Après dix années de détention politique dans les prisons marocaines, le membre du groupe des compagnons du martyr El Ouali et militant sahraoui Mohamed Dada a été libéré. Son arrestation faisait partie d’une politique répressive ciblant les étudiants sahraouis en raison de leur engagement pour le droit à l’autodétermination de leur peuple. Cette libération rappelle que d’autres prisonniers politiques sahraouis demeurent incarcérés et que les poursuites contre les défenseurs des droits légitimes se poursuivent.

Le 2 mars 2026 marque cinq années de rassemblements hebdomadaires organisés à Madrid devant le Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération par le Mouvement pour les prisonniers politiques sahraouis, afin de dénoncer la situation des prisonniers politiques sahraouis détenus au Maroc et d’exiger leur libération. Par ailleurs, le mouvement rappelle aux autorités que, selon les Nations unies, l’Espagne reste la puissance administrante du Sahara occidental, un territoire toujours inscrit sur la liste des territoires à décoloniser. Plus de 30 détenus purgent de lourdes peines, parfois à perpétuité, à l’issue de procès dénoncés pour irrégularités procédurales et aveux obtenus sous la torture, tandis que leurs conditions de détention (éloignement à près de 1 000 kilomètres de leurs familles, isolement, mauvais traitements et absence de soins médicaux adéquats) sont régulièrement dénoncées.

Le prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari, condamné à trente ans de prison au Maroc après le démantèlement du camp de Gdeim Izik en 2010, affirme poursuivre « le combat pour la liberté et la dignité » malgré quinze années d’incarcération. Dans un entretien téléphonique avec le quotidien algérien La Patrie News, il souligne qu’ils sont « pleinement engagés dans la lutte pour la libération nationale et la résistance […] Pour moi, quinze années de détention font partie des cinquante années de lutte du peuple sahraoui ». Il dénonce également les pressions psychologiques exercées sur les détenus sahraouis et défend la légitimité de la lutte pour l’autodétermination du Sahara occidental. Son procès a été critiqué par plusieurs ONG internationales pour irrégularités. Par ailleurs, les autorités marocaines empêchent depuis 2018 les visites de son épouse, la militante française Claude Mangin, tandis que des instances onusiennes ont appelé à garantir son intégrité physique et psychologique.

La militante marocaine Zineb El Kharroubi, membre du mouvement GenZ 212 et résidant en France, a été arrêtée à son arrivée à l’aéroport de Marrakech. Elle est poursuivie pour « incitation à commettre des délits via internet » et comparaitra en liberté le 23 février 2026 à Casablanca. La solidarité se poursuit pour exiger l’arrêt des poursuites, en particulier un rassemblement est organisé le 23 février 2026 à 19h30, place de la République à Paris, pour soutenir Zineb et tous les autres prisonniers politiques détenus au Maroc.

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Le mouvement GenZ212 dénonce l’arrestation de la militante Zineb Kharroubi, survenue le jeudi 12 février 2026 à son arrivée à l’aéroport Marrakech-Ménara en provenance de France. Actuellement détenue au siège de la préfecture de police de Marrakech, sa situation est dénoncée comme une arrestation arbitraire par le mouvement, qui appelle à sa libération immédiate. En réaction, un rassemblement est organisé le 13 février à 18h30, Place de la République à Paris.

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Détenus dans les prisons marocaines, deux prisonniers politiques sahraouis viennent de retrouver la liberté : Aziz El Ouahidi (à droite sur la photo), après dix ans d’incarcération, et l’étudiant Aymen El Yathribi, après plus de deux ans à la prison de Loudaya à Marrakech. Selon le Front Polisario, il y aurait environ 70 prisonniers politiques sahraouis dans les geôles marocaines.

Dans son rapport annuel 2026, Human Rights Watch alerte sur un durcissement des politiques répressives au Maroc en 2025, visant militants, journalistes et défenseurs des droits humains à travers des poursuites judiciaires pour diffamation, atteinte à la sécurité de l’État ou à la monarchie. L’organisation pointe également la répression violente des manifestations du mouvement « GenZ 212 », qui aurait causé plusieurs morts et des centaines d’arrestations, dont des mineurs, avec de nombreuses personnes encore détenues. Le rapport critique aussi une loi controversée sur le droit de grève validée par la Cour constitutionnelle, ainsi que des lacunes persistantes en matière de droits des femmes, notamment sur la tutelle des enfants, le mariage précoce et l’absence de criminalisation du viol conjugal.

Concernant le Sahara occidental, territoire occupé par le Maroc depuis 1975, la situation reste tendue. Le régime marocain refuse toujours d’organiser un référendum d’autodétermination malgré le cessez-le-feu de 1991 négocié avec le Front Polisario, qui a repris les hostilités armées en 2020. Les tentatives de solution, incluant la proposition de « plan d’autonomie » de 2007 soutenu par plusieurs pays, ne sont pas reconnues par le Front Polisario ni par l’Union africaine. Les droits humains y sont également préoccupants : 19 militants du groupe « Aïd El Aâdikim » restent emprisonnés après des procès jugés inéquitables en 2013 et 2017. Par ailleurs, la Cour de justice européenne a annulé en 2024 des accords commerciaux incluant le Sahara occidental, estimant que l’exploitation des ressources sans consentement des populations locales viole leur droit à l’autodétermination.

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Disparus le 25 décembre 2005 à Bojador, quinze jeunes Sahraouis âgés de 17 à 30 ans ont disparu après leur participation à l’Intifada de l’Indépendance, un mouvement de mobilisation populaire sahraoui lancé en 2005 dans les territoires occupés pour revendiquer le droit à l’autodétermination, le respect des droits humains et la fin de l’occupation marocaine, et violemment réprimé par les autorités. Vingt ans plus tard, leurs familles accusent l’État marocain d’enlèvement et affirment qu’ils seraient détenus dans des prisons secrètes, rejetant la version officielle évoquant leur mort lors d’une tentative de migration vers les Canaries, jamais étayée par des preuves scientifiques indépendantes. Malgré la mobilisation du Comité des mères des quinze, la saisine d’instances internationales dont le Comité de l’ONU contre les disparitions forcées et de nombreuses actions de protestation marquées par la répression, le harcèlement et les menaces, aucune enquête crédible n’a été menée. Les familles dénoncent une politique persistante de déni et d’impunité et appellent la communauté internationale à ouvrir une enquête indépendante, rappelant que cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de violations graves des droits humains au Sahara Occidental occupé, où des centaines de Sahraouis restent portés disparus depuis 1975.

Militante marocaine des droits humains détenue depuis le 1er juillet 2025 pour « outrage à magistrat » et « diffusion de fausses allégations » liées à ses critiques publiques, Saïda El-Alami a entamé le 26 décembre 2025 sa sixième grève de la faim ouverte pour protester contre les sévices et humiliations subis en détention, notamment coups, blessures, vêtements et effets personnels endommagés. Sa famille accuse les autorités et l’administration pénitentiaire de mettre en danger sa santé, rappelant qu’elle souffre de maladies chroniques.

Le 25 décembre 2025, le tribunal de première instance de Sefrou a condamné le rappeur marocain Pause Flow (Jawad Asradi) à trois mois de prison avec sursis et à une amende de 2.000 dirhams pour outrage à une instance organisée et à des fonctionnaires publics. Interpellé le 18 novembre 2025, ces accusations sont en lien avec plusieurs chansons publiées au cours des huit dernières années.

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