours Rouge de Genève et de Bruxelles se sont joints aux camarades internationalistes avec la campagne Shengal pour commémorer la mémoires de trois militantes assassinées et réaffirmer leur soutien aux combattant.es au Kurdistan et en Turquie.

Banderole de la campagne Shengal – Secours Rouge de Genève


Banderole de la campagne Shengal – Secours Rouge (Belgique)

Banderole de la campagne Shengal - Secours Rouge de Genève
Banderole de la campagne Shengal - Secours Rouge (Belgique)

Abdullah Öcalan, co-fondateur et dirigeant du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), est emprisonné depuis 20 ans sur l’île prison d’Imrali, condamné à la prison à vie. Ce samedi, 12 janvier, il a été autorisé à rencontré sont frère Mehmet Öcalan après plus de deux ans d’isolement complet. Selon le co-président du HDP, Pevin Buldan, la santé d’Abdullah Öcalan serait bonne. La dernière rencontre entre les deux frères datait du 11 septembre 2016 (voir notre article). Ses avocats n’ont pu voir leur client depuis 2011 malgré des centaines de demandes de visites (voir notre article).

Cette autorisation fait suite à la grève de la faim lancée le 8 novembre par la députée du HDP Leyla Güven, détenue depuis janvier 2018, pour protester contre les conditions de détention d’Öcalan. La santé de la leader politique s’est fortement dégradée après plus de 2 mois de grève de la faim. Plus de 200 prisonniers politiques en Turquie ont entamé une grève de la faim ainsi que des centaines de militants qui ont joint le mouvement dans les différentes régions du Kurdistan, mais également en Europe.

Abdullah

Un rassemblement pour la libération de Inan Dogan (révolutionnaire d’origine kurde et réfugié en Belgique arrêté en Allemagne sur demande de la Turquie), a réuni quelques solidaires devant l’Ambassade d’Allemagne à Bruxelles ce mercredi (voir photo). Un nouveau rassemblement aura lieu ce vendredi 11 janvier de 11h à midi, toujours devant l’ambassade allemande, Rue Jacques de Lalaing 8, à Bruxelles.

Devant l’ambassade d’Allemagne à Bruxelles

Une soixantaine de personnes ont manifesté ce 9 janvier devant le Consulat de France, répondant à l’appel du Mouvement des Femmes Kurdes d’Europe et de l’Union des Femmes Socialistes (SKB). Sakine, Rojbin (Fidan) et Leyla sont trois militantes kurdes, exécutées à Paris dans une opération orchestrée par les services secrets turcs (MIT). L’assassin est mort en prison d’une légionellose quelques semaines avant la date prévue du début de son procès. Le début du procès avait été retardé plusieurs fois. Cinq ans après ces assassinats, ni exécutants ni commanditaires n’ont été inquiétés alors que la responsabilité turque est avérée et reconnue.

Après avoir scandé « Justice pour Sakine, Rojbin et Leyla », « Erdogan assassin, Macron complice » et « Jin Jiyan Azadi » (« Femme Vie Liberté »), deux interventions ont été faites au micro, la première du mouvement kurde et la seconde du Secours Rouge. Notre intervention a rappellé la connivence entre les autorités européennes et impérialistes avec le régime turque et réaffirmé la solidarité du camp révolutionnaire européen avec la résistance kurde, dont le PKK.

Une grande manifestation aura lieu à Paris ce samedi pour commémorer les 5 ans de cette exécution. Des délégations du Secours Rouge International seront présentes.

60 manifestants pour Sakine, Rojbin et Leyla

Mobilisation à Paris

60 manifestants pour Sakine, Rojbin et Leyla
Mobilisation à Paris