L’armée israélienne a reconnu, vendredi 6 juin, avoir protégé et armé un groupe criminel palestinien pour affaiblir le Hamas dans la bande de Gaza. Ce groupe rassemble une centaine de membres d’une tribu bédouine dirigés par Yasser Abou Chabab. Le gang opère dans la région de Rafah (ville à cheval entre la bande de Gaza et l’Égypte), pille les camions d’aide humanitaire (photo) et se livre au trafic de drogue. Yasser Abou Chabab, était précédemment liée à l’État islamique. Le Hamas avait tué quatre membres de ce gang et Abou Chabab aurait été précédemment emprisonné par le Hamas pour trafic de drogue. Son frère aurait été tué par le Hamas lors d’une opération de répression contre le pillage des convois d’aide de l’ONU. Le Hamas a toujours soutenu que les collaborateurs de l’armée d’occupation et l’armée elle-même se livraient au pillage de l’aide humanitaire et la fabrication de crises humanitaires à Gaza.

L’utilisation de la criminalité contre la résistance du peuple palestinien n’est pas nouvelle. Cette politique passe généralement par une inactivité systématique de la police face aux gangs tant qu’ils s’en prennent aux arabes. Les meurtres de dizaine d’arabes palestiniens, assassinés par ces gangs parce qu’ils refusaient d’être racketés, sont classés sans suite, tandis que la mort de chaque juif israélien est traité comme une priorité nationale – bien en accord avec les principes racistes constitutifs de l’état d’Israël.

En laissant prospérer le trafic de drogue et le racket, les autorités israéliennes poussent la jeunesse palestinienne vers les gangs. Cette politique permet d’éviter qu’ils ne soient influencés par les forces de la résistance, de dissoudre les solidarités dans les communautés et d’échanger des informations en échange de protections. C’est une vieille pratique policière déjà employée aux USA contre les Black Panthers et par la Turquie contre le PKK.

Une semaine après son arrestation, Sanaa Salameh Daqqah a été placée en résidence surveillée pendant dix jours au domicile de sa mère (voir notre article). Cette décision est assortie de plusieurs restrictions, notamment une caution de 20 000 shekels, la fourniture de garants et l’interdiction de voyager à l’étranger. Elle est accusée « d’incitation » sur les réseaux sociaux, c’est-à-dire de publier des posts favorables au peuple palestinien.

Sanaa est une militante des droits humains et veuve du prisonnier, ancien combattant du FPLP et écrivain palestinien Walid Daqqah qui est mort suite à une politique de négligence médicale de la part des autorités israéliennes (voir notre article).

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Le 18 juin prochain, deux militants de Révolution Permanente, dont son porte-parole Anasse Kazib, seront jugés dans le cadre d’une procédure pour « apologie du terrorisme » suite à des prises de position en soutien au peuple palestinien. Leurs soutiens organisent un rassemblement le jour du procès à 12h devant le tribunal de Paris, porte de Clichy.

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Les Brigades Abu Ali Mustafa, l’aile militaire du Front populaire de libération de la Palestine, viennent d’annoncer la mort du combattant Osama Abd Rabbo, connu sous le nom de « Abu al-Majd ». Engagé dans la résistance armée depuis la première Intifada de 1987, il a été tué le 26 mai dernier lors d’affrontements avec l’armée israélienne dans la ville de Jabalia, au nord de la bande de Gaza, dans le cadre de l’opération génocidaire qui dure depuis plus de 19 mois.

 

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Sanaa Salameh Daqqah, veuve de Walid Daqqah, a été arrêtée à un poste de contrôle militaire à Jérusalem par les forces d’occupation israéliennes jeudi. Elle risque à présent de se voir retirer sa citoyenneté et d’être expulsée en vertu d’une nouvelle loi proposée par le ministre israélien de la sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir. Plus tôt dans la journée, Ben-Gvir avait menacé de déchoir de leur citoyenneté et d’expulser les Palestiniens détenteurs de la citoyenneté israélienne s’ils sont les familles de combattants palestiniens emprisonnés ou s’ils reçoivent des fonds de la Commission des affaires des prisonniers de l’Autorité palestinienne. Il a noté que le Bureau du Procureur général de l’État a approuvé l’ouverture d’une enquête contre Sanaa Daqqah, citant comme preuve des messages sur ses médias sociaux commémorant son mari et d’autres militants palestiniens décédés, ainsi que des images de sa famille avec Zakaria Zubeidi, ancien chef de la résistance armée à Jénine qui s’était lié d’amitié avec Walid Daqqah en prison.

Sanaa Daqqah est militante, journaliste et traductrice palestinienne. Son défunt mari, Walid Daqqah était un écrivain palestinien et un prisonnier politique qui a participé à la lutte armée contre l’occupation israélienne en tant que membre du FPLP. Il est décédé à la prison de Ramleh le 7 avril 2024, après 38 ans d’emprisonnement (voir notre article). Le corps de Walid est toujours emprisonné par l’occupation. Sanaa et Walid sont les parents de Milad, leur petite fille née grâce à du sperme sorti clandestinement de prison en 2020. L’arrestation de Sanaa laisse Milad sans ses parents.

Sanaa Daqqah

Hier 28 mai, François Burgat a été relaxé à Aix-en-Provence des faits « d’apologie du terrorisme », pour lesquels il était poursuivi. Il s’agit d’une victoire importante pour le mouvement de solidarité avec la Palestine dans un contexte marqué par la répression. Ancien directeur de recherche au CNRS et connu pour ses travaux sur l’islam politique, était poursuivi pour « apologie du terrorisme » après avoir publié plusieurs tweets en réaction à la situation en Palestine. C’est l’Organisation Juive Européenne (OJE) qui était à l’origine des plaintes, ensuite rejointe par la Licra et Avocats Sans Frontières (ASF) qui se sont portées parties civiles. Le tribunal a finalement estimé que « l’infraction n’était pas caractérisée » et a relaxé le chercheur. Selon son avocat toutefois : « C’est fortement possible que le parquet fasse appel de la décision comme c’est systématiquement le cas. »

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Près de 2000 personnes ont participé samedi après-midi à Berne à une manifestation non autorisée contre la guerre à Gaza. Les manifestantes et manifestants se sont rassemblés sur la place de la gare aux alentours de 15h00 et ont assisté à plusieurs prises de paroles. Le cortège s’est ensuite dirigé sans heurts de la place de la gare jusqu’au pont de Kirchenfeld, via la Place fédérale. La police les attendait à l’entrée du pont. Cette dernière a utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour empêcher les manifestants de traverser.

Le bloc à l’avant du cortège a répliqué avec des feux d’artifice, lançant divers projectiles contre les forces de l’ordre, et scandant des slogans comme « Free, free Palestine » (libérez la Palestine) et « Switzerland, you can’t hide » (Suisse, tu ne peux pas te cacher). Des façades et autres murs ont en outre été sprayés au long du parcours. Les confrontations avec la police ont été très violentes, les policiers faisant également de coups de matraque et d’autopompe. Une vidéo  montre un policier tirant une balle en caoutchouc à bout portant sur des manifestants, une pratique non réglementaire.

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Erik Helgeson, 42 ans, est vice-président du Syndicat des dockers suédois (Svenska hamnarbetarförbundet). En février de cette année, il a pris la tête d’un blocus symbolique de 20 ports suédois de six jours contre des cargaisons militaires destinées à Israël. Son employeur, DFDS, a réagi en le licenciant, au motif qu’il avait enfreint la loi sur la protection de la sécurité de la Suède. La loi, adoptée en 2018, vise à protéger les « activités critiques pour la sécurité contre l’espionnage, le sabotage [et] les infractions terroristes ». Le syndicat des dockers suédois a une longue tradition de solidarité internationale remontant à la guerre du Vietnam et au coup d’État au Chili de 1973. En 2010, il a participé au chargement de la flottille de la liberté qui avait tenté de briser le blocus israélien de la bande de Gaza. Des soldats israéliens sont montés à bord de la mission humanitaire et ont tué neuf des activistes désarmés qui s’y trouvaient.

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La manifestation annuelle (du 14 juin) pour la libération de Georges Abdallah revêt cette année une importance particulière, puisqu’une audience décisive pour sa libération se tiendra quelques jours plus tard – le 19 juin (voir notre article). C’est pourquoi, le Secours Rouge International sera présent et appelle à y participer largement (lire l’appel en intégralité ici).

Dans ce cadre, le Secours Rouge de Belgique organise un départ collectif depuis Bruxelles. Les modalités pratiques seront déterminées en fonction du nombre et des disponibilités des camarades intéressé.es. Quoi qu’il en soit, il est essentiel que nous soyons nombreuses et nombreux à répondre à l’appel !
Pour rejoindre ce départ collectif, envoyez nous un mail à l’adresse info@secoursrouge.org

Pour celleux qui voudraient rejoindre directement la manifestation, celle-ci se tiendra le samedi 14 juin à 14h au départ de la Place de République à Paris.