Un rassemblement avait lieu dimanche 14 devant la prison de Vechta où est détenue à l’isolement Daniela Klette (photo). A pris la parole à ce rassemblement Ariane Müller, une syndicaliste active depuis des années et déléguée du personnel à la clinique Mitte de Brême, qui a été mise à pied par son employeur pour avoir participé à une manifestation de solidarité avec Daniela. En appui à ce rassemblement, le Secours rouge international avait lancé un appel à des initiatives solidaires avec Daniela, mais aussi avec les deux militants de la RAF et les antifas recherchés en Allemagne (voir notre article).

Voir les initiatives solidaires

Serhat Gültekin, un militant kurde qui avait demandé l’asile politique en France en 2017, qui avait été arrêté le 4 avril 2021, et qui était menacé d’expulsion (voir notre article), a été renvoyé par avion en Turquie vendredi soir. Gültekin, qui a été amené à l’aéroport d’Istanbul, a été empêché de rencontrer ses avocats et a été envoyé à la prison de Metris la nuit dernière pour l’exécution de sa peine définitive de 6 ans et 3 mois. Gültekin est traité pour le syndrome de Marfan, une maladie génétique rare. Il a également subi deux pneumothorax et souffre de graves problèmes d’estomac. Ses avocats ont déclaré qu’ils exigeaient que Gültekin soit transféré à l’hôpital et qu’il soit autorisé à rencontrer ses avocats.

 

Le 25 février, deux militants kurdes, Firaz Korkmaz et Mehmet Kopal, étaient arrêtés à Strasbourg, au cours d’une manifestation devant le Conseil de l’Europe en soutien à Abdullah Öcalan.Les deux militants, enfermés en Centre de Rétention, se sont vu notifier une obligation de quitter le territoire alors que les deux sont menacés d’emprisonnement et de torture en Turquie. Le 29 mars Firaz Korkmaz a été expulsé vers l’État turc et arrêté directement. Des heurts avaient eu lieu à l’aéroport lors de son expulsion (voir article ici). Ce mercredi 9 avril, la France a finalement expulsé Mehmet Kopal qui, lui aussi, a été immédiatement arrêté par la police turque.

Daqqah était originaire du village palestinien de Baqqa Al-Gharbiyyeh, situé dans une partie des terres tombées sous l’occupation de l’État israélien en 1948. Daqqah est emprisonné par Israël depuis le 25 mars 1986. Alors âgé de 25 ans, il était accusé d’appartenir à une cellule du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) qui avait tué un militaire israélien. Daqqah a été condamné à 37 ans de prison, peine qu’il a fini de purger en mars de l’année passée, mais il avait été maintenu en prison. En 2018, Israël a ajouté deux ans à la peine de Daqqah sous prétexte qu’il aurait introduit clandestinement des téléphones portables en prison. Durant cette période, un myélome multiple, un type rare de cancer de la moelle osseuse, a été diagnostiqué chez cet homme de 61 ans. Depuis l’attaque le 7 octobre, il avait, comme des milliers de prisonniers palestiniens, été torturé, humilié, privé des visites de sa famille et des soins médicaux dont il avait besoin. Daqqah avait écrit plusieurs contributions politiques littéraires et philosophiques brillantes à partir de la situation des prisonniers politiques palestiniens de 1948 qui ont combattu avec l’OLP, puis ont été abandonnés par l’Autorité palestinienne après les accords d’Oslo.

Un manifestant palestinien a été abattu par les troupes d’occupation mardi lors d’affrontements au Sud-est de Ramallah en Cisjordanie occupée. Trois autres manifestants ont été blessés. Parallèlement, l’armée israélienne a capturé trois personnes à Naplouse, alors que des affrontements avaient été signalés dans la région. La première a été arrêtée chez elle dans le camp de réfugiés de Balata à Naplouse. La seconde a été arrêtée suite un raid des forces d’occupation sur un bâtiment du centre-ville. Une troisième a été arrêtée a un check-point au sud de la ville. Deux autres personnes ont également été capturées à Hébron.

À Gaza, quatre commandos israéliens (une capitaine et trois caporaux) ont été tués hier dans les combats. Le gouvernent israélien a annoncé le retrait de ses forces du sud de la bande, notamment de la ville de Khan Younès où des combats acharnés avec la résistance s’étaient déroulés. L’objectif annoncé est de donner du repos aux soldats avant de déclencher l’invasion de Rafah où 1,5 millions de Palestinien·nes se sont réfugié·es pour fuir les attaques israéliennes.

Affrontements en Cisjordanie (archive)

Affrontements en Cisjordanie (archive)

Le 27 mars 2024, la Cour d’appel a examiné la condamnation de l’anarchiste Francisco Solar et a rejeté la demande de défense. Le pouvoir judiciaire a confirmé sa condamnation à 86 ans de prison (voir notre article), pour deux envois d’engins explosifs à un commissariat de police (12 ans plus 12 ans) ; une tentative d’homicide sur des carabiniers (15 ans) ; un délit de lésions graves sur un carabinier (6 ans) ; un délit de lésions moins graves (600 jours) ; cinq délits de lésions légères (100 jours pour chacun des cinq donc 500 jours au total), un délit de dégradations caractérisées (au commissariat, 818 jours) ;  une tentative d’homicide sur Hinzpeter (12 ans) ; deux délits de mise en place d’engins explosifs (immeuble Tánica, 12 ans plus 12 ans). Dans la pratique, cette condamnation reste une réclusion à perpétuité déguisée.

 

Ce matin (28 mars), le tribunal de Budapest a rejeté la demande des avocats d’Ilaria d’être assignée à résidence en Hongrie. Ilaria est encore une fois apparue au tribunal avec des menottes aux mains et aux pieds ainsi que tenue en laisse par un policier. Les avocats, le traducteur ainsi que des personnes venues soutenir Ilaria (dont faisait partie le dessinateur Zero Calcare) ont été menacé et filmé en plein tribunal par un groupe de militants d’extrême droite. Pour rappel Ilaria est poursuivie dans le cadre des affrontements entre des néo-nazis célébrant leur « jour de l’honneur » (voir notre article). Elle est emprisonnée en Hongrie depuis 13 mois. La prochaine audience est prévue le 24 mai.

Ilaria Salis au tribunal de Budapest

Ilaria Salis au tribunal de Budapest

Depuis plus d’un an des procédures judiciaires sont engagées par la Hongrie à travers l’Europe à l’encontre de militant.e.s antifascistes poursuivis pour des heurts avec des néonazis durant le « Day of Honour » à Budapest en 2023 (voir notre article).  Après l’affaire Antifa Ost en Allemagne, cette nouvelle séquence répressive ne doit pas rester sans réponse. Sommés par la Hongrie de livrer des militant.e.s, les tribunaux européens acquiescent et collaborent activement. Le Secours Rouge a co-organisé avec l’Action Antifasciste Bruxelles, le Front d’Action Révolutionnaire et la Plate-forme Voix des Prisonniers (Tutsaklarin Sesi Platformu) un rassemblement de solidarité envers Ilaria, Maja, Tobi, Gabriele et tous les camarades recherché.e.s lundi 18 Mars devant l’ambassade de Hongrie. D’autres forces étaient présentent (SKB, Partizan) à ce rassemblement auquel ont participé une quarantaine de personnes.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a demandé à ses ministres de la Défense, de la Sécurité nationale et des Finances de libérer des places dans les prisons de l’État hébreu en prévision de l’arrestation de milliers de Palestiniens supplémentaires cette année. Le service de sécurité intérieure, Shin Bet, avait ordonné que beaucoup plus de “terroristes” soient arrêtés à Gaza et qu’Israël n’aurait pas de geôles disponibles pour eux si rien ne bouge. Depuis  le 7 octobre, l’armée israélienne a arrêté 7 530 Palestiniens, dont certains avaient été libérés, alors que d’autres sont toujours en détention. L’armée israélienne a également intensifié ses incursions et ses interpellations en Cisjordanie au cours de la même période, provoquant des affrontements avec les Palestiniens, qui ont fait 425 Palestiniens tués et environ 4 700 blessés, selon le ministère palestinien de la Santé. Des milliers de Palestiniens séjournent actuellement dans des prisons israéliennes, sans avoir été jugés, et de nombreux cas de tortures au sein des établissements pénitentiaires d’Israël ont été établis.

Suite aux demandes tant du Parquet que des avocats de la défense, il y aura une audience en Cassation contre la sentence en appel qui, en juin 2023, avait ré-déterminé les peines pour Alfredo et Anna, les condamnant respectivement à 23 ans et à 17 ans et 9 mois de prison. Le Parquet avait demandé l’emprisonnement à perpétuité, avec un an d’isolement la journée, pour Alfredo et 27 ans et 1 mois pour Anna. Moins de deux semaines après la sentence en appel, qui avait reconnu la « faible gravité » de l’attaque explosive de Fossano, désormais officiellement définie comme un « massacre politique », le parquet avait présenté un pourvoi en cassation, en demandant que ce type de circonstance atténuante ne soit pas reconnu. L’audience aura lieu le 24 avril 2024. Nous rappelons que le 19 mars il y aura une autre audience à la Cour de cassation, qui se prononcera encore une fois sur le 41-bis imposé à Alfredo.

Alfredo Cospito

Alfredo Cospito