Le vendredi 16 janvier 2025 à partir de 9h30, un rassemblement est appelé devant le tribunal de L’Aquila, où se tiendront la dernière audience et le verdict du procès d’Anan, Ali et Mansour (voir notre article). Ce procès illustre la criminalisation des réfugiés palestiniens en Europe où de nombreux cas de détention se multiplient en Italie, mais aussi en France ou en Belgique. Dans cette affaire, ils sont accusés de soutien à une organisation liée aux Brigades des Martyrs d’Al‑Aqsa en Cisjordanie occupée.

Lundi 12 janvier à 20h30, devant le consulat britannique (avenue d’Auderghem, 1040 Bruxelles), un rassemblement d’urgence est organisé en soutien aux 33 prisonniers pro-palestiniens détenus au Royaume-Uni, et en particulier aux grévistes de la faim Heba Muraisi, Kamran Ahmed et Lewie Chiaramello. Alors qu’ils jeûnent respectivement depuis 71, 64 et 50 jours, les appels et les actions se multiplient pour exiger leur libération, notamment à Paris et à Toulouse (voir ici). De même, d’anciens grévistes de la faim d’Irlande, de Palestine et de Guantánamo ont lancé un appel exhortant le gouvernement britannique à agir immédiatement pour sauver la vie des prisonniers de Palestine Action (voir ici). Ils soulignent en particulier : « Nous ne pouvons oublier ce que représentent aujourd’hui les grévistes de la faim. Ils représentent la Palestine. Ils représentent le démantèlement de l’infrastructure militaire qui tue les Palestiniens. Ils représentent la fin du régime d’apartheid mis en place par le gouvernement israélien. Ils sont solidaires des prisonniers palestiniens. Ils représentent la libération totale de la Palestine, de la mer au Jourdain. »

Malgré une pluie incessante, environ 65 000 personnes se sont rassemblées ce samedi 10 janvier à Bilbao, à l’appel du réseau Sare, pour exiger la fin de la législation pénitentiaire d’exception appliquée aux prisonniers basques. Soutenue par une large coalition d’organisations, la marche a revendiqué l’application du droit commun permettant la mise en liberté conditionnelle ou le régime ouvert pour les 120 prisonniers restants, dont beaucoup ont déjà purgé plus de 20 ans de prison.

Le prisonnier politique Kenan Yanen, militant accusé d’être membre du MLKP (Parti communiste marxiste-léniniste) et détenu depuis 31 ans, a été libéré le 9 janvier 2026 de la prison de haute sécurité F de Tekirdağ n°2, après que sa libération avait été retardée à plusieurs reprises par le Conseil d’observation administrative. Bien qu’il ait purgé la durée légale de 30 ans, sa libération avait été ajournée trois fois au motif de « mauvaise conduite », des décisions dénoncées comme arbitraires, avant qu’il ne soit finalement remis en liberté. À sa sortie, il a été accueilli par des membres de sa famille et ses camarades (au centre de la photo avec un bouquet de fleurs).

Le 8 janvier 2026, u n tribunal bahreïnien a condamné le dirigeant de gauche Ibrahim Sharif à six mois de prison pour « insulte à Israël » et incitation à faire pression sur les régimes arabes afin de mettre fin au génocide à Gaza. Arrêté le 12 novembre 2025 à son retour du Liban (voir notre article), il était poursuivi pour des déclarations critiquant Israël, appelant à condamner la normalisation et dénonçant la complicité des Etats arabes face aux crimes en Palestine et au Liban.

Le 31 décembre 2025, un détenu du centre pénitentiaire Camp-Est à Nouméa s’est évadé lors d’une extraction médicale au Médipôle de Dumbéa, où il devait passer un examen radiologique pour une douleur au pied. L’homme a pris la fuite à son arrivée, malgré la présence de trois agents d’accompagnement, et aucune entrave n’avait été posée en raison de sa blessure. Cette évasion fait suite à des incidents survenus quelques jours plus tôt, le 25 décembre, où des dégradations avaient été constatées dans plusieurs cellules lors de tentatives d’évasion.

En Turquie, la répression judiciaire visant les avocats engagés se poursuit. Le 5 janvier dernier, l’avocat du Halkın Hukuk Bürosu (Bureau juridique du peuple) et prisonnier politique Aytaç Ünsal a entamé une grève de la faim d’une semaine. Celle-ci vise à dénoncer deux décisions emblématiques de cette politique répressive : l’incarcération de l’avocat Naim Eminoğlu et le blocage de la libération de Selçuk Kozağaçlı, pourtant éligible à une remise en liberté, empêchée par une décision arbitraire du conseil administratif et de surveillance. À travers cette action, Aytaç Ünsal dénonce l’acharnement des autorités contre les avocats qui défendent les opposants politiques.

Le leader kurde Selahattin Demirtas, détenu depuis 2016 à la prison d’Edirne, a été condamné le 6 janvier à un an, cinq mois et 15 jours de prison pour « insulte au président ». Les accusations portent sur plusieurs discours prononcés il y a plus de dix ans et ont été regroupées dans un même dossier. Son équipe juridique n’a pas obtenu de délai supplémentaire pour préparer sa défense et prévoit de faire appel. Déjà condamné en 2021 pour des critiques du gouvernement concernant l’abattage d’un avion russe en 2015, Demirtas bénéficie par ailleurs d’une décision définitive de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) exigeant sa libération, jusqu’à présent ignorée par les autorités turques.

Plusieurs détenus incarcérés en raison de leur engagement contre le génocide en Palestine poursuivent une grève de la faim dans des prisons britanniques, avec des conséquences préoccupantes sur leur santé. Heba, après 66 jours de jeûne à la prison de New Hall, présente des signes de détresse respiratoire et une faiblesse physique extrême. Kamran, qui dépasse les 55 jours de grève, a été hospitalisé à plusieurs reprises pour des troubles cardiaques, des pertes d’audition et des vertiges. Lewie Chiaramello poursuit également son action après plus de 40 jours. Parallèlement, T Hoxha a interrompu son jeûne après avoir obtenu des garanties sur ses conditions de détention, notamment le traitement d’un arriéré de courrier et la tenue d’un entretien avec l’unité JEXU (Joint Extremism Unit). D’autres participants, comme Amu, Jon, Qesser et Umer, ont également suspendu leur mouvement tout en maintenant leurs revendications initiales, visant la complicité britannique avec le principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems et dénonçant la criminalisation de Palestine Action et de ses soutiens.