Le collectif basque antirépressif Tinko recense dix prisonnier·es politiques basques refusant la ligne politique du collectif majoritaire EPPK (qui rassemble 105 prisonnier.e.s). L’EPPK, qui évolue dans le cadre de la Gauche patriote officielle, a récemment accepté d’étudier des démarches individuelles (aménagements de peine, rapprochements) dans le cadre légal espagnol, tout en refusant certaines conditions humiliantes (repentir, collaboration). Ceux et celles soutenu·es par Tinko critiquent cette position et inscrivent leur combat dans la recherche d’une solution politique collective, incluant une amnistie globale pour les prisonnier·es politiques basques et les réprimé·es de ce combat en général, dans la perspective de la continuité de la lutte de libération nationale et sociale du peuple basque, pour l’indépendance et le socialisme.

Le site de Tinko

Facundo Jones Huala, figure de proue du groupe Résistance Ancestrale Mapuche (RAM), qui avait été extradé d’Argentine (voir notre article), restera en détention pendant au moins 90 jours supplémentaires. Cette décision a été prise à l’issue d’une audience visant à déterminer la suite de la procédure, au cours de laquelle le parquet a requis un délai supplémentaire pour l’enquête, requête qui a été acceptée par le juge. Les avocats du Gremial (une association d’avocats chiliens) définissent l’affaire comme « non pas juridique, mais politique », et ont précisé : « Quoi que nous disions, le juge allait prolonger la détention.» Facundo restera emprisonné pendant encore 90 jours, et que sa détention sera ensuite probablement encore prolongée. Il est incarcéré à plus de 800 kilomètres de sa famille, de sa communauté, de son peuple, dans la pire prison du Chili. Jones Huala est détenu à Rawson depuis juin. Son équipe de défense avait initialement demandé son transfert à Esquel, mais si la requête avait d’abord été acceptée, la décision a ensuite été annulée, le gouvernement fédéral invoquant des raisons de sécurité.

Facundo Jones Huala

Militante antifasciste impliquée dans l’affaire de Budapest, Nele a été transférée le 9 décembre depuis la prison de Chemnitz, sans que sa destination actuelle soit connue. Elle devrait être prochainement incarcérée à Wuppertal, mais son arrivée reste incertaine en raison d’un probable transit de plusieurs jours entre différentes prisons allemandes. Dans ce contexte, ses soutiens appellent à renforcer la solidarité. En particulier, ils dénoncent la stratégie du LKA (Office de police criminelle d’un Land) visant à affaiblir la détermination des prisonniers politiques et de leurs réseaux.

La prisonnière politique guévariste Gabriela Gallardo a été victime de nouveaux mauvais traitements. Lors d’une fouille menée par la police militaire et des agents du renseignement le 30 novembre, ses effets personnels ont été détruits et de nombreux articles essentiels, pourtant autorisés, ont été confisqués ou volés, notamment une partie de ses médicaments, ses compléments alimentaires et certaines nourritures, ainsi que ses produits d’hygiène. Cette situation s’ajoute à une longue liste d’abus (détention arbitraire, conditions inhumaines, suspension de régime médical, harcèlement systématique) qui vise à briser physiquement et psychologiquement la militante. Ses soutiens exigent la restitution immédiate de ses biens, le rétablissement de son régime alimentaire spécial, l’arrêt du harcèlement et, évidemment, sa libération immédiate.

Les 20 et 21 décembre à Paris, la Plateforme de la Voix des Prisonniers organise une Conférence internationale de solidarité réunissant des anciens prisonniers politiques ainsi que des délégués et militants de nombreux pays. L’événement vise à renforcer le soutien aux prisonniers politiques du monde entier, confrontés à la répression, à l’isolement, à la torture, au refus de soins et aux violations répétées de leurs droits. À travers des échanges sur la lutte des classes et les prisons, les formes de résistance en détention, la condition des femmes et personnes LGBTI+ ou encore les moyens de développer la solidarité internationale, la conférence appelle les organisations et les militants attachés à la défense des prisonniers politiques à unir leurs forces pour soutenir celles et ceux qui poursuivent leur combat pour la liberté en dépit de la répression (voir l’appel). Une délégation du Secours Rouge International sera présente et interviendra lors de différents panels.

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Le prisonnier politique Patxi Ruiz, qui avait déjà observé en septembre 2025 une grève de la faim de 24 heures pour protester contre la « gestion déplorable » des services médicaux de la prison d’Iruñea (voir notre article), a repris une grève de la faim illimitée face à une situation qu’il estime inchangée. Dans une note adressée à la direction pénitentiaire, Patxi déclare : « Le 9 décembre, j’entamerai une grève de la faim en signe de protestation contre le manque d’attention médicale que nous subissons dans cette prison et qui, cette fois, a provoqué la mort d’une femme âgée nommée Begoña. »

Le procès de Daniela Klette, ex-membre présumée de la RAF jugée à Verden pour une série de braquages, se déroule dans un ancien manège isolé où les conditions d’accès soulèvent des critiques : presse et public sont placés derrière une vitre, doivent quitter les lieux lors des pauses et l’accès à la salle de presse est fortement limité, obligeant journalistes et spectateurs à attendre dehors sans infrastructures. Ces mesures, décidées par le juge président, alimentent les inquiétudes et les critiques quant au droit de la presse et du public.

Le militant kurde Welat Çetinkaya, poursuivi en Allemagne au titre de l’article 129b pour direction présumée d’une structure locale du PKK entre 2020 et 2021, a été condamné à 1 an et 9 mois de prison par le tribunal régional supérieur de Stuttgart, qui a refusé un sursis et ordonné le maintien en détention. Extradé d’Italie en avril 2025, Çetinkaya affirme être poursuivi pour son engagement politique.

La situation des prisonniers engagés dans une grève de la faim collective est devenue extrêmement préoccupante. Amu Gib et Qesser Zuhrah en sont à 37 jours sans nourriture. L’état d’Amu Gib se détériore si vite qu’elle n’a plus la force de faire des déclarations, tandis que Qesser Zuhrah a dû être transférée d’urgence à l’hôpital en raison de signes vitaux dangereusement bas. La prison lui a en outre interdit tout contact avec l’extérieur.À 31 jours de grève, Jon Cink a lui aussi été hospitalisé du fait d’un taux critique de sucre et de cétone dans le sang. Kamran Ahmed, au 29ᵉ jour, a été admis pour la deuxième fois à l’hôpital, souffrant de douleurs thoraciques et de vertiges. La situation de Teuta Hoxha, au 30ᵉ jour, est tout aussi alarmante : les conditions de son traitement hospitalier étaient si déplorables qu’elle a quitté l’établissement d’elle-même afin de pouvoir enfin joindre son avocate, un droit qui lui était refusé. Heba Muraisi, au 36ᵉ jour, a été hospitalisée à plusieurs reprises. Malgré une demande de masque formulée depuis plus d’une semaine, elle a été ignorée, ce qui fait désormais craindre une infection à la COVID. Par ailleurs, Muhammed Umer Khalid, au 7ᵉ jour, a averti que la grève pourrait le conduire à devoir utiliser un fauteuil roulant, et Lewie Chiaramello, malgré son diabète, a débuté un jeûne régulier en signe de solidarité.

Malgré tout, leur détermination demeure intacte pour exiger que le Royaume-Uni rompe ses liens avec Elbit Systems, mette fin à l’interdiction de Palestine Action, garantisse la libération sous caution immédiate des 33 prisonniers britanniques pour leur engagement pro-palestinien et la fin de la censure en détention. Amu Gib et Jon Cink doivent d’ailleurs comparaître ce vendredi à l’Old Bailey pour leur audience de demande de libération sous caution.

À l’occasion de la Journée internationale des droits humains, des manifestations se tiendront le 10 décembre dans plusieurs villes du Maroc, à l’appel de Genz212, du Comité de soutien aux détenus et de nombreuses organisations, pour exiger la libération des prisonniers politiques, honorer les martyrs et réaffirmer l’espoir de liberté porté par la jeunesse marocaine. Un rassemblement est également prévu à Paris, Place de la République, à 18H30, afin de faire entendre la voix du peuple marocain en solidarité avec celles et ceux que l’on a enfermés pour leur engagement militant.

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