Dans toute l’Europe, une répression coordonnée vise des militant·es antifascistes, avec la coopération de plusieurs États, dont la France, suite à une mobilisation en 2023 à Budapest contre une commémoration néonazie. Depuis, une vaste opération se déploie pour arrêter, juger et intimider celles et ceux qui s’opposent à l’extrême droite et ses alliés. Parmi les personnes poursuivies figure Gino, réfugié en France, arrêté une première fois puis relâché, avant d’être de nouveau incarcéré récemment à la demande de l’Allemagne (voir notre article). Il attend désormais une décision d’extradition et encourt une lourde peine. Afin de le soutenir, ses soutiens appellent à lui écrire :

Monsieur ABAZAJ Rexhino · MAH D2 229 écrou n°1039609 · Centre pénitencier de Fresnes · Allée des Thuyas · 94260 Fresnes (France)

Suite à la vague d’arrestations contre des membres ou sympathisants du Parti Socialiste des Opprimés (voir notre article), six membres présumés ont été placés en détention provisoire à Istanbul, accusés d’appartenance à une organisation terroriste sur la base d’activités sociales comme des pique-niques ou la rédaction de communiqués de presse.

Les 30 et 31 décembre 2025, plusieurs rassemblements de solidarité sont organisés dans différentes villes d’Allemagne, où les personnes sont invitées à se rendre devant plusieurs prisons pour soutenir les cinq personnes détenues pour avoir attaqué une usine d’Elbit Systems à Ulm (voir notre article). Ils sont en détention préventive depuis trois mois, accusés d’avoir causé des dégâts matériels à ce principal fabricant d’armes israélien qui joue un rôle clef dans le génocide en Palestine.

Le 15 janvier 2026, une journée internationale de solidarité est organisée en soutien à l’antifa Maja qui est en détention depuis plus de 530 jours en Hongrie dans le cadre de l’affaire de Budapest. Le 22 janvier prochain, le verdict concernant son procès sera rendu (voir notre article). Ce jugement pourrait ouvrir la voie à de futures extraditions vers la Hongrie. Les organisateurs appellent à des manifestations et actions pour exiger la libération immédiate de Maja et de tous les antifascistes accusés.

Les soutiens des prisonniers communistes et antifascistes toujours incarcérés appellent à leur écrire à l’occasion des fêtes de fin d’année. L’objectif est d’encourager la solidarité active par la correspondance, afin de briser l’isolement carcéral et de soutenir les prisonniers politiques. En particulier, ils invitent à écrire à Lucio García Blanco, Juan García Martín, Victoria Gómez Méndez, Marcos Martín Ponce, Israel Torralba Blanco, Pablo Rivadulla Duró, ainsi qu’Israel Clemente López, Mónica Refoxos Pérez, Ignacio Varela Gómez et Mª José Baños Andújar, détenus dans les prisons de Villabona, A Lama, Mansilla de las Mulas, Murcia II ou Lledoners.

L’Audience nationale espagnole a annoncé la libération de l’anarchiste Gabriel Pombo da Silva, tout en lui imposant des restrictions de déplacement le temps de la vérification d’une demande italienne liée à l’affaire Scripta Manent (voir notre article). Pombo doit rester en Espagne et se présenter chaque semaine au tribunal de Vigo, mais l’exécution de la peine réclamée par l’Italie a été rejetée, celle-ci ayant déjà été purgée au-delà de la durée prévue.

Au Royaume-Uni, des soutiens à la cause palestinienne ont passé la nuit de mardi à mercredi dernier devant la prison de HMP Bronzefield pour exiger l’hospitalisation immédiate de Qesser Zuhrah. Mercredi 17 décembre, à son 46e jour de grève de la faim, elle a finalement été hospitalisée. Souffrant de fortes douleurs, de difficultés respiratoires et incapable de se tenir debout, la détenue n’aurait pas eu accès à des soins d’urgence, la prison ayant refusé l’entrée d’ambulances et retardé sa prise en charge. Des professionnels de santé alertent sur un risque vital imminent, tandis que les autorités pénitentiaires et politiques sont accusées de mettre sa vie en danger en refusant d’accéder aux revendications des six détenus toujours en grève de la faim : Qesser Zuhrah, Amu Gib, Heba Muraisi, Teuta Hoxha, Kamran Ahmed et Lewie Chiaramello (voir notre article).

Cinq militants marxistes d’Oufa ont été condamnés à des peines de 16 à 22 ans de prison pour « terrorisme » et « préparation du renversement violent du pouvoir », après avoir animé pendant six ans un cercle de discussion sur Marx et l’histoire révolutionnaire. Alexeï Dmitriev, fondateur du cercle en 2016, a été condamné à 20 ans de réclusion. Pavel Matisov et Rinat Burkeev a respectivement 22 et 16 ans de prison, tandis que Yuri Efimov à 18 ans Dmitri Chouviline à 20 ans. La plupart passeront les premières années en prison avant d’être transférés en colonie pénitentiaire. À l’énoncé du verdict, ils ont scandé : « Fascistes ! ».

Kaveh Ahmadzadeh, arrêté à plusieurs reprises pour des raisons politiques entre les années 1980 et 2008, avait récemment passé environ six ans à la prison de Bukan (province d’Azerbaïdjan occidental, Iran). Il avait été condamné à deux reprises à trois ans de prison pour « atteinte à la sécurité nationale » en raison de son appartenance au PJAK. La semaine dernière, son état de santé s’étant encore dégradé, il a été transféré à l’infirmerie de la prison, mais les autorités ne lui ont administré que des analgésiques et ont refusé de l’envoyer dans un centre médical extérieur. Le samedi 6 décembre, il a de nouveau été conduit à l’infirmerie et de nouveau ramené en cellule. Il est décédé pendant la nuit. Le régime de la République islamique d’Iran l’a assassiné en lui refusant l’accès aux soins médicaux dont il avait besoin de façon constante ces dernières années. Il s’agit de la dernière tactique employée par le régime iranien pour éliminer les prisonniers politiques résistants et révolutionnaires. Il figurait parmi les prisonniers politiques dont la famille a reçu le soutien financier récolté lors de la Soirée de solidarité avec les prisonniers politiques en Iran co-organisée par le Secours rouge à Bruxelles. Kaveh était père d’un enfant et sa famille subit depuis des années les conséquences de ses condamnations.

Lucio García Blanco, militant du Parti Communiste d’Espagne (reconstitué), a passé près de 30 ans en prison suite à six arrestations distinctes. Il a mené 23 grèves de la faim durant son incarcération. Il a eu 75 ans en octobre et purgera sa peine jusqu’au 26 avril 2026. Il présente des séquelles de torture subies en garde à vue et souffre depuis des années de démence sénile. Son état mental se détériore et il souffre de plus en plus fréquemment d’épisodes de désorientation et de confusion mentale. Sa demande de libération conditionnelle a été rejetée à plusieurs reprises. Lucio et ses défenseurs ont refusé des libérations conditionnelles partielles, comme incapables de lui permettre de se soigner. Le 28 octobre dernier, l’avocat de Lucio a déposé une requête auprès de l’Audience nationale afin d’obtenir sa libération complète et immédiate. Or, le 12 novembre, le Tribunal central de surveillance pénitentiaire de l’Audience nationale a répondu à l’avocat que le refus d’une libération conditionnelle partielle induit le rejet de la demande de libération complète. Le 5 décembre, l’avocat de Lucio a interjeté appel.