Depuis le 17 avril dernier (Journée annuelle des prisonniers), 1200 détenus palestiniens en Israël mènent une grève de la faim pour protester contre les détentions de longue durée sans jugement et pour exiger de meilleures conditions de détention. Cette semaine, les autorités israéliennes ont pris des mesures drastiques à leur encontre. Le porte-parole des autorités carcérales israéliennes a indiqué que depuis lundi, ‘On leur a supprimé des privilèges comme les visites de leurs familles et on leur a confisqué des objets électroniques’. D’après un membre du ‘Club des prisonniers palestiniens’, collectif de défense des prisonniers palestiniens détenus par Israël, ‘Les autorités carcérales ont fouillé de fond en comble les cellules des prisonniers en grève de la faim. Toutes les affaires des prisonniers ont été confisquées à l’exception de leurs serviettes de bain et de leurs chaussures. Elles ont même pris le sel – le seul aliment sans calories qu’ils ingèrent’.

2.300 prisonniers de sécurité ont dit qu’ils refuseraient de se nourrir mardi et 1.200 autres ont annoncé qu’ils entamaient une grève de la faim à l’occasion de la Journée annuelle des prisonniers, marquée par des manifestations de soutien dans les Territoires palestiniens. Plusieurs milliers de Palestiniens se sont rassemblés en Cisjordanie et dans la bande de Gaza en solidarité avec les prisonniers incarcérés en Israël qui ont refusé de s’alimenter mardi. Les Palestiniens manifestent chaque 17 avril pour la Journée des prisonniers. Au total, Israël détient 4.699 Palestiniens, la plupart pour des motifs politiques sécuritaires, dont 319 en détention administrative, selon les dernières statistiques du ministère palestinien des Prisonniers. Un total de 534 ont été condamnés à la prison à vie.

Une soixantaine de personnes viennent d’être arrétées devant le Ministère des Affaires Étrangères à Bruxelles, rue des Petits Carmes. Les personnes arrétées (toutes administrativement) sont emmenées aux Casernes d’Etterbeek alors que la police a prévenu que toutes les personnes restant près du SPF seraient arrétées. Deux personnes ont été blessés, une d’entre elles a du se rendre à l’hopital.
Les black-lists dressées par les services de sécurité israeliens -notamment grâce aux réseaux sociaux- ont porté leurs fruits : la plupart des militants qui comptaient se rendre à Bethléem ce dimanche n’ont pas pu embarquer à bord des avions européens qui devaient les conduire à l’aéroport de Tel-Aviv. Plusieurs dizaines d’activistes pro-palestiniens ont toutefois réussis à passer, notamment 27 Lyonnais. Une vidéo dans laquelle un officier israelien frappe un activiste danois de l’ISM avec la crosse de son fusil fait le tour du net actuellement.

EDIT : Les prisonniers ont été relachés à partir de 18h.

La vidéo du tabassage à Tel-Aviv.

Belgique : 60 arrestations et deux blessés lors d’une manifestation ‘Bienvenue en Palestine

Ce week-end, la grande majorité des militants pro-palestiniens participant à la mission ‘Bienvenue en Palestine’ ont été empêché de monter à bord des avions qui devaient les emmener à Tel-Aviv, passage obligé pour se rendre à Bethléem. Au départ de divers aéroports européens, les quelques 1500 militants souhaitaient se rendre dans les territoires palestiniens pour y inaugurer une école internationale. Malgré les opérations de répression des autorités européennes, et l’interdiction d’Israël, quelques militants ont atterri à Tel-Aviv hier dans la journée. Quelques 650 policiers, la plupart en civil, les ont accueilli à l’aéroport. Neuf passagers au moins ont été ‘retenus pour interrogatoire’. Six d’entre eux – quatre Françaises, un Portugais et un Canadien – sont en instance d’expulsion tandis que trois autres ont été autorisés à poursuivre leur voyage. Selon les organisateurs palestiniens de l’opération, les autorités israéliennes auraient mis en place une nouvelle procédure exigeant des passagers qu’ils signent ‘une déclaration par laquelle ils s’engagent à ne pas avoir de contact et à ne pas coopérer avec des membres d’organisations pro-palestiniennes’.

EDIT: Selon les dernières informations, ce serait une quarantaine de militants Français qui seraient finalement parvenus jusqu’à Tel-Aviv. Tous sont actuellement emprisonnés à Givon, à proximité de Tel-Aviv.

Plusieurs dizaines de militants pro-palestiniens étaient arrivés dès 5 heures au terminal 1 de Roissy-CDG, souhaitaient embarquer, pour certains, à bord de vols Lufthansa et Swiss à destination de Tel Aviv, afin de se rendre à Bethléem dans le cadre de l’opération « Bienvenue en Palestine ». Ils ont été refoulés avant leur embarquement, conformément à une demande en ce sens faite par les autorités israéliennes. « Aujourd’hui, le check-point est à Paris! », ont scandé les manifestants, encadrés par plusieurs dizaines de CRS, avant de se diriger vers le comptoir de la compagnie Lufthansa pour demander une « attestation écrite officielle » leur expliquant les raisons de leur interdiction de vol.

Au moins 60 Belges et près de 40 Français munis d’un ticket d’embarquement valable n’ont pas pu monter à bord des avions pour Tel Aviv dimanche matin à Bruxelles. Dans le hall des départs de Brussels Airport, quelque 150 personnes ont manifesté aux comptoirs de Brussels Airlines, Swissair et Lufthansa. Aux alentours de 07h00, une dizaine de manifestants ont bloqué des guichets de Brussels Airlines en s’asseyant au sol. Ils ont été écartés brutalement et au moins deux d’entre eux ont été emmenés par la police.

L’opération « Bienvenue en Palestine », mise en place pour la troisième année consécutive, consiste pour 1.500 militants, dont 100 Belges et de 500 à 600 Français, à se rendre à Bethléem, dans les territoires palestiniens, pour inaugurer une école internationale.

Du 8 avril au 20 mai prochain, Georges Ibrahim Abdallah séjournera une nouvelle fois au CNE, le centre national d’évaluation de Fresnes. En 2008, le prisonnier avait déjà subi une batterie de tests menés par une série de psychologues et de psychiatres qui avaient testé la ‘dangerosité de Georges Ibrahim Abdallah. Ils avaient conclu que ses convictions politiques étaient restées intactes, justifiant ainsi leur avis négatif, lequel avis avait été suivi par le tribunal d’application des peines qui s’était opposé à la demande de libération.

Le nombre d’arrestations illégales de Palestiniens par les Israéliens dans les territoires occupés a augmenté en février: Israël a kidnappé plus de 380 Palestiniens en Cisjordanie, dans le bande de Gaza, Jérusalem Est occupée et les territoires de 1948. Parmi eux 54 enfants et 6 femmes et
6 Palestiniens (dont une femme) qui avaient été libérés aux termes de l’accord d’échange des Prisonniers contre Shalit.

Depuis juin 2007, Israel interdit aux prisonniers de la bande de Gaza détenus en Israël, de recevoir la moindre visite de leurs familles, en violation des lois internationales. Les 443 prisonniers palestiniens venant de la bande de Gaza sont donc totalement isolés du monde extérieur, et ne sont même pas au courant des événements majeurs concernant leurs parents, y compris en cas de décès. Et les familles de la bande de Gaza ne reçoivent aucune information sur leurs proches détenus en Israël. La cour suprême israélienne a rejeté le 9 décembre 2009 deux pourvois d’associations israéliennes et palestiniennes de défense des droits de l’Homme demandant le rétablissement du droit de visites pour ces prisonniers palestiniens. La cour a statué que le droit pour les familles de rendre visite à leurs proches emprisonnés ne rentrait pas “dans la cadre des besoins humanitaires fondamentaux des résidents de la bande de Gaza qu’israel serait obligé de remplir »

Et depuis novembre 2009, à cette punition collective s’en est ajoutée une deuxième : l’interdiction pour ces prisonniers de recevoir de l’argent de leurs familles afin de s’acheter les produits de première nécessité. Une nouvelle réglementation pénitentiaire établit que seuls les prisonniers dont un membre de la famille avait retiré cet argent, en personne, dans une banque israélienne, pouvait bénéficier de l’envoi d’argent ! Clause rigoureusement impossible à remplir pour les familles de Gaza, en raison du blocus instauré par Israël.

Le jeune franco-palestinien figure sur la liste des 550 prisonniers libérables dans le cadre de l’accord d’échange entre Israël et la Palestine du 18 octobre dernier. Arrêté le 13 mars 2005, Hamouri, accusé de complot contre le rabbin Yossef et d’appartenance présumée à un mouvement proche du FPLP, avait été condamné le 17 avril 2008 à sept ans de prison. Il devrait donc retrouver la liberté et rejoindre sa famille à Jérusalem ce dimanche.

Salah Hamouri

Vingt ONG, dont Amnesty et Human Rights Watch dénoncent la recrudescence des violences à l’encontre des Palestiniens. Le nombre de personnes déplacées en raison des démolitions a doublé en 2011: plus de 500 habitations palestiniennes et autres infrastructures de base ont été détruites en Cisjordanie. Ces destructions vont de pair avec l’expansion accélérée des colonies (4.000 nouveaux logements pour des colons à Jérusalem Est ont été approuvés en 2011). Les agressions des colons contre les Palestiniens a augmenté de plus de 50% par rapport à 2010. Par ailleurs, les moyens de subsistance de centaines de familles sont aussi touchés puisque environ 10.000 plants d’oliviers et autres arbres ont été détruits en Cisjordanie. 90% des plaintes déposées pour violence commise par des colons ont été classées sans suite par la police israélienne entre 2005 et 2010.