Umer Khalid, actuellement au 12ème jour de sa grève de la faim, dénonce un durcissement de ses conditions de détention et menace d’entamer une grève de la soif ce samedi si aucune négociation n’est engagée. Ses revendications incluent la fin de la censure, sa libération immédiate sous caution, la réouverture de l’enquête sur Gaza et la levée de l’interdiction de Palestine Action. Alors que plusieurs de ses codétenus (Kamran, Heba, Jon, etc.) ont cessé leur mouvement et entamé une phase de réalimentation sous surveillance médicale (voir notre article), Umer appelle à intensifier les actions de blocage contre les usines d’armement et les bâtiments gouvernementaux pour briser le silence médiatique entourant sa situation.

Des organisations internationales et du mouvement philippin, dont Bagong Alyansang Makabayan (Bayan) et Migrante, demandent la libération immédiate de Chantal Anicoche, militante Fil-Am détenue illégalement par l’armée philippine après avoir été arrêtée le 1er janvier près d’un affrontement entre l’armée et la Nouvelle Armée Populaire (voir notre article). Les groupes dénoncent également les bombardements dans les communautés indigènes de la région et exigent que l’armée philippine soit tenue responsable de ses crimes. La campagne pour sa libération a pris une dimension internationale avec des protestations aux États-Unis (Seattle, Washington DC, New York), au Canada (Vancouver, Toronto, Ottawa, Alberta), et au Royaume-Uni (Londres), où des lettres et pétitions ont été remises aux consulats et ambassades philippines malgré le blocage des autorités diplomatiques. À Manille, Migrante International a également manifesté devant le ministère de la Défense et a dénoncé le harcèlement et l’intimidation exercés sur Chantal pour prolonger sa détention. Des chapitres de Migrante en Europe, Hong Kong, Nouvelle-Zélande et Thaïlande, ainsi que des organisations comme l’Asia Pacific Coalition for Human Rights in the Philippines et ICHRP-USA, continuent de réclamer sa libération et la fin de la répression contre les militant·es et communautés civiles affectées.

Militant de Dallas–Fort Worth et fils de survivants du génocide du Bangladesh, Raunaq Alam est visé par une campagne de répression en raison de son engagement pro-palestinien. Arrêté en mars 2024 après une action symbolique contre une église soutenant Israël, il a subi perquisitions, inculpations et réincarcérations répétées, malgré le refus initial d’un grand jury de l’inculper. Le 24 septembre 2025, alors qu’il participait à une conférence de presse, un juge a déclaré sa liberté sous caution insuffisante et ordonné son arrestation. Raunaq s’est rendu volontairement au tribunal, accompagné de ses parents. Il a ensuite été placé en isolement total en quartier de haute sécurité à la prison du comté de Tarrant, dans des conditions inhumaines : cellule sale, sans lumière naturelle ni air frais, infestée d’insectes, privation d’accès à la cantine, entraves lors des visites de ses avocats et contacts familiaux limités à un écran. Le 27 septembre 2025, à l’issue d’une audience de deux heures, deux cautions totalisant 40 000 dollars ont été fixées, assorties d’une assignation à résidence de 30 jours sous bracelet électronique. Bien que le jury l’ait ensuite condamné uniquement à cinq ans de probation et à une amende de 10 000 dollars, rejetant l’accusation de crime de haine, le juge Brian Bolton a ignoré cette clémence et a imposé une peine de six mois de prison, le maximum autorisé, au titre des conditions de probation. Détenu depuis décembre 2025, Raunaq fait aujourd’hui l’objet d’un appel, tandis que sa défense et ses proches sollicitent un soutien financier pour couvrir les frais juridiques (voir ici).

Six prisonniers palestiniens, dirigeants du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), détenus depuis 2002 et condamnés à perpétuité dans les prisons israéliennes, voient leur état de santé se dégrader gravement en raison de l’isolement prolongé, des transferts punitifs et d’une politique de négligence médicale systématique. Il s’agit d’Ahmad Sa’adat, Ahed Abu Ghlama, Hamdi Qur’an, Majdi Rimawi, Mohammad Rimawi et Basel al-Asmar. Comme l’ensemble des dirigeants de premier plan emprisonné, le secrétaire général du FPLP Ahmad Sa’adat est particulièrement ciblé (voir notre article).

Arrêtés suite à l’exécution du ministre israélien d’extrême droite Rehavam Ze’evi en 2001, en représailles à l’assassinat de l’ancien secrétaire général du FPLP et figure politique Abu Ali Mustapha, Ahmad Sa’adat et ses codétenus ont été exclus de tous les accords d’échange de prisonniers. Depuis octobre, ils subissent une aggravation marquée de leurs conditions de détention, notamment une perte de poids sévère, des maladies chroniques et le refus de soins. Cette escalade sans précédent des politiques punitives dans les prisons israéliennes met en péril la vie des 9 250 détenus palestiniens.

En Espagne, María José Baños, prisonnière politique des GRAPO gravement malade (voir notre article), reste incarcérée malgré les dispositions légales prévoyant la libération des détenus dans cet état. La militante et ses soutiens affirment que l’administration pénitentiaire a conditionné sa libération à un renoncement de son engagement politique, une pratique dénoncée comme une forme de torture visant à punir et briser les prisonniers. Plusieurs décès de détenus gravement malades rappellent le danger de cette politique, et les militants appellent à une mobilisation urgente pour obtenir sa libération et prévenir de nouveaux cas.

Raghad Al-Fani, une militante palestinienne de gauche âgée de 27 ans, a été transférée en détention administrative pour six mois par les tribunaux israéliens. Arrêtée le 1er janvier 2026 lors d’une perquisition dans sa maison familiale (voir notre article), elle avait déjà été détenue un an en détention administrative avant d’être libérée en novembre 2023 dans le cadre d’un échange de prisonniers négocié par des factions palestiniennes et Israël. Aujourd’hui, 3 368 hommes, femmes et enfants palestiniens sont en détention administrative, un emprisonnement sans charge ni procès dont la durée maximale est de six mois, renouvelable indéfiniment.

Après respectivement 73, 66 et 53 jours de grève de la faim, les prisonniers pro-palestiniens Heba Muraisi, Kamran Ahmed et Lewie Chiaramello ont mis fin à leur mobilisation, suite à l’annulation par le gouvernement britannique d’un contrat de 2 milliards de livres avec Elbit Systems, le principal fabricant d’armes israélien. La grève a aussi permis des avancées sur les conditions carcérales et l’accès à l’information pour les prisonniers, révélant au grand jour la répression politique exercée par l’État britannique et mobilisant un large soutien populaire. Débutée le 2 novembre dernier (voir notre article), cette action avait été entreprise pour dénoncer le rôle d’Elbit Systems dans le génocide et la colonisation en Palestine tout comme la complicité du Royaume-Uni mais aussi exiger la libération des 33 prisonniers politiques pro-palestiniens détenus dans les prisons britanniques et exiger la fin de la criminalisation du mouvement d’action directe Palestine Action. Le combat continue pour le dernier gréviste de la faim, Umer Khalid.

Toky, représentant du mouvement Gen Z Madagascar originaire du Melaky, est maintenu en détention depuis un mois, sans évolution de sa situation. Alors que sa détention se poursuit, l’absence de réponse officielle au sujet de sa situation incite ses soutiens à se mobiliser pour exiger sa libération en dépit des menaces des autorités sur plusieurs militants de la Gen Z du pays.

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Harry Azaryan, étudiant en sciences politiques à l’Université d’État de Saint-Pétersbourg et membre du grupe trotskyste « Pouvoir ouvrier », a été libéré de détention provisoire sous interdiction de certaines activités. En mai dernier, il avait été accusé d’« incitation au terrorisme via Internet » après qu’un agent infiltré dans son groupe ait transmis aux autorités des informations sur les membres, les réunions et une vidéo de son discours en ligne (voir notre article). Dans cette allocution, Azaryan théorisait la destruction du capitalisme par la révolution et évoquait la possibilité d’éliminer les « exploiteurs », qu’il désignait comme ennemis des masses populaires.

Une trentaine d’antifascistes se sont rassemblés dimanche 11 janvier devant la prison de Gelsenkirchen pour exprimer leur solidarité avec l’antifasciste Luca, récemment transférée d’Ostwestfalen vers la Ruhr avant l’ouverture de son procès dans le cadre de l’affaire de Budapest (voir notre article). Cette mobilisation a réuni plusieurs prises de parole, ainsi que des messages de proches tandis que des drapeaux et pancartes étaient déployés par les participants.